‹ Recherches de biologie cellulaireChapitre 41 sur 85 · ART. 4. — ETUDE DE L'ALBUMEN AU MOYEN DE LA MÉTHODE DE REGAUD · texte numérisé non relu

ART. 4. — ETUDE DE L'ALBUMEN AU MOYEN DE LA MÉTHODE DE REGAUD

A. — Cytologie de l’albumen un peu avant maturation

(Méthode de Regaud).

Les cellules profondes d’&bumen ont un noyau toujours central, nucléolé ; sa forme est étoilée et il se rattache aux trabécules du cytoplasme environnant. Cet aspect du noyau correspond exactement à celui que l’on observe sur le vivant (préparation d’albumen observée à sec) (fig. 1 et 2, pl. XTIT).

Par la méthode de Regaud, l'huile est dissoute dans Îles préparations (au cours du passage par le xylol), et il reste dans la cellule, à la place qu'occupaient les globules d'huile, des espaces clairs qui sont limités par les trabécules du protoplasme colorés en gris pâle. La fixation est donc excellente, puisqu'elle reproduit sans déformation l'aspect alvéolaire que nous avons décrit dans la cellule vivante.

Les grains d'aleurone se trouvent comme les sphérules d'huile entourés par le cytoplasme. Leur forme est bien conservée ; leurs caractères de coloration par l'hématoxyline sant

les suivants :

Les gioboïdes ne se sont pas colorés et apparaissent comme des vacuoles incolores ; le cristalloïde peu chromatique apparaît presque sans coloration naturelle, mais souvent il possède à sa surface un enduit chromatique qui provient du dépôt à sa périphérie de la substance fondamentale protéique. Celle-ci fixe très énergiquement l’hématoxyline et elle peut se précipiter de plusieurs manières, soit autour du cristalloïde où elle forme le dépôt dont nous venons de parler, soit sur la paroi externe de la vacuole aleurique, soit autour du globoïde. Enfin, il peut arriver qu'il n’y ait pas précipitation du tout et que toute la substance fondamentale soit colorée en gris foncé homogène.

Le dépôt à la surface du cristalloïde peut affecter des formes très particulières, en réseau par exemple, comme l'indique la figure (fig. 3, pl. XI).

Ces états provenant d’une précipitation effectuée irrégulièrement, sont très variables. On ne les observe pas en coloration vitale, car dans ces stades le suc vacuolaire très épais ne se précipite pas sous l'influence du colorant vital, tandis qu'il se coagule et se contracte de diverses façons par l'action du fixateur.

Enfin, il existe dans le cytoplasme et presque toujours aux angles du réseau qu'il forme, des granulations et de très courts bâtonnets fortement colorés en noir alors que les trabécules eux-mêmes sont gris (fig. 3, pl. XIII).

Ces éléments sont de tailles diverses et il est assez difficile de faire une distinction entre eux, néanmoins les plus gros paraissent représenter des plastes. :

B. — Cytologie de l’albumen d’une graine mûre.

Le liquide de Regaud donne une fixation très bonne de l’albumen mür de Ricin; on peut s'assurer au moyen d'acide osmique que l'huile n’est pas dissoute et qu’elle est conservée

par ce procédé. (Elle est dissoute au contraire dans les fixateurs à base d'alcool absolu.)

On peut faire toute une série d'observations sur des albumens ainsi fixés.

1% Observalions sans coloration.

On fait une coupe tangentielle d'albumen et on observe à plat les cellules de la couche périphérique : elies montrent de nombreux corps réfringents très petits qui correspondent aux grains d'aleurone. Si on emploie ensuite un peu d'alcool iodé, on distingue que ces petits grains arrondis contiennent de petites inclusions de grosseur variée. Par conséquent, la fixation au Regaud donne lieu à une précipitation de granules dans les grains d'aleurone primitivement homogènes. (Comparer avec l'étude vitale.)

Dans les cellules profondes, sur une coupe mince d’albumen, on voit de gros grains d'aleurone qui contiennent un cristalloïde et d'assez nombreux petits corpuscules arrondis (6 à 8 environ) qui sont des précipitations dans la substance fondamentale. Après l’action de l'alcool-iodé, le cristalloïde montre une belle teinte jaune, tandis que les granules précipités dans le vacuole aieurique et le globoïde restent incolores.

