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DE LA PATHOLOGIE GÉNÉRALE

IIVTRODVCTIOIV.

La Nature.

lift nature est Tensemble des phénomènes qoi se passent sons nosyenx, infiniment I, mais se supposant Tun Tautre, se trouvant liés, enchainés par des relations réciproques nécessaires^ des rapports mutuels. Tous les êtres sont nécessaires pour Texistence de Tunivers.

Un phénomène est un changement dans la matière. Un changement suppose une succession , ainsi la notion du t e m s , qui en soi n*est qu'une succession infinie (ein unendliches nacheinander}. Des changements apercevables ne sont possibles que dans la matière, qui suppose le lieu ou la coexistence, ainsi la notion de l'espace, qui en soi n'est qu'une coexistence infinie (ein unendlidies nebeneinander).

Les notions du tems et de l'espace étant inséparables de ce qui les remplit^ ou de k matière, celle- là doit être infinie de même.

Un changement dans la matière, ou un phénomène doit être la suite d'une condition, ou l'effet d'une cause; nous nommons celle-U en général force, et la matière, étant mise en action par la force, substance.

Dans la nature il n'y a pas de repos, pas de matière inerte, elle est toujours en action* Ce changer infini de la matière dans l'espace et le tems nous le nommons produire Csdmffen), et la nature consiste donc dans une production infinie. La nature produit toiQOurs et tout ce qui existe n'a qu'une durée relatÎTe et passagère, dépendante de sa productivité étemelle.

Toul en changeant, tout en produisant la nature reste cependant la même, les mêmes phénomènes retournent toujours, les mêmes productions retournent toujours; la matière en passant par des variations infinies apparoit cependant toujours sous les mêmes formes. La nature est donc la révélation d*unité et d*égalité par des variations infinies.

La notion est aussi un phénomène de la nature, et les notions fondamentales desquelles nous Venons de parler, sont inséparables du mode d'existence de Thomme; mais nos notions peuvent s'accroître, jusqu'à des bornes données^ Tesprit de l'homme peut péné* trer Tenchainement des phénomènes naturels, nous parvenons à entrevoir, toujours jusqu'à des bornes Impénétrables les lois qui régissent la nature. Nous concevons une perfectibilité de l'homme, et avec cela de la nature même, de laquelle l'homme est aussi un phénomène.

Le naturaliste, le vrai phibsophe de la nature, suppose l'éternité de la matière, de la nature, ainsi que les notions fondamentales qui en dépendent, et cherche son perfectionnement sur cette base donnée; il abandonne la recherche et la construction de ces notions fondamentales aux métaphysiciens, ou à ces messieurs qui se nomment de préférence philosophes, et leurs souhaite qu'ils n'embrassent pas nubem pro Junone.

Comme les phénomènes de la nature ne se succèdent pas par hasard, mais comme ils sont ensemble la manifestation de la nature, toujours une et même, il faut absolument qu'ils se succèdent et subsistent par une loi générale et préstabilie; pas une goutte de pluie ne peut tomber, pas un rayon de lumière ne peut être intercepté au plus petit lieu, qui ne soient pas soumises au calcul général de la nature. Il faut donc qu'H y ait une Statique générale des phénomènes naturels; mais IMmmense quantité de phénomènesj et Pfanmense variation de laquelle ils sont susceptibles, empêchent nos sens finis de saisir le calcul de l'univers infini, nous avons soumis au calcul seulement quelques pliénomènes spéciaux, nous pressentissonà celui du reste.

La view

Tous les corps naturels qui composent notre terre portent la condition de leur existence en eux mêmes, et ils différent par cela des corps artificiels qui existent par une puissance extérieufe.

Mais ces corps naturels et existants par eux •mêmes, offrent une grande dSffsrence dans leur manière de se former et d^être.

