Des mîgratioiifl Inr^gulières des anînaaz
Ces migrations exceptionelles et irrégulières ont beaucoup plus occupé les médeciBe, et elles sont aux yeux du peuple souvent de mauvais augure.
a) Elles peuvent être les suites des mêmes causes que les migrations régulières; seulement ces causes n'arrivent pas en périodes régulières , mais par. exception.
P. e. dans des hivers rigoureux des oiseaux des régions boréales arrivent souvefit dans des régions plus méridionales, et dans ce cas on les remarque aussi avant que le frad commence, il y a donc pressentiment, et ils fournissent des mdices d'un hiver rigoureux.
Souvent ces migrations sont amené par la disette ou l'abondance de nourriture^ p. e. les pigeons de l'Amérique boréale (C. migratoria), qui nous sont si bien connu par les
déscriplioDS de Mr. Wilson el de Mr. Audobon foni des Diigraikms irrégulières , les miUiotis de ces oiseaiix ne passent d'âne oonirée dans l'autre qu'après avoir épuisé dans la première, tous les moyens de subasier, el leurs irruptions sont très irrégulières; p. e. Mr. Audubon rapporte que les pigeons qui avoient passé plusieurs années consécutives dans le Kenincky, en disparurent tous à la fois un même jour, et ne revinrent dans le pays qu'après une très longue absence; mais lorsqu'ils arrivent ils sont en millions, ils dérobent la lumière du soleil, la fiente de ces animaux, tombant du haut des airs, forme comme une sorte de neige, ils cousument des millions de boisseaux de fruits et de grains, et amènent donc un changement énorme dans le pays. — Aussi les locustes sont forcé de migrer lorsque le pays ne leurs offre plus de nourriture. — Comme Tattrait de nourriture fait migrer les animaux nous le voyons dans l'Amérique, des loups qui suivent les migrations des buffalos; des lions qui en Afrique suivent les antilopes et les quaggas, de la stryx nyctea qui accompagne les lemmings dans le nord, comme le Turdus roseus les locustes par des centainiss de lieues, le lestris catarractes les gadus etc.
L'excès de la population fait émigrer les animaux comme l'homme, Mr. Faber prouve c^ pour certains oiseaux CUaush. d. nord. v. p. 20) et Mr. Kirby l'établit en principe général
b) Mais quelquefois ces causes sont difficiles à entrevoir, et des causes spécifiques^ qui nous restent cachées, peuvent arriver quelquefois. — Si nous remarquons qu'un miélat qui est arrivé attire en peu de jours des millions d*aphides, il se peut bien qu'aussi d'autres animaux sont attiré par quelque nourriture qui nous reste inconnue.
Si c'est un excès de population, une disette dans la jMitrie, ou une abondance dans les pays étrangers qui amènent les migrations immenses et dévastantes des lemmings dans le nord, nous ne le savons pas encore; peut -être aussi d'autres causes pas encore observées, p. e* l'arrivée des ennemis nombreux, la trop grande multiplication des oiseaux rapaces, qui les suivent bien, mais qui enfin finiront par succomber et par ramener l'équilibre nécessaire; car on ne peut pas méconnaître que les migrations servent le plus souvent à entretenir les lois statiques des organismes, et nous trouvons que chez l'homme la statique de la vie est si fermement établie, que son ooiirant se meut avec une étonnante égalité, au contraire chez les animaux cette égalité n'existe pas toujours, il y a de plus grandes variations, des débordemens pour ainsi dire, et il faut des révolutions, des bouleversemens pour rétablir l'équilibre. — D'ailleurs on ne peut pas savoir quelles influences peuvent agir, sur ces animaux souterrains, les tremblemens de terre, aussi légers, les élévations des pays etc. peuvent agir d'une manière bien plus sennble sur eux. Mais quels que soient ces actions leur but final sera toiQOurs l'entretien, le développement, le perfectionnement de bi nature.
Mr. Richardsott dans sa Fauna boreaU-americana CL i6) t^ mention d'un phéno*
mène remarquable concernant les migraUona irrégnlièrea des ours Corsos americaous) dans rAmérique boréale: Cet animal hiverne ordinûrement dans les pays à foarmres (tbe for countries); m«s en quelq;ues années, et surtout dans des hivers rigoureux, il entre en troupeaux nombreux dans les Etats-Unis; dans ce cas on a observé qn*ils étoient toujours très maigres, et en général des maies. Les habitans assurent que Tours qui n'a pas acamroié assez de graisse avant l'hiver ne peut pas hiverner et est forcé de migrer. Cette observation prouveroit donc la justesse de la comparaison établie entre le sommeil hivernal et les migrations des animaux.
Plusieurs oiseaux offrent ce phénomène des migrations irrégulières: Un des exemples des plus frappans fournit en Allemagne le Jaseur de Bohème CBombycilla garmloa), oiseau du nord qui arrive après des intervalles de sept et même de vingt années en grandes volées dans rAlIemagne boréale Oa dernière fois en 1845); les superstitieux les regardent conune un présage de malheurs, de famines, de la peste etc., et le peuple le nomme Polsean de mort. — La Nucifraga caryocatactes arrive de môme après des intervalles en grandes volées dans l'Allemagne 0^ dernière fois en 1844). — Corythus enucleator arriva dans TAlIemagne en 1821. — En 1819 de grandes volées de Columba livia se sont montré dans l'Allemagne boréale. — Plusieurs exemples pareils sont mentionnés pour le Danemark par Mr. Faber Cp« 21 los Jaseurs de Bohème y étoient très iréquens en 1821, les Corythus en 1817).
Encore plus frappans sont ces phénomènes dans la classe des insectes: Nous en avons déjà communiqué deux observations remarquables dans le Hémt chap., et nous en parlerons encore dans le chapitre suivant. — Au mois de Juin 1825, il se répandit, depuis huit heures du matin jusque dans Paprès midi , au dessus du village de Blankenberg , dans les Pays-Bas des masses de papillons tellement nombreuses, qu'elles paraissoient se mouvoir dans les airs comme autant de nuages. — Chez nous on observe le plus souvent ces migrations des Libellules et des Pucerons. — Mais dans les pays chauds ces phénomènes s'observent plus fréquemment sur des insectes de différentes familles: Mr. Rob. Schomburg observa le 10 Oct. 1838 une migration des papillons Callidryas sur le Rio Essequebo , des myriades de ces papillons se mouvoient de S. W. vers N. E., depuis 8 heures du matin jusqu'à 4Vt de l'après midi CAnn. of nat hist. VIII, p. 151). — Mr. Lacordaire Cln^foduction II, p. 494) a vu «à Buenos Ayres, pendant deux années conséncutives^ au printems, la ville inondée de millions d'Harpalus cupripennis, qui arri- «voient par troupes à l'entrée de la nuit; pendant huit jours environ que dura chaque fois 9)Ceite invasion, il falloit tous les matins bahyer les maisons à Pextérieur, à une hauteur 9)de plusieurs pieds au-dessus du sol.u C'étoient probablement les mêmes coleopt&^s que Mr. Parish (Buenos Ayres p. 216) a observé dans la même ville, après une migration de locustes il continue : nli was succeeded a few days aflerwards by a flight of small black «beetles, which came down like bail, and were swept up by shoveb-fuU in our balconies:
9\i was a smal insect^ aboul the size of an earwig, and was said to hâve the same habits; «tbey worked iheir way into ihe house in greal numbersa etc. — Mr. Haliiday (Tlie Westindies p. 225) observa aussi au Guyana de pareilles migrations de coléoptères; le même décrit de fréquentes migrations de Libellules dans ce pays, en essayms innombrables. — Outre cela on connoit encore les migrations très désastreuses de plusieurs espèces de fourmis; et Ton a des observations de migrations de TAmara vulgaris, Melolontba vulgaris, Lytta vesicatoria, Coccinelia septempunctata, AthaKa, Cercopis spumaria etc. Si dans ces cas les animaux fuient quelquefois, et même par pressentiment, des miasmes et des contagia ? La chose n*est pas impossible, nous avons déjà indiqué quelques cas assez remarquables, et l'on en peut encore ajouter quelques-uns de notre liste qui va suivre; pour mon compte j*ai toujours trouvé extraordinaire Ja diminution des oiseaux chanteurs et de passage pendant les années de choléra, le nombre des hirondelles, des rossignols, rouge -gorges etc. ne me paroit pas encore rétabli à présent. Toutefois les observations ne suffisent pas pour prouver une telle assertion, qui est ancienne et souvent répétée.
^ 5. Des apparitions et disparitions périodiques de quelques animaux.
L*apparition inattendue d^une espèce d'animaux en grande quantité, dans une contrée, où la disparition des animaux que l'homme étoit habitué de voir en plus grands nombres, doit nécessairement frapper Tesprit des habitans; d'autant plus si des phénomènes extraordinaires accompagnoient l'arrivée de tels animaux: p. e. les taches rouges qui teignoient les maisons, les murailles, les habits des habitans etc., que Ton prit pour une pluie de sang et qui n'étoient autre chose que les excrémens des sauterelles (v. p. CLXXXlll. Pièces just), et dans un autre cas elles étoient produites par les excrémens des papillons Cà. 1608 à Aix dans la Provence: v. Linné Amoenit. acad. III, p. 320); ce sont les signacula qui ont fait tant de bruit (qu'elles sont dans d'autres cas produites par des moisissures nous Tavons vu plus haut). — On ne peut guère s'étonner si dans les siècles d'ignorance le peuple fut ému par des singularités frappantes des animaux arrivés, p. e. le Sphinx Atropos est entre les animaux qui apparoissent périodiquement en plus grand nombre, le peuple croyoit qu'il portoit les germes de la peste ou d'autres maladies contagieuses dans son sac dorsal noté d*une tète de mort. Les Jascurs de Bohème n'arrivant dans les pays de la moyenne Europe qu'après un intevalle de 7 â 20 années, mirent en terreur par les singulières taches rouges de sang qu'ils portent sur les ailes etc. 0 — Mais les oeuvres des auteurs sur la peste, et même des pathologistes de nos tems sont rempli d'observations sur l'apparition des insectes du tems de la peste C^- Frari h c. II, p. 442), p. e. Sorbait rapporte que le poison de la peste s'élève dans l'air sous la forme de petits atomes rouges et verts qui sont si désagréables aux hirondelles que ces oiseaux s'en volent et quittent les
') Four d*aotree excMplet de eti espèce v. Llaaé L o. p. 334.
pays empeslés C^. aussi Orraeas descripiio pestis p. 63). Les écrits des pestologues sont remplis de récits de cette sorte; on a même crée des insectes de la peste qui devroient être des petites moaches vertes 0 > Mr. Ne a 1 e ^) en a fait des monckes de tombeaux Ctomb Aies), encore de nos tems les essaims de petits insectes Yeris avant le Choléra à Moscou Cprobablement des aphides) faisoient prédbre les Tatares de FAsie, qA les nommoient mouches de la peste, l'arrivée du Choléra CNeale I. c. p. 194).
