OBSERVATION XVI IL
Neuf ans; symptômes d’hydrocéphale aiguë ; suppression dos urines; gonflement du bas-ventre; oedème des extrémités inférieures. — Usag.e des anlhelminthiijucs ; expulsion de plu* sieurs vers; guérison
£ Brera } 'Traité des maladies vermineuses 3 etc . ; traduit de
Y italien , p. 2.21-222.)
Il y a peu de jours que je fus appelé pour visiter une fille d’environ 9 ans , qui , après avoir surmonte une fièvre scarlatine , annonçait: tous les symptômes d’un épanchement d’eau dans les ventricules du cerveau , tel qu’il est indiqué par Ludwig , dans sa belle Dissertation de hy drop e cerebri puemrwn. La maladie qui avait précédé, la certitude que cette fille, même dès sa plus tendre enfance , n’avait jamais été affectée par les vers, le défaut des urines, et le gonflement du bas-ventre , ainsi que l’œdème des extrémités inférieures, concouraient a faire croire que cette maladie pouvait être une hydrocéphale interne. Cette malheureuse , réduite presque au tombeau , ne donnait aucun espoir de rétablissement. Cependant , ne voulant pas l’abandonner sans aucun secours , je m’en tins à la prescription des remèdes propres à procurer l’évacuation des urines , à corroborer le système beaucoup affaibli et a avoir , en mémo
temps , la propriété antlielminthique , puisque l’apparition subite de la maladie me faisait soupçonner qu’elle était occasionée par les vers. Le mercure doux administré en poudre, et une infusion bien saturée de valériane officinale , rendue plus forte par l’addition d’une bonne dose de camphre , furent les remèdes que je choisis et que je prescrivis à cet effet. Je n’en obtins aucun succès dans le premier ni dans le second jour du traitement ; la malade, au contraire, se trouva plus mal ; mais, le troisième jour , elle vomit un lombricoïde vivant et une quantité de matières muqueuses et bilieuses. Elle rendit les jours suivans quatre lombrics; et, dans peu de temps , elle fut tout-à-
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fait guérie de sa maladie*
Réflexions, Yoilà une affection vermineuse qui présente encore tous les symptômes d’une hydrocéphale aiguë. Brera était d’autant plus disposé à admettre l’existence de celte dernière , que la malade n’avait jamais eu de vers , que le ventre était gonflé, les urines supprimées , etc. Mais ces signes étaient-ils suffisans pour lui faire considérer l’hydrocéphale aiguë comme idiopathique ? IN’avons-nous pas vu le défaut des urines et sur-tout le gonflement du bas-ventre «annoncer la présence des vers? Toutefois , l ins*
jantanêité de la maladie le détermina à près# crire le mercure doux , le camphre , etc. Le$ deux premiers jours , les effets de ce traitement furent nuis ; et même , sous son influence , les
symptômes s’exaspérèrent. Ainsi, cette observation , qui a la plus grande analogie avec la précédente . vient corroborer d’autant plus notre manière de voir , que si le professeur de Pavie n’eût point insisté sur les anthelminthiques , î hydropisie cérébrale se serait probablement
manifestée , et une mort certaine aurait été bientôt le résultat de cette funeste complication.
Le mercure , dans ce cas , a été , il faut en convenir , d’une efficacité peu commune. Mais cet agent thérapeutique, tant préconisé par, quelques auteurs contre l’hydrocéphale aigue ,■ a-t-il dissipé l’épanchement ventriculaire en pror duisant la salivation? Je ne le pense pas; je le regarde même non-seulement comme inutile (i), mais aussi comme dangereux dans le traitement de cette affection , et plus encore dans
(t) M. Itard ( art. Hydr. du Dict. de? Sciences médicales ) a vvl la salivation avoir lieu trois fois sans succès , et dans le nombre de guérisons qu’il a obtenues, il n’en cite aucune due à ce moyen. John Waren dit positivement que le mercure ne lui a jamais réussi. Watson avait déjà mis en doute ses succès, puisque, malgré les éloges qu’il lui a donnés, il n’a guéri qu’uq. malade sur sis. Ne serait-ce pas daQS on cas analogue à celui de Brer& ?
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'celui- de la méningite , quoi qu’en disent les me7 decins allemands , à cause de cette turgescence cérébrale qu’accompagne toujours toute salivation mercurielle.
11 est donc plus juste de penser que le mercure n’a fai tx esse r , dans beaucoup de cas , les symptômes cérébraux qui semblaient caractériser l’hydrocéphale aiguë, que par l’évacuation d’un foyer vermineux , dont on n’aurait pas tenu compte , ou bien qu’on aurait regardé comme une simple complication , pu comme mie pure coïncidence. Les nombreux succès que Percival doit à l’unique emploi de ce moyen (il a guéri lïi malades sur 26), 11e peuvent-ils pas étrp expliqués de celle manière ? Ce qui nous confirme dans cette opinion, c’est que Fothergili qui avait déjà recommandé cette substance médicamenteuse dès le début çle la maladie, voulait qu’011 lui joignît quelque autre purgatif, mais toujours propre à expulser les vers qui pouvaient être cause ou complication. Ceci nous conduit à dire un mot des purgatifs qui n’ont pas moins pté conseillés que le mercure , lequel même a été souvent employé par plusieurs praticiens, feulement à titre de purgatif.
Plus occupé sans doute d’établir une révulsion que d’attaquer l’hydrocéphale aiguë dans ses racines, M. ïtard , à l’exemple de Whytt*
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de Fothergill , de Watson , de Thomson, de Formey , etc. , dit qu’on ne saurait trop insister sur l’usage des purgatifs dès l’invasion même de celle maladie ( i ). Mais si l’opinion que nous avons émise relativement à la cause la plus fréquente de l’hydrocéphale aigue avec ou sans altération organique, est vraie , comme les faits le prouvent de plus en plus, il est aisé de concevoir combien doit être dangereux le précepte de l’auteur que nous venons de citer. Clieyne aurait-il perdu tant de malades, s’il avait moins abusé des purgatifs ?