Les uns, dits eofps inorganiques, se fbrmenl i peu près instanlanément par les forces générales de l'affinité chunique et de la cohésion. La manière tf agir de ces forces nous étant bien eonnoe, nous pouvons amener leur formation à volotilè, en donnant les condiUiMns nécessAres à leur existence. Dhe fois formés ils existent par l'action de ees mêmes forces, sans changement intérieur, «hiri aussi sans produire de nouveaux corps pt* reffles à eux, servant la terre, laquelle ils aident à constituer, mais ne ponmrnmi uacun but en eux-mêmes.

Les autres, dits corps organiques , existent sans doute aussi par les forces physiques, l'afllnité chimique et la cohésion, de l'univers duquel il (ont partie, mais ils n'existent pas setdement par ces forces transmises de l'univers, ils existent par une force toujours produite par eux-mêmes; leur existence n'est pas seulement égale, comme celle des corps inorganiques, mais égale en changements perpétuels, en se reproduisant toujours eux mêmes de la matière ambiante; ils ne se forment pas instantanément, mais ils se développent d'un état fort imparfait peu à peu, et ayant atteint leur état parfait ils produisent par leur force innée de nouveaux corps pareils â eux, ayant satisfait à ce but de la nature de perpétuer leur espèce^ leur existence individuelle est finie, ils doivent nécessairement mourir; ils ne servent donc pas seulement le but de la terre qu'ils aident a constituer, mais ils poursuivent eux-mêmes un but, ils sont eux-mêmes des buts Cselbstzwecke}. Dans leur manière d'être il y a donc ^ressemblance avec la manière d'être de l'univers , ils sont des microcosmes, des cosmos finis (pris individuellement) en comparaison avec le macrocosme ou le cosme infini. Nous nommons cette manière d'être la vie.

La physique et la chimie ne parviendront jamais à expliquer les lois de la vie , la formation et la production de la matière organique par les lois connues de la formation de la matière anorganique. Les chimistes modernes qui ont entrepris de telles explications^ ont » vue un but qu'ils n'atteindront jamais, et les vrais physiologues ont raison de s'opposer â une telle entreprise, sortie d'une ignorance des lois de la vie.

Mais de l'autre côté c'est aussi sur que tous les corps composant la terre, ainsi aussi les organiques doivent nécessairement être soumis aux lois physiques générales du planète, seolenenl modifiées par la vie; nous ne connaitrons jamais entièrement cet agent modificateur, cependant la meilleure méthode de nous l'éclairer autant que possible, sera toiuouin de rechercher ces modifications des lois physiques et chimiques dans les êtres organisés^ et les physidens et les chimistes modernes qui se sont occupé de la recherche de ces lois, ont certainement hautement mérité de la science; les physiologues reconnaissent que les lésultels auxquels nous parvenons de cette manière, ne sont pas des explications, mais leriement dee analogies.

Statique des êtres organisés.

La «libtlité générale des phénomènes terrestres dont la nécessité nous avons prouvé plus hsnt, sidfit déjé pour nous faire entrevoir que l'existence des êtres organisés ne peut pas être dft m hasard, qu'au contraire leur existence doit être dans un rapport préstabili, que par eonséquent leur nmsance, leur mort, leur nombre réciproque etc. doivent être soumis à une loi générale de la nature.

Pour l'homme nous sommes parvenu A sovmellre au calcul les phénomènes de la vie, nous oommissens le nombre des naissaDces et des morts, des sexes, des mariages, le rap« port des différons âges elc. dans une population donnée. La science qui nous expose ces

lois de la vie de Thomme se nomme la biostatique, la statique de la vie, ou la physique sociale. Cependant les auteurs qui généralisent trc^, se trompent, les calculs trouvés valent seulement de l'homme cultivé, surtout en Europe, et Ton entrevoit aisément qu'ils ne peuvent pas valoir des races inréri.eures, p. e. de la race nègre, ou les variations sont- beaucoup plus grandes; mais plus grandes que. sont les variations, d'autant phis difficile est rétablissement de la loi par le calcul des probabilités.

