CHAPITRE VI
DE L’HYDIiOCÉPHÀ.LE AIGUE.
Examiner les caractères essentiels de l’hydrotéphale aiguë , sur la nature de laquelle les auteurs ne sont pas plus d’accord que sur la place qu’elle doit occuper dans un cadre nosologique , tel est l’objet important de ce chapitre.
Si nous interrogeons les médecins qui se livrent , avec zèle , à l’anatomie pathologique , ils nous répondront que l’épanchement aigu dans les ventricules , étant presque toujours accompagné d’altérations organiques des méninges ou du cerveau , ne doit être considéré que comm^
un effe t secondaire. Ainsi , les uns rfont vu dans l’hydrocéphale de Robert Whytt qu’une inflammation de l’arachnoïde ; les autres qu’une encéphalite particulière , que M. Hufeland a appelée encephalitis exsudatoria ; ceux-ci , au contraire , et c’est le plus grand nombre , attribuent presque toujours , avec juste raison , les épanchemens hydrocéphaliques à l’inflammation de la méningine (i) ; ceux-là enfin considèrent l’hydrocéphale aigue , comme une maladie distincte , indépendante de toute phlegmasie de l’encéphale, soit récente , soit ancienne. Parmi les auteurs qui professent cette dernière opinion, nous nous contenterons de citer MM. Bricheteau et Guersent. Le premier en a lui-méme consigné deux exemples dans le tome Y , p. 210 des Archives générales de Médecine. Je possède aussi , dit le second , plusieurs observations d’hydrocéphales aigues sans aucune trace de méningite , ni d’en-
(0 MM. Parent et Martinet assurent que, sur 107 malades morts d’une inflammation des méninges, 67 leur ont offert un. «pauehement plus ou moins considérable de sérosité; ce qui supposerait, si la proportion était toujours la même, que l’épanchement séreux se rencontre sur les deux tiers des malades affectés de méningite. M. le professeur Baumes a signalé le premier , dans un Mémoire inséré dans le tome Ier des Annales cliniques de Montpellier , cette influence de l’inflammation de i’arachnoïde dans la production de l’hjdropéphale aiguë.
cëphalite (i) ; mais, ajoute-t-il, ces cas sont fort rares. Or , la rareté de cette maladie n’en détruisant pas l’existence , il devient dès -lors important d’exposer les caractères propres à la reconnaître. C’est ce que nous allons essayer de faire dans le chapitre suivant , en observant qu’on ne doit pas plus exiger de nous , que ne le permet l’état actuel de la science.