‹ Recherches de pathologie comparéeChapitre 18 sur 35 · De la propagation régulière des auimaaz sur la terre · texte numérisé non relu

De la propagation régulière des auimaaz sur la terre

La propagation de quelques animaux offre une singulière ressemblance avec la propagation des maladies contagieuses, qui devient d^autant plus frappante si ces animaux causent des maladies des végétaux ou des animaux.

Des auteurs ont avancé comme une loi générale que cette propagation se faisoît toujours d^Est é rOuest! en vérité il y a quelques exemples de cette propagation fort remarquables, cependant ils s'expliquent facilement, et en beaucoup de cas la propagation se fait en des directions très variables, en général en rayons sortant d'un centre commun. — Nous devons nous déclarer déjà ici contre des vues exclusives que nous aurons encore à combattre plus bas en traitant de la propagation des épizooties et des épidémies.

Entre les Mammifères le rat C^^us rattus) nous offre probablement déjà un exemple de cette propagation: Les anciens ne font pas mention du rat dans l'Europe, il paroit originaire de l'Asie orientale ; Mr. Cuvier (Règne animal trad. allem. I, p. 221) croit qu'il est immigré dans le moyen âge, le premier auteur qui en fait mention est Sylv. Giraldus a. 1188 (Itiner. Cambr. a. 1584. p. 173); de TEurope il a été transporté parles vaisseaux dans tous les pays du globe; avant l'année 1544 on ne le connaissoit pas encore dans l'Amérique, i présent il est le fléau le plus cruel des Antilles où il dévore le Vio au moins du produit de la canne é sucre, et dans toute l'Amérique, la Nouvelle Hollande etc. il est â présent plus répandu qu'en Europe.

Nous connaissons bien l'immigration du surmulot (Mus decumanus) originaire de la Perse; au commencement du siècle passé il étoit encore inconnu dans l'Europe, en 1727 après un tremblement de terre ils traversèrent le Wolga et arrivèrent à Astrachan, peu après ils se répandoient dans la Russie, i Pétersbourg ils sont extrêmement fréquens. En 1730 ils doivent être arrivé en Angleterre, dans la même année les premiers furent vu en Italie dans les ports de mer; les vaisseaux l'ont transporté dans le Brésil où il est très commim i présent En général les surmulots ont dévorés ou chassés les rats en beaucoup de contrées.

Dans la classe des oiseaux Mr. Brehm assure que la Motacilla boarnia et le coche vis (Alauda cristata) se répandent de cette manière de l*Est é l'Ouest, ces deux espèces doivent être arrivé dans la Thuringie en 1827; et le Cocbevis existe seulement

7 années dans rOstfnesland (Allgem. naturh. Zeitschr. I, p. 210). La

de Partivée de ces oiseaux sera probablemeal quelque changement dans la collnrey p. e. le moineau n*a existé dans la Sibérie que depuis l'introduction de ragricullure, de méaie les perdrix ne sont arrivé dans les Highlands de TBoosse qu*avec Pagriculture (Pennant Arct Zool. I, p. 8) 0.

Mais les exemples les plus frappans fournit la classe des insectes: P« e. le Bruchus pisiy ancien habitant de l'Europe, y avoit été importun en quelques années, cependant en général ses dégals n'étoient pas très grands, sans doute parceque le créateur hii avoit donné des ennemis pour entretenir l'équilibre dans la nature. Probablement introduit dans l'Amérique boréale sans ses ennemis il y mit en désolation les babitans, qui cultivoient beaucoup de pois, aussi pour l'exportation; Kalm écrit en 1748 que depuis 12 années cet insecte Csans doute par les ports orientaux) avoit envahi le New-Jersey, la Pensylvany et le New- York oriental et détruisit tous les moissons de pois, d'abord on fit venir la semence des contrées occidentales du New- York, la première année les pois rapportoient bien, mais déjA la seconde année ils furent tous gAtés par le bruchus; en 1749 il commença déjà à envahir la contrée d'Albany dans le New-York occidental (Kalm Reisen II, p. 315. III, p. 217), et peu A peu il s'est répandu vers le Nord, le Sud et le Ouest et a envahi tous les états. CCependant on cultive A présent beaucoup de pois dans les Etats-Unis, mais on renouvelle la semence en en faisant venir de l'Europe. Nos prunes (Prunus domestica) ne portent pas de fruits dans TAmérique, ils sont aussi dévasté par les insectes.)

Un exemple encore plus désastreux fournit la si dite mouche hessoise (The Hessian Fly, Cecidomyia destructor): Nous possédons aussi dans l'Europe plusieurs espèces de mouches, encore assez incomplètement connues, les larves desquelles causent des dégâts dans les chaumes de nos céréales (Chlorops tritici, Chlorops hordei, Cephus socalis, Tipula ou Cecidomyia tritici et sans doute beaucoup d'autres espèces '); cependant les dévastations ne sont guère grandes, parceque chacune de ces larves a pour ennemi une ichneumonide , qui sert A en limiter considérablement le nombre. Peut-être celte larve fut aussi introduite dans l'Amérique sans ses ennemis (aujourd'hui elle en a plusieurs) '), pendant les guerres de l'indépendance; jusque-lA les champs de froment avoient donné d^abondans produits dans l'Amérique; mais en 1776 la mouche hessoise commença ses dévastations dans le Long Island, les années suivantes elle se répandit vers le Ouest, le Sud et le Nord, en s'avançant, A ce qu'on dit, chaque année A-peu-près de 10 A 15 lieues,

■) Aussi dans rAmcrique du Nord les perdrix et plusieurs autres oiseaux suivent les colonies de rhomme. y. Grcgg CarawanensOge. 11^ p. 173.