Nous ne pouvons pas douter un moment que la vie des animaux doit être soumise pareillement â des lois fixes, mais nous ne sommes a même de soumettre les phénomèiies au calcul; pour la plus grande partie des animaux les variations çont si grandes que du premier abord on seroit tenté de douter de la stabilité des phénomènes de leur vie, si l'oii n'étoit pas persuadé de la nécessité de la loi; qu'elle différence p. e. dans le nombre des oiseaux de passage, qui dans quelques années meurent par millions^ quelle différence dans le nombre des insectes de quelques espèces, qui apparaissent dans une année par millionsy et après cela quelquefois dans une vingtaine d'années on a de la peine A en trouver quelques-uns etc., et par le rapport mutuel des animaux l'apparition et la dispariticm des animaux d'une espèce doit avoir la plus grande influence sur la vie d'animaux d'autres espèces. Et malgré tout cela la loi générale ne peut pas manquer.

La statique de la vie des végétaux ne peut pas manquer non plus, mais les variations sont si grandes que nous ne parviendrons pas A en trouver le calcul.

Agents perturbateurs de la vie.

L'enchainement des phénomènes naturels est tel que leur existence n'est que relatbe, l'un existe aux dépens de l'autre, la productivité étemelle de la nature nécessite des changements continuels des phénomènes desqqels elle consiste.

Cette loi de l'existence relative et conditionelle est surtout visible dans les phénomènes de la vie ou dans l'existence des êtres organisés.

Beaucoup plus de semences des plantes périssent ou sont détruit que s'en dévek^pent, parceque leur destruction est nécessaire pour l'existence de beaucoup d'animaux; d'attirés germent, mais les germes sont détruit pour rendre possible l'existence d'autres plantes (p. e. mycoides) et d'animaux, de même beaucoup de plantes périssent avant d'avoir pu se propager, parceque leurs tiges, feuilles, fleurs etc. étoient nécessaires pour rendre possible l'existence d'autres plantes et des animaux. La même remarque vaut de la vie des animaux, la plupart des oeufs est détruit pour faire vivre d'autres animaux l'existence desquels n'étoit pas possible sans cela, beaucoup d'autres périssent de la même manière au commencement du développement ou avant d'avoir atteint l'état parfait de l'espèce.

D'après la loi de la nature autant de germes se développent entièremmt, qu*il en est nécessaire pour l'entretien des espèces qui la composent; le dépérissement du reste éloît nécessaire pour l'existence des autres eqièces, pour la vie de la nature.

Dans la nature il n*y a pas de mort, chaque mort individuelle est un appel â la vie pour d'autres individus. Pour la nature il n'y a jamais de perturbation, elle est harmonie étemelle, dans la nature il n'y a pas d'imperfection, elle est la perfection même.

Mais il y a des imperfections individuelles qui sont nécessaires pour la perfection de la nature.

L'entretien des espèces et ainsi de la nature même qu'elles composent, est seulement possible si elles atteignent leur but; cet état, fixe et toujours retournant, nécessaire pour ne point laisser de lacune dans l'échelle des êtres de la nature, et ainsi pour l'existence de la dernière, décèle l'idée de l'espèce, il marque la place dans l'échafaudage de la nature, qui ne peut pas être vide, l'espèce est indispensable pour l'existence de la dernière. Eu égard i l'individu nous nommons cet état l'état parfait; si l'état d'un individu ne décèle plus l'idée de l'espèce, son état est imparfait. Les états de développement, l'état d'embryon, l'âge , la vieillesse, le sexe etc. ne sont pas des imperfections, parceque ce dévelop*pement est un phénomène nécessaire de la vie^ et dans tous ces états l'être décèle l'idée de son espèce.

Les états où l'individu ne décèle plus l'idée de l'espèce, sont dos imperfections seulement par rapport à l'individu, car la nature n'est jamais imparfaite, et toutes les imperfections individuelles sont nécessaires pour la nature, et même pour l'espèce prise en totalité, aussi ces imperfections ou innormalités sont des perfections ou des états normaux pour la nature» Chacun entrevoit p. e. que la maladie et la mort prématurée de la plupart des embryons et des enfants est indispensable pour l'existence du genre humain; si tous les oeufs des carpes d'un étang se développoient toute la population de l'étang ne subsisteroit pas etc.

