‹ Recherches cytologiques sur les levures et quelques moisissures à formes levuresChapitre 26 sur 47 · VI. TORULA NIGRA (MaRPMANN · texte numérisé non relu

VI. TORULA NIGRA (MaRPMANN

Ce cliampignon^ découvert par Marpmann et désigné par lui sous le nom de Saccharomyces niget*^ a été plus tard étudié par Lindner et Hansen, qui lui ont donné la désignation plus appropriée de Torula nigra et l'ont considéré

(i) Nous avions observe au?»si chez VOldium lactis et notamment en culture sur carotte où le développement s*eflectue d'une manière très rapide une dégénére^ence précoce du protoplasme pianilestée par l'apparition de globules d*huile.

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comme appartenant pirobablemeut au genre Ctadosporium ou au genre Fumago. ^

Le Torula nigra yégète abondamment sur carotte et c'est dans ce milieu que nous l'avcoas étudié* Vingt-quatre heures après Vensemencement, la carotte est envahie par une masse gluante d'un vert noirâtre, qui est composée exclusivement de •formes levures ovales ou légèrement allongées. Quelque^ jours après, on voit naître dans les parties les m^oins humides de la carotte un mycélium très grêle^ qui surgit de la masse noire des levures et se détache en un feutrage gris.

Les formes^ levures, examinées dans les premiers stades de leur développement, présentent ordinairement deux petits corpuscules métachromatiques entourés chacun d'une zone claire, et placés aux deux pôles de la cellule. Les deux zones claires entourant ces corpuscules sont chacune l'origine d'une vacuole.

Le noyau se trouve vers le centre (PL VIU, fig. de xa à q6). Il ne se distingue que comme une masse homogène se différenciant en bleu par rhémaluA et limitée parfois par une zone hyaline de nucléoplasme.

Sa division s'effectue par scission transversale du chromoblaste.

Ces levures sont agglomérées dans un mucus qui prend une coloration rougeâtre avec

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rhémalun et contient quelques particules solides noirâtres^ auxquelles est due sans doute la couleur noire de la culture.

Au ftip et à mesure que le développement s'avance, les deux vacuoles grossissent et finissent par occuper la majeure partie de la cellule, séparées seulement par une mince bande protoplasmique qontenant le noyau. Pendant ce temps, les corpuscules métachromatiques se développent et remplissent les vacuoles de granules de formes variées.

n ne paraît pas exister de vacuoles glycogéniques.

On observe dans les cultures âgéesides formes levures qui s'allongent, se multiplient sans se séparer complètement, formant ainsi des articles capables d'émettre des bourgeons latéraux, et qui ressemblent aux voiles des levures et particulièrement aux formes mycélîennes de r^. albicans et du A/. ra;irf///a.HI!es articles possèdent une structure analogue à celle des formes levures et il n'existe le plus souvent qu'un seul noyau par cellule. Mais à côté de cela, se trouve un véritable mycélium analogue à celui des Dematium, à articles très longs avec des bourgeonnements latéraux et des ramifications (PI. VTII, fig. 22). Dans ce cas, il existe un .grand nombre de vacuoles<se succédant à intervalles plus ou moins réguliers dans Pintérieur

des articles et qui à un stade ultérieur se réunissent et subissent une évolution analogue à celle que nous avons décrite pour le D. species et VO. lactis. Chaque article possède généralement plusieurs noyaux.

Ce champignon se rattache donc très probablement aux Dématiées.

VIL — JQSTILAGO MAYDIS (CoRDA). — USTILAGO AVEN.E (ROSTRUP)

Nous avons tenu à compléter ces recherches par une étude des formes levures des Ustilaginées qui, par leur aspect, présentent de même que les Dématiées une étroite relation avec les véritables levures.

Cette étude lut déjà entreprise par un certain nombre d'auteure.

Mœller constate dans lesconidies levures des Ustilaginées une structure très voisine de celle qu'il avait étudiée chez les levures, avec un seul noyau par cellule. Dangeard arrive aux mêmes* résultats.

Au contraire von Istwanfî observe dans les formes levures d'uç certain nombre d'Ustilaginées la présence, de trcys noyaux, Tun au centre de la cellule, les deux autres occupïint

les deux pôles.. Dans certaines de ces formes ae levures {Ustilago anthrarum)^ la multiplication du noyau précède le bourgeonnement et l'on peut trouver, d'après lui, un grand nombre de noyaux par cellule. 11 remarque en outre qu'il existe toujours un rapport entre la position des noyaux et la naissance des*bourgeons.

On doit à Maire une étude très complète sur les conidies levures de VUstilago maydis. Cet observateur constate comme Mœller et Dangeard une grande analogie de structure entre les conidies levures de VUstilago mœydis et les Saccharomyces.

Tl différencie un noyau, qui dans les nîeilleures préparations se montre constitué d'un nucléohyaloplasme incolore, limité par une membrane, et dans lequel se trouve un karyosonie fortement coloré. Dans les premiers stades du développement, il observe aux deux pôles de chaque cellule un corps sphérique, d'aspect réfringent, que Dançeard avait pris pour un globule oléagineux. Ces globules ne possèdent pas, d'après lui, les propriétés des corps gras ; iJs se colorent en rouge vineux par l'tématoxyline et*le bleu de méthylène et sont entourés d'une zone hyaloplasmique incolore.

Maire les assimile à juste titre avec les corpuscules métachromatiques de Babès. Les noyaux placés ati milieu de la cellule se distinguent de

ces granules par la coloratipn bleue qu'ils prennent avec Thémalun.

