‹ Recherches cytologiques sur les levures et quelques moisissures à formes levuresChapitre 15 sur 47 · I. — Structure et développement végétatif · texte numérisé non relu

I. — Structure et développement végétatif

Cultivé dans le liquide Mayer, le S. Ludwigii présente un protoplasme homogène et un certain nombre de petites vacuoles, placées au centre de la cellule, qui quelquefois se multiplient, augmentent leur volume, et donnent au protoplasme un aspect alvéolaire. Mais dans la plupart des cas, elles se fusionnent très vite

pour constituer une unique vacuole occupant toute la partie médiane de la cellule. Ces vacuoles renferment, comme chez les autres levures, des corpuscules métachromatiques de nombre et de dimensions très variables : ils sont d'abord très petits et très nombreux, et présentent par leur ensemble Taspect d'un fin réticulum; dans la suite ils se fusionnent pour former de grosses sphérules (PL XI, fig. de i5 à 21).

Le noyau se différencie difficilement. Il est ordinairement assez petit par rapport à la cellule et se» montre sous l'aspect d'une masse sphérique et homogène, d'environ i a de diamètre, située soit au centre, soit sur un côté de la cellule, et souvent proche de la vacuole.

Rarement on aperçoit les détails de sa structure. Cependant on réussit quelquefois à mettre en évidence un chromoblaste^ un nucléohyaloplasme incolore et une membrane délimitante.

Ce noyau est toujours imique dans chaque cellule, même dans les voiles.

Le bourgeonnement s'effectue par un mode un peu différent de celui des autres levures ; la cellule mère émet à l'une de ses extrémités une proéminence assez largue, qui grossit et qui ayant acquis un certain développement, se sépare du reste de la cellule par un léger étranglement et par la formation d'une cloison séparatrice. Il y a là^ comme l'a fait remarquer

Schiœnnîng, un mode de division intermédiaire entre le bourgeonnement typique des levures ordinaires et le cloisonnement des Schizosaccharomyces. En dehors de cette distinction morphologique, les phénomènes histologiques ne diffèrent pas de ceux qu'on observe dans le bourgeonnement ordinaire des Saccharomyces.

Une partie de la vacuole pénètre dans le bourgeon avec un certain nombre de corpuscules métachromatiques et la vacuole se sépare ensuite de ,1a cellule mère. Le noyau accompagne ou suit ce phénomène. Sa division se produit indifféremment selon les deux modes que nous avons rencontrés jusqu'ici: tantôt il s'allonge, introduit Tune de ses extrémités dans le }eune bourgeon, s'étrangle et se coupe à son milieu, se séparant ainsi en deux portions dont l'une devient le noyau de la cellule fille ; tantôt il se scinde transversalement en deux moitiés ayant quelquefois la forme de demi-disques, entourés d'abord d'une même gaine nucléoplasmique qui se sépare ensuite (PL IV^ fîg. de 44 ^ 47 ^^ PL IX, fig. de 12 à i4). Seules les meilleures préparations permettent de se rendre compte de ce dernier mode.

Janssens et Leblanc ont au contraire décrit chez cette levure une division plus compliquée, avec fuseau achromatique et plaque équatoriale, qui serait d'après eux une cinèse rudimentaire.

Il est probable que ces auteurs ont observé à la fois 'la division du noyau et celle de la vacuole ; cette dernière, en effet, dojine lieu, lorsque les corpuscules métachroniatiques sont colorés, à des figures qui rappellent un peu la karyokînèse; ils auraient donc confondu ces deux phénomènes.

Au cours du développement on voit naître dans le protoplasme un certain nombre de vacuoles où vient se localiser le glycogène, jusqu'alors disséminé dans le protoplasme spus forme de petites taches. Le plus souvent, il se forme deux vacuoles occupant les deux pôles de la cellule. •

A * cet état, la cellule * est donc constituée d^une vacuole centrale à corpuscules métachroniatiques, d'un noj-au presque toujours en contact avec cette' vacuole et de deux vacuoles glycogéniques souvent très grosses situées aux deux extrémités de la cellule. Nulle part ailleurs, cette localisation du glycogène et des corpuscules métachromatiques dans des vacuoles distinctes ne s^observe aussi bien; elle paraît tenir à une spécialisation dans les fonctions physiologiques du protoplasme. Toutefois, lorsque le glycogène est très abondant dans les cellules, il peut en pénétrer un peu , dans la vacuole centrale, mais dans ce cas il n'y existe jamais qu'en très faible quantité et ordi-

nairement sous forme de petits granules. A l'état frais la vacuole centrale se distingue très nettenijent par sa forte réfringence, tandis que les vacuoles glycogéniques faiblement réfringentes s'aperçoivent plus difficilement. Les matières colorantes (hématoxyline de Heidenhain^hémalun, violet de gentiane, bleu de méthylène, vert de méthyl) laissent la vacuole centrale absolument incolore, alors que les vacuoles polaires prennent une teinte diffuse avec parfois quelques petites granulations faiblement colorées, analogues à celles que nous avons signalées à propos du ^S. cereçisiœ.

Les doubles colorations au vert de méthyle et à l'iodo-iodure de potassium donnent de très bonnes préparations (PI. XI, fig. 22 et 33).

Cette conformation qui est la plus ordinaire est cependant sujette à quelques variations.» C'est ainsi qu'il ne se forme quelquefois qu'une seule vacuole à l'un des pôles de la cellule. Dans le cas où la cellule a une forme presque sphérique, il peut naître une ou plusieurs vacuoles glycogéniques à un endroit quelconque.

Lorsque le glycogène est en très grande quantité, les deux vacuoles polaires sont capables de prendre des dimensions considérables et les vacuoles à corpuscules métachromatiques setrouivent alors très réduites, comprimées de part et d'autre par ces deux vacuoles glycogéniques.

Parfois aussi dans les cellules âgées toutes ces vacuoles se fusionnent pour constituer une unique vacuole occupant toute la cellule, contenant un peu de glycogène et quelques corpuscules métathromatiques localisés tout autour de la vacuole. C'est généralement ce qui se produit, en même temps que le protoplasme se transforme en globules d'huile, lorsque les cellules commencent à entrer en dégénérescence.

Souvent enfin les corpuscules métachromatiques au lieu de se localiser uniquement dans une vacuole centrale, peuvent naître à différents endroits de la cellule et notamment aux deux pôles et on voit parfois des vacuoles renfermant ces corpuscules alterner avec des vacuofes à glycogène. Cela s'observe surtout dans les cellules très allongées et dans les voiles. D'aU- *leurs il est inutile d'insister plus longtemps sur ces variations purement accidentelles et qui n'ont aucune importance (i)(Pl. XI, fig. 17 et 2i).

Cette structure se conserve généralement pendant très longtemps et contrairement à ce qu'on observe chez le S. cereçisiœ^ le glycogène paraît subsister souvent même après la fermentation.

(i) DucLAux {Traité de Microb,, t. I, p. iSa et t. III, p. 125) attribue les différents aspects que montre le protoplasme des levures à des phénomènes de plasmolyses temporaires. Ce seraient des phénomènes de eoa^lation qui conduiraient à des figures diverses suivant les circons-* tances. Il serait difficile d'en faire des détails anatomiques.

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