‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 46 sur 77 · COMPARAISON DE JUDE ET DE 2 PIERRE · texte numérisé non relu

COMPARAISON DE JUDE ET DE 2 PIERRE

L'anglais Thomas Sherlock suppose que Jude el Pierre ont copié ou imilé un ancien auteur hébreu, qui avait laissé une peinture de faux prophètes antérieurs ou contemporains.

Cette solution, déjà téméraire en elle-même, ne peut d'ailleurs atteindre son but; elle ne peut expliquer, en effet, qu'une partie des ressemblances, celles qui se trouvent dans la peinture que font les deux apôtres des hommes impies qu'ils combattent.

Hasse admet l'indépendance réciproque de Jude et de Pierre, el fait dériver leurs épitres d'une source commune; la doctrine Parse du Zend-Avesta. '

Pour le prouver, il essaie d'expliquer nos deux épitres d'après la doctrine de Zoroastre, afin de montrer que leurs auteurs y ont fait des emprunts. Ainsi il fait connaître, à propos du mot nyytWç (Jude, 6; 2 Pierre II, 4), les différentes classes d'anges qu'établit la doctrine Parse. Il trouve aussi un emprunt dans l'emploi des mots suivants : «ç xpmv fxtyctXnç Hfjitpttç ( Jud. 6 ; 2 Pierre II , 4 ) , loçov ( Jud. 6 ; 2 Pierre 11,4), dans le récit de la lutte de l'archange Michel avec le Diable (Jud. 9; 2 Pierre H, 11), dans l'emploi de cette phrase : Le Seigneur vient bientôt, phrase qui se trouve souvent dans le Code religieux des Perses , et enfin dans cette exhortation à la piété (Jud. 20 etsuiv.; 2 Pierre III, 14-17), si conforme en tout point à celle qu'on adresse au Parse, quand on lui dit, qu'il doit agir comme la lumière. Herder signale encore quelques points particuliers de l'épttre de Jude (se trouvant aussi dans celle de Pierre), qui peuvent être éclaircis, selon lui, par le Zend-Avesta; c'est ce qui est relatif aux anges, à Sodome

1 . Herder , avaut lui , a eu cette opinion , avec la différence qu'il croit que c'est seulement Jude qui a puisé dans le code religieux de Zoroastre, et qu'ensuite Pierre s'est servi de son épUre. Son opinion n'a donc pas sa place ici, puisqu'il admet l'antériorité de Jude.

et à Gomorrhe, au mépris des puissances, à la prophétie d'Enoch , etc.

Sur ces rapprochements entre le livre de Zoroaslre et notre épître, quel que soit du reste le soin qu'Herder et Basse aient mis à essayer d'en montrer la justesse, nous dirons simplement que tous les récits et toutes les expressions , qu'ils prétendent être puisés dans le Zend-Avesta , peuvent cent fois mieux s'expliquer par l'Ancien Testament et les traditions des Juifs, que par le Code persan. D'ailleurs ce n'est pas tout à fait ici la question; nous devons attaquer la possibilité d'expliquer par la source commune qu'ils indiquent, la ressemblance des idées, ■ des mots, des phrases et du plan, qu'il y a entre nos deux épitres. A cet effet, nous leur poserons cette simple question : Est-il possible que deux écrivains, puisant l'un et l'autre dans un système aussi riche que le Par sis me , arrivent à leur insu à se rencontrer sur le choix d'un si grand nombre d'idées, et surtout d'expressions? Ajoutons aussi qu'en dehors de toutes celtes que, selon Hasse, Jude et Pierre auraient puisées dans le Zend-Avesta , il en reste assez pour rendre la question presque aussi difficile qu'auparavant.

Thoisième solution. Pierre est l'original que Jude a eu sous les yeux.

Cette opinion a eu cours, surtout chez les anciens commentateurs: Luther, MM', Schmid, G. L, Bauer'', Semler, C. Wolfius, Zacharùi 3 , Rosenmaller 4 , Storr, Michaèlis, Hœnlein, Dahl, Poil, Hartmann, Grashof.

1 . JV. T- gr. cum lection. variantib. nus. exempter. , version. , edil. , ss. patr. et scripter. eccles. et in eosdem no Us. Stud. et labore J. Millii. Oxford , 1707. - JV. T. Rotterd., 1710; Àmst., 1746.

2. Enlwurf einer Hermeneutik des Allen und Neuen Testaments. Leipzig, 1779, io-8.°

3. kurze Erklàrung der Briefe Jac. , Petr. , Jud. und Joh. Gollingue, 1776, in-8.'

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