Jude est l'original dont Pierre s'est servi
Pour ne pas allonger inutilement ce travail , nous ne dirons que peu de mots des deux premières explications, attendu qu'avec raison elles ne sont admises que par peu de critiques.
La première solution est présentée seulement par Augusli (p. 104-108) et Olsliausen. '
Le premier pense que la ressemblance des deux épltres (et en cela il nous semble qu'il va contre l'évidence) n'est pas si grande qu'il soit nécessaire d'admettre que l'auteur de l'une ait fait un usage direct de celle de l'autre. Il essaie de le prouver par trois faits :
1. ° Jude avait lu la seconde épitre de Pierre* quelque temps avant la composition de la sienne, peut-être plusieurs années. — Ce motif est arbitraire et insuffisant; car la réminiscence ne peut créer après plusieurs années des rapports si frappants et si fréquents entre les mots, les phrases et la suite même des idées.
2. ° Aucun des deux écrivains n'a lu le travail de l'autre; mais il en a reçu, par un lecteur consciencieux, un compte rendu fidèle et complet. — Passe pour les idées et pour les exemples tirés de l' Ancien-Testament ou de la tradition, mais pour les mots, les phrases et leur enchaînement, c'est impossible.
3. ° 11 y eut entre Pierre et Jude une convention orale, antérieure à la composition de leurs épltres. Les apôtres se sont