Sans doute la crédulité superstitieuse a fabriqué une foule de ces récits niraoaleoz; cependant en les envisageant un plus de près ces phénomènes nous oflMront plus d'intérêt, il se peut bien que du vrai se trouve caché sous ces décombres de fables, e( ils aoérilent notre attention. En recherchant les causes de ces apparitions et disparitions nous trouveraes :
1) Elles sont les suites des migrations irrégullères indiquées plus haut. Quant aux Sauterelles'), les myriades de ces insectes ne peuvent bien se développer que dans les terrains incultes, aussi leurs points de départ étoient toujours les déserts, et ils ont été diminués dans les pays par la bonne culture des terrains (cette diminution a été remarqué dans TAmérique boréale, comme dans l'Europe; aussi dans l'Italie et dans l'Espagne ils ne se propageroient plus et ils ne causeroient plus tant de dommage^ si ces pliys ne conlenoient pas tant de terres incultes). Mr. Playfair a observé leur développement dans le Doab CCalcutta trans. I, p. 103), en général elles arrivent dans les Indes orientales des grands déserts à TOuest de PIndus. Leur développement en immenses essaims dans les déserts de TArabie et de la Syrie a été observé par Burkhardt CBed. a. Wahab. 11^ p. 89) et Wellstedt CSt. d. Kalif. p. 210), par d'autres dans le Sahara, et dans les steppes de la Russie (p. e. Beauplan, Haupt), dans les Pampas de PAmérique du Sud par Darwin, dans les landes de la Provence (Statist. des bouches du Rhône I, p. 758) eta C'est une erreur quand on a avancé qu'elles arrivoient toujours de PEst, l'Egypte p. e. les reçoit aussi bien de l'Est (de PArabie) que de POuest (du désert de Libye), l'Espagne les reçoit du Midi (de l'Afrique), l'Italie du Sudest, le Cap de bonne espérance du Nord etc., mais c'est vrai qu'elles arrivent souvent avec le vent du désert (le sirocco). Mais dans ces déserts où elles se sont développées elles ne trouvent pas de quoi vivre, ainn elles sont, à peu près toujours forcées d'émigrer; comme leurs essaims sont ordinairement en miliardes, elles ont bientôt tout dévoré où elles se reposent, et elles doivent migrer de nouveau jusqu'à ce qu'elles pondent et meurent. De cette manière elles font quelquefois de très longues voyages qui deviennent cependant bien plus lointaines lorsipie le vent on les flots les transportent. Leurs migrations dans, la Russie sont décrites par Beauplan al
■) V. les aateuîi cil6i par Mr. Plovcqoet éant m BibliolbèqM nédirale.
') Reiearchef on animale conlagîous. L. 1831.
") V. Eiielt Gesch. und Literator d. Insecten. Leips. 1836. p. 249. Credner der Prophet JoeL Halle 1831. p. 263. Ritter Erdkande Th. VIIL 3. p. 789. Dana ces troU ouvrages on trouvera toute la riche Uténture, ancienM et nodene, sur les aavlarellef.
par Haupl; le dernier auteor observe que la direction de leurs migrations n^est pas toujours b même y le plus souvent du Sud au Nord, quelquefois vers l'Est ou le Nordest, ou de l'Est vers le Ouest, on a observé que l'essaim dans un certain endroit changea de direo* tion sans cause connue, et que l'année suivante les essaims faisoient la même chose au même endroit, il faut donc qu'il y avoit M quelque influence qui les détermina à changer ainsi le chemin I (Uaupt Senchekrankheiten in Sibirien p. 117.) Sur leurs migrations dans l'Allemagne v. Uasenest Act. phys. med. forens. III. p. 202. 229. 235. Sur leurs migrations dans l'Amérique boréale v. Hildreth Brewster Edinb. Joum. ot Se. N. XVII. p. 157 dans l'état de Ojhio on les avoit observé en 1795 et de nouveau dix <• sept années plus tard en 1812. Leurs cruelles dévastaticms dans le Guatimala a observé Gage voyages II, p. 159. Leurs migrations dans le Paraguay Darwin II, p. 96. Parish p. 215. Rengger qui dit qu'elles reviennent tous les sept ans, p. 421. Probablement les espèces étoient différentes. — On ne sait rien sur la cause des migrations des Libellules et des Papillons, et des Aphides. ^- Les migrations des fourmis sont terriblement dévastantes dans l'Amérique moyenne et méridionale, Azara rapporte qu'il voyagea une fois pendant trois jours par un très épais essaim de fourmis ailés.
2) Quelquefois ces essaims d'insectes sont apportés par des courans d'air, p. e. l'Italie et surtout l'Espagne reçoivent de cette manière les Sauterelles du désert de l'Afrique, do la même manière elles arrivent en énormes quantités sur les lies Canaries qu'elles dévastèrent en 1758, 1788, 1812 (Mac Gregor p. 9).
3) D'autres fois c'est l'eau qui transporte les animaux, p. e. les sauterelles sont quelquefois jetées dans la mer , elles sont transportées par ses flots aux lies Canaries , une immense quantité est noyée, mais celles qui restent dévorent encore tout. — Les pluies de poissmis ne peuvent arriver que par des trombes d'eau qui les élèvent dans l'air et les transportent sur la terre, p. e. en 1828 un terrain dans l'Ecosse fut couvert de harengs Crafs de quatre pouces de longueur (Brewster I. c. p. 156) et le même phénomène est arrivé plusieurs fois.
4) La chose la plus étonnante c'est que des Vulcans ont rejeté des poissons en si grande quantité qu'ils empestoient Tair et causoient des maladies.
5) Mais très souvent toutes ces causes n'existent pas, l'abondance ou la disette *des animaux est la suite d'un surcroit de naissances ou de décès! Beaucoup d'animaux nous offrent des exemples frappans de la différence de leur nombre dans différentes années, comme les souris qui pullulent souvent et tout un coup ils meurent (Flemming Brit anim. p. 8. Krankheiten der hunde und katzen p. 26), différentes espèces de poissons, les hannetons, les mouches (p. e. les Moschki dans la Russie v. Haupt p. 117). D'un côté c'est vrai la force de résistence contre les influences extérieures nous étonne quelquefois, p. e. Mr. Sttccow^ Guerin, Bulow-Rieth etc. nous ont fait voir que des larves d'insectes ne sont pas détruites par le froid le plus rigoureux, des fourmis, des sauterelles sont roulés par les
ilôts sans périr etc. ; mais de Tautre côté nous voyons périr les mêmes animaux par nulliardet par des influences qui nous paraissent beaucoup |^Ius légères, et nous savons bien combien de pertes nous essuyons souvent sur nos insectes domestiques, p. e. sur les vers à soie, les abeilles, les insectes de la cocbenille, les sangsues etc. par les influences atmoqilié» riques: a) Nous avons déjà indiqué plus haut (p. 283) Tinfluence que l'électricité pan»! avoir sur les sangsues qui meurent souvent en très grand nombre pendant un orage, ces observations de Mr. Derheims ont été prouvées par d^antres (v. Neale 1. c. p. 48. — Délie Chiaje Opuscoli p. 12); nous avons fait mention au même endroit de l'influence que rélectricité paroit avoir dans le développement de la muscardine des vers é soie, d*aiitrès observateurs ont' remarqué que les chenilles de la Phalaena gebmetra brumata sont souvent tuées instantanément et en immenses quantités par un orage, et la même chose a été observée sur d'autres chenilles CWûrtemb. Gorrespondenzhl. d. landw. Vereins. 1827. Jan. p. 67); Mr. Martens (Reise nach Venedig II, p. 175) rapporte que pendant des orages les vers à soie, parfaitement sains auparavant, meurent souvent par milliers soudainement, surtout si des éclairs passent dans la contrée des magnaneries. J*ai rapporté au même endroit comme les Aphides sont souvent tué par milliardes par nn orage; plus bas sous Tannée 1780 on trouve mentionné Tinfluence étonnante d\m tornado sur les fourmis; on observe la même influence des orages sur les hannetons CPIi®>i>nger p. 39. M. P. pense avec plusieurs auteurs que Télectireité fait coaguler Talbumine) et sur d'autres insectes. — b) Les pluies si elles arrivent dans une certaine période de la vie des insectes les tuent souvent par millions, p. e. les sauterelles (Yates p. 527), les simuliums (Repert. d. thierheilk. VII. 2. p. 118), les chenilles des pfais etc. — c) Le froid s^il arrive en certaines périodes agit de la même manière. ^* d) Des vents chassent et tuent une foule d'insectes, p. e. d' Aphides; les insectes de la cocbenille qui sont en général très sensibles pour beaucoup d'influences, meurent dans la Me.vique par le vent du Si)d (Mûhlenphord I, p. 146). — e) On dit que les tremblemens de terre ont eu des influences remarquables sur les animaux, p. e. on a observé que des poissons manquolent dans les mers après des tremblemens de terre, p. e. les Thons dans la Méditerranée après celui de Lisbonne 1755 CPspon Voyage de Provence II, p. 146. De la Marmora observe au contraire qu*ils étoient plus fréquens dans la Sardaigne p. 450), après celui d'Islande v. plus bas Tannée 1789. Mais de Tautre côté on a observé des essaims d'insectes à Cadix huit jours avant le tremblement de terre de 1755 (est-ce qu'ils fuyoieni?), et en 1746 é Lima un essaim d'insectes après le tremblement de terre (Der Arzt. th. X.). — fj Des exhalations putrides font mourir les vers a soie, les sangsues etc. — g) Un miel at qui fait éclore des milliardes d'aphidcs, fait périr les vers à soie par milliers (Bonafous éducation des vers à soie p. 226). — h) Mais Tinfluence la plus puissante est toujours la loi souvent mentionnée de l'équilibre dans la nature, qui fait que si une espèce d'animaux s'est trop multipliée par des influences propices, bientêt seB
ennemis fourmillent tellement qu'elle est bientôt restreinte dans ses bornes naturelles; nous en avons déjà produit beaucoup d'exemples, Mr. Sa y est de l'avis que la cecidomyia déstructor auroit rendu impossible la culture du froment dans rAmérique il y a long-tems, si elle n'avoit pas une ichneumonide pour ennemi. C'est surtout Mr. Ratzeburg (Preuss. Prov. Bl. 1841. p. 221) qui a bien développé cette loi â l'égard des chenilles des pins, de même Mr. Bulow-Rieth (Beobachtungen ûber die Nonne. 1831. p. 10. 15. 22. 37. 41).
