‹ Recherches de pathologie comparéeChapitre 14 sur 35 · AU · texte numérisé non relu

AU

certains phénomènes, ils en marquent le<décfin. Comment donc ne dépendroient ils ^ d'une cause de même nature, mais dont les effets sont variables comme les circonstances particulières dont s*accompagne leur développement? Toutefois en Algérie,. on observe que les fièvres d*accès dominent par le nombre dans quelques régions, de même qu*en d'autres, dans la province d*Oran , par exemple , lés diarrhées, et les dysenteries ont été TexpressioB la plus constante de l'état pathologique. Pourquoi ces différences? La raison peremptoire n'en est point encore donnée. Mais peut- être serait-il permis de soupçonner que, lorsque les eaux sont malsaines et que l'air est comparativement meilleur, Teffet morbide se traduit plutôt à la surface intestinale; tandis que les fièvres résulteroicnt plus particulièrement de l'infection par l'atmosphère. Nous disons plus particulièrement, car il ne faut pas oublier que les diarrhées et les dysenteries, comme relevant de la même cause générale, sont souvent intermittentes, et qu'elles se compliquent habituellement d'accès fébriles. Hàtons-nous d'ajouter que Faction de l'humidité, les refroidissemens, tous les écarts dans le régime, nous paraissent avoir Pinfluence la plus prononcée sur ce genre d'affections. Une remarque trouve ici sa place: c'est que, si le nombre et la cavité des fièvres diminuent par le iail du dessèchement et des cultures, il ne nous semble pas que les diarrhées et les dysenteries diminuent de nombre et de gravité dans la même proportion *)• Ce seroit assurément, dans notre hypothèse, parceque les causes qui favorisent le développement de ces dernières maladies ont été jusqu'à présent moins accessibles que celles des précédentes , à nos moyens d'assainissement.^ Mr. Annesley, l'auteur classique sur la dysenterie des Indes, s'exprime ainsi: ^^Vicissitudes of season and clîmate alone, with neglect of the state of the bowels and the immoderate use of spirits or intoxicating drinks, and of unwholesome articles of diet and acid fruits, will of themselves produce certain forma of dysentery. But thèse are in warm climates, oitener only the predisposing and determimng causes, of that more efficient agent now under considération. That terrestrial or marsh effluvia are efficient towards the production of dysentery, particularly when this disease is endémie or épidémie, is proved by its prevalence^ chiefly or entirely, in situations where, and during seasons when, malaria or vegelo « animal miasms abound. Tbere is not a province in India or its Arcbipelago that has not furnished instances of this fact. What the particular cvcumstances are which occasions marsh efOuvia in the one case to produce fever, and in another dysentery, cannot always be precisely known. They are, however, very évident on many occasions: in this place it is sufficient to mention imperfect clothing, vicissitudes of temperature and weather; exposure to wet, night air, and cold dews, particularly aAer great heat, or exposure to the sans rays; the use of irritating food, of qiirits and unripe fruit

') Cette aisertion esl à moitié Traie { Je cooDoif beaocoap d'endroit!, oà la dysenterie était endémlqaa et où elle a disparae après les desséchemens opérés, mais j'ai anssi T«r comaw l'antenr, sévir encore les dysenteries lorsque les Sèvres ne se montrèrent pins.

and of impure water, paiiicvlarly if it be taken firom places whence malaria ia given off or if it abound with animalculi or the inftisoria« etc. 1. c. p. 41. Cette dernière cause nonmiée par les deux auteurs cités m'a toujours parue être une des plus puissantes ; aussi je crois que c'est avec raison que les anciens médecins craignent tant les rosées, surtout qui couvrent les fruits Cp. e* Pr. Hoffmann). D'ailleurs c'est la dysenterie qui fournît les preuves les plus irrécusables contre l'opinion de Mr. Boudin sur l'exclusion réciproque des maladies de malaria et de l'enterodothienie ou fièvre typhoïde; car rien de plus sûr et de plus incontestable que la complication de la dysenterie et de la fièvre typhoïde, complication qui amène les formes les plus dangereuses et le plus souvent mortelles de ces maladies; elle étoit plus fréquente qu'à Fordinahre, dans l'Allemagne, dans l'année chaude 1834 (v. Mon rapport sur la Clinique de Marbourg pour cette année) , et probablement elle est firéquente dans les pays chauds. Quant au choléra morbus la plupart des nouveaux auteurs la regwdent comme une maladie de Malaria, Mr. Boudin est bien décidément du nombre; Mr. Annesley (1. c. p. 44) s'exprime avec plus de reserve: vil may be observed, that choiera, in ils severer forms, and in that form more particnlarly which bas lately ravaged ail the countries in the east, is in some measure caused and influenced by this agent.<» Que les émanations marécageuses ont eu une influence sur sa propagation, sur sa sévérité et malignité , doit être concédé je pense, mais que l'on puisse la considérer comme une maladie marécageuse a la manière des fièvres intermittentes et de la dysenterie je ne le crois pas. — 4) Des maladies de la rate et du foie. Des splenites apparaissent avec fièvre continue, rémittente, mais bien souvent intermittente, et j'ai communiqué, dans mes trois traités sur la rate, des observations propres et d'exemples observés par d'autres, oà des splenitis par causes tranmatiques , et dans des contrées où il n'y a pas de fièvres, étoient accompagnées de fièvres intermittentes, Mr. Piorry a, dans ces derniers tems, publié une observation pareille, ces observations, conjointement avec l'enflure de la rate qui ne manque dans aucun accès de fièvre intermittente, avoient fait défendre déjà à Mr. Audouard l'opinion que la fièvre intermittente éteit la suite d'une aflection organique de la rate; au moins on peut en inférer que l'action du malaria paroit surtout porter sur le plexus splenicus >)• Que les hypertrophies et les inflammations de la rate arrivent très

*) On ro*a fait dire que j'atoU proretsé l'opiDioii que lea fièTres inlermiiteiites n'étoient que de» iplénites! Voilà mes mots: »Icli bin noch volIkommeD ûberzeugt, dass jedea fieber ein Bymptom organDÎscher verinderungen in dem kdrper des mcnschen ist, und dass die ursache der iniennittirenden fieber, nwent^tens bei wetten in den mehrsten flLllen, in dem pfortadersysteme tu snchen sei; eine meiniing, die nbeaonden aaeli Avdooard Terteidigl hai, der indesten doch wohl su hiufig nnd an allgemein ndie ursache der wechselfieber in der milsallein angenomaien hat.u C. F. Heusinger Nachirftge au den betracht. flber die enuflndnng nnd vergrôsserung d. mile. Eisenach. 1833. p. 48. Je ne dis pas autre chose dans le traité qnî a paru en 1820. p. 54. Voilà les preuves de raccuralesse des cet écrivains négligens ou malveUluDS.

