‹ Recherches cytologiques sur les levures et quelques moisissures à formes levuresChapitre 17 sur 47 · III . — Germination des spores · texte numérisé non relu

III . — Germination des spores

Hansen a observé dans les spores de S. Ludwigii^ un mode de germination tout à fait particulier. Tandis que chez les autres levures : S. cerei^isiœ, S. Pastorianus^ S. ellipsoïdeus^ Sf anomalus^ les spores bourgeonnent directement en des points quelconques comme les cellules végétatives, on remarque au contraire chez le S. Ludmgii la formation d'une seule proéminence s'allongeant en un petit tube ger-

minatif qui ayant atteint une certaine dimension se tloisonne à sa partie terminale pour donner de nouvelles cellules. Les spores ne produisent donc pas immédiatement de nouvelles cellules comme chez les autres SaccharomycesJ mais donnent naissance à une formation intermédiaire ^ laquelle Hansen a donné le nom de promjycélium. De plus, les cellules dérivant de ce promycélium naissent par formation de cloison transversale et non par bourgeonnement.

En outre, dans la majeure partie des cas, la formation de ce promycélium est le résultat de la fusion de deux spqres. Les spores, le plus souvent au nombre de quatre dans chaque asque et disposées par groupes de deux, restejit soudées môme après la rupture de la paroi de Fasque, par une sorte de lame plasmique dont nous avons parlé antérieurement.

Chacune des deux spores ainsi adhérentes émet xxfLe petite proéminence; les deux proéminences ainsi formées se rejoignent, se soudent Tune à l'autre par résorption de la membrane séparatrice et constituent un seul tube germinatif qui devient le promycélium.

Hansen a constaté que ces fusions étaient le cas normal dans la germination de^ spores jeunes et fraîches; au contraire les spores âgées manifesteraient une tendance à germer isolément.

Il compare ces phénomènes aux pseudoconjngaisons observées par Tulasne chez divers champignons, mais il ne se prononce pas d'une façon précise sur leur signification biologique. Cette fusion de deux spores servirait, d'après lui, «'à mettre les spores en état de développer un nombre relativement plus grand de cellules de levures ; on ne saurait le considérer comme un véritable acte sexuel. »

Nous avons cherché à suivre ces phénomènes pour nous rendrç compte du rôle du noyau en pareil cas. Malheureusement depuis plus de six mois que nous observons la germination des spores de ce Saccharomyces, nous n'avons jamais obtenu de fusion. Nous avons employé le plus strictement possible les njéthodes indiquées par Hansen et nous nous sommes servi d'un grand nombre de milieux de cultures dont nous avons fait varier les conditions. Bien qu'a priori ces fusions ne paraissent pas présenter les caractères de phénomènes sexuels, il eût été cependant intéressant de rechercher comment se compo^'tait le noyau.

La germination s'est effectuée d'une manière analogue à celle qu'avait décrite Hansen, mais chacune des spores germait isolément et chacune produisait un pro mycélium ; tantôt les promycéliums d^un môme groupe de spores naissaient en sens inverse', quelque-

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fois ils se dirigeaient dans le même plan et en sens parallèle, d'autres fois ils se rapprochaient Tun de l'autre comme s'ils allaient se rejoindre, et se croisaient, mais sans jamais se souder l'un à l'autre.

Il faut donc croire que ces phénomènes de fusion de spores n'ont pas la généralité que leur attribue Hansen, à moins que, ce qui est probable, nous ayons eu affaire aune \ariétéde cette espèce ayant perdu ce caractère (i).

Les phénomènes histologiques de cette germination ne manifestent aucun intérêt spécial. Les spores gonflées et sur le point de germer possèdent d'ordinaire une vacuole centrale remplie de corpuscules métachromatiques.

Le glycogène au contraire disparait au moment où les spores se préparent à germer.

Le noyau se place ordinairement à l'endroit où apparaît le premier rudiment du tube germinatif et c'est à ce moment qu'il commence sa division. Cette division s'effectue par les

(I) Depuis, M. le professeur Hansen a eu l'obligeance de nous envoyer des cultures de S. Ludwigii, où nous avons pu constater la fusion des spores . Les cellules de ces cultures différaient pai* quelques détails de celles que nous avons étudiées ici, qui nous étaient parvenues de l'Institut Pasteur, et qui constituent bien une variété un peu différente de celles qu'a étudiées Hansen.

Nous nous proposons d'ailleurs de revenir sur ce sujet dans mie prochaine étude.

procédés habituels, soit par un partage égal du chromoblaste, soit par étirement et étranglement médian (PL V, fig. de 43 a 49).

Une partie de la vacuole pénètre en même temps que le noyau dans le promycélium avec une certaine quantité de corpuscules métachromatiques. Ces derniers, comme nous l'avions déjà observé chez le S. cereçisiœ^ ne paraissent pas être absorbés durant la germination.

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