‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 33 sur 66 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

jôeuxnns; bonne constitution; fièvre continue ; assoupissement profond; dévoiement; céphalalgie intense; augmentation dé tous les symptômes hvdroeéphaliqnes. — L’usage des anthelmin thiques fait rendre plusieurs ascarides vermicutaires : guérison Complète le 3ie jour .

(Observation recueillie par M* le docteur Brîcheteau. )

Une fille âgée de deux ans , d’une très-bonné constitution, née de parens sains, teint et cheveux blonds, fut prise, le 7 septembre 18 13,; d’une fièvre très-forte qui devint continue. Le second jour, il s’y joignit beaucoup d’assoupissement; le cinquième, du dévoiement; le dixième, elle rendit plusieurs vers ascarides vermiculaires, devint ensuite triste et de mauvaise humeur , commença à pousser des cris aigus, se plaignant beaucoup de la tête , à laquelle elle portait fré~

faertïmërit la ïïiain ; elle était presque toujours assoupie ; le dévoiement continuait ; les selles étaient fétides; la fièvre forte avec redoublement dans là soirée: elle fut à peu près dans le meme état jusqu’au 21 septembre. Ce fut à cette époque que sa mère l’apporta à la consultation gratuite de l’hôpital. M. Jadclot présuma que cette maladie était une hydrocéphale aigue, prescrivit les moyens suivans, et m’engagea à suivre la malade.

(Décoction de fougère mâle édulcorée , riz édulcoré , lavement camphré. )

Le 22 , la face était très-a Itérée ; la petite malade poussait des cris plaintifs et continuels, était de très-mauvaise humeur, repoussait ceux qui voulaient la toucher ; l’assoupissement était profond ; elle n’en sortait que pour se plaindre de la tête ; la pupille était dilatée ; les sens et les facultés intellectuelles étaient très-ém eusses ; le dévoiement continuait. (Même prescription.} Le 23, l’assoupissement augmente ; la pupille très-diiatee présente des oscillations convulsives à l’aspect d’une bougie allumée.

(Décoction de racine d’année, potion éthérée, oxymel scillitique , vésicatoire à la nuque ; le êoir , sinapismes aux jambes. )

Le 24? la malade a eu quelques mouvement

convulsifs; du reste, l’état est le même,

( 'Ai )

Le 25, rémission remarquable des symptômes! l’assoupissement est beaucoup moindre ; les cris plaintifs sont moins fréquens ; deux selles sans dévoiement qui contenaient plusieurs ascarides Vermicuîaires , ce qui m’engagea à retourner aux arithelrninthiques,

(Décoction de racine de fougère mâle ethérée, potion éthéréë , lavement de tanaisie ; sinapismes aux genoux. )

Le 26 , l’assoupissement a disparu ; la malade dort, a de l’appétit; les facultés intellectuelles sont libres.

Les 2 y, 28, 29, la malade avançait vers son rétablissement avec lenteur; elle criait beaucoup, était toujours de mauvaise humeur. J’avais conseillé de continuer le régime ci-dessus, mais on le mit de côté; on fit trop manger la petite malade ; le dévoiement reparut ; il y eut de 3a fièvre ; mais cette légère indisposition se dissipa peu à peu avec plus de ménagement , et le 8 octobre , la guérison était complète.

Réflexions. Cette observation nous montre que les phénomènes cérébraux peuvent , ainsi que nous l’avons dit ailleurs, en imposer quelquefois au praticien le plus habile et le plus réfléchi ; on les voit, en effet, se présenter ici avec une intensité telle, que M. Jadelot lui-même

fat porté a les regarder comme dépendons dhimé hydrocéphale aiguë ; mais cette prétendue affection cérébrale n’était en réalité qu’une affection vermineuse , comme îc prouve le succès du traitement mis plus tard en usage ; ce qui tend toujours à établir que les affections vermineuses cl inflammatoires des organes digestifs déterminent ordinairement des symptômes encéphaliques , qui finissent par devenir , sinon pi’édominans y du moins plus lents à disparaître, lorsque ces affections n’ont pas été attaquées dès le principe avec assez d’énergie. Or, voilà précisément ce qui a eu Ken dans ce cas. Il aurait donc fallu , pour hâter la guérison qui se faisait avec lenteur , appliquer quelques sangsues sur' l’abdomen, afin de combattre l’irritation déterminée par les vers. Son existence n’éhiit point douteuse: l’anxiété, les cris, la mauvaise humeur de la malade , la fièvre et le dévoiement qu’occasiona une légère faute dans le régime , n’en sont-ils pas une preuve incontestable ?

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