*) Herpin et Gaerin-Méneyille Insectes nuisibles au froment etc. Paris 1843.

•) V. Edw. Herrick dsns Silliman Am. Journ. of Se XLI, p. 153. — Kirby Transact. of tbe Liiin. Soc. vol. III et IV. — Henslow Rep. of the Brit. Assoc. XI, p. 77. — Daprès les obscrrations de Mrs. Gorrie et Shirref (Main 1. c. p. 298) les dévastaUons de la Cecidomyia trilÉd seroient ttès grandee ea Angleterre.

•I en divMtaittt tous las champs de froment; sortent i la in da siècle passé et an commencement du siède présent ses dévastations fiurent terribles 0» dans les derniers tems le fléan paroU jHaM mitigé, peut*» être parceqoe la larve a renoontré les ennemis indiqué par Mr. Herrick >).

Un antre insecte utile de TEurope s^est répandu d*une manière remarquable dans ^Amérique du Nord: Les abeilles forent sans doute, introduit à dessein dans les Etats orientaux de rAmérique du Nord; mais elles sont devenu sauvages et se répandent vers le Ouest de manière à devancer un peu Phomme, observation qui n'a pas échappée aux Amé^ ricains sauvages qui les nomment les précurseurs des Blancs CGregg. 1. c. p. 172).

Un des insectes les plus importuns, la Blatta orientalis est peu à peu iflunigré de rOrient dans l'Europe et de li en Amérique; de l'autre côté la Blatta americana est arrivé dans quelques pays de l'Europe 0 » pendant que l'Europe possède encore deux espèces propres la Bl. germanica et la Bl. lapponica.

Galeruca calmariensis, vorace mais rarement très répandu dans l'Europe, introduit dans l'Amérique ses larves avoient mangé toutes les feuilles des ormes à Haltimnrr en 1838 et 1839 (Barris Insects of Massachusets p. 100).

Dans la France un insecte très dangereux, la Teigne des blés CAlucita cerealeDa, pas la Tinea granella, fausse teigne) s'est répandu lentement du Sud -Ouest vers le Nord- Est; selon Duhamel et Tillet il fut importé dans la Charente inférieure et l'Angonmois vers 1750, il se propageoit alors dans l'Aunis et dans la Saintonge; vers 1780 il commençoit ik se répandre dans le Limousin selon BegulUet; en 1807 il pénétroit dans le dé* partement de l'Indre; en 1826 il envahissoit le déparieroent du Cher, et en 1842 il éloit aux conSns de la Beauté; on a raison de craindre qu'il traversera toute la France (Herpin sur la destruction de l'AIucite. Paris 1838). Mr. Herpin craint nies déswtres les plus épouvantables, la famine et les épidémies que l'alucite traine après elle.<(

Les insectes qui sont le plus souvent transportés dans tous les pays avec les plantes, ce sont les Aphis; Linné en rapporte déjà un exemple: Habebam ex An^a multas rares arbores americanas, cumquo vêla facereni ad HoUandiam, observabam in quadam arbore pediculum, cui similem nunquam aniea vidi. Transportabam cum arborilnu in bortum Cfilor- Uanum, servabamque, ut raram avem contra hyemis aerisque injurias; verum post aliqnot septimanas subito spedem adeo propagaverat, ut non tantum hibemacnkim inlegrum, venm eliam horti bolanici Amsteiodamensis et Lugdunensis, cum quibus arbores oommunicatae fue-

*) Pmit-^tr« 1» movcèe t^ett répaa^v i—1^^ '«m leHcsiqae» an moins U y i* ■■ ptteil.

*) Si 9CS MM«M Evro^M aViisloieat pat ca Aaéri^ve, oa fcrMl bien de les iatoadaire. *) P. •. ea halîe, A ce ^a*oa dît arec le sncre, ▼. Marteat Italiea. I, p. 410 al ^ la éaat rOsifrietlaad il y a 50 aaaêcs: Ulaaieabacli ComaeaC Goltiag. raceaL V, pt HSu