S'il y a tant d'influences connues qui chassent et tuent les animaux, on pourroit bien demander si les miasmes et les contagions n'agissent pas sur eux? S'ils ne fuient pas ces influences? Et comme nous avons tant de preuves de l'instinct de prévoyance des animaux, s'ils ne quitteroient pas les pays avant l'arrivée des contagions etc.? Dans ce cas il y auroit du vrai dans la croyance des anciens. Mais c'est seulement l'expérience qui peut repondre sur ces questions. Voilà un tableau chronologique de phénomènes que j'ai composé : 203 a. Ch. Sauterelles dans l'Italie, p. CXXXIII. 126 a. Ch. Sauterelles, grande peste dans l'Afrique, p. CXXXIII. 104 a. Ch. Sauterelles, famine dans la Chine, p. CXXXIV. 500 p. Ch. Sauterelles dans la Syrie etc. 501. Famine et peste. Assemani Bibl.
or. I, p. 270. p. 407.
556. Introduction des vers à soie dans FEurope C^^ Constantinople). 580. Sauterelles et famine dans la Perse et l'Arménie. Exe. e Menandri hist. éd.
Bonn. p. 414.
584. Fléau des Sauterelles dans l'Espagne, famines et épidémies et épizooties. p. CXXXIX. 591. Sauterelles en Italie, famines, épidémies, épizooties. Paul. diac. IV. 2. p. CXL. CMr. Cattaneo rapporte â l'an 783 le fléau des Sauterelles et la peste dans
l'Italie supérieure. Notizie p. 407. Je ne connois pas ses sources.) 865. Sauterelles, peste en Angleterre et en Asie. Platina vit Nicol. I, p. 281. 870. Sauterelles, épidémies et épizooties dans la France, p. CXLI. 873. Immenses essaims de Sauterelles dans la France et dans l'Allemagne, épidémies
et épizooties. p. CXLIII.
952. Sauterelles, famines et épidémies dans l'Arménie, la Syrie et l'Arabie. Notices
et Extraits. IX, p. 293.
1026. Sauterelles en Espagne, p. CXLVII.
1028. Dans la Bohème et la Silésie des sauterelles, des chenilles et des papillons causoient des épidémies et des épizooties meurtrières, p. CXLVII. Henschei
zur gesch. d. Med. in Schlesien. p. 12. 1090 — 1096. Beaucoup d'insectes (ei peut-être de mollusques) dans toute la moyenne
Europe furent suivi d'épidémies et d'épizooties meurtrières. Henschei 1. c. p. 12. 1120. Excommunication des mulots et des chenilles par l'évdque de Laon. Berriat
Saint-Prix. 1. c.
1130 — 1146. bitrodactioR des vers à soie dans la Sicile, peu après é Lucca etc.
1147. Hannetons? Ccarnicae), famine dans ritalie. Cattaneo p. 907.
1272. Migration des papillons (farfalle rosse) dans la Lombardie. Ibid.
1335. Sauterelles et autres Insectes dans la Chine et dans l'Europe, p. CLIX. Corio
stor. di Milano, 3. Peste.
1337 — 39. Sauterelles et autres Insectes dans la Chine et dans toute l'Europe. Ibidem.
1340 etc. grande Peste générale, p. CLX. 1358. Les Sauterelles dévastent l'Espagne, p. CLXI. Peste générale. 1363. Saute*
relies jusque dans la vallée de la Lahn. Limburg. Chron. 1382. Grande quantité de souris, leur mort subite, p. CLXI. 1393. 94. Sauterelles et grande mortalité dans l'Espagne, de Asso y del Rio p. 14.
Villalba I, p. 92.
1449. 50. Chenilles des pins dévastant les forêts de Nuremberg. Schubert Nat.
Gesch. III, p. 216. Epidémies dans l'Espagne, FKalie, TAilemagne. 1472. 73. Sauterelles et pestes dans toute la moyenne Europe, p. CLXIU. 1477 — 79. Sauterelles et pestes dans l'Europe. Ibidem. Et 1479 Hannetons A Lausanne.
1495. Sauterelles dans l'Espagne. Peste en beaucoup de pays. p. CLXIV. 1500 — 1503. Beaucoup de chenilles et de papillons de différentes espèces, aussi des
coléoptères — épidémies, dans la moyenne Europe, p. CLXIV. Angeli AnnaL
Brandebourg.
1515. (Sous François 1er.) Premier plaidoyer contre les rats qui voyageoient depuis peu sur l'ancien continent.
1516. Excommunication des chenilles dans la Champagne. 1540 â peu près les rats étoient déjà arrivés dans l'Amérique.
1542. Sauterelles dans toute TEurope. p. CLXVI. Pestes en plusieurs pays. Schnurrer H, 89.
1543. A Grenoble excommunication des limaces et des chenilles qui dévastoient tout le pays.
1547. 48. Sauterelles dans l'Espagne. Souris dans l'Allemagne. 1569. 70. Sauterelles dans TEspagne. Souris dans l'Allemagne. 1571. Les Jaseurs de Bohème très fréquens dans le Wurtemberg (Cmsius). 1589 — 72.
Beaucoup de maladies, petite -vérole, et peste, en plusieurs pays. 1574. Immenses nombres de hannetons dans la France (Mouffet). 1580. Immenses quantités d'insectes, épidémies dans Pltalie. Strambio la grippe.
1584. 85. Excomnranication des chenilles dans la France. Il y en eut un si grand
nombre que les murailles, les fenêtres et les cheminées des maisons en étoient couvertes.
1587. Excommunication des verpillons ou ambloTins, sorte de mouches vertes qui
dévastoient les vignobles de la Manrienne. Menabria. Epidémies et mortalité dans
PAllemagne, l'Italie , PEspagne.
1605. Sauterelles dans l'Espagne. Asso p. 7. Garrotillo. 1613. Sauterelles dans la Provence. Mém. d. Mars» vol. II. -— Pendant la peste de
Lausanne quantité inouie de mouches.
1623. Sauterelles dans la France. Mezerai. Dysenteries. Le Poix. 1631. Dévastations des Sauterelles dans le Guatimala; en 1632 le TabardiUo. Gage. 1645 — 46. Immenses quantités de Sauterelles dans la Russie. Beauplan: Oedman
Sammi. III, p. 84.
1648w Beaucoup de Souris dans la Saxe. p. CLXXIL -- 1647. 48. Epidémies dans
PEspagne, litalie.
1654. Dévastation des Oliviers dans le comté de Nizza par le staphylinus lugubris.
Risso. II, p. 37.
1656. Enorme mortalité des Pélicans au mois de Septembre sur les Antilles. Dutertre
hist. des Antilles. II, p. 271.
1660. Dans la France immenses dévastations par la Teigne des blés (Tinea granella. Reaumur.
1661. La même dévastation des Oliviers comme en 1654. Risso.
1680. Mortalité des poissons dans le Mansfeld. p. CLXXIV. 1679—80. Peste dansPAutriche et dans PAIIemagne.
1690. Chenilles et Coléoptères dans PItalie. En même teros les abeilles et les vers à soie mouroient. p. CLXXIX.
1692. Grande uberté de poissons dans le Danube. Eph. Nat. Cur. Dec. III. 1. p. 226. Grandes volées de sauterelles dans PAIIemagne. Asso. p. 13.
1693. Encore des sauterelles dans l'Allemagne, p. CLXXXI, et dans toute l'Europe, même en Angleterre. — Beaucoup de galles en chapelets C^msi des insectes) sur les chênes mirent en terreur les superstitieux. Linné A m. ac. III, p. 324.
1679 — 1694. Peste et beaucoup de maladies des hommes dans l'Europe. 1700 — 1725. Toujours pestes et épidémies des hommes.
1701. Beaucoup d'insectes dans PAIIemagne. p. CLXXXI V.
1703. Migration d'énormes quantités de petits insectes CAphides?) dans la Prusse, p. CLXXXY. — 1704—1708. Grande mortalité des chevaux dans la Pologne, PAUemagne, les Pays-Bas, la France.
