CÀ.IJSES EFFICIENTES DES CONVULSIONS
Les convulsions , auxquelles les enfans sont si souvent exposés , dépendent le plus communément d’une affection du grand sympathique et de ses diverses ramifications , ou de l’irritation de la membrane muqueuse gastro- intestinale. Celle-ci peut être due tantôt à la présence du méconium , ( Gadwaiader Evans , Muhlemberg, etc. ) , à un développement progressif ou subit de gaz dans le canal intestinal , ou à l’infraction des règles hygiéniques qui appartiennent à cet âge ; tantôt à un amas de mucosités ou de matières bilieuses dans l’estomac ou les intestins , et à une mauvaise digestion stomacale ; tantôt
fënfin à la présence des vers (i). La constipation mérité aussi beaucoup de surveillance dans les enfans , à raison de la disposition aux convul^ sions qui peut s’y lier. (Hipp. , aph. 25, sect. 3.) Rivière dit que son fils Charles , qui avait toujours été constipé , mourut de convulsions (2). Ici se présente une question importante: toute convulsion est-elle un symptôme de l’état moiv bide du cerveau, comme le prétend M. Georget? Notre intention n’est point d’entrer dans tous les détails que comporte ce point de doctrine , parce que ce serait trop s’écarter de notre sujet ; toutefois, je ne puis me dispenser de dire que cet auteur , fort recommandable d’ailleurs , mais à qui on peut reprocher d’ètre par trop ami du système nerveux , a passé sous silence les faits qui tendent à prouver que son opinion est trop exclusive. Certes, je ne nie point que les accidens convulsifs ne dépendent très-souvent d’un état morbide de l’encéphale ; mais ce que je nie ,
c’est que l’intervention de l’action cérébrale soit constamment indispensable à leur production/
(1) On n’a pour s’en convaincre qu’à jeter les yeux sur l’ex* fcellent Traité des convulsions dans l’enfance, par M. Baumes, ,©ii ce savant Professeur rapporte plusieurs faits , les uns plus jconcluanç que les autres.
(2) Çopf. à ce sujet la 3 je lettre de Morgagni
Inexpérience , toujours décisive en médecine, % prouvé en effet que les convulsions peuvent avoir lieu indépendamment non-seulement de l’action cérébrale , de la moelle allongée , mais encore de la moelle épinière. Ne sait-on pas que lorsque le cerveau a cessé de vivre , et que toute communication nerveuse directe entre cet organe ou la moelle épinière et les muscles est complètement interrompue , on peut encore provoquer des mouvemens convulsifs dans ces derniers ? Ne sait-on pas aussi qu’on peut déterminer facilement des mouvemens analogues chez les animaux dépourvus de cerveau? 11 faut donc admettre un stimulus autre que l’influence cérébrale ou rachidienne dans ces cas , et admettre aussi par conséquent que toute convulsion n’est pas nécessairement due à une surexcitation de l’encéphale ou du cordon rachidien. On peut par-là se rendre raison de ces mouvemens convulsils que l’on observe quelquefois dans les membres, qui depuis long - temps sont privés de sentiment et de mouvement. Il nous serait aisé de multiplier ce genre de preuves ; mais les exemples que nous venons de citer nous paraissent plus que suffisans, pour être en droit de conclure que les convulsions ne sont point constamment l’effet d’une modification du cerveau,' M. Senn a émis aussi la même opinion dans ses
Recherches sur la méningite aigué des enfans | p. ioo, « Les médecins, dit-il , qui traitent beau* coup d’enfans, se sont convaincus qu’il n’est pas très-rare de voir ces petits malades présenter des convulsions générales ou partielles , une roidcur tétanique ; d’autres fois un collapsus assez mar^ que , pendant le cours d’une maladie grave , étrangère à l’encéphale , et le plus souvent peu de temps avant la mort , sans qu’à l’examen du cadavre les recherches les plus exactes puissent faire découvrir la moindre lésion de l’encephale ou de ses enveloppes. » On explique de cette manière la disparition subite des convulsions, traitées par des médicamens qu’on ne peut nulle^ ment ranger dans la classe des antispasmodiques. Ainsi donc , loin de ne voir dans ceux-ci , avec plusieurs praticiens, que des remèdes propres à combattre toute espèce de convulsions , nous ne regardons comme véritables anti-spasmodU ques que ceux qui conviennent au traitement des affections dont les mouvemens convulsifs ne sont que le symptôme ; et cependant, au seul nom de convulsions, la plupart des médecins conseillent toujours des anti-spasmodiques. Concluons donc que, lorsqu’on est appelé pour un malade affecté de convulsions , il faut toujours , par un examep attentif du sujet et par une élude approfondie des circonstances commémoratives ; il faut , disy
|e , sans négliger de tenir compte de l’état de 1’encéphale, chercher le siège de l’affection qui les détermine , lorsque cet organe n’a pas reçu le premier et retenu seul l’impression de la cause morbifique. Ainsi , il arrive qu’on a souvent à décider si les convulsions qu’on observe sont sympathiques ou primitives , et si, dans le pre? mier cas, le cerveau est seulement affecté , soit par l’inflammation de la muqueuse gastro-inles? tinale , soit par la présence du méconium , des gaz , des vers , etc. ; ou bien si , par suite de la présence de ces corps étrangers et de la gastro-
entérite , cet organe se trouve altéré au point
d’exiger un traitement direct , spécial,
Lorsque les convulsions ont eu déjà lieu sous l’iufluence de rinfîammation de la membrane muqueuse gastro-intestinale , on trouve presque toujours les symptômes suivans: ventre tendu jet offrant une température communément plus élevée que dans l’état naturel ; urines rares ou nulîes depuis le commencement de l’accès ; bouche entr’ouverte pu resserrement des ma?
