‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 23 sur 66 · OBSERVATION VIIE · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIIE

Trois ans; santé délicate; chute de la membrane muqueuse dts rectum depuis l’âge de six mois ; coqueluche ; angine gutturale ; diarrhée; constipation; céphalalgie; somnolence ; convulsions; fonctions des sens et de l’intelligence entièrement nullcs ; res^ piration stertoreuse; coma profond; refroidissement général ÿ mort le quinzième jour. — Bord postérieur du poumon droit gorgé de sang j lomhricoïdes ; gastro-entérite ; légère infiltration séreuse delà pie-mère ; un peu de sérosité dans les fosses occipitales inférieures et dans le canal vertébral, (Thibeaud ., diss. cii.)

Amélie Boutmy , âgée de trois ans , d’un tempérament lymphatique, mais cependant assez bien constituée, cheveux noirs , avait toujours paru jouir d’une santé délicate ; elle était habituellement oppressée , et portait, depuis l’âge de six mois , une chute de la membrane muqueuse du rectum. Le 6 octobre 1819, elle fut reçue à l’hôpital desEnfans. Depuis environ quinze jours* elle avait une toux qui offrait le caractère des quintes de coqueluche ; le côté droit de la poitrine donnait un son un peu obscur ; la fièvre était assez vive ; l’appétit nul ; il y avait des alternatives de diarrhée et de constipation ; céphalalgie. En examinant l’arrière-gorge , on reconnut une angine gutturale ; l’enfant était trèsagitée pendant la nuit.

Les inflammations gutturale et -pulmonaire s’améliorèrent un peu sous l’emploi des adoucis-

^ansetdesanti-phîogistiques; mais le dévoiement*

1 agitation et la douleur de tête persistèrent, malgré l'application de quelques sinapismes aux membres inférieurs.

Le i3 octobre, on remarqua beaucoup de somnolence-; mais, les jours suivans, la petite malade parut bien moins abattue. Cependant elle continuait à se plaindre de la tête , et lorsqu’on l’interrogeait sur son mal , c’était toujours là où elle portait la main. Pendant la nuit du 17 au 18 octobre , le sommeil fut peu naturel ; l’enfant appelait fréquemment la fille de service et ne lui demandait rien lorsqu’elle s’était rendue à son lit

Le 18 au malin, elle parut un peu abattue, et on jugea convenable de ne pas lui donner le potage qu’elle prenait ordinairement. L’assoupissement continua et augmenta jusqu’à deux heures du soir.

Le lendemain matin, à onze heures, on voulut la retirer de cet état en lui offrant quelques alimens ; elle se réveilla à peine, se mit cependant sur son séant , mais se recoucha de suite,

Deux heures après-midi. Commencement de convulsions ; état suivant : face pâle , bouffie yeux tantôt fixes, tantôt roulant continuellement dans leurs orbites ; pupilles dilatées, immobiles ;i commissures des lèyres tirées alternativement en

( IÎO )

dehors d’une manière brusque ; mâchoires rapprochées; dents serrées et très-difficiles â écarter ; écume sanguinolente à la bouche ; décubitus dorsal ; membres thoraciques alternativement ou simultanément agités de inouvemens brusques ; flexion et extension rapide des avant-bras ; doigts fléchis et parfois très-difficiles à redresser ; quelquefois un côté paraissait presque immobile , paralysé même , mais cela ne persistait pas ; on ne remarqua pas de mouvemens convulsifs dans les membres abdominaux ; les fonctions des sens étaient entièrement nulies ; respiration accélérée, thoracique ; pouls fréquent , faible ; chaleur assez naturelle de la peau ; ventre un peu gonflé r résonnant ; pas de vomissemens. Le chirurgien de garde appelé prescrivit cinq à six gouttes d’éther dans une demi-cuillerée d’eau de gomme édulcorée ; un sinapisme fut appliqué â une jambe. Nul changement.

Un quart d’heure après, nouvelle dose d’éther ; demi-bain tiède dans lequel on ne laissa l’enfant que cinq minutes. Même état.

Trois heures un quart. Demi-lavement de lait tiède qui est rejeté de suite. Quelques instans après, un second est retenu plus long-temps \ vésicatoire à la nuque.

Cinq heures. Même état. (Lavement purgatif avec une décoction de séné et de miel mercuriel ;

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