1708. La nue noire puante dans la Hongrie désigne peut-être une migration d'insectes, p. CLXXXYI.
1709. Sauterelles dans l'Asie et dans la Russie. Mortalité des poissons du lac de
Zurich, p. CLXXXVI. — Commencemeni de la grande peste bovine générale qui désola TEurope jusqu'en 1725.
1710. Sauterelles dans la Russie, la Turquie, la Hongrie, la Pologne. Aussi énormes quantités d'autres insectes, p. CLXXXVII. — 1710. Immigration du moineau sur la Lena, le môme 1735 sur TObi, et 1739 â Naryn dans la Sibérie. Gloger.
1711. Sauterelles dans la Russie et dans l'Italie méridionale. Maladies des poissons. Peste des chevaux à Naples. p. CLXXXVIU.
1712. Beaucoup d'insectes dans la Hongrie, p. CXCI.
1713. Dans la Russie et dans la Pologne les sauterelles, dans la Hongrie des insectes détruisirent les vignes. Dans la Hongrie, dans la Saxe et dans la France beaucoup de souris. Maladies de presque tous les animaux domestiques, et même des bétes fauves, p. CXCV.
1714. Mortalité des poissons dans la Silésie. Même maladivité de tous les animaux, p. CXCVHI.
1715. Beaucoup d'insectes, p. CC. Même maladivité de tous les animaux, comme dans les années précédentes.
1717. Sauterelles dans l'Italie, mortalité des abeilles dans la Silésie p. CCU.
1719. Mortalité des vers à soie dans l'Italie, des guêpes dans la Suisse, p. CCIV. Dans la Saxe dévastations des forêts par les chenilles des pins. Sauterelles dans la Provence et dans le Languedoc (avant la grande peste). — 1719 — 21. Beaucoup de souris dans la Hongrie, p. CCV. (Peut -être déjà des surmulots?)
1721. Beaucoup de sauterelles dans l'Italie et dans la France. Singulières migrations des ci cognes dans la Bohème, p. CCVI.
1722. Mortalité des poissons dans le lac de Constance, p. CCVII.
1724. Singulière épizootie des souris dans la Silésie. p. CCVIII. Chenilles des pins dans la Thuringie.
1725. Chenilles des pins dans la Franconic. 1726. Les mêmes dans ta contrée de Nuremberg, et la même année dans la Thuringie les chenilles des pommiers? 1728. Les chenilles des pins dans le Brandebourg, les chenilles des pommiers dans la Thuringie, où en 1729 les papillons étoient si fréquens qu'ils incommodoient fortement les voyageurs, et leurs chenilles mangeoient en 1730 toutes tes feuilles des arbres.
1727. Immigration des surmulots A Astracan; à ce qu'on dit ils sont immigrés dans toute l'Europe entre 1727 et 1730, mais v. plus haut l'année 1719.
1730. 31. Sauterelles dans la Russie et dans la Pologne. Beaucoup de chenilles (B. processionea ?) et d'autres insectes dans la Suisse, p. CCX.
1733 — 39. Selon Asso Cp. T) les sauterelles arrivé de la Tartarie en 1733 sesm^ient propagé dans l'Allemagne jusqu'en 1739.
1734. La chenille de la Phal. Noclaa piniperda dévasta les forêts de la Franconie. 1736 — 38. Les chenilles des pins dévastoient les forêts da Brandebourg et de la Thuringie. Bockman Mark Brand.
1735. Visitation bien extraordinaire dans la France; elle étoit toute couverte de myriades de chenilles du papillon gamma CPIosia gamma), ses effets délétères faisoient
. défendre é Paris la vente des herbes et des salades pendant plusieurs semaines. Reaumur.
1741. Beaucoup de chenilles des prairies mouroient dans l'Amérique du Nord, et pourrirent 9 elles furent accusé d*étre la cause des iévres malignes. Golden: Med. a. Philos. Reg. I, p. 324.
1742. Chenilles des blés très fréquentes dans l'Angleterre, aussi beaucoup d'autres insectes, p. CCXXllI.
1745. Enorme quantité de Perce-oreilles dans quelques contrées de la France. Mém« de PAcad. 1746. p* 95. 98. — A Constantinople une épizootie des bovines, après cela immenses quantités de papillons et de chenilles, suivies de la peste. Le docteur Murdoch Mackenzie ayant observé les mêmes phénomènes en 1758 prédit la peste sévère de cette année. Phil. Trans. 1764.
1746. Essaims dMnsectes à Lima après le tremblement de terre.
1747^50. Enormes volées de sauterelles dans F Asie, la Russie, la Turquie, la Hongrie, la Pologne, la Bavière, la Franconie, la Prusse, la Saxe, même jusque dans la Suède et dans PEcosse (Yates p. 529). Dans rAUemagne on n*en avoit vu autant depuis mémoire d*bommes. Gleditsch, Rôsel, Ratblef, Kundman, Hasenest Cp. 229) etc. Beaucoup de maladies entre les hommes, surtout dysenteries et angines gangreneuses.
1750. Immigration de rAIucite des blés dans la France. Herpin p. 29.
1751. Des chenilles dévastoient les blés dans la Thuringie. Schreber.
1755. Après le grand tremblement de lerrc les Thons furent très rares pendant une série d'année dans la Méditerranée. Papon. Marmoraeto. Huit jours avant le tremble* ment essaims d'insectes a Cadix.
1756. Attelabus Baccbus et A. Betulati en immense quantité sur les vignes du Palatinat. Bischof Bot IL 2. p. 116.
1754 — 57. Sauterelles dans PEspagne. Bowles.^
1758. Sauterelles sur les lies Canaries. Mac Gregor.
1768. Dans cette année 130 Pelecans CP* Onocrotalus) arrivèrent sur le lac de Constance.
Scbinz V. d. Schw. p. 315.
1770. Pendant la peste à Moscou les insectes et les oiseaux avoient disparu, p. CCXLIX.
Migration de vers (? Chenilles? 3 dans l'Amérique du Mord. Webster p. 423. 1773. Prodigieuse quantité de souris en beaucoup de contrées, p. CCUL Dans nie
Mauritius les sauterelles, qui Tavoient désolé continuellement jusqu'en 1770, disparurent. Unienville. II, p. 167.
1775. Les fourmis dévastoient tellement Hle de la Martinique que les habitans assuroient un million à celui qui les en pourroit délivrer. Statist. de la M. II, p. 214.
1776. Immigration de la Uessian Fly dans l'Amérique du Nord (ses dévastations très grandes en 1785, mais tous les ans de ce siècle on s'en plaignoit). Après 40 années d'intervalle les forêts de la Marche de Brandebourg furent de nouveau dévastées en 1776 et 1777 par les chenilles des pins (Ph. noct. piniperda). Hennert p. 4.
1730 — 83. Le couvain pourri des abeilles dans la Saxe. — 1780. Sauterelles dans l'Espagne. — 1778 — 80. Famine dans le Marocco causée par les sauterelles. — Immigration du Puceron lanigère dans l'Angleterre. — Dans Tannée 1780 les fourmis (formica saccharifera) apparurent sur l'île Grenade en si prodigieuses années, qu'elles détruiront les rats, les souris, beaucoup d'animaux domestiques, même des oiseaux, elles dévastèrent toutes les plantations des cannes â sucre; ni l'eau, ni le feu, ni aucun autre moyen qu'essayèrent les habitans avoit la moindre influence sur elles — il survint un ouragan terrible, funeste aux autres lies, mais les fourmis étoient détruits. Philos. Trans. XXX, p. 346.
1781 — 84. Chenilles des pins (?h, noct. piniperda) dans la Pomeranie et dans la Franconie, et 1782 — 86 la Ph. Bomb. pini dans le Brandebourg et la Saxe. Aussi plusieurs autres espèces de chenilles des pins dans ces années en différentes contrées. — Sauterelles dans l'Allemagne.
1788. Dévastations des Sauterelles sur les lies Canaries. Mac Gregor.
1785. Cette année on observa dans PAngleterre une migration d'apbides du W. a l'E., aussi remarquable que celles qui ont fait tant de bruit dans les derniers tems. White nat. hist. of Selborne éd. Jardine, p. LUI 0-
1789. Après le tremblement de terre dislande les Gadus manquoient dans les mers de l'Amérique boréale, de l'Angleterre, et de l'Allemagne. Schnurrer II, p. 397.
1795. Des alauda cristata »que l'on n^a jamais vu ici<( arrivèrent dans la Haute Hesse dans l'hiver rigoureux. Wildungen N. G. p. 125.
^) t>On the 1. August at abouk tbree o*Clock in Ihe afternooB of that day, which wai very bol, khe villagers were surprised by a sbower of ap bides or smother Aies, whicb fell in ibcse parts. Tbose Ibak were walking in Ihe slreel found themselves covered wîth tbese insects, which setUed aiso on Ihe bedgej and gardens, blackening ail the vegetables wbere they alighted. Aly annuals were discoloured wilh tbem, and the stalks of a bed of onions were quite coated over for six days aXter. Tfa«se armie^i were then no doubt, in a state of émigration, and shifting their quarters; and might bave corne, as far as we knew îtom the greal hop plantations of Kent or Sussex, tbe wind bcing ail that day in the easterly quarter. They wore obsarved, at tbe same tine, in great clonds abont Pamharo, and aU along the lane from Fambam to Alton.**
1791 —• 96. Chenilles des pins, la Phalaen. Bomb. pin. dans la Marche de Brandebourg, 1796 Ph« geometr. pini dans le haut Palatinat, 1794-^97 Ph. Bomb. Monacha dans la Saxe.
1796 — 1803. Le couvain pourri des abeilles dans la Saxe. p. CCLXXI.
