‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 48 sur 77 · Par ce mot &utm il les désigne comme au doigt · texte numérisé non relu

Par ce mot &utm il les désigne comme au doigt

2. Comment expliquer tour à tour l'emploi du futur et du présent chez Pierre ? c'est une question que nous n'avons pas à résoudre. Les uns conjecturent de là que l'imitateur de Jude avait employé le futur pour donner à son écrit un vernis plus grand d'antiquité, et que dans la suite il échoua dans son dessein; les autres, que l'auteur, en employant le futur, avait le dessein de rappeler à la mémoire de ses lecteurs la prédiction qui avait été faite sur eux et qui commençait à être justifiée par l'événement; d'autres enfin l'expliquent par la supposition que Pierre s'adressait à des Églises autres que celle de Jude , et dans lesquelles les faux docteurs ne s'étaient pas encore montrés.

COMPARAISON DE JUDE ET DE 2 l'IERRE. 113

parce que généralement, avant de se formuler en théorie, les égarements de l'esprit sont précédés de ceux de la vie.

Second argument. Jude est plus prolixe que Pierre, notamment dans ce qui concerne la contestation de Michel avec le diable (Jud. 9; 2 Pierre H, 11) et la prophétie d'Enoch (Jud. H. 15, et 2 Pierre II, 9); Jude a donc vraisemblablement inséré dans son épltre les récits auxquels Pierre fait seulement allusion.

Nous verrons plus loin qu'il è^t très-inexact de dire que Jude soit en général plus prolixe que Pierre ; quant à l'argument tiré de ces deux cas particuliers, il peut être facilement rétorqué, car dans 2 Pierre II, 15. 16, l'histoire de Balaam, à laquelle Jude fait une brève allusion (vers. 1 1), est très-allongée.

Troisième argument» La clarté et la concision de Jude sont, pour quelques savants, un argument en faveur de l'antériorité de 2 Pierre. Car, affirme- t-on, un auteur auquel sont fournies les idées, peut être plus concis, plus lié, plus coulant, plus audacieux dans son travail ; il n'a qu'à songer à l'enchaînement des idées et à la perfection du style, tâche peu compliquée. Si donc l'épttre de Ju4tf est un tout harmonique , c'est que son auteur a pu retrancher l'inutile, éclaircir l'obscur et donner de la vigueur aux tons affaiblis de son modèle.

Cela serait vrai , si l'épltre de Jude, plus concise, plus décidée que celle de Pierre, présentait l'aspect d'un précis, d'un compenâium de celle-ci; mais au contraire, lorsqu'on compare avec soin les deux épltres, on s'aperçoit aisément que l'épltre de Pierre a plutôt l'air d'être une amplification de celle de Jude, que celle-ci n'a l'air d'être l'abrégé de la première. Nous reviendrons plus loin sur ce point.

Quatrième solution. Jude est l'original qui a servi de thème à la seconde épltre de Pierre.

Autant la solution précédente fut en faveur parmi les critiques

du siècle passé, autant celle-ci est en faveur parmi ceux du siècle

aeluel, et ce n'est pas sans raison, selon nous. 11 est vrai qu'à

priori, on se sent porté à admettre l'originalité de la seconde épître de Pierre , à cause de sa plus grande étendue sur celle de Jude, de la célébrité de celui qui passe pour son auteur, de sa place dans la liste des livres du canon avant l'épltre de Jude, du fait que son auteur en avait déjà fait une, etc. Mais tous ces motifs , qui probablement poussaient instinctivement les anciens exégètes à admettre l'antériorité de l'épltre de Pierre , étudiés de près , ne sont pas d'une graride valeur , et dès que les savants de ce siècle ont examiné la question d'une manière approfondie, cette espèce d'antériorité traditionnelle de l'épltre de Pierre est tombée , surtout depuis les longues et savantes recherches des Jessien, Mayerhoff, Iflmann* et Richter*. Aussi de nos jours admet-on généralement que Pierre s'est servi de l'épltre de Jude, comme on peut s'en assurer par les noms suivants : Eichhorn, Sclunid, Herder, Welcker, Bug, Richter, Jessien, Bertholdt, Schoti, De Wetle, Credner, Schneckenburger , Mayerhoff, Ulmann, Jachmann, Neander, Neudecker, Guericke, Scharling. Voici les principales raisons que donnent ces savants :

La première raison est relative à la marche des idées, qui est ferme et décidée dans Jude , - tandis qu'elle est hésitante et embarrassée dans 2 Pierre, comme chez un imitateur. Jude, en effet, dès le commencement de son épttre (verset 3), déclare à ses lecteurs que son but est de les encourager à rester fermes dans la foi, parce qu'il s'est glissé parmi eux des impies, qui cherchent à les séduire (verset 4). Il rappelle ensuite les rigoureux châtiments que Dieu a employés à l'égard des coupables, pour montrer, que le méchant est toujours puni (versets 6 - 7 ) , et que les hommes qu'il combat le seront aussi. Après quoi il décrit (versets 8-19) les écarts des impies, auxquels il a à faire, introduisant dans cette description les versets 11. 14

1. De origine post. Petr. ex ep. Jud. repet. Wittemberg, 1810.

2. Der zweite Brief Petr. kritisch unlersucht. Heitlelbert; , 1821.

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