Ces états anormaux, où les individus ne repondent plus â l'idée de l'espèce^ sont la suite de l'enchainement des phénomènes de la nature, des rapports multiples d'un être avec une foule d'autres. Afin qu'un phénomène arrive il faut que d'autres évanouissent; pour qu'un être se forme il faut que d'autres dépérissent. Si un phénomène de la nature se développe aux dépens de la vie d'un être, ce n'est pas une perturbation de la nature, mais certainement une perturbation de la vie de cet individu, dont l'état ne repond plus à l'idée de l'espèce, est anormal. Cependant un tel organisme n'est pas passif, par sa force innée, qui n'est qu'une part de la force générale de la nature, il réagit contre le phénomène agissant et tend à atteindre le but de sa vie aux dépens même du phénomène agissant, et son état est le résultat de l'action et de la réaction; ou il est vainqueur et garde son état normal, ou il est vaincu et dépérit, ou U est vaincu seulement en partie et se trouve dans un état anormaL

La connaissance de ces états anormaux de l'organisme et de la manière comment ils se forment par les rapports de l'organisme avec le reste des phénomènes de la nature forme la base de la science que nous nommons la pathologie.

Des états «normaux de Torganisme.

D'après ce qui précède il n'y a donc pas d'états anormaux pour la nature, mais seulement pour les individus.

Toutes les variations (abânderungen) des individus qui sont l'expression des états du développement normal de l'espèce (âge, sexe, climat etc.} repondent à Tidée de l'espèce, et ne la contredisent pas, ainsi ils sont des états normaux* Cependant il y a des variations produites par le climat, par la nourriture etc. où les bornes sont difliciles é fixer: p. e. le moineau des terres boréales de l'Europe se distingue de celui de l'Europe moyenne, et celui des pays du midi p. e. de l'Espagne est encore plus différent, cependant ces vanations sont encore assez légères, mais la brebis a poils au lieu de laine, le chien nu el i peau noire des pays méridionaux, les poules de ces pays etc. sont -ce aussi encore des états normaux? A peine on le pourra concéder, des influences trop opposées à la vie d'une espèce produisent des variétés.

Un animal vulnéré on mutilé ne se trouve plus dans un état normal, la mutilation est un défaut de l'organisation qui peut être la cause et la suite d'une maladie, mais en elle même elle n'est pas une maladie et elle n'entraine pas nécessairement une maladie.

Malformation ou Monstruosité est l'état anomal, ou par un trouble pendant le développement un ou plusieurs organes ont une conformation qui ne repond pas à l'idée de l'espèce. Elle n'est pas une maladie, mais eUe peut contenir la condition d'une maladie, et

elle est le plus souvent la suite d'une maladie du foetus, ou d'une maladie de la mère^

quelquefois par hérédité la suite d'une variation ou d'une mutilation; ou d'une malformation des parents. On nomme Tératologie la science qui s'occupe de la description et de l'explication des malformations. Il y a déjà entre les corps anorganiques des cristaux monstrueux, les malformations sont peut-être plus fréquentes entre les plantes qu'entre les animaux.

Nous nommons Variété la conformation des plantes et des animaux, si par la transmission héréditaire, plus ou moins constante, de variations ou de monstruosités dans des générations successives se forment des familles d'élres qui ne repondent plus entièrement i la conformation de l'espèce originaire. Telles sont les différentes races de nos animaux domestiques, qui ne sont que des variétés entretenues par les soins de l'homme.

Dans ces races entretenues par l'art sous des influences qui favorisent leur formation, la nature montre toujours une tendance à retourner à la conformation originaire de l'espèce de plante ou d'animaU Un tel retour de la variété se nomme dégénération.

Nous nommons maladie tout état d'un être organique, ou les actions de la vie ne procèdent plus conformément à l'idée de l'espèce ei menacent plus ou moins l'existence de l'être ou de ses parties.