1799. Grandes dévastations des sauterelles dans l'Afrique boréale.
1800. Sauterelles dans la Syrie et Ttle de Chypre. Ritter p. 803. Les trèfles terriblement ravagé par TApion Trifolii. Linn. Transact.
1801. Dévastations des souris dans PAllemagne. — Dévastations des sauterelles dans la Grèce, p. CCLXXVIIL Gonzalez assure que les moineaux avoient quitté Cadix du tems de la fièvre jaune etc. Ibid.
1803. Sauterelles dans TltaKe, excommuniées par le pape. Cattaneo. p. 407. — Jaseurs de Bohème nombreux en Allemagne. Wildungen.
1804. Beaucoup de souris dans la Hesse. Corvus Caryocatactes nombreux. Wildungen.
1805. Sauterelles dans l'Asie mineure. — Acridium italicum dévasta la Provence. Mém. soc. Marseille, vol. IL
1807. Les chenilles de l'Episema graminis qui dans le Nord, p. e. dans la Suède et la Finniande dévaste souvent les pâturages, causa cette année beaucoup de dégâts sur le Harz. Zinken: Germar Magaz. IL et IlL — La Muscardine des vers à soie fréquente dans l'Italie (Bassi) et dans la France (Nysten). Souris en Allemagne.
1808. 1809. Chenilles de la Ph. Monacha dans la Pomeranie. Bulow-Rieth.
1810. Sauterelles dans PAsie^ beaucoup d'insectes, chenilles, hannetons etc. dans l'Allemagne, p. CCLXXXVI. — Dans cette année on observa les premiers Cormorans dans le Danemark, ils augmentèrent chaque année, après quelques années on en- compta 7000, qui dévastèrent les pêcheries et les viviers, et empestèrent la contrée par leur fiente, on parvenoit à les chasser. En 1822 quelques paires arrivèrent en Jutland, qui augmentèrent en 1823 et causèrent les mêmes dévastations. Boje.
1811. Beaucoup d'insectes dans l'Europe. — 1811 — 16. Grandes dévastations des sauterelles, dans l'Arabie et dans la Nubie. Bnrckhardt.
1812. Tant de sauterelles sur les lies Canaries qu'on les trouva sur quelques places i l'épaisseur de quatre pieds, v. Bue h. Hannetons dans l'Italie, PAHemagne, la Russie. Martens.
1816. 17. Chenilles de l'Episema graminis sur le Harz encore plus dévastantes comme en 1807.
1817 — 20. Mortalité des poissons dans les lacs de la SH^érie. Haupt p. 22.
1819 — 27. Période de sauterelles. 1819 dans la Géorgie, 1820 dans la Crimée, en 1824, 25 , 28 jusque dans la Sibérie, les années suivantes elles se répandirent toujours plus vers le Ouest, en 1827 elles arrivèrent dans la Pologne et dans la Prusse; en
1819 aassi dans la Provence et dans le Hichican (Amer, da Nord), 1819 Colomba livia dans la Thuringie.
1821. Prodigieuse quantité de guêpes dans PAngleterre. Forster p. 178. p. 110. — Loxia enucleator fréquente dans rAUeraagne.
1824. Les dévastations des sauterelles dans la Russie étoient surtout très grandes; elles passoient déjà jusqu'en Allemagne. Aussi dans Tlndoustan dévastations par les sauterelles, p. CCCIX.
1825. Encore beaucoup de sauterelles dans Plndoustan et dans la Russie; aussi dans Im Sardaigne. Marmora p. 409, et dans la Romagna CMetaxa}. — Migration de papillons dans la Belgique. — Migrations des Libellules en beaucoup de contrées de TAUemagne et de la Belgique. Naturgesch. d. 3 Reiche. Zool. p. 315.
1826. Migration de la Vanessa cardui Cbelle-dame) du N. vers le S. dans la Lombardie, du S. au N. dans le canton de Vaud. — 1826 et 1827 immenses essaims de Coccinellae O&dybirds) dans l'Angleterre. Forster p. 110. — Sauterelles dans la Russie et dans PEspagne. — Chenilles des pins (Bomb. pin.) dans la Pologne. — Acridium italicum dévasta les trèfles, le chanvre, le Maïs dans le Mantouan. Cattaneo.
|g27 — 30. Dévastations des forêts de la Pomeranie, où elles n'avoient pas été vu depuis
1809, par les chenilles de la Ph. Monacha. Bulow-Rieth. Ig28 — 30. Dévastations par les chenilles des chênes (Bomb. procession.) dans la
Wcstfalie, dans la Haute -Hesse et sur le Rhin les années suivantes, p. CCCXXX
1830. Mr. Graells rapporte CAnn. soc. ent. XI, p. 205) que la Malmignatte (Therîdium Malmignatta) est très fréquente dans la contrée de Tarragona dans la Catalonie, et que les années à malmignattes étoient en même tems années â sauterelles; mais que la malmignatte y étoit inconnue avant l'année 1830. Plusieurs paysans mordus par cet animal moururent. Ibid. III, p. XXVI.
1831. Immense quantité des chenilles de l'Arc ti a Caja dans la Haute-Hesse. — Les sauterelles jusque dans la Pomeranie. — Mortalité des poissons et des oies dans la Pomeranie. — Grande mortalité des poissons dans la Prusse, de même dans le Brandebourg. — Absence et mortalité des oiseaux en beaucoup de contrées de l'Autriche. De même mortalité des poissons en beaucoup de contrées de TAutriche. p. CCCXL etc. De même dans la France cette année et la suivante. Gaz. me die. p. 287.
18â2. Un essaim de sauterelles passa la Bavière. Burroeister Entom. I, p. 599. — Beaucoup de hannetons dans le grand -duché de Posen. — Une espèce de Chlorops apparut en grands nombres â Weimar. Zenker Jena p. 293.
1833. Beaucoup de hannetons dans l'Allemagne.
1834. Migration de l'Aphis Persicae dans la Beljgique p. 558. Migration du Sphinx Nerii dans l'ItaUe du S. vers le N. p. 559. Choléra dans la Belgique et dans
l'Espagne. Même en Angleterre, à Brighton, des fourmis en telle qnaaliti qu'elles
forcèrent les habitans à quitter les maisons. Annal, entom. III, p. XLVI. 1895. Mortalité d«s rats pendant la peste dans le Kemaon. Forbes. — Beaucoup de sonris
en plnsiears contrées de l'Allefflagne.
18S6. Migration d'Aphides? dans la Snxe. p. CCCCIII. Migration d'Aphides dans
HAngleterre , en immenses quantités, p. CCCCIV. Holland p. 587. Point de Choléra. i837. Pendant la peste dans la Tnrquie une prodigieuse quantité d'insectes. — Dans
le départ, des Landes une immense quantité de canards morts (20,000) lut rejetée
par la mer. p. CCCGXIII.
1838. Dans l'hiver rigoureux beaucoup d'oiseaux du Nord dans les pays méridionaux. «^ Beaucoup dUnsectes dans toos les pays: dans la Suisse beaucoup de hannetons; dans la MoraTîe, le ISrandebourg , la Saxe chenilles des pins; dans la Siléste, la Bohème, la Hongrie chenilles des pommiers; dans la Suisse des sauterelles; â Mannheim mi^ gration d'un petit insecte à denx ailes? p. CCCCXXVI. — Les chenilles des pins (Ph. Monacha) dérastoient les forêts de la Prusse , de la Saxe , de la Franoonie etc., depuis 1838 â 1840, toutes les mesures prises par Thomme ne servoient â rien, mais la nature finîssoit le maL Ratzeburg. Brehm. Ziment.
1839. Des chenilles causant du mal aux animaux et aux hommes (B. procession.?) dans toute la vallée du Rhin. — Sauterelles dévastant le Toscana (AcridîiHn italicum).
1840. Hannetons dans l'Allemagne. -* Dans le Haut-Milanais la Locnsta viridissima dévastoit en 1840 et 41. Cattameo.
1842. En général beaucoup d'insectes , mais dans l'Allemagne et dans la Hollande tout le monde étonné par la quantité inooie de guêpes de plusieurs espèces. — Je ne me souviens pas d'avoir jamais vu la gale des hommes aussi répandue, aussi dans des familles très propres, que cette année, si riche en insectes en général.
On devra comparer avec ce tableau la Chronologie des épidémies de Mr. Schnurrer, la chronologie des épisooUes que nous avons donné dans le soéohd volume, el les tableaux des épizooties qui vont suivre* Ayant feit cela on trouvera sans • doute que souvent les coïncidences soutenues far les auteurs manquent; qu'en d'autres cas elles sont douteuses; mais il y a bien des cas oè «lies existent en vérité. BnMn les cas douteux, p. e. les migrations d'insectes du tems du choléra, la surabondance de quelques insectes, la disette des oiseaux etc. du tems des épidémies etc. offrent toujours tant d'intérêt que Ton doit souhaiter que l'on porte dans l'avenir plus d'attention sur ces phénomènes périodiques de la vie animale ^ et que les médecins ne négligent plus de s'occuper de leur observation plus attentive.
Nul doute ces phénomènes sont tels qu'ils méritent bien de nous faire réfléchfar quelques moments sur Tinfluence qu'ils peuvent avoir et qu'ils doivent avoir sur la vie des hommes et des animaux domestiques.
IKabord nous mentionnons seulement en passant, oe qui se comprend de soi-même,
put 1b svMtboBdanee de qnelqoes espèces d'animaux amène néedssaireineiit la déatmclion de la végétation , â h suite de hqueile des fanmes, des épisoolies» des épidéaves apparaîtront. Dans ce cas les épidémies el les épizoolias qû suivent les dévastations des sauterelles, des chenilles 9 des teignes etc. n'offrent rien qui aureii besoin d'une explication; encore il se comprend de soi - même , que , si un pays -seuleBient a souffert un tel fléau , et une maladie s'est développée â sa suite, cdle-Iâ peut devenir contagieuse, et se commMiqter i beaucoup de pays qui n'ont pas du tout souffert du méaie fléau.
