Paraphr. in epist. 2 Petr. et Jud. Halle
3. Ne vous laissez point enlever le prix de votre course par des gens qui , sous prétexte d'humilité, rendent un culte aux anges, cl qui, vainement enflés de leur science charnelle, prétendent pénétrer dans les choses qu'ils n'ont point vues. (Colossiens II, 18.)
critiques ont cru qu'il devait s'entendre des anges ; et même l'accorderions - nous , qu'il n'en serait pas moins vrai, que le mépris théorique des anges, accompagné d'une vie désordonnée , pouvait avoir de tout autres causes que celles que signale ce critique. Les causes, enfin, seraient-elles les mêmes, qu'elles auraient pu aussi bien se produire en Palestine, par exemple, qu'en Asie mineure.
Mais quoique nous ayons repoussé les opinions précédentes , nous ne voulons pas nous renfermer , comme le font Michaèlis (p. 385 ...) , De Welle' (p. 299) et Guericke, dans un système de trop prudente réserve et d'abstention. Nous supposons avec Schmid (p. 313), Créditer (p. 616) et Jugusti (p. 107 et 109), que Jude adressa son épître aux Eglises de Palestine.
Peu de temps après la mort de Jacques, évêque de Jérusalem (l'an 62 ou 63 de l'ère chrétienne), ce pays fut peuplé d'hommes séditieux, blasphémateurs et immoraux, ainsi que malheureusement le prouvèrent bientôt les ruines de Jérusalem» C'est donc à la Palestine et à ses environs les plus rapprochés que convenait le mieux notre épître. Cette opinion acquiert de nouveaux degrés de probabilité si l'on admet, d'après le verset 17, que les lecteurs ont eu des relations personnelles, et peutêtre fréquentes, avec les apôtres, et d'après le récit d'Hégésippe, que notre auteur ne s'éloigna pas une seule fois de la Palestine pendant sa vie (Brun , p. 23 ).'
1. Dans son introduction il ne se prononce pas; mais dans sa Kurze Erklârung de l'épttre de Jude, qui a paru à Leipsic en 1847, il dit que l'épltre s'adressait à une Eglise qui se trouvait dans une ville commerçante de la Syrie.
2. Nous n'ajoutons rien au sujet du plan, de l'analyse et du contenu de l'épltre; ce que nous avons dit sur son but suffit. On trouvera d'ailleurs de nouveaux détails, à propos du plan de l'épltre de Jude oomparé a celui de la deuxième de Pierre. Voy. chap. III, 4/soIut., 1." raison.
ItATI- HT LIKU.
Date de ïêpître et lieu où elle a été écrite.
Les données que fournit l'épltrc sur l'époque de sa rédaction sont très-vagues. Ainsi le verset 17 : Souvenez - vous des choses qui ont été prédites par les apôtres de notre Seigneur, indique simplement qu'il y avait déjà quelque temps, que les apôtres avaient parlé aux lecteurs de Jude, puisqu'il juge nécessaire de rappeler leurs paroles. Jude agit-il ainsi parce qu'ils étaient morts ou absents ? c'est ce qu'on ne peut décider.
Les mots tv e<r^*T« xî om ^ u verset 18, qui , au premier abord, semblent pouvoir servir à déterminer l'époque où Jude écrivait son épitre, sont peu précis en eux-mêmes, et ont un sens très-incertain. Car ils peuvent désigner , ou l'époque de la prise de Jérusalem, ou les temps de la première venue du Messie , selon l'expression employée par les prophètes de l'Ancien Testament pour désigner ce moment (Ésaie II, 2; Mich. IV. 1; Joël II, 28. 29, comp. avec Act. II, 17, Hébr. I, 1. 2, etc.), ou bien encore, l'époque du nouvel et second avènement de notre Seigneur. Si cette dernière interprétation est la meilleure, l'incertitude du moment est encore plus grande, puisque Jude ne parlerait qu'en général des temps où Jésus-Christ réapparaîtrait.
S'il est impossible cependant d'indiquer d'une manière précise l'époque de la rédaction de la lettre, on peut le faire d'une manière approximative. Ainsi il est presque certain , qu'elle a été écrite avant la prise de Jérusalem , pour les raisons qui suivent :
Dans les versets 18 et 19 Jude représente ses lecteurs comme des disciples des apôtres : donc il s'adresse à des hommes d'une génération contemporaine ou immédiatement postérieure à celle des premiers disciples de Jésus-Christ, fait qui ne peut guère
nous porter au delà de l'an 70, et si l'on en croit I/égésippe (Eus., hist. ecel.j liv. III, chap. 20), notre auteur avait cessé de vivre sous le règne de Domitien, de Pan 81 -96. Baronius même, dans ses Annales, rapporte le martyre de Jude à l'an 68 de Jésus-Christ.
En second lieu , l'emploi que nous prouverons que l'auteur de la seconde épître de Pierre a fait de notre épître, est un motif pour ne pas en reculer davantage la date.
Enfin une dernière raison qui établit évidemment que notre lettre fut écrite avant la prise de Jérusalem , c'est que son auteur, s'appuyant sur les principaux exemples de la justice vengeresse de Dieu à l'égard des méchants, pour prouver à ses lecteurs que les impies qui sont parmi eux recevront inévitablement leurs châtiments, et tirant ces exemples de l'histoire et de la tradition des Juifs, ne parle pas du plus éclatant de ces exemples, de la destruction de Jérusalem, exemple d'autant plus frappant, que Jésus l'avait prédit. Nous croyons donc que notre épître fut écrite avant l'an 70. Quant à préciser l'année, nous pensons que ce serait téméraire; aussi ne le tenterons -nous pas. Les critiques qui partagent notre opinion sont : Ekhhorn, Schmid, Berthold, Michaèïis t Hdnlein, Grashof, Jacfimann, Schott, De Welle, Neudecker, Gueriche, Scharling, etc.
Cependant il s'est trouvé des critiques, surtout parmi les anciens, comme Beausobre et Lenfant', Doàwell et Cave, MM et Hartmann *, qui ont cru que l'épître avait été écrite après la prise de Jérusalem 3 ; nous ne nous arrêterions pas à examiner leur opinion généralement abandonnée, si tout dernièrement elle n'avait trouvé un écho dans l'Introduction de Credner*. Pesons donc avec soins ses raisons.