- àH -

souvent â la suite des fièvres inlermittentes, aussi des dysenteries marécageuses (Twining diseases ofBengal. p. 276), est généralement connu; mais ces congestions et inflam* mations, à l'exception des congestions menstruales et spienites traumatiques, rares dans les pays non marécageux, sont des maladies fréquentes dans les pays marécageux aussi sans que des fièvres les ont précédé, cela est déjà prouvé pour l'Italie par les observations de Mr. Grottanelli; dans les lies de St. Mauritius et de Bourbon elles sont générales sur les nègres et sur les blancs; elles sont aussi fréquentes dans la Bengalie, surtout dans les provinces supérieures , et â ce qu'il paroit elles apparaissent surtout sur les jeunes enfans, Mr. Twining rapporte: »Enlargement of the spleen sometimes appears as an idiopathic ndisease in children, and in persons of délicate and feeble constitution; and is produced »by the combined influence of a damp climate, variable température, want of exercise and 9iinsufficient nourishment.<' Diseases ofBengal. p. 278. Mr. Corbyn (Diseases of infants in the climate of India« p. 151) confirme la fréquence de la maladie sur les enfans. Mr. Anne si ey dit expressément: »It is true that many of the instances of diseased liver and spleen, which occur in warm climates are indueed consecutively upon intermittents and rémittents; but they oflen occur primarily and endemically, evidently showing their chief dépendance upon the exhalations proceeding from the soil.<^ 1. c. p. 42. Ces faits prouvent que le malaria agit d*une manière spécifique sur la rate; aussi je me s:uis convaincu maintes fois, pendant des sections, dans la Hollande et dans la Belgique que la rate des habitans des pays marécageux est plus grande, que celle des habitans des pays non marécageux. L'influence du malaria sur le foie n'est peut* être pas aussi marquée, mais la plupart des auteurs la font valoir, et nous l'avons déjà indiquée plus haut (p. 3 1 2). — 5) Quant aux maladies do la peau, j'ai déjà mentionné plus haut que l'application de l'eau pourrie formant le malaria, cause souvent des furoncles, anthrax et charbons malins, les mêmes maladies, comme aussi les pustules du Nil, et la pustule d'Aleppo se développent fort souvent dans les pays à malaria, mais surtout après l'usage des eaux marécageuses en boisson. Dernièrement Mr. Witt a fait connaître l'extrême fréquence de ces maladies dans la Moldavie et la Wallachie CClima der Wallachei p. 53. 54. 5. 33 etc.). De quelle manière que se développent ces maladies, leur fréquence dans les pays noorécageux est toujours fort remarquable, parcequ'elle nous indique de nouveau les organes sur lesquels porte principalement l'action du principe du malaria, car nous savons que ces aflections de la peau arrivent surtout chez les personnes qui souffrent de congestions ou dirritations dans les organes du système de la veine porte; nous ne voulons pas omettre d'ajouter aussi chez ceux, l'organisme desquels demande des excrétions critiques par la peau. Une seconde maladie de la peau qui est très fréquente dans les pays marécageux est l'érysipèle^ mais c'est connu qu'aussi dans cette maladie il y a toujours affection du système de la veine porte, ou du grand sympathique. — 6) Une maladie à peu près générale dans tous les pays marécageux, c'est le scorbut, en vérité en degré fort différent, en formes très lU-

venefi, oe qui indique déjé qu'il y a diSérens agens modiiieateurs. J*en ai déji fth men*- Uon plus haut p. 141 , el j'ai mentionné p. 246 et p. 249 Tinfluence que les sels paraissent exercer si le sol ou les eaux en contiennent beaucoup^ j'ai de même indiqué Tinflaence de la chaleur sur le développement de celle maladie. Le scorbut dans les régions maréca*^ ganses (et à fièvres intermittentes) de la Russie a dernièrement décrit Mr. v. Samson Himmelstiern, celui des marais pestiférés de la Hongrie et de la Dacie est généralement connu; dans la Sologne par Mr. Monfalcon Cp- 4^8), celui de la Bresse par Monf rin Cp« 20), dans les Indes orientales et occidentale^ il paroit revêtir une forme aiguë, el se porter de préférence sur le canal intestinal (Dysenterie scorbutique chez Mr. Levacher, AUan, Annesley, Bampfield etc.). Dans les états unis de PAmérique il se montre surtout dans le Florida, en 1820 il y avoit une épidémie scorbutique dans l'Amérique (Forry p. 332) 0- En général l'influence des marais est hors de doute, mais la discussion sur les agens modificateurs qui font naître le scortut, nous entraineroit trop loin. -^ 7) Toutes les maladies gangreneuses sont très fréquentes dans les pays marécageux: a) J'ai déjà fait mention des ulcères de mauvais charactère et gangreneuses plus haut p. 249. p. 309, je pourrois nommer une foule d'auteurs qui attestent que ces ulcères se trouvât dans tous les pays marécageux, mais surtout dans les climats chauds, b} La mabdie connue sous le nom de Noma se rencontre surtout dans les pays marécageux et A fièvres intermittentes. Cette remarque peut être déduite des plus anciens écrivains sur cette maladie, Mr. Cumin g la fait pour l'Irlande, Itfr. Caotes pour l'Amérique du Nord, Mr. Twining (I. c. p. 355) et Corbyn pour la Bengalie, dans ma contrée la maladie n'est pas très rare dans la vallée, où commencent les fièvres intermittentes, dans les autres vallées je ne l'ai pas encore observé, c) J'ai déjd annoté plus haut (p. 296. p. 315) l'influence de l'électricité négative, et de la chaleur, en favorisant les états gangreneux des ulcères et des pfaiies, or ces mfluences paraissent agir en hâtant la décomposition putride, la pourriture d'hôpital fait toujours les plus grandes ravages dans les pays marécageux, comme cela prouvent des rapports de l'Arracan, de PAfrique occidentale, de TËspagne etc., et durant les campagnes de 1813 à 1815 je n'ai vu la pourriture d'hôpital que dans la Hollande, d) Enfin si jamais le charbon éplBOotique s'est développé primairement sur lliomme c'est dans les pays marécageux, surtout dans les provinces Baltiques (Witt p. 71), dans la Dacie, dans la Russie méridionale de l'Europe et de l'Asie (Haupt Seuchen der hausthiere p. 203). Au reste dans quelques-unes de ces fréquentes maladies gangreneuses des pays marécageux on ne doit pas oublier que les maladies des grains, surtout l'ergot, et les champignons parasites sont très fréquentes dans les pays marécageux.

0 r«i ftiil neation pliu hait p. 141 de la eonttitation icorbatique du» la HeMa, depnii j'ai reçu «M ditsertattoD de Leiprif qai pronve qu'elle ae Aiisoii reMarqeer auaai dant la Saxe.

Qaanl aux makdies marécageases des animanx douiMlifiies , noua remarqnerena ooe grande ressemblance avec celles indiquées pour rhommey ei elle seroit probablement eoeore plus grande, si les observations étoieni plus complètes. C'est vrai il y a des aoteors qui soutiennent que le malaria n*agit pas sur les animaux; nous avons communiqué ment les observations de Mr. J. Davy que beaucoup d'animaux sauvages babilent les rais du Ceyion où tous les bommes meurent; Mr. Evans est du même avis Oî oes observations prouvent qu'il y a des animaux dont Torganisme n'est pas afiecté par le malaria, comme il y en a qui se nourrissent des substances les plus vénéneuses pour rhomme» comme de la ciguë, de la noix vomique, du manceniller etc., la chèvre qui a mangé la ciguë nourrit le chevreau de son lait, et l'homme peut en mourir, les abeilles préparent on miel des plantes vénéneuses duquel elles se nourrissent et il empoisonne l'homme etc. Mais ce sont des exceptions, et nos animaux domestiques souffrent beaucoup du malaria. Le Sanitary Report of Great Britain. 1842. p. 83 etc. contient nombre d'observations intéressantes, où les maladies des animaux arrivèrent en même tems et sous les mêmes conditions avec les maladies de l'homme, et où elles cessèrent aussi en même tems chez les uns et les autres après des desséchemens. Mr. Monfalcon déclare à Tégard des marais de la France: »Des enzooties sont aussi le résultat de l'action des émanations marécageuses sur les quadrupèdes, elles ne dépassent pas les contrées occupées par les eaux stagnantes , de mêmes que les fièvres intermittentes et rémittentes sont bornées à la partie marécageuse de la Brenne, de la Sologne, de la Bresse. C'est pendant le cours de l'automne ou de Tété que la maladie se déclare; tous les animaux ruminans, sans distinction d'espèce ou d'âge, qui reçoivent l'action des émanations marécageuses, en sont atteints â des dégrés divers; elle fait surtout beaucoup de victimes lorsque des soirées ou des nuits très fraîches succèdent â une journée qui a été très chaude. Laisser pendant la nuit des bêtes â cornes on à laine coucher au milieu des marécages, c'est compromeltre beaucoup leur santé. Toutes ces particularités ont des analogues dans l'espèce buoiaîne.* L e. p. 502; et le même auteur donne p. 112 une description générale de l'influence du malaria sur les animaux que j'ai reproduite plus haut p. 240. J'ai cité de même p. 297 la grande mortalité des animaux domestiques qui, du tems du malaria, arrive dans les ilea Moittques. J'ai parlé p. 314 des maladies des animaux domestiques dans l'Egypte du tems du malaria. Quelques pays empestes par le malaria deviennent aussi inhabitables pour les animaux domestiques que pour l'homme. Bruce dans ces voyages VI, p. 381 rapporte de Sennaar : «There is a constant mortality among the children in and about this metropolîs . . •

