‹ Recherches d'anatomie et de physiologie pathologiquesChapitre 48 sur 66 · OBSERVATION XXXII I · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII I

Trois ans ; coqueluche depuis environ deux mois ; fièvre; cril ; agitation; délire; épigastre douloureux; constipation; symptômes d’entérite; assoupissement; respiration lente , haute; dévoiement; abolition des sens ; convulsions; abattement extrême; refroidissement des extrémités; la respiration s'embarrasse de plus en plus; mort le- i6« jour. — Entérite ; trois onces de sérosité dans les ventricules latéraux ; tubercules peu volumineux au sommet du médiastin , sur le trajet de la veine * sape ascendante ,

(Thibeaud, Dissertation citée% )

Guillaume Marchand , âgé de 3 ans , face colorée , crâne très-deveîoppé , cheveux blonds, était , depuis environ deux mois , affecté de la coqueluche , suivant le rapport de ses parens , et toussait beaucoup. Au bout d’un mois , on lui administra un émétique , sans qu’il en ré^ sultât d’effet notable. Huit j ours avant son admission a l’hôpital des Ëufaos , il fut pris dp

fièvre avec cris , agitation, sur-tout pendant la* nuit , parfois même délire. Un second vomitif fut prescrit. Ces symptômes continuèrent ; le ventre était douloureux à la pression ; il n’y

avait pas eu d’évacuation depuis quatre ou cinq

jours, et, à dater du jour de l’invasion de la rhaladie , l’enfant n’avait point rendu de vers.

Le 20 février 1818, on l’amène à l’hôpitaL La veille , le médecin qui le traitait avait fait appliquer un vésicatoire à la nuque , et avait paru craindre le développement d’une fièvre ataxique.

Le 2 1 février , à la visite du matin , le malade présentait l’état suivant : face légèrement colorée aux pommettes ; pourtour des ailes du nez pâle ; sillons palpébraux très-prononcés (i) y lèvres d’une couleur rosée ; langue humide sans rougeur , recouverte d’un enduit jaunâtre; abdomen souple , un peu gonflé , un peu douloureux à la pression ; l’enfant y porte continuellement les mains ; constipation ; chaleur un peu vive à la peau ; pouls peu fréquent , un peu irrégulier ; respiration légèrement accélérée ; un peu d’assoupissement depuis hier.

(i) Ce dernier signe est regardé par M. Jadelot comme indiquant l’entérite. Il consiste dans une dépression qui part dis grand angle de l’œil, et svtit le bord adhérent de la paupière inférieure.

(Infusion de violettes, potion gommée, dcmiïavement d’infusion de mauve et de fleurs de pavot , fomentation d’oxycrat sur le ventre ; sinapismes aux jambes, bouillon , eau rougie.)

Le soir il était assez bien , dormait paisiblement ; seulement il toussait un peu , et se plaignait par intervalles.

2?) Février , n* jour. Meme état ; toujours de la tendance à l’assoupissement , mais cependant un peu moindre ; la veille , le pouls était irrégulier et fréquent par intervalles , aujourd’hui il est peu fréquent. Un scrupule de poudre de magnésie est prescrit , et procure une garderobe. L’abdomen est presque indolent à la pression.

24 Février. Le petit malade est plongé dans ün assoupissement profond , qui a duré toute la nuit précédente. La face est assez colorée ; la chaleur vive ; le pouls irrégulier , un peu lent et rare ; respiration lente , haute ; un peu de, dévoiement.

(Infusion de violettes et de feuilles d’oranger^ limonade nitrée , fomentation avec l’oxycrat sur le ventre , quatre sangsues à l’anus, fomentations et pédiluves sinapisés. )

Le soir , pouls plus fréquent , petit , assex irrégulier.

25 Février. Continuation de ^assoupissement^

lèvres sèches , recouvertes de petites croûtes laiteuses ; légers claquemens des dents par intervalles ; pouls irrégulier , parfois fréquent ; nulle douleur au ventre ; du reste , mêmes symptômes. (Sinapismes aux jambes.)

26 Février , 14e jour. Nui changement; assoupissement profond ; pouls fréquent, régulier.

(Limonade nitrée, alcool nitrique, calomel gr. iv, frictions mercurielles sur la tête avec $ij d onguent pour deux frictions , sinapismes aux deux jambes ? vésicatoire à la partie antérieure du crâne. )

Une demi-heure après l’application du vésicatoire , l’enfant entr’ouvrit de temps en temps les paupières.

Le soir , légère rémission. Assoupissement moindre ; les paupières restent entr ouvertes pendant un certain temps ; cris produits par la douleur que causent les sinapismes ; réponses justes aux questions qu’on lui adresse ; langue un peu brune, sèche ; cessation du dévoiement; pouls beaucoup plus fréquent.

2 y Février. Le malade est retombé dans son premier assoupissement ; les fonctions des sens paraissent abolies. Pendant la nuit , il a eu beaucoup de grinccmens de dents qui continuent encore. Il pousse parfois des cris plaintifs ; la face est pâle , la chaleur assez vive ; le pouI§

très-frequent, donnant i5o pulsations par minute ; dévoiement en matières noires. Quelque temps après la visite , il en tr’ ouvrit un peu les yeux , mais retomba de suite dans l’état indiqué.

( Potion avec la liqueur d’Hoffmann i5 gouttes, deux vésicatoires aux jambes, frictions avec le Uniment camphré sur le ventre.)

28 Février , 16e jour. Pendant la nuit, convulsions qui ont duré près de deux heures. Ce matin, abattement extrême; gêne de la respiration ; pouls presque insensible ; refroidisse* ment des extrémités.

Mort à onze heures du matin.

Ouverture du cadavre , quarante - huit heures après la mort.

Tête. Crâne très-développé ; cerveau vohu* min eux ; ventricules latéraux très-dilatés , contenant près de trois onces de sérosité un peu tr ouble ; nulle autre altération.

Thorax. Quelques tubercules peu volumineux au sommet du médias tin , sur le trajet delà veinecave ascendante. Les autres parties sont saines.

Abdomen. Intestins grêles présentant une couleur rosée à P extérieur , dilatés par un volume assez considérable de gaz ; couleur rose peu foncée , occupant leur membrane muqueuse j dans la plus grande partie de leur longueur.

Réflexions. Voilà encore un nouvel exemple d’hydrocéphale aiguë sans aucun vestige d inflammation. Il ne s’agit que de savoir si elle est primitive ou sympathique. L’entérite , reconnue au début de la maladie et constatée par la microscopie , donne une réponse affirmative à la seconde question. N’aurait-il pas été possible de prévenir non-seulement l’épanchement ventriculaire, mais encore la mort, en attaquant dès le principe la phlegmasie abdominale , et surtout en l’attaquant avec plus d’énergie ? Des faits analogues nous autorisent à le penser. Dans des cas de cette nature , une timide expectation est toujours nuisible , tandis qu’une thérapeutique hardie est souvent couronnée de succès.

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