‹ Recherches critiques sur l'épître de JudeChapitre 65 sur 77 · Voy. tfetstein, t. II, p. 735, et Schœllgen, p · texte numérisé non relu

Voy. tfetstein, t. II, p. 735, et Schœllgen, p

Satan l'épithète qu'il méritait pour l'action qu'il commettait en ce moment.

ETrntptircu <rot est une formule qui se trouve souvent dans la Bible (voyez 2 Sam. XX, 16; Ps. IX, 6 ;*LXVIII, 31 , surtout Zacbar. III, 2 dans les Septante : E7r/T//x»o-st# Kvgioç tv rot

Verset 10. est placé ici pour faire sentir le contraste qui existe, entre la conduite des impies que Jude décrit, et celle de Michel dont il vient de parler.

Offet fxiv ouk oifcifft, @\a<rtp»/j.*<rtv , ceux -ci parlent mal de toutes les choses qu'ils ne connaissent pas. Ceux qui entendent <To £*ç, au verset 8 , des anges , s'appuient sur ces mots et disent que Jude fait ici allusion au même blasphème dont il a déjà parlé verset 8; car les impies qu'il décrit, en blasphémant les anges, invectivent contre des êtres qu'ils ne connaissent pas; cette interprétation nous parait forcée. Pourquoi aller si loin? N'est-ce pas l'habitude constante des hommes qui ne veulent supporter aucun joug de joindre la présomption et la calomnie à l'insubordination , de dire du mal dé tout ce qui les entoure, de ce qu'ils ne connaissent même pas?

Il est assez difficile de préciser, quelles étaient ces choses qu'ignoraient ces impies et dont ils disaient du mal; il faudrait connaître, à fond, l'état des esprits et des choses à cette époque. Peut-être Jude a-t-il en vue des individus qui parlaient mal de choses, dont ils ne reconnaissaient pas la nécessité ou l'utilité, comme les lois, la science, la discipline, le culte même. Il ne faut pas s'arrêter à l'analogie extérieure du mot faxffÇnfjutv, avec notre mot français blasphémer ; car le premier signifie, le plus souvent, injurier, parler mal, médire (2 Tim. III, 2), et le second ne s'applique qu'aux choses saintes.

rat , et se corrompent dans toutes les choses qu'ils savent naturelle-

ment comme les animaux privés de raison, c'est-à-dire, qu'ils s'adonnent à tous les excès qui proviennent des sens.

Tu o<T<w *ra KatiV t7ro psi/far*.* , parce qu'ils ont marché dans la voie de Caïn, c'est-à-dire, qu'ils ont imité les actes de Caïn , et qu'ils ont eu les mêmes sentiments que lui. Cependant , dit De fVette, on ne voit pas trop la ressemblance; c'est pourquoi il faut peu presser la comparaison. Peut-être n'y a-t-il que l'analogie tirée de ce que Caïn est le type des méchantes gens. D'autres interprètes' précisent davantage, et croient que Jude fait allusion à la jalousie (1 Jean 111, 12), à la méchanceté et à l'ingratitude de Caïn, à son homicide même. Les impies, que Jude combat donnent la mort aux âmes des simples qu'ils séduisent, en leur inspirant leurs erreurs et leurs abominations. D'autres (Schneckenburgef) voient ici une allusion à l'arrogance de l'art sophistique , dont Caïn parait avoir été le type chez les auteurs Juifs. Voyez PJiilon et le Targum de Jérusalem sur Gen. IV, 7 : «Cain répondit et dit : Il n'y a point de jugement, point «de juge, point d'autre vie; on ne donnera point de bonnes « récompenses aux justes ; on ne tirera pas vengeance des mé- « chants; 0 mais Jude, d'après nous, compare seulement d'une manière très -générale, ses adversaires à Caïn, sous le rapport de la méchanceté. Clément d'Alexandrie (Strom., liv. VII) parle de certains hérétiques qu'on appelait Caïnites, parce qu'ils faisaient profession d'honorer Caïn. lrènèe leur attribue les mêmes inîàmies qu'aux Nicolaïtes. Toutefois il serait téméraire de dire que Jude fait allusion à celte secte : elle n'avait pas paru de son temps.

rioçvjeffQut o<fa>- marcher dans la voie de quelqu'un, c'est-àdire, imiter quelqu'un , -JTD 1\\rt. Pour l'histoire de Caïn, voyez

Gen. IV, 3-15.

Kcti t» 7rXxv* th bctXxxfx fAirQ* t%i%ybn<rcLV , ils se sont laissés

i. Œcumenitu, Grolius , Calmet, Jachmann.

entraîner (comme) Balaam par la séduction du gain, Kfy%ySnva.v ; ce mot signifie se répandre, et se trouve souvent dans le sens d'une course précipitée et désordonnée. Denys d 'Halicarnasse (An t., liv. III) : O%\ov og* 7ra.VT0Sb.7rov tx^tv/xtvov t»ç 7roXeuç, il vit la foule se répandant de toutes parts hors la ville. De là , ce mot a été employé métaphoriquement, en parlant de toutes les actions et de tous les sentiments auxquels on ne peut ni commander ni résister : Tkemisthius (Orat. 22) , O 7rtçt SetTrctvaç **W pivot* lancé dans les dépenses'. Il correspond au mot effundi en latin : Tite-Live (liv. XXXIV, chap. 6) , Ne abrogatâ lege effundanlur ad luxuriam, T» 7rXetvn t« ju/<tô«, littéralement : par l'égarement du salaire; le point de comparaison entre les adversaires de Jude et Balaam , est encore ici difficile à saisir. On ne peut songer à une ressemblance absolue et croire que les impies dont parle Jude se seraient laissés aller à pécher par l'appât d'un gain sordide. On ne voit guère comment l'occasion leur en aurait été fournie; on ne peut s'arrêter, en effet, aux offres que les païens leur auraient faites d'abandonner le christianisme ou de dénoncer leurs coreligionnaires ; la ressemblance ne roule, sans doute, que sur les traits principaux du caractère de Balaam, qui étaient la cupidité et la vénalité, de quelque manière du reste que se traduisissent ces vices chez les impies que Jude combattait. Quelques interprètes se sont imaginés que notre auteur fait allusion à la secte des Nicolaïtes, les mêmes, disent -ils, que les sectateurs de Balaam, dont parle S. Jean (Apoc. II, 14), les mots Balaam et Nicolas signifiant la même chose', l'un en hébreu, l'autre en grec; mais les Nicolaïtes tiraient leur nom de Nicolas, fondateur de la secte, et non de Balaam. S. Jean , d'ailleurs , qui parle , et des secta-

1. Pour d'autres exemples, voy. Kypke : Obs. sacr. in N. T. libros. Wratisl., 1755, in ep. /orf., vers. 11.

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