INDICATIONS HISTORIQUES
Dans la graine mûre des Graminées, il est généralement très difficile de faire des observations. Les tissus sont desséchés et dans un état de dureté qui rend malaisée la dissociation des divers éléments de l’amande ou la confection des coupes. Mais il suffit de quelques heures de séjour dans l’eau, pour qu'on puisse réussir des colorations vitales et se rendre compte de l’état du vacuome dans les divers tissus.
Les colorations vitales ont été faites, comme précédemment, dans le but de connaître l’évolution de l’aleurone pendant la ‘ germination. Il a fallu pour cela observer des séries de plantules à différents âges.
Quelques mots d'historique sont nécessaires, avant d'exposer nos recherches personnelles. Le principal travail de cytologie chez les Graminées, est celui de M. Guilliermond publié en 1908. Ce dernier s’est proposé de rechercher si les corpuscules métachromatiques signalés chez les Protisdes, n’existeraient pas chez les Graminées; il est amené bientôt à reconnaître dans les globoïdes des grains d’aleurone, une substance voisine de la métachromatine, principalement en raison de la teinte métachromatique qu’ils prennent avec la plupart des teintures basiques d’aniline bleues ou violettes. Là ne se bornent pas d’ailleurs les conclusions de l’auteur qui fait une étude Spéciale de l’aleurone, pendant la maturation des graines, et
pendant la germination. Il montre que les grains d’aleurone existent dans tous les tissus de l'embryon ; ces grains représentent des vacuoles déshydratées comme le pensait Pfeffer, et, pendant la germination, ils se transforment en vacuoles liquides renfermant des granules de protéine et des globoïdes.
Ces résultats ont été obtenus au moyen de fixations et de colorations et le formol à 40 0/0 a été reconnu comme étant le meilleur fixateur.
Nous n'avons pas l'intention de reprendre une étude semblable à celle qu'a faite M. Guilliermond. Nous nous bornons à exposer comment, par la méthode des colorations vitales, on peut mettre en évidence les phénomènes de l’évolution de l’aleurone, et comment la transformation en vacuoles se produit au cours de la germination. Ce sont là des faits dont les méthodes de fixation ordinaires ne donnent pas une image exacte.
Ce domaine de l'observation vitale est resté quelque peu dans l'ombre jusqu'à présent. Cependant M. Guilliermond, dans le mémoire précédemment cité, publie quelques données sur la coloration vitale des grains d’aleurone, mais uniquement dans les assises protéiques.
En 1919, M. P. A. Dangeard décrit l’évolution vacuolaire dans la radicule de l’'Orge ; il montre que l’on peut suivre dans l’épiderme la formation de filaments et de réseaux vacuolaires, aux dépens des grains de métachromatine qui existent dans les cellules les plus jeunes. C'était un des premiers exemples sur lesquels on montrait une évolution du système vacuolaire nouvelle à cette époque.
Un peu plus tard, en 1921, ces phénomènes sont décrits à nouveau par M. Guilliermond qui confirme la description donnée par M. P.-A. Dangeard et qui montre de plus que, dans les très jeunes plantules, l’évolution en vacuoles se produit à partir des grains d’aleurone.
Cette publication est postérieure à nos premières notes sur l’aleurone et son évolution, chez le Pin maritime et chez le
Ricin. Quelques mois après, nous avons donné la description de l’évolution vacuolaire chez quatre types de Graminées (Blé, Orge, Maïs, Avoine), non seulement dans les radicules, mais aussi dans les jeunes feuilles, le scutellum des jeunes plantules et dans l’assise protéique.
Il est nécessaire aujourd’hui de compléter les résultats indiqués précédemment et d'exposer moins brièvement ceux qui ont été déjà signalés.
Nous commencerons par décrire l’évolution de l’aleurone dans la couche protéique de l’albumen, puis dans les tissus de
la plantule.