‹ Recherches de biologie cellulaireChapitre 4 sur 85 · ONE · texte numérisé non relu

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Le fait qu'aucune cellule végétale n'est dépourvue d'appareil vacuolaire, pose un problème très iniportant, celui de la permanence des vacuoles en ant qu'éléments de la cellule. On a vu précédemment, toute l'importance que l'on attribue aux éléments cellulaires constants, comme le noyau et les plastes. Si les vacuoles sont présentes partout, à tous les stades de la vie d’une plante, leur importance se trouve rehaussée d’une façon considérable el il n’+ à aucune raison pour ne pas faire jouer à leur substance propre un rôle dans l’hérédité. C'est bien ce que l'on constate et la cause en est, que la substance vacuolaire ne se perd pas, mais se transmet d'une cellule à une autre pendant la division. On peut donc dire que toute vacuole provient d'une vacuole préexistante, de même que tout noyau provient d'un autre noyau.

Les colorations vitales ont révélé des aspects très variés et assez inattendus, présentés par l'appareil vacuolaire dans Îles cellules de méristème : ce sont des formes filamenteuses ou délicatement reticulées dont la disposition varie avec les mouvements du eytoplasme.

Ces états très curieux ne sont pas conservés d'ordinaire par les fixateurs et l’on conçoit que l'on ait pu commettre l'erreur de croire les cellules jeunes dépourvues d'appareil vacuolaire. Les vacuoles sont peut-être encore plus curieuses par leur nature chimique que par leur extrême plasticité. La plus grande diversité règne, comme on le sait, en ce qui concerne les substances contenues dans leur intérieur, albuminoïdes. alcaloïdes, glucosides, tannins, pigments anthocyaniques, acides: divers, diastases, etc... Elles sont le laboratoire où se déversent tous les produits de l’activité cellulaire.

.Gependant, malgré cette ‘variété, il Y a toujours phénomène de coloration vitale ;: dans tous les cas, la vacuole accumule le colorant vital à son intérieur et prend ainsi une teinte très vive. À quoi est due cette atlirance ? Evidemment à un corps ou à un groupe de corps contenus dans le vacuome. M. P. A. Dangeard a donné un nom à cette substance; il l’a nommée

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mélachromatine et dans son hypothèse toute vacuole végétale sans exceplion renferme de la-métachromatine qui lui donne ses principales propriétés. Cette substance n'est d’ailleurs pas” entièrement hypothétique, car la métachromatine était déjà connue chez les Algues et les Champignons et c'est aussi M. Dangeard qui avait montré dans ses travaux précédents que la métachromatine est toujours présente dans l'appareil vacuolaire.

En allant plus loin, il a généralisé cette notion en l’étendant à toutes les vacuoles végétales. En le faisant, il s’est attiré des critiques inconsidérées ; en effet si l’on est loin d’avoir prouvé l'existence de la métachromatine dans toutes les vacuoles, il ne s'ensuit pas qu'elle n’y existe pas néanmoins et l'hypothèse de M. P. A. Dangeard sur la métachromatine est assez séduisante pour être adoptée par tous les esprits généralisateurs.

Cette question, en même temps que d’autres qui peuvent se poser à propos des vacuoles végétales, sera abordée et discutée au cours de l'exposé.

Une première partie sera consacrée à la description des organes en voie de croissance des Gymnopermes (bourgeons foliaires); pendant le développement de ceux-ci, il se produit une évolution des vacuoles qui était restée jusqu'ici inconnue.

Dans une deuxième partie, les transformations de l'aleurone, cette matière protéique si importante des graines, seront décrites pendant la maturation et pendant la germination, chez les Gyÿmnospermes, le Ricin et les Graminées. C’est une autre face des phénomènes d'évolution vacuolaire, pour laquelle une attention spéciale a été réservée dans ce travail.

Un complément s'imposait à ces recherches ; il consistait à montrer l'importance du système des vacuoles dans les organes reproducteurs eux-mêmes. Cette partie sera plus courte que les précédentes : elle comprend une étude des vacuoles dans le pollen chez divers Gymnospermes.

Plusieurs problèmes très différents se rapportent aux vacuoles végétales. Une préoccupation première a été bien entendu de

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faire connaitre aussi exactement que possible des observations de morphologie cellulaire qui sont nouvelles. La précision en ces matières est la principale garantie des conclusions que l’on formule. Mais l'attention d'un naturaliste, même s'il s'occupe de cytologie, ne saurait se cantonner dans des détails morphologiques; elle doit s'élever à la recherche des causes et pour les découvrir avoir recours à l’expérimentation.

A ce genre d'études se rapportent des recherches groupées dans une quatrième partie de cette thèse. La mélachromasie des vacuoles à été comparée à des phénomènes de virage des colorants observés « in vitro ». À côté de ce chapitre un autre traitera du mode d'action des colorants divers « réputés vitaux » (colorants vacuolaires et non vacuolaires) et l’on verra ainsi que d'autres éléments cellulaires en dehors des vacuoles peuvent être reconnus par la méthode des teintures vitales.

La méthode des colorants vitaux, a été notre principale technique dans ce travail ; les résultats qu'elle donne sont très sûrs ; nous le montrerons en décrivant les faits et en établissant la comparaison avec d'autres procédés. Gette comparaison est nécessaire, car il n’existe pas en cytologie de méthodes parfaites ; il faut donc pouvoir discuter de leur valeur et ne pas s'en rapporter au témoignage d'une seule.

La chimie végétale ne peut non plus laisser indifférent un cytologiste. Il est intéressant de soumettre à l’analyse une plante entière ou quelques-uns de ses organes, mais il n’est pas négligeable de pouvoir déceler les substances, au moment de leur apparition dans la cellule elle-même. C'est pourquoi il serait excellent que le cytologiste fût en même temps un chimiste. Dans cet ordre de recherches, on peut citer les travaux de MM. Guignard et ceux d’Errera, les uns sur les principes actifs des Crucifères, les autres sur le glycogène des végétaux.

La science de la michrochimie est bien peu avancée, cependant l’on sait très bien reconnaitre dans une cellule des corps comme l’amidon, le glycogène, l’inuline, les tannins, etc...

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on peut noter le lieu d'apparition de certains d'entre eux. IT Y a un fait remarquable pour plusieurs de ces substances, c'est que leur formation à lieu dans une partie bien définie de la cellule. Ainsi l'amidon se forme toujours à l’intérieur des plastes, les tannins, l'anthocyane dans les vacuoles et il serait aussi surprenant de voir les plastes sécréter des vésicules de lannin ou des gouttes d’anthocyane que de constater l'apparition de véritable amidon dans une; vacuole. Or la connaissance de quelques-uns de ces faits est le fruit de travaux tout récents.

On trouvera ici une contribution à l'évolution chimique des vacuoles et au mode d'apparition cytologique de deux eroupes de substances vacuolaires très répandus, les tannins et les anthocyanes. L'exposé ne. constitue pas un chapitre spécial, mais se trouve incorporé dans les recherches de pure morphologie.

La même remarque peut être faite pour la partie cytologique où sont exposés les faits obtenus après fixation et coloration. Leur description a été annexée à chacun des chapitres afin qu'on puisse confronter facilement les résultats obtenus.

Enfin nous indiquerons en terminant les conclusions générales que l’on peut formuler sur tous ces sujets. Dans l’ensemble, notre programme a été de montrer que l’on peut par la combinaison de moyens divers, même simples, et par l’observation des éléments vivants à diverses époques de leur évolution, élargir notre connaissance de la vie cellulaire.

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