OBSERVATION XXVII
Quatre jours; ophthalmie palpe'brale; agitation/ muguet; de'voie* 'ment ; amaigrissement rapide , mort le 10e jour. — Gastroeniêro - colite chronique ; muguet ; membranes des ventricules latéraux très-denses et très-injeotées ; fluides dans les ventricules «
(Denis 9 ouvr . cité 9 olserp. 6e, p . 124.)
Darvèze (Pauline) , immatricule n9 655 ? âgée
de 4 jours, offre, le 16 février, une ophthalmi^ palpébrale de cause externe; car l’enfant bien développée ne présente aucun signe de souffrance. On l’admet à l’infirmerie dès le lendemain ; l’ophthalmie augmente; elle devient oculo-palpébrale. ( Sangsues aux tempes , une à chaque.) Jusqu’au 26 , jour de la mort , agitation , muguet , dévoiement , amaigrissement rapide et face de vieillard.
AUTOPSIE CADAVÉRIQUE
Etat anémique. Mouche : débris floconneux de muguet ; six boutons blancs au palais , pleins de matière sébacée. Estomac : très-blanc , plein de concrétions lactées. Intestin grêle : dilaté uniformément; muqueuse blanc opaque, résistante , avec exsudation crémeuse. Mésentère ganglions bl an châtres.
Encéphale : vive injection , principalement sur les membranes des ventricules latéraux qui sont très -denses ; fluides dans les ventricules. Yeux : sains. Tissu cellulaire : point de graisse ;■ infiltration des membres inférieurs.
Réflexions. Cette observation est très-remarquable , en ce quelle nous offre un exemple d’alitération blanche sur laquelle les auteurs n’onfc
donne que des notions incomplète^, émis que des idées vagues ,. je dirai même fausses. II appartenait à MM. Scoutteten , Breschet et Denis, de nous éclairer sur cette forme d’altération phlegmasique de Festomac , de l’intestin grêle , et du gros intestin , altération dont le terme est Y atrophie locale. Mais , dira-t-on 9\ comment concevoir qu’une atrophie profonde puisse être le résultat d’une inflammation de la muqueuse gastro-intestinale , quand on voit que toute phîegmasie consiste ordinairement dans une espèce d’hypertrophie que combat très-bien l’emploi des anti - phlogistiques , des débilita ns ? Gomment expliquer, d’un côté, l’heureux effet de ces mêmes agens , et , de l’autre Finsuccès des excitans dans le traitement de l’altération blanche ? Cette difficulté de découvrir la raison de ces faits , s’évanouit devant une masse d’observations qui prouvent que la stimulation permanente de la muqueuse gastrointestinale finit constamment par déterminer l’atrophie de cette membrane , même quand elle a été d’abord hypertrophiée. Quant à l’asthénie de fonctions qui l’accompagne 9 elle dépend , dit M. Denis , comme dans toute irritation , du désordre que celle-ci entraîne dans le tissu. L’asthénie interstitielle , celle qui semble rainer le même tissu , n’est qu’apparente.
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L’atrophie est donc , en cette circonstance , uné
preuve aussi positive de sur-excitation , que l’injection ou l’épaississement , accompagnés de chaleur et de douleur. On observe d’ailleurs , ajoute le meme auteur (i) , des faits semblables à la périphérie du corps. Là , tout est accessible immédiatement aux sens, et ne peut induire en erreur. Prenons la kératite pour exemple. Si cette phlegmasie persévère , le tissu de la cornée , sous l’influence de la stimulation permanente, finit par s’atrophier ; il blanchit, s’amineit, et même se ramollit. On ne peut révoquer en doute que l’irritation ne soit la cause actuelle de cette atrophie , et l’on ne peut signaler comme telle l’asthénie. Cette induction rigoureuse fortifie celle que nous venons de tirer relativement au canal alimentaire.
L’altération blanche , d’après M. Denis , se développe le plus souvent dans l’extrémité supérieure de l’intestin grêle et descend progressivement ; l’estomac y est cependant sujet : celui de Pauline Darvèze nous en offre une preuve. Nous voyons en outre dans l’intestin grêle Y exsudation crémeuse , une des formes de l’altération blanche , signalées par cet observateur.
Enfin , on découvre à l’ouverture du cadavre; des altérations dans l’encéphale.
(i) Recherches sur les mal. des eaf. nour. jaes, p. 8o«