IV. — Endomyces Albmans (Vuillemin
Ce champignon, qui est Tagent provocateur d'une maladie bien connue, le Muguet^ est un de ceux qui ont eu le privilège d'être le plus étudiés. D'abord rapproché des Oïdium par Robin qui lui donna le nom dî* Oïdium albicans qui a prévalu , il fut considéré par Quinquaud comme un genre à part qu'il appela ISyringospora Robinii. Grawitz l'identifia ensuite avec le S. Mycodernia çini. Ress le classe parmi les Saccharomyces sous le nom de S. albicans^ nom accepté par Van Tieghem, En i885 Plaut l'assimile au Monilia candida de Bonorden, En 189Q Roux et Linossier en font un champignon spécial •caractérisé parla présence de kystes (Ghlamydospores) qu'ils considèrent comme des formes durables de V Oïdium albicans. A peu près à la même époque Laurent le rapproche des Dématiées et propose le nom de Dematium albicans. Plus tard Heim le classe parmi les Entomophthorès dans le genre Empusa. En 1896 Vuillemin découvre des asques dans V Oïdium albicans. Ces asques se forment très facilement dans les
conditions défavorables etparticnlièrementdans les vieilles cultures sur betterave. Ils débutent par la formation de kystes (chiamydospores de Roux et Linossier) qui sont capables soit de germer eux-mêmes lorsque les conditions sont favorables, soit de se transformer en asqfues et de produire à leur intérieur quatre spores ovales.t Vuillemin se croit donc autorisé à classer ce champignon dans le genreEndomyces et le désigne sous le nom à'Endonvyces albicans qu'il rapproche de VEndom/yces decipiens.
Ce champignon présente, quoi qu'on en ait dit, de grands rapports morphologiques avec les levures. Tantôt il se compose presque exclusivement de cellules levures, tantôt il est capable de donner des formes allongées ressemblant aux voiles des levures et même de produire des filaments composés d'articles assez allongés et qui lui donnent l'aspect d'un Dematium.
Sans insister sur ces détails morphologiques qui sont ici hors de notre sujet, nous nous bornerons à constater la présence de deux formes très distinctes offertes par ce champignon, Tune sur le liquide Raulin, l'autre sur tranches de carotte.
Dans le liquide Raulin lE. albicans ne donne pendant longtemps que des formes levures, très différentes de celles qu'il est susceptible de
produire dans les autres milieux. Elles ont Taspect de grosses cellules, presque entièrement sphériques et ressemblant au S. cereçisiœ. A la fin du développement, elles manifestent une tendance à s'allonger et à devenir filamenteuses.
Une forme très différente est obtenue sur tranches dé carotte. Le développement*dëbute par des formes levures beaucoup plus' petites que lès précédentes, parfois sphériques, souvent allongées. Au bout d*un certain temps on remarque là formation de cellules mycéliennes ressemblant tantôt à un voile de levure, tantôt à' un Dematium.
Dans le liquide Raulin, on observe un développemesnt très semblable à celui que nous avons suivi dans le S. cereçisiœ. On remarque dans les premiers stades la formation d'une ou plusieurs petites vacuoles à corpuscules méta-r chromatiques, au milieu d'un protoplasme très dense. Le noyau est situé au voisinage de ces vacuoles. 11 est sphérique, et possède uu diailiètre élevé pouvant atteindre jusqu'à près de Q î^. Ce noyau se différencie très facilement et avec la plupart des colorants (fuchsine, violet ' de gentiane, hémalun, bleu de méthylène, vert de méthyle.) L'iodo-iodure de potassium le met en évidence, et même un examen attentif des cellules à l'état frais le laisse quelquefois dis-
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tinguer. Une préparation bien colorée» soit à l/aide de Phémalun, soit avec le bleu de méthylène, le montre constitué d^un cjiromobtaste entouré d'un nucléohyaloplasme incolore et à^une membrane. Cependant il . offre le plus souvent l'aspect d'une masse homogène, surtout dans les préparations obtenues avea le procédé de Heidenliain*
Dans les stades ultérieurs^ on voit apparaître des vacuoles à glycogène qui envahissent les cellules comme dans le S. cereçisiœ.heB vacuoles primitives sont refoulées à la périphérie ebflna-' lement les cellules se montrent formées d'une énorme. vacuole limitée par une mince' couche pariétale de protoplasme x^nfermant un: certain nombre de corpuscules métachromatiquei» et un noyau accoîé.à la membrane (PL VIII^ ûg* 9^ lo et 11)4 Le contenu de la vacuole se présente coloré sous forme de granules analogues à q0Ux sur lesquels nous avons déjà attiré l'attention*
La division, du noyau .s'eûectue soit par allongement et étirement, soit par partage égal du chromcrblaste en deux petites masse»
nucléaires. *
Les .cellules provenant des cultures miv carotte ont une structure* peu différente* Tantôl,^ les ce^ules sont sphériques et contiennent une vacuole à coi^puscules métachromatiques eV un noyau accolé à cette vacuole, tantôt elle« sont
plus on moins allongées et il existe un certain nombre de vacuoles se succédant dans la Iongueur de la cellule. Dans la suite, il se forme des vacuoles glycogéniques à des endroits variables.
Le noyau montre quelquefois un cliromoblaste et un nucléohyaloplasme, mais souvent il paraît homogène. Sa division se produit tantôt par étirement, tantôt par scission transversale du chromoblaste (PL VIII, ûg. de i à 7). Ce dernier mode est le plus fréquent. Quelquefois même il arrive que cette division précède .l'apparition du bourgeon et peut sans doute expliquer que Vuillemin ait décrit chez ce champignon un noyau formé ordinairement de deux nucléoles et que nous n'avons jamais observé.
Dans les formes allongées on ne trouve d'ordinaire qu'un seul noyau par cellule, cependant on peut en rencontrer plusieurs.
Nous avons tenté toujours ea vain d'obtenir des spores et par tous les moyens possibles.
Depuis trois ans que nous cultivons VEndomyces albicans sur les milieux les plus variés, nous n'avons jamais eu la chance d'obtenir ni les kystes de Roux et Linossier, ni les asques de Vuillemin. Nous avons cependant essayé tous les procédés employés par ces auteurs (liquide Nœgeli, cultures sur betterave), et nous avons
eu sous la main. des cultures d'origine différente, dont trois provenaient de malades de rhdpital et dont Tautre nous avait été jenvoyée de rinstitut Pasteur.
Il eût été intéressant de pouvoir comparer le développement cytologique de ces asques avec celui des Saccharomyces.