choires ; contractions passagères des muscles ; face pâle ou peu colorée; pouls petit, serré , fréquent ; paupières demi-closes ; pupilles plus ou moins dilatées, parfois tout-à-fait immobiles ; respiration fréquente ; assoupissement ; suspension plus ou moins complète des sçns j
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ièpmatîon absolue , et en général la plupart
lignes propres a la gastro-entérite.* ■■
Quand on arrive auprès xlu malade avant cju’il ait eu des convulsions, et que les symptômes dont je viens de parler en fon t craindre la pro- <1 action on peut les prévenir par des fomentations émollientes sur le ventre , par l’applica-lion des sangsues , par l’emploi des bains tièdes et des pédiluves sinapisés. On fait ensuite des frictions avec l’huile camphrée sur l’abdomen , flans la vue de maintenir on de relever la contractilité des intestins , et s’opposer ainsi au développement d’une trop grande quantité de gaz d ans leur intérieur
Les signes qui peuvent faire reconnaître que les accidens convulsifs sont dus à la présence des matières Contenues dans les voies digestives, sont : des vomituritions , des nausées continuelles, des mouvemens fréquens des joues et des lèvres 9 des contractions du pharynx et des muscles de la face qui simulent diverses grimaces ; l’augmentation de tous les symptômes par la pression de la région épigastrique ; des con¬
tractions réitérées des membres thoraciques , jet sur-tout des doigts , etc. On s’informe ensuite si le malade a mangé peu de temps avant l’invasion de l’accès , ou si depuis quelques jours il a pejdu l’appétit , la gaîté , le sommeil , clcv,
On doit , en un mot , dans ce cas comme dans les autres , s’aider de tous les signes commet gaoratifs. On y joint enfin l’inspection des sclé^ jrotiqu.es et de la langue.
On reconnaîtra facilement que les convulsions dépendent de la présence des vers dans le tube digestif , si l’on apprend que l’enfant rendait depuis un ou plusieurs jours des selles glaireuses, muqueuses , blanchâtres, d’une odeur fade ; s’il se plaignait de coliques ; si son sommeil était souvent troublé, et s’il y avait, pendant sa du-* rée , des contractions involontaires des membres plus ou moins répétées ; s’il éprouvait des terreurs paniques ; s’il avait perdu l’appétit , ou s’il £n avait au contraire beaucoup ; s’il éprouvait une soif plus ou moins vive ; s’il y avait une toux sèche et fréquente ; si la peau était chaude habituellement, la langue couverte de mucus, l’haleine fétide avec prurit des narines ; si le$ urines étaient copieuses et claires, etc. , etc.
Quant à l’existence des gaz , dont le siège ordinaire est dans les gros intestins , on pourra s’en assurer par la percussion : celle-ci doit être exercée sur tous les points de l’abdomen ; elle peut être effectuée avec une ou deux mains ; c’est le plus souvent avec l’extrémité des doigts appliqués sur les parois de cette cavité, et auxquelles on a imprimé un mouvement brusque.
qu'elle se pratique. Si le son , produit par la percussion , est sonore , plus de doute alors sur l’existence d’une plus ou moins grande quantité de gaz dans le tube intestinal , sur- tout si le malade se plaint en même temps de constipation ou de tranchées.
Tel est l’exposé rapide de tous les signes qui* examinés bien attentivement , peuvent faire reconnaître l’organe primitivement affecté , et mettre par conséquent à l’abri des erreurs nombreuses et si souvent funestes qu’on commet
tous les jours dans le traitement des maladies
des enfans,