') nUarih fecnif in f enenil to prodace do injarioni effecU oa Uie greater nnmber of aoîmaU placée below man in Ihe toological «cale. The tiger finda a aafe ahade in Ihe jungles of Bengal, and the lioa watcbes hia prey in the mangrove fena of the African rÎTer , unacathed by theîr poiaonooa emnoatioM. The cow (?) the buifalo, and the hog, laznriale in die riche paatnrea of the Pontine narahea* ete, t c. p. 29.

ffBO horse , mule , ass, or any beasfc of burden, mil breed or even live at Sennaar, or many «miles around it Ponltry do not live there. Neither dog nor cat, sheep or buUock, can «be preserved a season Ihere. Tbey mnst ali go every half year to the aands. Though «ail possible care roay be taken of them, they die in every place when tbe foi earth is «abottl the town doring the lirsl seasons of the rains<( >)• I^^s Anglais obserrërenl à peu ivës la même chose a Arracan, oà ils ne trouvèrent aucun animal domestique, parcequ'ils n'y pouvoient pas vivre dans la mauvaise saison, et ils perdoient presque tous les animaux de l'armée: »The climate of Arracau appeared to be equally hostile to cattle. Eléphants »(from Bengal and Hindoostan), horses, sheep, and buUocks, died in great numbers. Of i»the camels taken to that part of the country I do not think one ever retumed. Professer j»Coleman says, that tbe horse is not the subject of fever, i. e. the regular succession of «oold, bot and sweating stages. In Arracan he certainly was, and it was a disease of great fffiitality: the mode in which it terminated, was nsually by efftasion in the chest.<^ Burnard Calcutta Transactions III, p. 84. Un antre médecin anglais, Mr. Stevenson, confirme cette observation: »0n our entering Arracan the capital, no quadrupeds were to be sseen, with the exception of a few, kept apparenUy more as objects of curiosity than utinlity: whereas on our arrivai at Sandooway, the chief town in the southem division of the «province, we found abundance of cattle, apparently owing to the superior nature of the «country.... BuIIocks died in great numbers, and horses and éléphants shared the same «fate.<< Ibid. p. 89. Les descriptions données des animaux de la Brenne par Mr. Franquelin (Topographie de la Brenne p. 38}, et de ceux de la Bresse par Mr. Mon* frin (Mal. endémiques de la Bresse, p. 9) conviennent avec celle donnée par Mr. Monfaleon. Mr. Malingié (Soc. d'agric. de Loir-et-Cher, séance 1840) a fait la remarque que les agneaux qui vivent en plein air dans la Sologne, deviennent malades au moment des premières chaleurs, â l'époque où les fièvres intermittentes attaquent l'espèce humaine, et que le mal des bêtes i kine présente, dans son intensité, les mêmes phases que celui de Thomme. Les ruminants sont ceux de nos animaux qui souffrent le plus de rinfluence des marais. Les bêtes à laine y contractent la pourriture, et les bovines principalement des aflections de poitrine. Dans les environs d^Isigny, les poulains qui pâturent dans les marais contractent une espèce d'hydropisie qui se manifeste par la tristesse, par l'oedème de la croupe^ du bord supérieur de l'encolure, du dessous du ventre. On appelle cette affection le mal des marais, elle attaque rarement les sujels âgés de plus de

') Brocchi (Giornale dei rlaggi. IV) ne fait pas mention d*one mortalité «i générale, mais il dit biaa qve beaucoup de cbameauz moaroicnl, et que tous les 800 soldats de la garnison avec leurs officiers avoient la fiéTre; et la description qu'il donne du climat peut rendre vraisemblable l'assertion do Bruce. Pendant la saison sèche Tair étoit si sec qu'il n'avoit pas besoin de changer le papier des plantes de son herbier, elles séchoient en 24 heures; mais dans la saison humide tous les objets se couvrirent de — jeaisfurei, et ntoe après quelques jours sans ploie il ne pouvoîl pas sécher les plantée.

Iroifl ans (Ganu: Revue agric. 1839. Nov.)- Le cochon, le buffle, et les oiaetox aquatiques sont les animaux qui résistent le mieux aux émanations des marécages. Aussi Mr. An ne si ey remarque raffection contemporaine^des animaux et des hommes, et la ressemblance de leur maladies dans les pays marécageux Cl* c. p. 44). Les maladies en particulier qui s'observent sur les animaux, par l'action du malaria, sont les suivantes: 1) Des fièvres. Les symptômes de la fièvre ne sont pas si marqués dans les animaux que dans rbomme, ce qui a déjà fait croire à des vétérinaires que lés animaux n*avoient pas de fièvres, ils en ont aussi bien que les hommes, a) Fièvres intermittentes. PUnius a déjà dit que les animaux n^étoient pas attaqué de la fièvre intermittente, et cette opinion a été proressée par la plupart des vétérinaires, encore de nos tems par Mr. Col e m an, el dernièrement par Mr. Percivall, dans son Hippopathology. C'est déjà assez vraisemblable que Ton ne s'est pas aperçu souvent des accès de fièvres; mais nous venons d'entendre de Mr. Burnard que les chevaux en Arracan souifrirent souvent de ces fièvres, Mr. Grellier avoit déjà dit que les fièvres de l'homme s'observoient aussi sur les chevaux dans les Indes; Mr. Graham rapporte des contrées empestées de malaria dans le Deccan: «In 1830, 400 native troops marched Trom Malligaum, and were between two or three months, during the hot weather, in the Daung or hiUy country. -Ouly 120 marched in camp. — At the same time many horses got hot and cold fits of fever, aboul ten ont of 100 died.« CLond. a. Edinb. monthly Journ. 1842. p. 624.) Mr. Boudin (i. c. p. 135) a observé une fièvre intermittente sur un cheval en Algérie; Mr. H amont (l'Egypte sous Méhémet I, p. 569) deux fois en Egypte. Déjà Ruini avoit observé la fièvre intermittente du cheval, Pozzi (zoojatria III, p. 356) l'a observé de même en Italie; dans la France elle a été observée par Rodet (Correspond, de Fromage. IV, p. 28), de même par Liégard, Clichy (Recueil de Méd. vét. VII, p. 401), Lautour (Journ. de Méd. vét. théor. et prat. IV, p. 19), Neboul (Mém. de la Soc. des Vét. de l'Hérault 1842. 10), en Allemagne Mr. Rudloff (avec ophlbahme Magaz. f. thierh. V, p. 83), Kôrber (Ibid. V, p. 415 avec neuralgie et paralyse), une observation pareille de Mr. Mecke (Busch Zeitschr.); Mr. Colombat de Besançon doit avoir observé, en 1826, après le débordement de la rivière de hi Ibaae, une épidémie intermittente se déclarer chez les chevaux, qui moururent en grand nombre (Motard Hygiène I, p. 149. Je ne sais pas où l'observation se trouve). Mr. Lalesque (Topographie de Teste, p. 52) rapporte des Landes marécageuses de Bordeaux: «Les «fièvres intermittentes des animaux se sont ofiértes à l'observation des vétérinaires de notre «localité, II faut même leur rapporter la fréquence des maladies du foie et de la rate que «nous venons de signaler, aussi bien que quelques cas d'hydropisie qui s'observent dans «nos quadrupèdes.c' Du tems où les fièvres intermittentes de l'homme régnoient généralement Mr. Roy s ton observa que des chevaux qui paissoient dans les marais de Cambridg* shire présentoient des fièvres tierces bien marquées (Biais for a med. Topography of Great