Mais les animaux agissent les uns sur les autres encore de différentes manières, qui cependant se confondent tellement entr'elles qu'il devient difficile de les distinguer, et d'établir des classes; nous allons les envisager dans les chapitres suivans: 1^ Action des animaux par leur simple proximité et par les fonctions ordinaires de la vie; 2) influence de leurs morts et par la formation de miasmes; 3) influence des animaux qui deviennent la c$me de maladies spécifiques; 4) influence des animaux venimeux ou empoisonnans ; 5) acUoo des animaux entozoaires; 6) action des animaux épizoaires; 7) action des épisoaires fortuits; 8) des animaux rapaces ; 9) action des animaux en communiquant et répandant des maladies.
1. Action des aDÎmaux les um sur les autres par leur simple proximité.
a. Action des animaux de la même espèce. C^est une ancienne croyance que la proxiflttté de quelques personnes agit souvent d'une manière défavorable sur dViulres, on allègue beaucoup d'exemples que de jeunes personnes sont devenu malades, ont môme péri en couchant avec des personnes âgées (Stark Pathologie I, p. 363). On allègue des exemples que des hommes de différentes races ou seulement de différentes souches ayent exercé une influence malfaisante les uns sur les autres: L'exemple le plus ancien fournit la petite Ue eocossaise St. Kilda qui ne contient que 20 a 30 pauvres familles d'habitans qui ont fort peu de communication avec d^autres pays, on dit qu'il se répand chaque année un rhume épidémique quand le receveur arrive de l'Ecosse dans tme chaloupe avec 10 â 12 hommes d*équipage (Martin St. Kilda. p. 36. — Pennant Reisen d. Schottland. Th. II. -^ Macqueen med. Beitr. B. I, p. 74 Macculloch Western Isles. H, p. 323* Selon Mr, Langsdorf les Maynas de l'Amérique furent pris de catarrhes et ée dysenteries si des Européens arrivèrent dans leurs établissemens CSchnurrer Pat ho L p. 266), Mr. EUis rapporte phisieurs exemples d'épidémies générales d'influenxa et de dysenterie qui se développoient sur les lies Taiti après Parrivée d'un vaisseau européen, surtout en 1790, iSOO, 1820, mais il dit que c'est une observation générale (Polynesiaa Researches III, p. 35, j'en ai donné une traduction: Schnidt Jahrbb. XIX, p. 382). ttr. Williams dit des mêmes lies: «c'est un fait tout avéré que la plupart des maladies qui pendant mon séjour sur ces lies ont régné se sont déclaré après l'arrivée d'un vaisseau européen, et cependant l'équipage du navire qui apporte ce germe de destruction parait être entièrement sain. La première communication des nidigèMs avec les Européens paroit
toujours UMwr des iièvf es i des dyseMârios ou d'AuMs épidénos qui couMUfe k tîo de botucoup d'hoamescc (Narralive of Missionary. Enterprise p. 28!ï> Aussi le ca^ pUsâue Beechey (Voyages, vol. I, c. 4) rapporte que les habilaiis de IDe Pilcairti sont persuadé qu'Us souffrent après l'arrivée de chaque vaisseau d'exantbènos et d'autres amladies. Les mêmes observations se sont préseutées sur les Iles Sandwick^ C'est vrai plusieurs observateurs déidarent que les arrivés étoient parlaitemeni sains ^ et les patliolo-* gistes pensent que c'est seulement la proximité de différentes races qui produit les maladies; cependant dans beaucoup de cas on pourroit peut-être proposer une explication moins mystérieuse, savoir que les étrangers non acclimatés tombent malades les premiers et communiquent seulement les maladies aux habitans? C'est une explicdUon qui a déjà été proposé par Mr. de Humbold, ce savant rapporte: »Dans le port de Pananla comme au Callao le commencement des grandes épidémies est le plus souvent marqué par l'arrivée de quelques bâtimeos venant du Chili^ non que ce pays, un des plus heureux et des phis sains de la terre , puisse transmettre un mal qui n'y existe poiiit , mais pafcè que ses habitans, transplantés dans la zone torride, éprouvent, favec la même force que les habitans du nord, les effets ftinestes d'un air excessivement chaud et vicié par le mélange d'émanations putrides.'— Les exemples proposés par Mr. Stark (Pathol. iPragm. I, p. 347) de prisonniers de guerre apparement sains qui ont répandu le typhus sont plus suspects et permettent une autre explication.
La même observation a été Taite sur des animaux; Plusieurs éleveurs et vétérinaires anglais rapportent que des ovines et des bovines d^autres races, importés de contrées éloignées, en apparence parfaitement sains, mêlés avec des troupeaux aussi sains, ont fait développer des épizooties dans tout le troupeau. La même observation s'est présentée a Mr. Darwin (Reisen II, p. 214) dans le Shropshire. — Les observations rapportées par Mr. Stark 1. c. sur les bovines qui doivent avoir importé la peste bovhie, sont douteuses. — Comment aussi dans ce cas peuvent agir des Ihfluehces fottuites, prouve le piethi malin on espagnol (spanische klaucnseuche) ; cette maladie est inconnue dans TEspagne et cependant eRe s^est développée dans la France et dans rAHcmagne avec l'importaflon des mérinos; probablement elle a été la suite des marches forcées, et elle est devenue contagieuse, de manière qu'elle se perpétue à présent par contagion.
Cette action réciproque des auunaux de la môme espèce devient bien, plus dangereuse par leur accumutation en gr9nd nombre. Nous -avous traité pies baut des modifications de l'air atmosphérique que la chimie a dévoilé, aussi de celles .q^i seiU produites par la vie de Pbemme et des aniuiaux^ mais nul doute 1^ auteurs moderues qui s^ de l'avis que ces luodificaiions recouwee de l'air ne suffisent pas pour expliquer racUea délétère de l'ait confiné daes les balimens où, beaucoup d^babitans sont etttfissés, ,et dc(s ciftés très peuplée^ eft général, oui raisoB( probablement ce sont les substances organi(|ues des excrétions, dont ou ii*a guère tenu compte, q/ui exercent Factiou la plus délétère, qui sonl. la sousce de la
^^ ^> ai^riiiiîlé, des fréquentes épidémies et endémies dans les pays très peuples, dans H^ «^tÀ'^ \ille5, les maisons publiques, de forcer, d^orphelîns, dans les casernes, les penv.>«i^tt\ otc* iVtle Yérité est entrevue par quelques auteurs modernes qui ont écrit sur Thy- * v^v t^ fait très connu que des prisonniers bien portans et qui resloient aussi sains , ont v\. Visual, en sortant des cachots, infecté une fouie d'hommes de maladies mortelles qui ^^.tc Mu^iiie devenues contagieuses, s'explique seulement de cette manière.
Les animaux sont peut-être encore plus sensibles pour les suites de l'entassement. cl losi mnladies qui se développent chez eux, peuvent éclairer la pathologie humaine. P. e. « IVxpédition de Quiberon, pendant une tempête, plusieurs batimens qui transportoicnt dos chovaux dévoient fermer toutes les ouvertures; après la tempête plusieurs chevaux étaient morts, mais tout le reste fut attaqué du farcin contagieux Claris on diet p. I683. Pendant la guerre de Tindépendance les Anglais transportoicnt des brebis dans PAmérique, elles étoient trop entassées, elles furent pris d'une fièvre lypheuse et mouroient toutes CGilbert Blane Bibl. Brit. LV, p. 315> Un fermier anglais vouloit essayer de nourir ses brebis d'une espèce de navets, elles devenoient malades et moururent, un vétérinaire survenu établit une meilleure ventilation dans la bergerie et les brebis se portoient fort bien avec les mêmes navets CSanatory Report. 42. p. 104). La pommelière si fréquente sur les vaches laitières â Paris paroit être seulement la suite du trop grand entassement de ces animaux. Je ne crois pas que les analyses que l'on a faites de l'air des écuries éclairent assez la question. Mr. Julia-Fontenelle (Sur l'air marécageux p. 104) a analysé l'air d^une bergerie et l'a trouvé composé de: sous - carbonate d'ammoniaque 0,07. gaz azote 0,78,5. gaz oxygène 0,14.5. L'air d'une écurie de boeufs étoit composé de: souscarbonate d'ammoniaque 0,04. gaz azote 0,78.5, gaz oxygène 0,17.5. Dans les derniers tems Mr. Lassaigne a analysé l'air confiné dans les écuries des chevaux, il trouva que les couches supérieures contenoient autant d'acide carbonique que les inférieures (par la diffusion), et que le rapport de l'acide carbonique excrété par l'homme est à celui excrété par le cheval comme 1:12,3, si l'homme excrète dans une heure 8,96 gr., le cheval excrète dans le même espace de tems 110,21 gr. (Comptes rendus de l'Acad, d. Se. XXIL [1846] p. 1108).