rmi, iafiuista ejus proie soalerenl QDe memorab. InsecU 1739« Ainoenii. acad. II, p. 399). Il sera donc aases difficile de eoimridre â présent exaelement la patrie des Aphidea. — Si le Puceron lani^rère ou the American blight conune on l'appelle en Attglelerre, est en vérité originaire de l'Amérique et importé en Angleterre, il se répèteroit ie même phénomène que nous avons observé plus haut sur les insectes importés de l'Europe dans l'Amérique^ car selon Mr. Ha r ri s il n'est pas très fréquent dans l'Amérique. Au contraire dans l'Angleterre c'est â présent la plus grande peste des pommiers, qu'il dévaste souvent entièrement ')• Les auteurs anglais disent que ce puceron est arrivé de r Amérique vers l'année 17S0, Mr. Morren dit même que c^est dans Tannée 1781 qu'il a été introduit dans l'Angleterre; Tongard assure que 25 années plus tard il a passé le canal pour arriver dans la France , il se répandit dans les départements des Cètes du Nord, de k Hanche, et du Calvados; en 1818 il envahissoit les jardins de Paris, en 1822 il couvrit le département de la Seine inférieure, peu après il arriva dans les déparlements de la Somme et de l'Aisne, en 1829 il étendit ses dévastations jusqu^é Toumay. Tongard du puceron lanigère. Annales de la soc. d'horticult. XIV, p. 341, — Morren: Annales des Sciences natur. 1836. Août. A ce que je sais l'Allemagne est encore libre de cette peste.

Mr. Morren a décrit au môme endroit la singulière propagation d'un autre Puceron, de PAphis Persicae dans hi Belgique en 1834. ProbaMeoaent ils sont venu de l'Angleterre, mais on n'en a pas d'observations; ils arrivèrent dans les mêmes jours où éclata le Choléra : C'étoit le 28 Septembre que l'on reçut la nouvelle que d'immenses essaima de ces pucerons étoient arrivées â Mariakerke, entre Bruges et Gand; le 29 Sept, ils arrivèrent à Gand en nuages qui obscurcissoient la lumière du soleil, les essaims se suivoient depuis 7 heures du matin jusqu'au soir, les champs et les murailles étoient rendues noires tant elles en étoient couvertes, ils entroient dans les yeux, la bouche et les narines, on étoit foroé de porter des lunettes, et de couvrir la bouche avec un mouchoir; le 9 Octobre ils étoient arrivés vers l'Est jusqu'à Alost, pas encore â Bruxelles; le 12 Oct. ils couvrirent BmxeHes, et quelques jours plus tard ils arrivèrent a Louvain; mais en mène tems ils se répandirent aussi vers le Nord de Gand à Anvers, et vers le Sud ils arrivèrent a Toumay le 13 Oct., ils se répandirent donc en rayons, d'un centre commun entre Bruges et Gand. A (Sand ils furent tous tués par un orage qui éclata le 15 Oct; dans les autres villes on les renMrqun jusqn*é la fin du Koveaibre, quaad ils moururent à la suite du froid*

') Mr. Spoace (Trantact. of ihe entomol. Soc. Ili, p. 08) fait «oaaallre laa dévartaHoiia qu'il cause dans les jardins du Devonthira. Mr. Nain (I. c. p. 393) dit: nThis is the great peat of our apple orchardjy and to the aame kind of trees in nnneries. The young are io exceedingly minute, that 'Aey cao, apparently, enter fhe porea of the epîdernit, caoae a awelling of the cattde, Which foon after barilt etc.

Dans la même année i834 la Lombardie fui couverte d'une grande qnanlilé de Sphinx Nerii arrivant du côté de la Méditerranée et se répandant jusqu'aux firontières de la France et de rAllemagne, où elle est ordinairement très rare. Mr. Cattaneo pense qu'elles étoient émigré de la Corse et de la Sardaigne. (Cette année l'Espagne fut ru» vagée par le Choléra.) Leurs chenilles moururent pendant la métamorphose en chrysalide, le climat ne leurs paraissott pas convenir. Cattaneo Notizie sulla Lombardia. I, p. 408.

Au contraire Tannée 1826 C^alheureuse pour PAllemagne à cause de Pépi* demie de fièvres intermittentes etc.) -d'immenses essaims de Vanessa Cardni passèrent la Lombardie du Nord vers le Midi. La chose paroit avoir été très extraordinaire: »si volgeva a turbe verso il mezzodi. E tante ne rimasero a far dimora nelle nostre tam, che noi le trovamroo sparse lungo la publica strada per un tratto di ben 25 miglia, e in tal numéro, che nell' intervalle da un para-carro ail altro ne contammo per ragguaglio qnattordici. Questa invasione menô guasto per tutta la regione padana, divorando cardi^ carcioffi, ortiche, achillee, ed in alcune campagne anche i lupini ed il Iino.« Ibidem. Mais dans la même année le Canton de Vaud fut traversé par une bande de ces papiHons, large de cinq mètres et très épaisse, qui dura près de deux heures, et se dirigeoit du Sud an Nord; ils retournèrent donc? Nore les animaux raisonnent p. 368.

Aussi on ne peut pas nier que l'introduction de nouveaux animaux par l'homme peut, et même doit avoir une influence sur l'état sanitaire d'un pays. Mr. Scuderi tool en exagérant a cependant raison de nommer les vers â soie, originaires de la Chine on des Indes, introduits dans le Japon 472 p. C, dans la Grèce 550 p. C, en Sicile 1150 eta V. le tableau.

Page 1