Biftaiii. Med. a. physic Journ. 1809. Febr.> Mr. Dupuy admeltoH déjA des terres intermittentes des Ruminants, et il a vu un troupeau de cinq cents bètes périr de tous les phénomènes de la tèvré intermittente après avoir pâturé dans des marais (Sur l'existence des fièvres intermittentes dans les animaux domestiques, P. 1827), ilparoil d^â soupçonner que les fièvres charbonneuses des moutons appartiennent aux fièvres intermitlenles. Mr. Lafore (Maladies des grands ruminans. P. 1843. p. 680. 683« 689) déclare que les maladies charbonneuses des bovines sont des fièvres intermittentes pernicieuses: j^Nous considérons donc cette maladie comme une fièvre intermittente, ou ré- «mittente, essentidie et pernicieuse, dépendant d'une perversion de Taotion du système ner^- «veux et s'acoompagnant , en très peu de tems, d'un état d'atonie de Tappareil circulatoire •et de l'altération du sang.» Sans doute c'est trop dire^ les maladies charbonneuses ne sont pas plus de fièvres intermittentes, que tout le reste des maladies marécageuses, et aussi peu que l'on peut dire que la peste ou la fièvre jaune soient encore des fièvres inter-* mittentes, bien qu'elles sortent de la même source; mais on peut féliciter Mr. Lafore du pressentiment d'un fait de la plus haute conséquence pour la pathologie vétérinaire et pour la pathologie humaine , auquel nous serons conduit par bien des prémisses (v. plus bas ,• et le chapitre sur l'influence de la végétation, plantes mycoidées, et surtout la Pièce justificative sur les Maladies enzootiques). Aussi sur le chien les fièvres intermittentes et rémittentes ont été observées: Mr. Maccultoch rapporte Tobservation d'une mtermittente de eet animal, Taite par les chirurgiens de Tlle de Guernsey (1. c. p. 460). Mn Boudin (Intermitt. p. 135) a fait la même observation sur un chien à Alger. Nous avons cités plus haut p. 314 les mots de Mr. Evans sur les fièvres des chiens dans l'Ue de Ste. Lucie; Mr. Hacculloch rapporte la même chose d'autres Mes des Indes occidentales, surtout de Dommica: 9»I hâve received information of a similar nature firom the West Indies, respecting another animal, so decided as to the asserted fact, and from so many différent sources, that there seems no reason to doubt, either the mère truth or its accuracy, It is that immediately before the season of fevers, the dogs become diseased, as firom a fever, or that the épidémie appears in them before it is established among the people: and fnrther that a season of disease of unusual severity is always expected, in Dominica pa^cnlarly, \rhenever the sickness and mortality among the dogs is unusoally great« 0 (!• o. p. 460). En général c'est la maladie des chiens qui est encore fréquente dans tons les pays chauds, aussi dans l'Europe méridionale p. e. sur les Iles ioniennes et à Gibraltar; j'y reviendrai plus bas, en parlant des épizootles en général, b) Comme la fièvre des chiens que nous venons de nommer (et qui probablement a passée de l'Amérique dans l'Europe) il y a aussi des fièvres pernicieuses des autres animaux domestiques qui régnent dans les pays

0 La mèn« opinion ptévant en benoconp do eonireof de rAmériqne. On en tronre dof ciemplet dans notre Pièeea jnttif. N. IH.

ehaudfl el marécageux. Malheureusement ces fièvres, très fréqueutes dans les odMiai Asiatiques et Américaines, sont encore fort mai décrites: De cette espèce étoit probablement la fièvre pernicieuse des ciievaux dans la Wallachie, du tems du typhus (Witt 1. c p. 68), et la fièvre typheuse des bovines que Mr. Toggia (1. c. I, p. 304} décrit des provinces Italiennes de Vercelli, Novara, Casale et Alessandria. c} Dans cette classe de maladies appartiennent sans doute aussi les pestes bovines, qui probablement sont A distûiguer comme les pestes humaines: o) la peste bovine de Russie. Cette maladie, déjA dans la Litthouanie jamais originaire mais toujours importée CBojanus viehseuchen p. 14), de même elle est toujours importée dans les provinces boréales de la Russie (Jessen Rinderpest p. 82), et dans tout le reste de TEurope, elle est seulement originaire dans les steppes de la Hongrie, de la Russie méridionale, probablement aussi de la Sibérie. Ces pays où elle est enzootique et originaire sont empestés par le Malaria, et les hommes y souffrent aussi cruellement de fièvres marécageuses CLorinser Rinderpest p. 94 ff.). Les agents modificateurs qui font qu'elle se développe seulement dans ces pays, et pas dans d'autres pays marécageux, p. e. ritalie nous sont encore aussi inconnus, que pour les fièvres des hommes p. e. pour la fièvre jaune. Dans sa propagation contagieuse elle montre beaucoup d'analogie avec cette dernière maladie, importée elle a fait toujours les plus grandes ravages dans les pays marécageux, surtout chauds p^ e. litalie, la Hollande etc.^ elle finit toujours pendant le froid de Thiver; elle est toujours plus mortelle quand elle n'étoit pas depuis long -tems dans un pays etc. (Bojanus 1. c. p. 10). Ce qui regarde ses propriétés contagieuses v. les maladies contagieuses. §) La peste bovine de l'Egypte. Aussi dans l'Egypte une maladie pareille est enzootique qui cause souvent de très grandes mortalités, p. e. encore en 1842 elle y a enlevé pins de 84,000 têtes CThe Times Cet. 27. 1842). Peut-être faut il pour son développement originaire le concours d'émanations animales? 0- — 2) N euros es. Probablement elles sont fréquentes chez les animaux, comme chez l'homme, mais on y a encore fait peu d'attention: a) p. e. les coliques paraissent être fréquentes dans les pays marécageux, b) Peut-être les pulmonies, fréquentes dans les pays marécageux, sont à regarder comme des neuro - phlogoses de ce genre. Elles sont très fréquentes sur les Antilles, c) Les apoplexies sont fréquentes* d) Quant aux neuroses de l'oeil: c'est très sûr que les ophthalmies sont très fréquentes dans les pays marécageux; c'est l'opbthalmie que Mr. Hurtrel d'Arboval (Dîct 2de éd. IV, p. 372) a en vue en disant: ^^cette opbthalmie est comme particulière à certains pays humides et marécageux , tels , par exemple, que les marais de Rochefort et les plaines

*) On parle des typhui dani lei AnliUe*, aax lodei orie»tale« etc., mais cei maladiep aonl mal à^ critef , et c*eal difficile de les disUoipier des maladies. charbonneuses, t. p. e. notre Pièces jastif. III. sar le typhas du Grenade, t. ponr le typhns de Guadeloupe : Sefretain Clinique Tétér. 1844. p. 473 etc. Je crois que ce sont des maladies charbonneuses. Toujours est il fort remarquable qu'elles coinddent arec la fierre Jaune, comme les pestes borines avec les pestes des hommes dans TEgypte, la Dncie etc»

couvertes d'eau de la Flandre et des Pays- Bas, « c'eat encore l'ophthalmie que Mr. Veilh rapporte à la maladie aphthongnlaire , parcequ'elle arrive aourent en même tems avec cette maladie, p. e. Mr. Jessen (Rinderpest p. 23) observa dans les marais du gouvernement de Nowgorod dans Tété chaud de Tannée 1826 une telle ophthalmie, causant la cécité^ sur les bovines avec maladie aphthongulaire , et en même tems le charbon sur les chevaux et sur les poissons. En Egypte les ophthalmiea sont aussi firéquentes sur les animaux que sur les hommes. Quant â Fophthalmie périodique des chevaux Ciiiondblindheit) j'ai demandé plus haut Cp. 154), si l'on ne pouvoit pas comparer la maladie avec Tophthalmie arthritique de l'homme? Je ne tenois pas en mémoire qu'un des premiers vétérinaires a déjà établi cette comparaison, Mr. Coleman, et Mr. Fearon nomme la maladie ophthalmie arthritique; ces Messieurs en regardant sa périodicité, moi j'avois plutôt en vue la forme et les symptômes. Cependant on ne peut pas nier que la maladie est surtout propre aux pays marécageux. Chabert avoit déjà reconnu cela; Mr. Hurtrei d'Arboval CL c. p. 395) remarque: ,^es lieux bas, humides, marécageux, submergés agissent sur les yeux, tant par leurs émanations que par la mauvaise qualité des alimens quMis fournissent. Dans de tels lieux, les émanations eflluviennes qui se mêlent aux brouillards agissent sur l'oeil en Irritant la conjonctive avec laquelle elles se trouvent en contact.*^ Les observations de Mr. Bouin et Demoussy semblent vérifier cette proposition, le premier l'a constatée dans la Vendée; Mr. Demoussy rapporte que les chevaux qui naissent en Espagne, dans les plaines fertiles de Seville et d'Andujar, submergées par le Guadalquivir , sont de même fréquemment atteints de cette affection. L'année passée Mr. Dard (Recueil de Méd. vét., XX, p. 45 7) a publié beaucoup d'observations pour prouver l'influence des marais, voilà comment il s'exprime: «J'ai vu, je puis l'afGrmer sans crainte d'être contredit, que des poulains atteints de Pophthalmie périodique, pris dans des pâturages humides et marécageux, transportés dans un pays montagneux, sec et élevé, où cette affection est inconnue, ont été guéris radicalement sans que le moindre accès se soit renouvelé. J'ai remarqué aussi que des poulains, et même des chevaux, nés dans les pays dont je viens de parler, transportés dans ces funestes localités, dont les prairies et les pâturages sont humides et