Plus tard, Maire figure des vacuoles occupant une grande partie de la cellule fies corpuscules métachromatiques se placent alors tout autour de ces vacuoles, après avpir augmenté considérablement de nomUre.

Il considère ces granulations métachromatiques comme des grains de sécrétion, formés de produits de rebut qui encombrent de plus en plus la cellule dont la vitalité se ralentit.

La division de ce noyau s^effectu^rait par les deux procédés que nous avons rencontrés, l'un serait une division directe (allongement et étirement des noyaux), l'autre (scission du chromoblaste) appartiendrait à un mode intermédiaire entre la division directe et la karyokinèse.

Nous avons étudié l' Ustildgo mardis et l' Ustilago agence.

Les conidies levures de VUstilago maydis ressemblent à de petites levures: elles sont allongées, pointues à leurs deux extrémités. Au commencement de leur développement, elles montrent un protoplasme homogèpe dans lequel on distingue deux petites vqcuoles renfermant chacune un ou plusieurs corpuscules métachromatiques et placées à chaque pôle de la cellule (PI. VIII, fig, de 48 à 57).

Le -noyau est unique dans chaque- cellule;

îl se trouve situé au centre ; très souvent il apparaît comme une masse sphérique et homogène, mais dans les bonnes préparations il laisse parfois apercevoir un chromoblaste^ un nucléoplasme incolore et une membrane. Sa division se produit presque toujours par une coupure transversale du chromoblaste primitif.

Le bourgeonnement se fait le plus souvent aux extrémités terminales de la cellule, mais il peut également s'accomplir sur les côtés latéraux de la cellule; souvent la naissance des bourgeons coïncide avec la position des noyaux comme Itswanfi l'avait montré, mais il ne paraît pas y avoir là une règle générale.

Outre le bourgeonnement, on remarque souvent un partage de la cellule par une cloison médiane apparaissant au milieu des cellules les plus allongées. Dans qyelques cas ce partage est accompagné de phénomène^ de dégénérescence ; une portion de la cellule entre en dégénérescence, tandis que la partie active du prc(toplasme se concentre sur une moitié de la cellule et se sépare du reste par la formation d'une cloison médiane (PI. VIII, fig. 56).

A\i cours du développement^ les vacuoles s'élaVgisseut et arrivent à occuper la majeure partie de la cellule, en même temps que les corpuscules métachrômatiqiies augmentent de nombre. .

Le glycogène paraît rester localisé dans le protoplasme.

Nous avons donc observé chez YUstilago maydis une structure à peu près conforme à celle qu'avait décrite Maire; cependant ce dernier n'avait pas remarqué que les zones hyalines entourant les corpuscules métachromatiques au début du développement étaient l'origine des vacuoles et que ces corpuscules étaient presque toujours situés dans l'intérieur des vacuoles.

UUstilago avenœ possède des conidies levures de dimensions supérieures à celles du précédent. Ses cellules sont tantôt ovales, tantôt très allongées et terminées en pointe à leurs deux extrémités. Dans ces dernières, on constate parfois la formation de cloisons médianes.

Dans les jeunes cellules, on distingue le plus souvent un grand nonjbre de vacuoles, de taille variable, généralement très petites et disposées d'une manière quelconque dans un protoplasme d'apparence homogène. Les unes contiennent du glycogène, les autres renferment des *corpuscules métachromatiques, ces dernières sont ordinairement vers le centre de la cellule. Au fur et à mesure que le développement s'effectue, ces vacuoles se multiplient, augmfnterit de volume et arrivent à donner au protoplasme une belle structure alvéolaire (PI. VIÏÏ, fîg. de 37 à 43). * ' .

Le noyau est soit au centre de la cellule, soit contre la membrane. L'hématoxyline de Heidenhain le différencie avec un niicléoplasme incolore^ un chromoblaste souvent excentrique et une membrane limitante.

Sa division se fait par le procédé habituel de scission du chromoblaste (PI. VIII, fig. de 44 ^

Cette structure présente un intérêt toutii fait

particulier à cause de V aspect alçéolaire du protoplasme. Déjà, dans les cas précédents, nous avons appelé Fattention sur ce caractère du protoplasme, mais le phénomène ne s'était jamais présenté d'une manière aussi caractéristique. Chez les bactéries, Bûtschli et un certain nombre d'auteurs ont vu ui\e structure semblable avec une partie médiane à protoplasme * plus fortement ^coloré et contenant un grand nombre de corpuscules métachromatiques qui n'existent pas dans la couche corticale. L'existence de telle structure chez les levures avéb des vacuoles à corpuscules métachromatiques au centre et vacuoles glycogéniques à la périphérie, ces dernières mal délimitées dans leur contour, pourrait peut-être mettre un doute sur le corps central décrit par*Butschli(i); c'est

(i) Le corps central ^e Bûtschli a d'ailleurs gté contesté, dans ces dernières années, par plusieurs observateurs. Vjedosky a décrit chez certaines bactéries une structure

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du reste Ta vis de Kunstler qui a fait des obdervatij)n8 comparatives avec les levures.

En outre, nous ^vons vu combien ces vacuoles étaient changeantes, se multipliant, se fusionnant. Dans ces conditions, on ne pourrait donc pas les considérer comme des organes au sens de de Vries et Van Tieg4iem (i). Déjà cette observation avait été formulée par Matruchôt, à propos de la structure des Morterellées ; c'est également notre opinion.

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