COMPARAISON DE JLDK ET DE 2 PIERRE
15. 17. 18, qui n'interrompent pas du tout le fil des idées. Enfin, depuis le verset 16-^5 et dernier se trouve une exhortation à ses lecteurs. Voilà un plan et un but précis atteints par une suite d'idées simples, claires et bien suivies; voilà l'originalité; rien là ne trahit que l'épttre soit un résumé ou un abrégé d'une autre épttre.
Dans 2 Pierre, rien de semblable; point de plan ni de but énoncé; les idées sont jetées comme au hasard, sans ordre, sans lien, tout y fait naître le soupçon d'imitation; comparez attentivement les passages suivants : Jude 4 et 2 Pierre II , 1 , et I , 19-21; Jude, versets 6-8, et 2 Pierre II, 4-11. Il est surtout à remarquer dans le dernier passage de Pierre, qu'au verset 9 il ne se souvient plus que sa phrase commencée au verset 4 est en suspens, car il lui donne pour conclusion une idée qui n'était pas en rapport avec l'idée dominante de la période, laquelle était que, comme les anges, l'ancien monde, les villes de Sodome et de Gomorrhe avaient été punis, les faux disciples le seraient aussi. Au lieu de cette conclusion, il change, au verset 7, le fil des idées, en disant : s'il délivra le juste Loth, tandis qu'il devait parler d'un exemple de punition, et au verset 9 il s'éloigne encore plus du fait principal , en terminant sa période par cette conclusion , au présent au lieu du futur : Le Seigneur sait délivrer de la tentation les /tommes pieux, et garder pour le jour du jugement les injustes qu'il doit punir. Et les mots /lucA/ot* <ffc lui servent de transition (verset 10), pour revenir à l'idée principale, qu'il emprunte à Jude (verset 8). Comparez encore Jude, verset 11 et 2 Pierre II, 15 et suiv.; Jude, verset 17 et 2 Pierre III, 1 et suiv.
Seconde raison. La comparaison du style des deux épitres nous révêle l'originalité de Jude. En effet,
1.° Le style de Jude est simple, et celui de Pierre est plus recherché, plus oratoire. Il est tout rempli de périphrases et d'amplifications de rhétorique. Jude est succinct el rapide, les
idées de 2 Pierre, au contraire , sont exprimées plus longuement, d'une manière moins rapide , et sont de véritables paraphrases de celles de Jude. On trouve dans 2 Pierre les mêmes images que dans Jude, mais les couleurs en sont moins vives, souvent effacées, et quelquefois sans justesse. On peut juger de quelques-uns de ces contrastes par les parallèles suivantes :
Jude.