marécageux , sont devenus borgnes , aveugles etc J*ai parcouru la plus grande partie

de mon département, j'ai toujours remarqué les mêmes causes et les mêmes résultats. Je me suis rendu de Chalons à Lyon en côtoyant la Saône, en scrupuleux observateur, j'ai vu que dans tel village, selon que ses paquis étoient humides ou marécageux, la fluxion périodique y faisoit de plus ou moins rapides progrès, que les périodes étoient plus ou moins rapprochées et malignes, tandis que dans un autre village, près du premier, dont les paquis sont élevés et montueux, cette affection n'y est presque pas connue. J'ai voyagé dans les dépariemens de la Côte -d'Or, du Jura, de l'Yonne etc. mes observations et mes enquêtes m'ont prouvé que partout la nature est la même, et que les causes de rophthalmie périodique sont les mêmes partoutc^ etc. Mr. Dupuy se rapportant sur les effets de la section

4ii Betf de la cioqaièmè paire, smt Toeil, a proposé ropinion que c'éloit une affectioii 4e €6 uerf, occasionnée par la pression des dents pendant la dentition; je ne crois pas à cette caose mécanique, mais que cela poiirh)it être, au fond, une neurose du cinquième nerf, est yiie opinion qui mérite des reclierches ultérieures I 33 Les dysenteries des animaux se comportent comme les mêmes maladies de l'homme (v. plus haut p. 314). 4) Les affections de la rate se trouvent dans les animaux comme chez Thomme; c'est vrai de nos tems on parle souvent de maladies de rate des animaux où elles n'existent pas, et il y a peu d'observations'} spéciales, cependant la chose est gfénéralement connue aux bon^ chers, que la rate des animaux est souvent très volumineuse dans les pays marécageux; les anciens le savoient bien, Vitruvius (de Architoct. I, 4) en parlant des ectispices dît: „Hoc autem fieri, uti pabulo ciboque salubres proprietates terrae videantur, licet animad» «vertere et oognoscere ex agris Cretensium qui sunt circa Pothereum flumen quod est Cretae .fyinter duas civitates Cnoson et Gortynam. Dextra enim et sinistra ejus fluminis pascuntur «pecora: sed ex iis, quae pascuntur proxime Cnoson, splenem habcnt, quae autem ex alitera parte, proxime Gortynam, non habent apparentem (?) splenem.« Cl e g ho m dans son Traité des maladies de Minorque Ctradnct. de Bidault de Villiers p. 32) rap* porte que ces maladies de la rate et du foie sont fréquentes sur les animaux : y^et les tuméfactions du foie avec dureté, sont non seulement particuliers à l'espèce humaine, mais encore communs aux animaux, surtout aux moutons qui vivent dans le nord de Tîle où les eaux sont très saumâtres^ etc. Mrs. Lalesque, Bailly etc. disent bien qu'ils ont tropvé les mêmes lésions que chez l'homme, Mr. T. Metaxa (Ann. med. chir. IX, p. 87) déclare: ftl'ipertrofia délia miiza e délie altre viscère abdominal! , è assai fréquente ne' buoi nostri.^ Que les maladies du foie sont très fréquentes dans les pays marécageux est très connu, j'en ai parlé p. 3i2 etc. On dit que le foie des oies dans les marais est plus grand CHacculloch 1. c.p. 459). — Les météorisations intermittentes des bovines, fréquentes dans les pays marécageux, et après lesquelles on trouve des hypertrophies de la rate et des inflammations de la muqueuse des estomacs (La fore p. 480. 502) sont probablement dues au malaria, on dit aussi qu'elles sont occasionnées par les fourrages moisis! ce qui est -assez significatif, d'après notre opinion de la nature du malaria. 5) Quant aux maladies de la peau, je veux seulement remarquer en passant que quelques exanthèmes de l'homme sont fort disposés a prendre un mauvais caractère dans les pays marécageux, surtout la scarlatine et la petite vérole; parcequ'on s'est débattu sur la question si la petite vérole des brebis ou le claveau pouvoit naître dans les pays marécageux? Il n'est originaire nul part dans l'Europe, mais introduit il revêtit aussi facilement un mauvais caractère dans les

') Les hypertrophies de cet organe de\iennenl «ussi grandes que chex l'homme, p. e. dans le cheval, la rate duquel pèse ordinairement 3 livres, Mrs. Mogford cl Percivall (Ilippopathology II, p. 330) ont trouvé dea nie» de 15 et de 90 Uvrea.

pays mrécageux. Un (ail Bcnnrflleaiieiil commpiqiié par Mr. Segrétain aiur la petite v^ rôle dea yachea ou la vaccine, dans l'Ile chaude et tr^s warécagenae de la Guadeloupe, ordinaireroet ravagée par le obarbcin, eft remarquable, parcequ'il tendrait à démontrer quQ la maladie y eat revenue dans son climat natal des Indes '}: l'I^^ variole des vaches étoît inconnue dans la Guadeloupe il y a une douzaine d'années. £Ue reparoit & présent annuellemenl au mois d'Avril et de Mai et sévit jusqu'en Août ou Septembre, alors que commence hi saison des pluies. L'éruption envahit d'abprd les mamelles, les mamelons ou le scrotum, puis le plat des cuisses; de là elle se montre a Ja tête autour des naseaux, de la bouche, des yeux; elle gagne ensuite les articulations etc. A cette époque tout le corps est cou-* vert de pustules varioloiques. Les pustules qui couvrent ainsi toute la surface du corps sont en nombre plus ou moins considérable; leur saillie exeède rarement un centimètre; elle est toujours en rapport avec leur largeur qui peut varier entre un et deux centimètres; au dessous et autour d'elles le derme est gonflé, enflammé; la liqueur contenue d'abord séreuse passe vite à Tétat purulent; puis les boutons ne tardent pas à s'ouvrir et laissent écouler une matière purifonne qui se concrète, sèche, durcit et forme des croûtes d'autant plus larges que les pustules ctoient plus rapprochées. Abandonnés à eux-mêmes dans cet état, les animaux finissent presque toujours par périr* On voit souvent l'intérieur des voies respiratoires parsemé de boutons semblables à ceux qui recouvrent les diverses parties du corps.^' La Clinique vétérinaire. 1844. p. 491. J'ai mentionné plus haut les ulcères qui attaquent souvent les animaux dans les pays chauds et marécageux. 6> Maladies gangreneuses. 11 y a beaucoup d'auteurs qui croient que la maladie charbonneuse primaire n'existe jamais chez Tbomme ^) ; pendant long-tems j'ai été de la même opinion, mais après avoir observé moi-même un cas tout pareil aux peu d'observations avérées qui existent, et en réfléchissant sur les formes intermédiaires d'anthrax, je crois à présent qu'il arrive quelquefois, mais rarement chez l'homme, et je crois toujours que l'on se méprend

') Sans doute Mr. Me taxa père et fils invoqueront cette observation comme* une preuve de leur liypotiièse: nll vajuolo vaccino dériva délie papule bovine o Carbone, che ne! dirai boreali per difelto ffdi forza eipotoiva renne circoscritio alla molle e delicata cute ddle namBeUe.**

