OBSERVATION VII
Deux ans; somnolence; toux; diarrhe'e; assoupissement profond; cris plaintifs; faciès propre aux hydrocéphales; sensibilité abdominale ; réponses nulles; mort le quinziéme jour. — Vers ascarides et lombricoïdes dans V estomac et l’intestin grêle p rongeur dans la muqueuse de ce dernier ; pleuropneumonie ; demi-once de sérosité dans le cerveau . (Mitivié, Dissert.)
D.*** , âgé de 2 ans, orphelin , d’une bonne constitution , entra à l’hôpital le 18 juin 1816.
Pour tout renseignement, on rapporta qu’il avait de la fièvre depuis douze jours , la diarrhée , et qu’il toussait.
Le 19 , ce malade présenta l’état suivant : somnolence ; toux peu forte; léger mouvement fébrile.
( Ipécacuanha 25 grains en trois doses , dans une potion pectorale édulcorée ; julep. )
Le 22, assoupissement plus prononcé ; toux
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grasse , un peu difficile ; respiration libre ; pouls dur et concentré ; diarrhée opiniâtre de matières jaunes.
( Potion pectorale édulcorée 1 looch kermé-s tisé , sinapismes aux pieds. )
Le 24 , assoupissement profond ; morosité ; cris plaintifs ; face animée ; pupilles dilatées ; cornée un peu terne ; pouls petit et fréquent ; chaleur à la peau.
( Quatre sangsues au cou , vésicatoire à la nuque , sinapismes aux pieds ; même boisson. )
Le 26 , décubitus en supination ; assoupissement profond ; cris plaintifs ; faciès propre aux hydrocéphales ; conjonctives recouvertes d’une pellicule albumineuse ; pupilles dilatées et resserrées alternativement ; lèvres sèches , un peu noirâtres ; langue nette ; soif vive ; abdomen un peu douloureux ; la diarrhée persiste ; pouls à peine sensible ; respiration assez facile , rare j sensibilité émoussée ; réponses milles.
{ Infusion de tilleul et de feuilles d’oranger , potion éthérée , glace sur la tête , pédiluves ir ri tans. )
Le 28, assoupissement moindre ; pupilles dila- .tées et mobiles ; pouls très-petit , peu fréquent ; chaleur au - dessous de l’état naturel; sensibilité obtuse ; la diarrhée est plus considérable.
{ Séton à la nuque , décoction blanche avec
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le sirop d’opium , liniment vermifuge, lavement cle tanaisie qui entraîne deux vers. )
Le ier juillet , l’état du malade est à peu près le meme ; l’abdomen est affaissé et douloureux à la pression.
( Même traitement. Le soir , lavement avec opium de Rousseau 6 gouttes. )
Le 2 , fades très-altéré , ridé; yeux caves ;j paupières entr’ouvertes ; cornée terne; pupilles contractées , immobiles ; stupeur profonde ; déglutition encore assez facile ; abdomen rétracté ; cessation de la diarrhée ; respiration libre ; pouls inappréciable ; sensibilité presque nulle ; extrémités froides ; le soir , la pupille droite est très-dilatée ; mort à minuit.
OUVERTURE CADAVERIQUE.
Habitude extérieure . Maigreur , décoloration des tissus.
Tête . A peine trouve-t-on une demi-once de sérosité dans le cerveau , qui paraît parfaitement sain.
Thorax . Les poumons sont hépatisés à leur partie inférieure ; la plèvre costale du côté droit est rouge.
Abdomen. Quelques vers sont contenus dans l’estomac ; la muqueuse de tout l’intestin grêle;
est rouge ; cette partie du tube digestif renfermé un grand nombre de vers ascarides ? lombricoïdes.
Réflexions. Dans l’observation qu’on vient de lire , on voit les caractères de l’hydrocéphale aiguë parfaitement dessinés ; aussi eut-on recours à tous les moyens susceptibles d’en triompher: mais ils n’en persistèrent pas moins jusqu’au moment de la mort. Cette opiniâtreté ne semblait-elle pas annoncer , je le demande , un épanchement considérable dans le cerveau ? Eh bien ! on n’y trouve cependant qu’une demi-once de sérosité. Or , à moins de vouloir s’élever contre l’expérience , on ne peut attribuer les symptômes ci-dessus énumérés , qu’à la présence des vers contenus dans l’estomac et l’intestin grêle.
Quant à la pleuro-pneumonie , elle me paraît devoir être considérée comme une simple coïncidence , ou comme une complication qui a été passive dans la production des phénomènes hydrocéphaliques,
( ro& )'