La Pathologie s'occupe essentiellement de la maladie, mais comme les autres anomalies mentionnées sont ou des suites ou des causes de maladies , ou sont produites par

des influences qui produisent aussi et d'une manière pareille des maladies, il se trouve qu'aussi les autres anomalies sont considéré dans la pathologie.

De la maladie.

Bien en reconnaissant que dans la nature il n'y a rien d'anomal, rien d'imparfait, et qu'aussi la maladie est un phénomène naturel et normal de la nature, nous venons de voir en elle un état imparfait et anomal de l'individu, un état de trouble dans les fonctions de l'organisme. Notre définition de la maladie convient avec celles proposées depuis les tems les plus reculés jusqu'à nos jours par la plupart des médecins p. e. par Sennert , Fr. Hoffmann, Boerhaave^ Gaub etc.

Mais il y a un bon nombre et de grands médecins , â la tète desquels se trouve' le grand Sydenham qui ne voient dans la maladie qu'une tendance de Torganisme de coiiserver l'état normal et de le rétablir, le nommé auteur célèbre dit j^morbus est nihil aliud, quam naturae conamen, materiae morbificae exterminationem in aegri salutem omni ope molientis.<< Cette manière de voir est assez spécieuse, il y a des maladies où dès le commencement tous les phénomènes sont des phénomènes régénérateurs, en d'autres maladies les phénomènes de maladie sont mêlés aux phénomènes régénérateurs de l'organisme, et souvent difficiles â distinguer, dans le peu de maladies où les phénomènes régénérateurs manquent tout-à-fait la vie est bientôt éteinte. Mais en tout cas personne ne pourra nier que mêmes les phénomènes régénérateurs forment un état anomal de Torganisme.

Déjà Paracelse et van Helmont ont voulu voir une certaine indépendance dans la maladie, de nos tems la découverte de plantes et d'animaux parasitiques dans quelques maladies, et l'acceptation de tels êtres dans des cas où ils n'existent pas, a fait voir à quelques auteurs dans toutes les maladies des êtres parasitiques. La pathologie comparée pourroit bien aggrandir la source de ces erreurs, car dans la plupart des maladies des plantes nous voyons en efiêt se former une foule de plantes et même d'animaux parasitiques. Mais avec un peu d'attention on remarquera bien que toujours les parasites sont ou la cause ou la suite de la maladie, jamais la maladie même. Chaque organe et chaque fonction dans l'or-* ganisme, bien que subordonnée à la force générale, a un certain degré d'indépendance, qui ne manque pas de se faire voir surtout dans la maladie; dans la plante cette indépendance est plus grande , la concentration de la vie est moins grande , que dans les animaux, ce qui se fait v<Hr surtout dans les maladies. On ne peut pas méconnaître dans le cours de la maladie une certaine régularité, comme dans toutes les fonctions, mais cela ne peut pas empêcher de reconnaître que la maladie n'est qu'un état des fonctions de l'organisme même.

De la Nosologie.

L'observation fidèle des phénomènes des maladies, des conditions sous lesquelles elles se développent et des conditions sous lesquelles l'organisme parvient a rétablir son intégrité^

est la base de notre connaissance des maladies. Toutes les fonctions de Torgarnsme peuvent être troublées et de différentes manières, le nombre des maladies est donc fort grand.

La science qui s'occupe de décrire les maladies et de les classer de manière â nous aider de les distinguer et reconnaître se nomme la Nosologie.

Le type de la description de la maladie doit être pris des symptômes, et le genre de maladie doit être fixé par la forme qui est l'ensemble de ses symptômes, non de son essence, caria forme bien observée restera toujours la même, l'explication de son essence, toujours plus ou moins hypothétique, changera selon lès vues des écoles, qui se croient toujours â répreuve de toute contradiction, mais l'expérience prouve qu'elles sont ébranlées par chaque nouvelle découverte, trop souvent déjà par les idées favories du siècle. •

Si les formes des maladies sont données par les phénomènes, et si les maladies ne sont que des troubles dans les fonctions, le principe de la classification des maladies ne peut être que celui des fonctions physiologiques de l'organisme; tout système fondé sur l'explication hypothétique de l'essence des maladies ou sur la pathogénie ne peut avoir qu'une existence fort éphémère et transitoire.