*) Voilà les mot! d'un connaisseur de ces maladies, Mr. Luigi Melaxa (Tetem. Metaza Annali m éd. chir. V, p. 17). Après avoir dit que les Intermittentes et la peste sont de la même source, et dans la dernière Tanthrax se transmet d'homme à homme, il continue: T^che in questo sol caso nasce nell* uomo, ne gli è commune cofli animali; in ogni altro si appieca e rinasee nelF nono per infeiione o per innesie «dafli animali. La peste adnnqne ch'è la febbre csrbonosa dell* uomo; lu petecohin ch'é pestilensa mea i9grave, e le interroittenti nascono dallo stesso ceppo, cioe dalle esalaaioni palustri. Gli animait domestici «lin specie erbivori esposti perennemente alla deleteria influcnxa del nocevol miasma, essendo per la debol Mvirtù de* lor nervi più ligi air impero degli esterni agenti, pel bere di quelle acque impure, pel nutrirsi •dl qna' vegetabiH, por lo mtrideraî in qnella matma, te« mollo nmggfore suseettivité dolf uoibo a eon* «ttarro Tantrace o carb^ao; le isleraiiUeati «oii gfày cbo 50b proprîe del un» geaere,"

souvent en croyanl primaires des mdaiHes chirbonneoses de I*lH>aiiiie qui plus probaMement sont Gommuniquées des animaux Dans la Nosograplûe j*ai indiqué (p. 1 42) seuiemeni les formes générales des maladies ciiarbonneuses , aussi à présent je ne peux pas entrer dans une exposition plus longue, vu les dissentions des auteurs, je dois la remettre dans la pièce justificative N. IV. Ici seulement autant qu*il nous faut pour éclaircir les transitions et In manière d*agir du malaria: a) D*un c6té c'est hors d'aucun doute que les maladies charbonneuses, et les plus cruelles, de difierents animaux ont été causé et par la respiration du malaria et par la boisson de l'eau putride, comme cela est prouvé par une foule d*épi- Eooties dans notre nèce justif. III , comme nous l'avons remarqué plus haut , comme cela est indiqué par les auteurs dtés deMr. Delafond CBIutkrankheit der schafe p. 88), par Mr. Bojanus CL c. p. 119) etc.; mais de l'autre côté il sera prouvé dans le chapitre suivant que les maladies charbonneuses sont certainement causées dans Tabsence de malaria par des champignons parasites. Est-ce que cela ne doit pas, encore une fois, nous conduire à l'idée, que probablement aussi dans le malaria se trouvent des champignons ou leurs spores ? b) Nous avons déjà vu que des fièvres intermittentes des hommes et des maladies charbonneuses des animaux régnent souvent en même tems, nous avons rapporté p. 259, comme dans la Mexique en même tems régnent les intermittentes et la fièvre jaune sur les hommes, et les maladies charbonneuses sur les animaux; Mr. Witt p. 71 rapporte comme la peste et les maladies charbonneuses régnent en même tems. Est-ce que ce ne doit pas être l'une et la même cause qui les produit? c) Nous avons vu que des auteurs experts ont déjà énoncé que les maladies charbonneuses des animaux et les fièvres intermittentes de l'homme étoient les mêmes maladies (ce qui en vérité éloit trop dire), nous avons cité Mr. La fore et Mr. L. M et axa, Mr. T. Me taxa (fils) professe encore la même opinion, sans doute extravagante que le charbon a donné naissance é tous les exanthèmes, et la fièvre intermittente, qui selon cet auteur n'arriveroit jamais chez les animaux, est l'expression de cette maladie dans l'homme. Les formes les plus terribles des maladies charbonneuses des animaux, ordinairement transmises aux hommes, régnent dans les pays où les hommes souffirent de fièvres jaunes, de la peste, d'intermittentes pernicieuses; j'ai déjà dit que ce sujet intéressant m'entrainerois trop loin ici; mais je veux seulement rappeller quelques-unes de ces formes: De ce nombre est la fameuse Milk-disease qui fait depuis quelques années tant de bruit dans les Etats Unis de TAmérique, se communiquant aux hommes par le lait et le beurre des animaux; je suis seulement étonné que mêmes les vétérinaires de l'Europe sont surpris des relations, et les prennent pour incroyables I la même maladie a déjà régné sur les Antilles françaises il y a près d'un siècle, et elle se perdra dans les Etats Unis avec la culture croissante du soL De ce nombre sont comme formes surtout intéressantes les Angines gangreneuses des bovines, si fréquentes dans llSgypte (plus haut p. 316) et dans les AntUles Clinique vétérinaire. 1844. p. 494>

De plus la fameuse Peste pustulaire (beidenseiiohe) des cheTBUX de Sibérie, que Ton dit aussi originaire dans l'iiomme, ce qu'est encore douteux (Haupt L c. p. 157. 203), et la pustule livide on bleue de l*Esthnie , que ]*on dit aussi originaire dans l'homme , mais cela est douteux de même (Witt p. 71) etc. Je veux seulement encore observer que la maladie des moutons, que Ton nomme Maladie du sang, Sang de rate. Maladie de Beauoe etc. et qui n'est pas rare aussi dans quelques localités de ma province, ne peut être re* gardée que comme une forme des Maladies charbonneuses; je sais par expérience qu'eBe se transmet plus difficilement que d'autres formes, et transmise a Phomme elle est ordinairement bénigne et plus locale Cee qui cependant n'est pas toujours le cas); mes expériences me forcent de défendre cette opinion contre l'avis contraire de Mrs. Delà fond et Char-» lier. Mais sur tout cela v. les maladies enzootiques. — 7) La pourriture des animaux, surtout des moutons (Ffiule, Cachexia hydropica). J'ai déjà dit que cette maladie est commune â tous les animaux Cp* 131). Devant parler aussi de cette maladie dans le traité des maladies enzootiques, je ne ferai ici que peu de remarques générales sur cette maladie trop bien connue dans ses symptômes et dans ses effets: a) J'ai dit plus haut p. 328 que l'humidité exerce une grande influence dans le développement de cette maladie; aussi je crois que pour quelques animaux Phumidité seule suffit pour faire naître la maladie; j^ai fait des expériences avec des cochons d'Inde et avec des lapins, en les gardant dans des lieux humides, mais sans malaria, ces animaux gagnoient l'hydroémie, des hydatides et des tubercules, et mouroient en peu de tems. Les chèvres se trouvent peut-être dans le même cas; on doit donc présumer que l'humidité agit d'une manière pareille sur les autres animaux, b) Cependant nous avons aussi remarqué plus haut (p. 394) que des ob* servatcurs, p. e. Mr. Rigaud de Tlsle, ont vu vivre des brebis dans une atmosphère humide, mais sans malaria, et ne point gagner la pourriture. Il y a des faits où l'on a fait cesser le malaria, sans pouvoir éloigner l'humidité, qui même quelquefois devoit être augmentée, et malgré cela la pourriture enzootique cessa, p. e. dans les cas suivans: 19A grazier of the acquaintance of Mr. Harrison has , for many years , occupied a large portion of an unenclosed fen ,* in which was a shallow pièce of water that covered about an acre and a half of land. To recovre it for pasturage, he eut in it several open ditches to let oiT the water , and obtained an imperfect drainage. His sheep immediately aiterwards became liable to the rot, and in most years he lost some of them. In 1792 the drains falled 80 entirely, from the wetness of the season, that he got anotfaer pond of living water, and sustained, in that season, no loss of his flock. For a few succeeding years, he was generally visited with the rot; but having satisfied hnnself by expérience, that wherever the pit was, from the weather, either completely dry or completely under water, his flock was free from the disorder, he attempted a more perfect drainage, and succeeded in making Ihe land dry at ail times. Since that period he has lost no sheep from the rot, though still within the last two years, he conUnued to occupy the fen.« Sanatory Reports of