2° Observation après coloration.

a) Rouge neulre. -— Après décoloration à l’alcool absolu, on observe quele cristalloïde demeure coloré en rouge orangé et que les grains de protéine sont rouges ; la substance fondamentale est décolorée. Cet essai montre que les propriétés chromatiques du grain d’aleurone sont bien différentes, suivant qu'il s'agit d'une coloration vitale, ou d'une coloration léthale.

Dans le premier cas, la substance fondamentale se teint en rouge orangé et le cristalloïde demeure incolore ainsi que le globoïde; dans le deuxième cas, les grains de protéine, précipités à l’intérieur de la substance fondamentale, se teignerft en rouge ainsi que le cristalloïde, tandis que le globoïde demeure

incolore.

b) Bleu de crésyl à 1 0/0 (10 minutes, régression à l'alcool absolu, montage au baume).

Dans les cellules profondes, le cristalloïde el la substance fondamentale sont bleues, les grains de protéine sont rouges métachromatiques ainsi que le globoïde. Quelquefois, le globoïde n’est pas distinct et il existe seulement à l'intérieur de la substance fondamentale de nombreux petits granules métachromatiques colorés en rouge vineux (fig. 16, pl. V).

Comme dans le cas du rouge neutre, la coloration léthale donne des résultats assez différents de la coloration vitale, car dans les cellules vivantes le globoïde n’est jamais coloré par le bleu de crésyl. (Comparer les figures).

ce) Coloralion à lhémaloxyline ferrique sur des coupes en série d’albumen (coupes au microlome, épaisseur à b).

Cellules phériphériques d’albumen. — Ces cellules sont très allongées, mais Icur épaisseur est faible. Le noyau a unesituation centrale, il est étoilé et pourvu d'un gros nucléole Le cytoplasme apparaît comme alvéolaire parce qu'il est réduit à des trabécules entourant les cavités où l'huile a été dissoute. Il renferme des petites granulations très colorées. Les grains d'aleurone sont assez petits et ils se montrent colorés en noir intense; ces grains ne sont entourés d'aucune auréole hyaline pouvant indiquer une contraction et ils ne renferment pas d'inclusions, leur contenu se montrant coloré en totalité (fig. 5, pl. XII).

Cellules profondes. -- On peut distinguer après fixation et coloration les éléments suivants : le noyau a une position centrale; ilest relativement petit par rapport à la taille de la cellule, Sa forme est étoilée et comme sa membrane d'enveloppe est peu visible, il donne l'impression de se continuer avec les filaments cytoplasmiques qui s'en détachent (fig. 13, pl. XHI).*

Le cytoplasme à une disposition réticulée très nelle et les mailles du réseau sont occupées par des espaces elairs qni représentent l'emplacement qu'occupaient les globules d'huile, dissous au cours du montage des préparations,

Aux angles du réseau de cytoplasme, s’observent plusieurs sortes de granulalions et des bâtonnets qu'il est assez difficile d'identifier. Les plus gros représentent très probablement des plastes : les plus petits des microsomes, mais il n'existe pas une distinction très nelle entre ces deux catégories d'éléments. Dans tous les cas, il n'existe pas de filaments onduleux mais uniquement des grains irréguliers et des bâtonnets peu allongés.

Les grains d'aleurone sont gros et ovales, non déformés s par la fixation, entourés par une très mince couche de cytoplasme qui se relie par de fins trabécules au réseau environnant. Ils renferment Les inclusions connues : cristalloïdes et un ou plusieurs globoïdes.

Si la régression a été peu poussée, la substance fondamentale et le cristalloïde sont noirs et se confondent entre eux ; si au contraire, la décoloration a duré plus longtemps, le cristalloïde décoloré est gris clair et son contenu est nettement distinct de la substance fondamentale, qui est restée encore foncée. [Il y a donc une assez grande différence de chromaticité entre le cristalloïde et la protéine. Cette dernière substance apparait souveut à l’état de granulations noires précipitées à l’intérieur de la vacuole aleurique, ou bien encore elle peut former un dépôt chromatique à la surface du cristalloïde et le masquer plus ou moins complètement {1).

Les globoïdes sont au contraire toujours incolores et présentent l'aspect de vacuoles claires arrondies au sein de la substance du grain.

Page 1