Malheureusement la Nosologie ne peut pas entièrement se passer d'emprunter des hypothèses de la Pathologie, mais elle doit tâcher de s'en abstenir et de donner, autant que possible, l'observation toute pure.

De la Pathologie.

La Pathologie est la science des causes, des phénomènes et des lois de la maladie. ' Si la maladie est un phénomène naturel elle doit, d'après ce qui précède, dans l'enchainement nécessaûre de tous les phénomènes de la nature, être la suite d'autres phéncH mènes qui contiennent les conditions de son existence. Or étant un phénomène dans la vie d'un organisme la maladie doit trouver ses conditions dans les agents qui agissent sur cet organisme et dans la manière comme il réagit sur ces influences. Nous devons posséder une parfaite connaissance des agents extérieurs et une parfaite connaissance des actions de l'organisme même. Hais ce que nous observons sont toujours les effets du principe de la vie, duquel nous ne possédons pas une connaissance parfaite, nos explications en beaucoup de cas restent plus ou moins hypothétiques. La partie de la pathologie qui s'occupe â nous exposer les causes des maladies se nomme Etiologie.

Si la maladie est un phénomène naturel elle doit, d'après nos remarques préliminaûres, produire des changements dans la matière, parceque de cette manière seulement elle peut agir sur nos sens et être apercevable , la vie n'étant jamais en repos , mais consistant dans une action perpétuelle, la maladie comme une acUon vitale doit consister dans une série de phénomènes. Un phénomène que nous prenons pour une manifestation de la maladie, se nomme symptôme de la maladie^ et la partie de la pathologie qui nous explique les symp«> tomes se nomme Symptômatologie. Cependant comme nous pouvons seulement parler

de symptômes quant Ene maladie existe, ainsi dans la Nosologie qui nous expose les symptômes de chaque maladie, mais la pathologie parlant seulement des phénomènes qui peuvent être des symptômes, on appelle cette partie de la pathologie avec plus de raison Phénoménologie de la maladie. — Les phénomènes morbides sont aussi nombreux et aussi difiërents que les actions de la vie qui toutes peuvent être changées : Il y a donc des phénomènes morbides qui consistent seulement dans un changement des actions p. e. du coeur, des poumons, des muscles etc.; il y en a d'autres qui nous présentent un changement chimique des fluides de l'organisme, de la sève, de la résine, du suc laiteux, du miel etc. dans les plantes, du sang, de la bile, de l'urine, salive, mucus etc. dans les animaux, la chimie pathologique expose ces changements, mais la chimie pathologique est une partie essentielle et inséparable de la Phénoménologie morbide; il y a d'autres phénomènes qui consistent dans des changements des tissus ou dans la formation de nouveaux tissus ou organes, l'anatomie pathologique expose ces changements, mais aussi l'anatomie pathologique n'est qu'une partie essentielle et inséparable de la phénoménologie. Aussi dans la phénoménologie les observations sont nécessairement mêlées â des explications plus ou moins hypothétiques.

Les observations spéciales nous permettent d'établir des lois générales sur le- développement des maladies dans le tems (rhythme, cours, durée) et dans l'espace Que l'individo, de l'espèce, du règne organique, de la terre). Nous pouvons nommer cette partie de la pathologie la Pathonomie.