Great Britain. 1842. p. 84 >>• nMr. Hanison of Fisb^rton, ne«r Lincoln, kas by judi* dons management lead the greatest part of bu fann completely dry, and is now Utile troubled witb the rot, unless when he wishes to give it to some particolar animais. Uisneighboura wbo bave been less provident, are still aevere sufferers by it, nor are their misfor-tunes confined to sheep alone; pigs, cows, asses, horses, poultry, bares, and rabbits, become rotien in this lordship, and bave flukes in their livers.c' Ibid. p. 84. b) Plusieurs observations prouvent que ce n'étoit pas Tinfluence passagère de l'humidité, mais bien un empoisonnement par le malaria qui a causé la maladie, parceque un très court séjour dans un marais a quelquefois suilGt, pour éveiller la maladie: C'est assez connu que le célèbre agronome Bakewell en Angleterre, qui vouloit bien vendre les animaux de ses races exquises aux bouchers, mais pas aux éleveurs, faisoit ces animaux à vendre passer pendant quelques jours dans une prairie qu'il avoit soin d'amender à la lin du mois de Jttai, et qu'il înondoit ensuite pendant quelque tems, les animaux gagnoient en embonpoint, mais après quelques mois ils avoient infailliblement la pourriture. Une observation bien firappante est la suivante: »A gentleman removed 90 sheep from a considérable distance to bis own résidence. On coming near to a bridge, which is thrown over the Barlings river, one of the drove fell into a ditch and fractured its leg. The shepherd immediately took it iu bis arms to a neîghbouring bouse, and set the limb. During this time, which did not occupy more than one bour, the remainder were left to graze in the ditches and lane, The flock wore tben driven home, and a month aflerwards the other sheep joined its companions. The shepherd soon discovered that ail bad contracted the rot, except the lame sheep; and as Ibey were never separated on any other occasion, it is reasonable to conclude that the disorder was aoquired by feeding in the road and ditch bottoms.» Sanat. Rep. 89. De même Mr. La fore 1. c. p. 668) déclare: «Dans l'espèce ovine, il est reconnu par Texpérience, qu'un seul repas sur un pâturage insalubre sufQt, dans beaucoup de cas, pour donner la pourriture à un troupeau.^ La chose est aussi connu à tous les bons bergers. Dans ces cas on ne peut reconnaître qu-un empoisonnement Contre Topinion de quelques auteurs qui accusent dans ces cas quelques mauvais fourrages, commes des*joncs etc, il faut aonoter qu*aussi les troupeaux les mieux tenus et nourris succombent à l'influence du malaria et gagnent la pourriture, seulement plus tard CGirard Rec. de Méd. vét XI, p. 3583. Tous les bergers savent bien qu'il faut surtout craindre les rosées dans les pays marécageux; on dit même que les vers à soie gagnent Thydropisie par les feuilles de mûrier couvertes de rosée CHamont et Fischer cachexie aqueuse etc. Journ. théor. et pra t. de Méd. V et. y, p. 134. Ce traité contient beaucoup d'erreurs}, e) Contre Topinion de quelques auteurs qui pensent que la maladie est une bydroémie primaire on peut

') Emprunté de: Edw. Harrii^n Inqairy inko the rot !d sheep elc, «Dd iome obtcore disorder* in the human conatitution, Lond. 1804.

déjA alléguer les congestions et les byperti'ophies de la rate et du foie qui se troufvekil dès les premiers périodes, et mémo plus souvent que dans la suite, où ces organes deviennent plutôl durs ou mous, comme je m'en suis aperçu moi*Bème« On peut plutôt soupçonner qu'il y a une fièvre au commencement Les ' premiers symptômes de la maladie passent presque toujours sans que personne s'en aperçoit, cependant deux de nos meilleurs vétérinaires ont observé cette fièvre. Mr. Hurtrel d'Arboval CiNct. I, p. 245. 255) dit: «Si un mouvement inflammatoire quelconque n'accompagne pas constamment le début de la cachexie aqueuse, il n'est pas douteux pour nous qu'il n'en soit le précurseur, au moins dans un grand nombre de cas; c'est ce que l'inspection de l'état de la bouche et des yeux, ainsi que la soif, nous ont démontré; nous ajoutons qu'A ce moment le pouls nous a paru avoir de la fréquence, autant qu'on en peut juger sur des animaux de cette espèce. Nous avons aussi observé des urines claires et de la constipation. Quand les vaisseaux du blanc de l'oeil ne sont plus ronges, quand l'oeil prend une couleur blafarde ou bleuâtre, la maladie avance, et bientôt tous les signes du mouvement inflammatoire disparaissent.^ Mr. Girard CRec. de méd. vét. XI, p. 363) rapporte: M est pour nous hors de doute qu'un mouvement inflammatoire précède quelquefois le développement de la cachexie aqueuse. Nous avons constaté plusieurs fois le mouvement dont il s'agit. Un nouvel exemple bien frappant nous a été fourni, il y a peu d'années^ par un cultivateur: Mn R. qui prit une nouvelle ferme é une époque ou la pourriture régnoit sur plusieurs troupeaux des environs. Au bout de quelques mois de séjour dans sa nouvelle exploitation, ce cultivateur fut prévenu par son berger que ses moutons buvoient plus que de coutume, et paraissoient être continuellement altérés. J'avois occasion de voir souvent ce fermier; il me fit part de l'avis de son berger , et je visitai fréquemment son troupeau , qui pouvoit être composé de 250 tètes* La rougeur des yeux et du bout du nez, dans la majeure partie des bêtes, annonçoit évidemment un état inflammatoire , et cette rougeur étoit plus vive , plus prononcée chez les agneaux; la conjonctive étoit rouge dans tous ses points, le sang paraissoit également étalé ; néansmoins les naseaux n'étoient pas distendus par le fluide qu'ils contenoient. Je trouvai les oreilles et le bout du nez bien plus chauds que dans l'état normal. Les gencives et la bouche, rouges, 'me parurent évidemment enflammés. Au bout de quelques jours, tous les symptômes inflammatoires disparurent, et le nouvel état des parties ne laissa aucun doute sur l'existence de la pourriture. «^ C'est probablement une fièvre pareille des bovines que Mr. Youatt (^Dbs rindvieh p. 40i) a en vue, de laquelle il dit quelle n'est pas rare dans les contrées humides et boisées, et qu'il prend pour une fièvre intermittente des bovines. J'ai déjà déclaré que je ne doute pas, que des hydroémies simples ou hydropisies atoniques se peuvent développer sur les animaux comme sur l'homme, sous Tinfluence de l'humidité et d'une nutrition trop faible; mais quant a la pourriture par influence du malaria il senrit très important, si une observation continuée constate les observations mentionnées; car dans ce cas la maladie seroit tout-à-fait la même que sur l'homme — Thy-

dropiflie i la suite d'ane fièvre intermittente ou d'nne nenrose du grand fympathiqne. d> Il y a des formes qui oArent de la ressemblance, et font la transitkm aux maladies charbonneuses, comme cela a déjA été remarqué par Leroi, Gilbert, Flandrin, Dupuy (Journ. prat. II, p. 57 etc.). e) La coïncidence extrêmement fréquente de cette maladie avec les fièvres intermittentes simples et pernicieuses de l'homme est une observation toute générale; elle est enzootique où les dites fièvres sont endémiques, eUe est épizootique lorsque ces fièvres sont épidémiques, elle quitte les pays avec les fièvres après les desséchemens. Aussi Hr. Dupuy, et Hr. Gasparin ont-ils déjà supposé que la cachexie aqueuse n'étoit qu'une fièvre intermittente; Mr. Dupuy veut même avoir observé encore des accès de fièvre intermittente. 0 Mr. Mort eau a comparé la pourriture des ovines a la pulmonie des bovines; Mr. Hurtrel d'Arboval ne trouve pas la moindre ressemblance entre les deux maladies. Je ne peux pas trouver si absurde la comparaison, mais j'avoue que je ne connois pas encore assez de preuves pour pouvoir l'établir. — Peut-êlrc on auroit encore à nommer entre les maladies marécageuses la rhacliitis et la cachexia ossifraga, mais ces maladies se trouvent aussi en d'autres localités.

c. Influence de la végétation.