Nous avons supposé jusqu*à présent que les hommes et les animaux entassés étoient en parfaite santé; la chose change considérablement si cette sanlé parfaite n'existe plus, p. e. du tems -de disette et de famine, alors nous savons que les excrétions deviennent putrides et sentent très mauvais, on a tout lieu do croire que des f^ubstatiees animales en décomposition entrent dans la composition de Tair confiné, agissant encore sur des organismes plus disposés à des maladies typheuses et gangreneuses, leur influence doit être encore bien plus funeste , ce qui l'observation prouve en vérité, les pestes les plus cruelles des hommes et des animaux se sont déclaré sous cette influence. — Pire enc(M-e ni les hommes el les
aaimaiix enlassés sont déjà malades, on sah p. e. que des ulcères pnanles d'on maliNie oui rendu gangreneuses des plaies en bonne suppuration d'autres malades , ia pourriture d'hô-* pilât s'est développé etc.
b. De l'action réciproque d'animaux de différentes espèces. Le procès chimique de la vie des animaux diffère considérablement selon les espèces, et nous en devons inférer que l'influence de leur proximité doit différer aussi. Nous avons déjà vu plus haut que dans le règne végétal l'observation prouve qu'il y a' des plantes qui aiment â croître ensemble, qu'an contraire d'autres se fuient et ne croissent pas ensemble; une ancienne opinion établit la même Idi pour les animaux, c'est l'ancienne doctrine de la sympathie et de Tanlipathie des animaux, mais elle contient beaucoup de fables. Il y a des animaux dont l'influence malfaisante est facilement expliquée, il y en a d*autres où Pinfluencc délétère est prouvée, mais pas encore expliquée, enfin il y en a dont l'action les rapproche des animaux venimeux.
L'exomple le plus frappant fournit le chat, animal qui agit en vérité très puissamment sur quelques hommes; le vieux Conrad Gesner CThierbuch fol. 996) raisonne déjà bien sur cette idiosyncrasie , les écrits des médecins sont remplis d'observations CKrankheiten der hunde und katzen. Frankf. 1803. p. 15 etc.), et probablement il n'y a pas de médecin qui n'auroit pas observé l'un ou Pautre exemple; entre les faits de ma propre connaissance il y en a un bien fort: Un oflicier des dragons Prussiens avoit cette idiosyncrasie, dans la garnison il fréquenta un café dans lequel se trouva un grand et beau chat, plusieurs fois il s'étoit déjà plaint de sa présence, lorsque un soir une société se disputa s'il étoit possible que le chat agissoit vraiment physiquement sur lui, plusieurs personnes soutinrent que c'étoit seulement par son imagination, on convint de mettre le chat dans le creux entièrement fermé sous le sofa sur lequel il avoit coutume de prendre place en arrivant; à peine étoit -il assis sur le sofa qu'il pâlit, une sueur froide couvrit le front et il étoit prêt à s'évanouir, l'homme à l'ordinaire fort, colérique et emporté étoit faible et doux comme un enfant, il pria de vouloir chercher le chat qui devoit être près de lui, celui-là trouvé et chassé il se remit aussitôt; cet homme n'étoit pas nerveux du tout, non plus sensible pour l'électricité atmosphérique ou pour les orages; au contraire un autre individu de ma connaissance qui avoit aussi cette aversion, étoit en vérité très nerveux, se distingua, par beaucoup de bizarreries et d'idiosyncrasies psychiques. — Plusieurs auteurs soutiennent que les chevaux ont une antipathie contre le chat, qu'ils suent et marchent difficilement s'il y a un chat dans la voiture; au moins j'ai observé le contraire.
On dit que Pinfluence du cochon étoit malfaisante pour tous les animaux domestiques qui sont dans sa proximité. Si c'est le cas on le pourra probablement expliquer par les alimens< mixtes dont se nourrit cet animal immonde, ce qui ne paroit pas être sans inil!ience sor-^ la nature de toutes ses excrétions^ et sa fiente qui contient beaucoup de matières
qui rant encora en décomposition, qui ert mémo nniiSiIe i beancoop de planleg, paroil apte à former detf miasmes ')•
Les anciens parient déjà de l'antipathie de l*éléphani el de la souris; Mr. Cnvier firme Pobservation que Téléphant tremble en voyant une souris.
On assure que les vers à soie meurent lorsqu'ils sont soignés par des nègres, rez* crétion cutanée des derniers leurs étant nuisible.
On soutient de même que les écrevîsses meurent si des cochons passent sous les voitures qui les transportent.
Quelquefois la proximité des animaux devient malfaisante seulement par leur fiente« P. e. Mr. Boje rapporte que les Carmorans qui s'étoient établis dans le Danemark empestoient Pair de la contrée par leur fiente et par les restes de poissons sous les arbres. — Mr. Wilson et Audubon rapportent que la fiente des pigeons migratoirs dans l'Amérique tombe des airs comme la neige et en tombant daos les yeux des hommes et des animaux elle cause des ophthalmies dangereuses.
Les innombrables essaims dinsectes dans Pair deviennent nuisibles déjà par leur présence mécanique, Mr. Morren en parlant de la migration des aphîdes dans la Belgique Cmentîonnée plus haut) rapporte que ces animaux ne devenoient pas seulement fort incommodes en entrant dans la bouche, dans les narines, les oreilles, mais en entrant dans les yeux ils causoient des ophthalmies sévères; Mr. Holland dit la même chose des aphides dans PAngleterre en 1836 (^yWhen getting înto the eyes they excited considérable inflammationu). Il y a des auteurs qui regardent les cousins et les mouches comme la principale cause de Pophlbalmie dans PEgypte. Mr. Haupt (}. c. p. 117} rapporte aussi que les petites mouches dans les steppes de la Russie, que l'on nomme Moschki, ne font pas de mal en picquant, mais qu'elles sont extrêmement importunes en entrant toujours en grande quantité dans les oreilles, les narines, les yeux des hommes et des animaux. — Mr. de Rumboldt CR^isen IV, p. 99) a déjà demandé si la quantité innombrable dMnsectes qui remplit Pair dans les pays chauds (et aussi dans Pété des pays polaires) rendoit insalubre Patmosphère? et il repond: si Ton réfléchit que dans une hauteur de 3 a 4 toises chaque pied cube de Patmosphère contient a peu près un million de mosquites et dé' marangouins, donnant à Pair Paspcct d'une (hmée, et qui contiennent un suc ftcre et caustique, et encore qu'il y a entre eux beaucoup de morts qui sont mus par les courans ascendans et latéraux dans Patmosphère — on se demande si tant de substances animales dans Pair ne servent pas i engendrer des miasmes? et si un tel air ne doit pas agir autrement qu*an air rempli
0 AuBsi l9« BDcJcnnes lois défendent déjà la présence de», cochon» dans les yijlef. La loi la plus ancienne de ceUe sorte que j'ai troavée, est dans les statuts de Strasbourg: nNieman sol dekein terher in der stiit halreii, er entom es fur den svrein fairten.» Lc|f. eir. Argent. (987). 86. C. j. g^. Walt^r III, p. 70».
de poussière , de sable eta ? eneore si où se soaneiit qu'fi agit sur an organisttie dool la peau est toujours irritée par des miHîers de ptqûrfes?
Que la présence des vers à soie ou des magnaneries soit insalubre pour les homoies el les animaux, est une ancienne présomption; des lois manuscrites dans la bibliothèque de mian prouvent que la culture des vers é soie dans la ville fat défendue pendant les pestes et épidémies dans les années 1488, 1533-*24 et 1576 (Ferrario statist. med. dl Milano. llj p. 267). Pâtissier et Husson font mention de cette influence malfaiaante des magnaneries CRanazsini krankb. d. kùnstler u« bandwerker, ûbers. von Schlegel, p. 187), le dernier auteur ajoute encore que les oeufs des poules nourries avec les larves et les oeufo des vers à soie ont un très mauvais goûL Mr. Morlci 0 ost même de Pavis que les magnaneries dans la Sicile sont une des causes des fièvres inter*mittentes malignes. Cependant ce reprocbe s'appliquera surtout aux magnaneries sales et mai tenues.
2. laflaeace de la mortalité dea aatmaos, et par formation de miasmes.
Déjà dans le chapitre précédant nous avons vu que le développement des miasmes arrive surtout par les excréta des animaux et par leur putréfaction; or celle -U doit être encore bien plus puissante si les animaux entiers morts k subissent. Nous avons traité plus haut de Taction des effluves des corps organiques en putréfaction en général; â présent nous envisagerons seulement les grandes mortalités, surtout des animaux inférieurs, et leur influence dans la production de maladies générales^ d'épizooties et d^épidémies.
Chaque grande mortalité d*nne espèce d'organismes animaux ne peut pas manquer d*exercer une influence marquée sur la vie dès autres espèces qui vivent dans la même contrée; non seulement les animaux malades développent déjà des miasmes, mais ce déve* toppement devient bien plus grand par la décompoeition d'une grande quantité de morts» Aussi toute épiaootie et mortalité des animaux sauvages ou domestiques est un phénomène important pour l'hygiène pubUque. P. e. des mortalités générales des vers â soie, des souris, phénomènes qui arrivent souvent, peuvent être d'une grande influence pour la santé des homaMS et des animaux domestiques; les exemples suivans prouveront cela.
Déjà les anciens autours parient de pestes qui doivent avoir été occasionné par les locustes mortes et pourries; p. e. Orosius, St Augustinus, nombre d'auteurs qui ont
') Sulle febbri délia citte di Messine, p. 7. «Né si coacepisca sperania, che lo natricaia il venue da seta, non contribaisie in buona parte alla prodnsione délie febbri periodiehe miasmatiche; impetaoohè la Fosia câoè qnelle frondi de' gelsi iatrise negU esctementî del v«rme^ e mesio-deoomposte, allro nos è mai cbe nna meloui semipatrescente, infesta al renne âsteseOy ed infesta air umaaa sainte. Trovossi al proposito di ciô, sotto la mia osservasione nn bambino, il qnale non avea vedata che per dieoi med la laoe; oostat per a ver paasata nna notte a dormîre in nna casa ove antricavasi 11 filngello, cadde vittima di febbre intermittente pemiaiosa, colla impmdeata madra.M
écrto 8ttr la grande peste de 874 , où les saaiereiles noyées dans le canal et rejetées par la mer sur les côtes de la France et de l'Angleterre répandoient une puantenr terrible etc. D'abord ces récits paraissent incroyables, mais la chose cesse de paraître miraculeuse lorsqu'on lit les descriptions de noureaux observateurs qui ont vu des mîllnrdes de ces ananam en putréfaction. Déjà Carré (Voyages des Indes orient. 1699) rapporte qu'il, troom dans le désert de l'Arabie tous les puits changés en des mares contenant une fange putride de sauterelles qui tjoil les hommes et' les animaux qui s'y abreuvoient. Mr. de Buch CCanar. Ins. p. 95) nous informe qu'en 1812 les sauterelles rejetées par la mer couvroienl le sol dans la hauteur de 4 pieds à Fuerteventura I Beauplan, Lichtenstein etc. rap* portent des observations pareilles et quelquefois cinq à dix lieues carrées étoient ainm re* couvertes; on ne doutera plus qu'elles peuvent causer une peste. Après la bataille de Pultawa , et durant la retraite de Chartes XII. Tarmée fut aiTligée par la soudaine venue de sauterelles, qui dévoroient la verdure et couvroient le sol de leurs cadavres qu*accoaK> pagnoient Finfection. — En Egypte elles tombent par millions dans les canaux du NU, et beaucoup d'observateurs y voient une cause de la peste. Encore dans ces derniers tems Mr. Yates (Bgypt, its^climate, diseases etc. II, p. 527) reconnoit en elles une fréquente cause de fièvres malignes 0* Les auteurs anciens les regardoient toujours conme un présage de la peste (v. les citations chez Asso L c. p. 13).