On concevra aisément qu'il nous faudrait beaucoup d'espace pour traiter en détail ces trois parties de la pathologie; le titre de notre ouvrage indique déjà que nous n'avions jamais en vue un traité complet et systématique, mais seulement des recherches sur plusieurs points de la pathologie comparée, nous traiterons surtout des sujets qui éclairent la doctrine des maladies panzootiques (enzootiques et épizootiques) et contagieuses, pour lesquelles nous avons ajouté des pièces justificatives étendues. Cela sera l'EUoIogie et une partie de la Pathonomie qui nous occuperont, abandonnant le reste de la Pathologie pour un autre tems*

CStlolog^le*

Chaqae organisme existe par sa force innée qui le pousse â se développer et â atteindre le but de l'espèce, mais seulement en rapport avec les agents extérieurs sans lesquels il ne peut pas se développer, aux frais desquels il existe. Nous distinguons donc deux conditions de la vie, également nécessaires, l'interne ou sa force innée, l'externe ou les influences nécessaires â la vie.

La maladie qui n'est qu'un état, une forme de la vie, ne peut exister que sous les mêmes conditions.

La condition interne, ou la possibilité de la maladie fondée dans l'organisme se nomme disposition: Les conditions externes, ou les agents extérieurs en ce qu'ils peuvent concourir â former la maladie se nomment influences malfaisantes Cpotentiae nocentes). Ni la disposition seule, ni l'influence malfaisante à elle seule peuvent former la maladie ou être la cause d'une maladie, car l'organisme a le but de la santé, et la maladie étant un procès vital ne peut pas être produite par un agent extérieur; seulement si la disposition et l'influence malfaisante concourent, elles forment la cause de la maladie; c'est pourquoi prises séparément nous ne les nommons pas causes, mais seulement moments de la cause Cmomenta causae}.

Par le concours 'de la disposition et de l'influence malfaisante l'état d'action vitale on d'incitation de l'organisme est changé, et ce trouble se nomme l'affection maladive (affectio morbosa), si celle-là contient la cause suffisante C<^^<^ sufficiens) d'une maladie on la nomme aussi sa cause prochaine C^ausa proxima). C'est une erreur fondamentale des écoles de vouloir chercher cette afiection maladive exclusivement dans un changement de la composition des fluides, ou de la texture des tissus, ou de l'innervation etc., eUe peut être de toute sorte, le plus souvent fort composée, nous ne la reconnaissons pas immédiatement, mais seulement par ses eflets et notre explication est souvent très difficile et hasardée.

D'après ce «qui précède nous ne pouTons parler de causes des maladies que lorsque la maladie est vraiment donnée, ainsi dans la Nosologie. L*Etiologie traite seulement des Dispositions et des Influences malfaisantes possibles; c'est â dire nous demandons comment les difiérents états physiologiques de la vie peuvent devenir dispositions , et comment les difiërents agents extérieurs peuvent devenir influences malihisantes.

!• Des IMsposltlons.

Chaque organisme, comme tel, a une disposition de devenir malade en général, en tous les états de sa vie, nous nommons cela la Disposition commune ou générale (dispositio s. proclivitas communis ad morbos).

Mais l'organisme se trouvant en des relations différentes â la nature dans les différents états de son développement, il a dans ses différents états des dispositions propres et spéciales (dispositio s. proclivitas propria}.

CSi une disposition en soi est déjà anomale nous la nommons aussi opportunité, opportunitas ad morbosO

A. De la disposition commune,

La maladie bien que non étant dans le but de Tindividu, mais étant dans le but de la nature, chaque organisme doit être disposé i^ des maladies, d'après sa posfflbilité d'être affecté par les agents extérieurs. La disposition commune est donc fondée dans la vulnérabilité Cmécanique, chimique, dynamique} de tous les organismes par les agents extérieurs.

B. De la disposition propre.

La disposition propre peut être distinguée : a) en disposition propre naturelle (dispositio propria naturalis) ou des états qui correspondent entièrement aux états physiologiques du développement, comme: l'âge, le sexe, le tempérament, la constitution, la race, rhabitude, Tidiosyncrasie (les deux dernières formantes déjà la transition aux suivantes}; b) en disposition propre non naturelle (dispositio propria praeternaturalis} ou des états qui ne correspondent plus entièrement aux états physiologiques de la vie de l'individu, comme: la disposition héréditaire, congéniale, enzootique, épizootique etc.

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