CONCLUSIONS AU SUJET DE L'EMPLOI DE LA MÉTHODE DE REGAUD
Les grains d’aleurone sont très bien fixés par la méthode de Regaud. La substance fondamentale protéique a des propriétés chromatiques très intenses ct se colore en noir foncé par l'hématoxyline ferrique. Elle forme une solution très épaisse dans les vacuoles aleuriques. Cette solution peut précipiter son contenu en corpuscules variables de formes et de
tailles soit à l'intérieur de la vésicule, soit sur ses parois : la protéine peut encore se déposer à la surface des inclusions en une couche chromatique. Celle précipitation se produit plus facilement pendant les stades de la maturation ou de la germination, alors que les vacuoles aleuriques ont un suc plus aqueux, mais elle a lieu également dans la graine müre.
Ces résullats correspondent exactement à ceux que nous avions signalés en coloration vitale : les mêmes précipitations s’observent en effet dans ce dernier cas; cependant, dans la graine müre et dans les stades voisins, la substance fondamentale se montre ordinairement homogène lorsqu'elle est colorée vilalement.
On voit que c’est la même substance, la protéine du grain qui se montre chromalique par la méthode de Regaud et par la coloration vitale au rouge neutre.
Le cristalloïde peu chromatique après emploi de la méthode de Regaud, est peu colorable par les teintures vitales (incolore avec le rouge neutre, teinté en bleu avec le bleu de crésyl).
Les globoïdes, incolores après fixation et coloration Regaud, sont aussi non colorés vitalement par le rouge neutre ou le bleu de crésyl.
Le cytoplasme des cellules d’albumen présente une disposition alvéolaire avec mailles entourant les espaces occupés par l'huile. Cette disposition correspond exactement à ce qu'on voit dans les cellules vivantes, sauf que le réseau, une fois fixé, paraît moins régulier, parce que les trabécules sont un peu déformés.
Dans le cytoplasme, se trouvent des granulations chromo. philes de diverses tailles : elles sont situées principalement aux angles du réticulum, Les plus grosses correspondent aux plastes qui n'ont jamais l'aspect de chondriocontes sinueux, mais sont arrondis ou bien en courts bâtonnets. Les plus petits sont très probablement des microsomes.
Les résultats que nous venons de résumer diffèrent sensiblement de ceux qui ont été donnés par M. Guilliermond récem-
# ment. Nous n'avons pas observé comme ce dernier de longs
chondriocontes sinueux, et la description du eytoplasme et des grains d'aleurone donnée par l’auteur me paraît incomplète. Notre conceplion du cytoplasme des cellules d’albumen s accorde mieux avec les données plus anciennes de M. Beau verie qui avait employé des fixations au formol.
En ce qui concerne la métachromatine, on sait que M. Beauverie à comparé la substance azotée des globoïdes à la métachromatine des Algues et des Champignons. En réalité, si le globoïde se colore d’une façon métachromatique par les couleurs d’auiline (bleu de crésyl, bleu de méthylène), il n'est pas seul à se comporter ainsi et il existe toujours comme nous l'avons montré précédemment dans la graine mûre, de petits corpuscules proléiques précipités dans la substance fondamentale aleurique et qui se teignent métachromatiquement. Il en résulle qu'une partie tout au moins de la substance fondamentale aleurique, possède des propriétés voisines de celles de la métachromatine ; elle a en outre le caractère de fixer les colorants vitaux avec mélachromasie comme nous l’avons vu. On peut considérer qu'une part importante de la protéine des grains d’aleurone du Ricin est formée par de la métachromatine ayant des propriétés voisines de celles des Algues et des
Champignons.