Il y a un rapport très intime entre la nature végétale et animale de la terre, de manière que l'une ne peut pas subsister sans l'autre; pas seulement parceque la première sert de nouriturc A la seconde (nous en faisons abstraction d'après ce qui a été dit précédemment), mais aussi par leurs autres actions vitales. La végétation a^t sur la vie animale : 1) en changeant la composition chimique du sol; 2) en changeant de même la composition chimique de l'air atmosphérique; 3) en modifiant l'humidité de l'atmosphère, mais outre Teau les plantes excrètent encore d'autres principes; 4) ces excrétions peuvent être poisoneuses;

5) les plantes chargent aussi l'atmosphère avec des molécules solides p. e. avec le pollen;

6) et elles la remplissent même avec des germes p. e. avec les spores des mycoidées;

7) les plantes sont rendues peu A peu au sol pour former de nouveau le terreau, en général par une décomposition lente; 8) mais cette décomposition putride hâtée par des influences spécifiques remplit l'air de ses produits; 9) si d^un côté le procès vital des plantes (A l'exception peut -être des thallophytes) est essentiellement le même, de l'autre côté il est cependant prouvé qu'il est modifié dans les différentes espèces de manière qu'elles peuvent exercer une action spécifique sous des conditions données; 10) cette modjfi-cation devient surtout grande dans les maladies des plantes; 11) enfin cette influence de la végétation doit être considérablement changée par la végétation artificielle d'un pays, on par l'espèce do culture usitée par un peuple. Quelques mots sur chacune de ces influences.

L Les végétaux changent la composition chimique du sol, et en général ce changement est très favorable, même nécessaire, pour la vie des anîinaux. Antérieurement, en parlant de l'influence des sols, nous avons vu que les

— 4it —

détciins tttimiu et végétaux, et surtout les prindpes hy drocerbooés , sont peu é {>ea décomposés en humâtes, crenates, apoorenates etc. solubles et capables de fournir l'hydro* carbone nécessaire à la plante qui végète dans le sol ou dans Teau; c'est même fort pro« bable que les, excrétions des racines (desquelles sera question tout- à -l'heure) aident celte décomposition; que les plantes ne laissent pas même intactes les principes anorganiques du sol, est connu, cela a peu d'importance pour nous en ce lieu: Mais on entrevoit aisément que si les principes décomposables sont dans le sol, et les plantes nécessaires pour leur résorption manquent, ils formeront des produits (organiques ou gazeux) qui ne tarderont pas de remplir Tair de malaria. Des phénomènes de cette sorte arrivent fréquemment p« e, 1) une forêt vierge, surtout dans les pays tropiques, a un détritus immense, malgré cela eUe n*est pas malsaine très souvent, les hommes et les animanx la fréquentent et Thabitent sans danger, les produits de la décomposition sont entraînés par les eaux et absorbés par les. racines vigoureuses des arbres et du sous-bois; mais abattue les pauvres laboureurs et les bestiaux, sont le plus souvent victimes du malaria qui se développe, parceque la couche profonde de terreau est inépuisable par la végétation artificielle souvent dans l'espace d'un siècle. 2) Un sol peut contenir les matières nécessaires i la végétation, ou d la suite d'une ancienne végétation, ou d'anciennes habitations, détruites par des révolutions de la nature, ou riafortune des peuples, ou encore par la paresse et l'incurie des hommes, ou il les reçoit par des inondations d'hiver etc.; mais la végétation ne peut pas se rétablir sur lui, ou parceque la surbce est brûlée par le soleil, ou parcequ'elle manque de l'eau nécessaire, on parcequ'elle est toujours détruite par les vents ou par des animaux (sauterelles par' exemple) etc. il fournira du malaria jusqu'à ce que la nature ou la sagesse de l'homme trouvera les moyens de rétablir la végétation; des exemples de. cette espèce se trouvent dans ritalie, dans l'Espagne, dans des lies Africaines etc. 3) Quelquefois toutes les influences nécessaires A une bonne végétation sont présentes dans le sol et dans les eaux^ mais le sol ou les eaux contiennent en outre des principes qui s'opposent a la végétation, ce qui peut arriver p. e. dans des pays volcaniques. On parle même de contrées qui soroient saines aussi long-tems qu'elles étoient couvertes par la verdure de la culture, et qui deviendroient malsaines après la récolte (MaccuUoch Influence of végétation on Malaria. Bdinb. new phil. Journ. 1834. Apr. — JuL), mais les assertions de l'auteur ne sont pas à l'abri d'objections.

IL Les végétaux entretiennent la composition chimique de l'air atmosphérique, en exhalant de l'oxygène, et rétablissant de cette manière la perte que l'air éprouve par bi respiration des animaux, et en absorbant l'acide carbonique et l'hydrocarbone que l'air peut contenir. Au moins je regarde comme prouvée la doctrine que les plantes exhalent plus d'oxygène qu'elles n'en inhalent (outre l'acide carbonique), mais on reste stupéfait en lisant les hypothèses de Mrs. les chimistes, p. e. de Mr. Mulder (Physiologische Chemie p. 114. p. 122), les expériences n'autorisent pas à de tels cal-

oota. OMlcpies savans osl avsi ovlré le pouvoir des ]ilailes de décomposer PecMe carkoniqve de l'atoNMpbère , qat oependani ne me pairoit pas être douteax en général ; les phnlea paraisseni offrir de notables différenoes à cet égard; il y en a qaî en vérilé tirent la plue grande partie de leur earbone de l'atinospiière ^ bubs beanconp d^antres ne sent pas dans ce cas y les premières seront sans doute plus aples é corriger une atnMsphère qui comicnl trop de carbone ou d'hydrocarboee , el des expérienees directes sont é soubailer (v. plus pas de l'action spécifique des plantes). Mais dans des lieux mal éclairés on peut présuoMr que les arbres gâtent plutôt Patmoephère en exkahmt de Tadde carbonique ; il se peul donc fort bien que ceux ont raison qui bttment la plantation des arbres dans les petits jardins de Londres (Kilgour ordinary agents oC life p. 55), el de même ceux qui la recommandent aujr bords des canaux d'Amsterdam (Nieuwenbuis Plaatsbeschrijving p. 30)*^ III. Rapports des végétaux avec l'humidité de Patmospbère. Les racines des plantes reçoivent la nourriture délayée dans une grande quantité d'eau, cette eau après avoir déposé dans la plante les principes servant de nourriture esl pour la plus grande partie, d'après Mr. Unger Vs à 'Via de Peau reçue, réexorétée par les stomates de la plante (Schûbler Bot. Lit^. BI. II, p. 349. — Unger beitr. z. vergl. patkoL p« 13). Mr. Haies vit perdre un helianlhus annuus dans la journée iVa livre d'eau, Ifer. Schûbler évalue la perte d'un chêne moyen à 11 livres par jour. La quantité d'eau évaporée dépendra du degré de siodtc de Pair, de la quantité d*eau que la plante pompe dn sol, de l'époque de la végétation, de l'espèce de plante etc. (p. e. Pévaporation doit être énorme dans les espèces de Nerium, car ces arbres consument une immense quantité d'ean, anssi leurs stomates sont des plus grandes (pie je connaisse; povr les voir bien fleurir il faut en été mettre les pots dans des vases toujours remplis d^eau ; en Italie on les voit aux bords des ruisseaux étendre les. racines iottantes dans l'eau). Selon Mr. Moreau de Jonnès le Tamarindus indice seroit dans les Indes l'arbre qui évapore le plus d'eau, ce qui rend le séjour sous lui agréable é cause de la fraicheun Mais l'arbre le^ plus renoaimé est la Cubea pluvîosa dn Brésil, les branches duquel font tomber Peau comme une pluie. CEdinb. new pbil. Joura 1826. Jul. p. 200.) Aussi la végétation, surtout les forêts rendent plus humide l'atmosphère des pays, et l'abattement des forêts a déjà desséché les pays jusqu'à les rendre inhabitables; ainsi Pinflueoce d*une végétation trop ridie peut être nuisible dans un pays trop humide, elle sera avantageuse dans les pays secs. Avec cela il faut encore supposer qae Peau évaporée ne sera pas toute pure, mais elle entraînera toujours des principes du végétal (prouvé par Mr. Treviranus); les principes anorganiques seront plutôt déposés dans les feuilles, cela paroit être prouvé du carbonate de chaux dans quelques plantes, p. e. bon nombre d'espèces de Saxifrage *), crotssaotes sur des roches calcaires, déposent une grande quantité de carbonate de chaux sur les

•) Qui mérilenl dose ce oaaif

Page 1