LECTEURS
en grec, à des gens qui habitaient un pays où cette langue ne devait pas être connue?
Schott croit que les Églises auxquelles Judc envoya son épttre, sont celles de l'Asie mineure ou de l'Achaïe, s'appuyant probablement sur ce fait, car il n'en parle pas, que la ville de Corintbe ne se dépouilla pas si vile des éléments impurs, contre lesquels S. Paul s'était si fortement élevé à une époque antérieure. Mais BerlhoUlt objecte, non sans raison, que le mal n'avait pas encore pris , dans cette ville, un caractère aussi odieux que le dépeint S. Jude.
Graslwf 1 et Hug pensent, que notre épître fut adressée aux mêmes églises que la seconde épitre de Pierre , qu'ils croient être celles de l'Asie mineure. Bertholdt, Eichlwrn, Semler* , Scfiarling, Schnechenburger surtout, penchent aussi pour l'Asie mineure. Ce dernier pense que l'impiété, dont il est parlé au v. 8, et qui consiste à blasphémer les anges (/bÇc^Je /6Ace<r<p»ftwo7p) , provenait de l'excès contraire, c'est-à-dire, de l'adoration que leur rendaient certains hommes, auxquels s'oppose S. Paul dans son épitre aux Colossiens 3 , et que l'espèce d'ascétisme et d'humilité qui caractérisait ces derniers dans leur culte, avait jeté les adversaires de Jude dans l'excès contraire, c'est-à-dire dans une vie désordonnée. Il en conclut que ces derniers devaient se trouver dans le même pays que les lecteurs de Paul , savoir dans l'Asie mineure.
Mais on répond à Schnechenburger, en disant que le sens du mot <To£ctç au v. 8, est très-douteux, et que assez peu de
1. Die Briefe des Jacobus, Petrus, Johannes und Judas, ubersetzt und erktârt. Essen, 1830, p. 132.