‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 10 sur 66 · MÉNINGITE · texte numérisé non relu

MÉNINGITE

Hans T exposition des symptômes caractéristiques de la méningite , nous suivrons l’ordre

(0 Yan, dea Bosch, /oc, ciu7 p, 32i;

établi par les auteurs qui s’en sont occupes, c’est-à-dire, que nous diviserons cette maladie en trois périodes , et que nous assignerons à chacune les phénomènes qui lui appartiennent exclusivement,

* Symptômes de la première période. La méningite est , en général , précédée d’horripilations ou d’un frisson plus ou moins intense, suivi de chaleur et de fièvre , et d’une exaltation de la sensibilité, d’où naît tantôt la céphalalgie , un de ses caractères les plus constans, tantôt un état d’abattement et de somnolence pendant lequel le jeune malade grince souvent des dents ou mâchonne, comme s’il avait des fils dans la bouche. S’il sort un instant de cet état, c’est pour s’agiter, se plaindre, etc; soulève-t-il un moment sa tête, elle retombe aussitôt comme entraînée par son propre poids. Il n’est pas rare alors d’entendre le malade pousser des cris particuliers, et qu’on pourrait, avec M. Coindet,; appeler cris hydr encéphaliques , tant ils ressemblent à ceux qu’on observe dans l’hydrocéphale aiguë. La face est en général un peu gonflée rouge et animée ; quelquefois pourtant elle est pâle et décolorée. Ces changemens de coloration coïncident ordinairement avec des élancemens douloureux que le malade éprouve tantôt au front , tantôt au sinciput ou à l’occiput. Les

pupilles sont ou dilatées , ou contractées , oii alternativement dans ces deux états. Une rougeur plus ou moins intense de la conjonctive , le strabisme d’un seul ou des deux yeux , la rotation continuelle de cet organe, etc., tels sont les phénomènes particuliers que présente ordinairement le globe de l’œil. L’exaltation excessive de la sensibilité de la rétine oblige l’enfant à tenir ses paupières constamment fermées , et si on cherche à les soulever, même dans l’état de somnolence, il les contracte aussitôt avec force. L’altération de l’ouïe, de la parole, jointe à de lé gers mouvemens convulsifs dans les muscles de la face et des yeux, ainsi que de l’appareil locomoteur, confirment les symptômes que nous avons déjà énumérés, et ajoutent à l’exactitude du diagnostic. On observe aussi ordinairement des nausées, des vomissemens et une constipation presque toujours opiniâtre. Quant aux urines, elles sont très-sédimenteuses, comme dans toutes les affections où les malades ne les rendent que rarement, à cause de la quantité des sels calcaires qu’elles contiennent. Si le coma est trèsprofond par les progrès de la maladie , on voit alors l’urine s’écouler involontairement. Quoique l’appareil circulatoire soit sujet à beaucoup de variations , on peut dire cependant avec > érité que , dans cette première période de la

théningîte , le pouls , qui est plus ou moins serré ou fréquent, s’accompagne d’une respiration le plus souvent lente et irrégulière. La peau est en général sèche.

Symptômes de la seconde période. Cette période , qui est ordinairement la plus longue (elle varie de deux, trois, quatre jours a un et meme deux septénaires , quand la maladie marche d’une manière peu aiguë), s’accompagne d’un trouble particulier du système locomoteur, et sur-tout de l'accroissement de tous les symptômes nerveux : c’est ici que se trouvent le délire , les convulsions, l’agitation , la dilatation, les contractions , les oscillations des pupilles, le strabisme et la rotation continuelle des yeux dans les orbites , leur renversement en haut et la paralysie des paupières, etc. ( Ces deux derniers symptômes appartiennent particulièrement à la fin de cette période. ) On peut en dire autant du trismus, des grincemens de dents, de l’écurne à la bouche , du rire sardonique , des mouvemens de mastication et du tremblement de la lèvre inférieure. Une diminution notable de la sensibilité dans une partie quelconque du corps est assez ordinairement la compagne inséparable des symptômes qui viennent d’être exposés. Le pouls, qu’on peut considérer,; d’après Pcobert Whytt , comme un des syrnp-

tomes les plus propres à distinguer* les troii périodes que nous avons assignées à la maladie qui nous occupe; le pouls, dis-je, est remarquable ici par sa lenteur et sur-tout par son irrégularité ; il tombe même souvent au-dessous de l’état naturel. Cette irrégularité du pouls coïncide ordinairement avec une inégalité trèsgrande dans les inspirations ; elles s’accélèrent par moment, deviennent très-courtes ,' et bientôt après sont suivies d’une longue inspiration sus^pirieuse très-profonde , après laquelle la respiration semble suspendue pendant quelque temps. La peau est encore, dans cette période comme dans la précédente , remarquable par sa sécheresse. On l’a vue cependant quelquefois humide ou même couverte d’une sueur abondante ; mais le plus ordinairement la sueur ne se montre qu’à la face , où elle présente alors un certain degré de viscosité qui est d’un très -mauvais présage. Enfin , il n’est pas rare d’observer en même temps une chaleur excessive dans la tête et un froid assez marqué dans le reste du corps. Symptômes de la troisième période . Les principaux symptômes qui caractérisent cette troisième période, dont la durée est toujours très-? courte, sont l’abolition des sens, le coma le plus profond , qui n’est troublé que par le$ agitations convulsives des membres , de la face,

et par les grincemens des dents. On observé encore la contraction des pupilles, ainsi que leur dilatation ; mais celle-ci est plus particulière à cette période. On peut en dire autant de rimmobilité absolue des pupilles à la plus vive lumière; elle n’a meme lieu que vers la fin , c’est-à-dire , lorsque tous les symptômes sont arrivés au plus haut degré d’intensité. Le strabisme et la rotation continuelle des yeux dans les orbites, que nous avons déjà notés dans la seconde période , s’observent le plus ordinairement dans celle-ci. Il en est à peu près de même du renversement des yeux en haut , de la paralysie des paupières, et de la^ diminution bien prononcée de la sensibilité générale. Le pouls s qui était d’une extrême lenteur dans la période précédente , se relève dans celle-ci et s’accélère d’une manière très-remarquable jusqu’au terme fatal. La respiration est en rapport avec le sys-, tème circulatoire , mais elle devient souvent râlante et stertoreuse aux approches de la mort. La déglutition devient de plus en plus difficile , et l’ingestion des liquides dans l’œsophage détermine presque toujours un peu de toux et une sorte de régurgitation accompagnée de nausées. Enfin , arrivé à cette troisième période , le malade est dans un état d’inertie lit de prostration complètes, presque toujours

couché sur le dos , les membres et le corps obéissant à leur propre poids. Il rend les matières fécales et les urines involontairement, et c’est alors qu’il répand quelquefois cette odeur particulière qu'on a comparée , avec raison , à celle qu’exhale la souris. Si , à tous ces phénomènes , nous ajoutons le hoquet, la pâleur de la peau , le refroidissement des extrémités , etc. , nous aurons , ce me semble , passé en revue tous les symptômes qui forment le tableau de cette cruelle maladie.

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