Après ces observations les opinions des anciens médecins qui trouvoient les causes des fièvres malignes dans les quantités démesurées d'insectes ou de mollusques ne peuveal plus être regardé comme ridicules. — Encore dans le siècle passé un des plus grands médecins de r Amérique recomut la cause de la malignité des fièvres de l'année 1741 dans les chenilles innombrables qui rongoient la verdure des prairies 0 Cun episema?)
Aussi des poissons sont quelquefois rejetés en quantité énorme par la mer et leur putréftiction a causé des fièvres malignes. Après la dessiccation d'étangs et de lacs les poissons pourrissent aussi quelquefois et infectent les payis; suivant Mr. de Humboldt eeh arrive annuellement à Acapuloo: jiL'atmosphère d'Acapulco est empestée par les mtasmee qui s'élèvent d'une mare appellée la Cienega del castillo, située â l'est de la viHe : les ean croupissantes de cette mare disparaissent tous les ans, ce qui fait périr une innoodiraUe quantité de petits poissons thoracbiques, a peau mucUagineuse , que les Indiens désignent
*) i*A very fréquent source of fever in Ihe East m Uie sudden destruction of a fliglit of lociifti
tbey eat aud gorge until dUabled : they are thcn often carried away by the wind , or killed by the raia: their liodiea soon putriTy «nd nrension peMilential diseases.^
*)'MThere may be a reason given for Ihis malifnity this laat sammer; besidea Ibat of fewèr drandOTgusts which were rommod wilh the year-beforc, vis the great nomber of groond caterpîtlara, whidi desrtroyed the grass in tlie meadows, from whence this river and the sireams wliieb run into il arwe, and wbich died there, and raiscd a very offensive smetl.^ Cadwallader Coldett on the fever in th* City of New York in 1741. Americ. roed. a phil. Regiâter. I, p. B'U.
80118 le nom de popoyote: ces poissons, qui pourrissenl par monceaux, répandeni dans l'air Yoisin des émanations qne Pon considère avec raison comme la cause principale des fièvres bilioso- putrides qui régnent sur cette côte« ')• J*fti mentionné plus haut (p. 363) une épizootie dans la Russie par les poissons morts de la Sarpa, et (p. 368) l'épidémie de la ville d'Ibarra dans le Mexique par l'immense quantité de poissons qu'avoit rejeté le volcan Imbaburu , et nous y avons fait mention d'un cas où plusieurs lieues carrées furent couvertes de poissons; nous y indiquons de même des exemples qui prouvent l'action délétère des poissons en putréfaction. — On lit une curieuse description d'une immense quantité de frai de poisson qui fut jeté par la mer aux côtes du Cap de bonne Espérance , dans le voyage de la Venus: Annuaire des voyages. II, p. 265. — Beccaria en décrivant Pépidémie de Bologna de l'an 1729 dit: ^coUuviem quoque auxere piscium cadavera, quorum invisa eo anno copia fuit. Nec reticenda videtur, insectorum vis incredîbilis, quam dubitemus utrum insoiitae putredinis indicium dicemus, ancausam? Act Nat. Cur. III, p. 142. Sans doute les animaux sont différemment sensibles pour ces émanations putrides, p. e. le cochon les supporte bien, les brebis au contraire sont très sensibles pour cette influence. — La grande sensibilité des vers à soie pour les effluves putrides est prouvée dans les ouvrages de Mrs. Nysten et Dandolo. Mr. Derheims démontre que les effluves putrides sont une des causes les plus fréquentes des épizooties des sangsues CHistoire des sangsues p. 95).
3. Influences des animaux qui deviennent les csuses de maladies spécifiques.
Suivant la manière de voir de quelques auteurs déjà les maladies miasmatiques, men* tionnées dans le chapitre précédant, sont produites par de petits animalcules encore inconnus; les maladies desquelles sera question dans ce chapitre, ne diffèreroient essentiellement, seulement on oonnoit les animaux qui les produisent: De Pautre côté il faut concéder sans hésitation que l'action des animaux desquels nous traiterons dans les chapitres suivans 4, 5, 6, 7 ne diflftre pas essentiellement de celle dont l'action lious occupera ici, on ne peut pas établir des limites fixes.
La doctrine que toutes les maladies, ou la plupart des maladies, ou au moins beaucoup de maladies étoieni le produit de petits animalcules, est une très ancienne, le système pathologique des anciens Indous la professe dans une grande extension, et il est possible qu'ils connaissoient plus d'animaux parasites que nous, mais en beaucoup de maladies leur doctrine ne panrit pas basée sur des observations. Leur doctrine a passé aux Arabes, mais malheureusement nous ne connaissons pas mieux la médecine^ ^es Arabes que celle des Indous, la plupart des traducteurs furent des ignorans. — La mfime doctrine se retrouve chez des anciens agriculteurs et vétérinaires, p. e. Varro Cde re rustic. I, 12) dit: 9)Crescunt
') Essai politique sur la NouvelUe Espagne. IV, p. 170.
»aiiiaialia quaedam minuta » quae non pogsunt oculi icwsequl, etper^aêra ialua ki eorpora, vper 08 j et oares pervemunt, atqiie efficiuQt difiSeilea morbos.^^ Les mots de Cdiumella (de re rust. I, 5) et de Lucretius sont plus équivoques, peut-être ils parlent seulement des grands insectes. — On ne peut guère citer les Arabistes qui répètent les mois mal compris de leurs maîtres, non plus Ij^s Athanasius Kircber, Ambroise Paré, Zacutus Lusitanus, Porcellus qui débitent plutôt des fantaisies que des idées basées sur des observations scientifiques. Les vues de Lange, Hauptmann, Hedi, Ziegler méritent déjà plus d'atteniioo, elles sont basées sur des observations en quelques maladies et sur leur analogie avec d'autres. — Mais le premier auteur qui s'est occupé de cette doctrine avec circonspection et sagacité c'est Linné: Déjà en 1739 dans la dissert, de Mcmor. insect. (Amoenit. acad. II, p, 406) il dit: ^^Summus rerum arbiter minimis imperat Sironibus, nos caedant,. dum quid sani fuerit a capite ad calcem; ut non loquar morborum et mortis ministros, qui pestem, variolas, purpuram et hujusmodi grassantes immitlunt morbos.(^ En 1752 dans la diss. Miracula insect. (Amoen. acad. III, p. 333) il donne une très bonne description de l'insecte de la gale et ajoute: Tylloc doctissimis nostris medicis ansam investigandi praebuit, numae variai et pleraeque febres contagiosae, exanthematicae, pestis, variolae et syphilis ab Acaris quibusdam ortam ducant.» Dans la même année dans la diss. Noxa insect. (Am. ac. III, p. 342) il prononce: nln acaris forte ignotis causam quaerendam plurimorum cutaneorum morborum, ut Herpetis, Serpigints, Tineae, hand magnopere dubitaverim; imo conjectare fas fuerit, Dysenteriam, Syphilitidem , Morbilios, Variolas, Petechias, Pestem, aliosque omnes exanthematicos et contagiosos morbos, quibus genus bumanum maxime devastatur, originem variis acaris debere.<( Mais il a le plus amplement développé ses vues dans ia dîssert. Exanthemaia viva ( A m. acad. V. ) , où il nomme comme maladies produites par des animalcules: la dysenterie., la coqueluche, la petite vérole, la rougeole, la peste, la syphilis, la lèpre.
Je ne crois pas que Ton doit citer ici F. Hoffmann, car lorsqu'il dit: «Inseda, vermiculorum in aère hospitantium copia et morborum malignorum eausa ^xialit et eos qHoque praesagittt ( M e d. S y s t. II. 2. 4. $. 14), il a plutdt en vue tes locustes et les grands insectes en général, desquels il parle en plusieurs endroits.
Entre les auteurs modernes 'Cekii qui s'a donné le plus de peine pour prouver qne les causes de toutes les maladies et surtout des maladies 'miasmaUques et contagienses, endémiques et épidémiques sont de^^ animalcules, est Mr. Souder i^ avec beauooup de savoir mais non avec le discernement nécessaire, a rassemblé tout ce qui peut parler pour ses vues 0- Mais il n*a pas une seule observation.
Les derniers médecinji qui ont traité C9 sujet, soui Mrs.Neale^ HoIUnd etRaspuiL
*) F. M. Scuderi Elenenta physiologie^ et pattiologica. Catinae 1815. Surtonl vol. I, p. 229 jutqa'A la fin.
Mr. N«al 6 répète* Id traité de Liane, el faiti usa^e 'de qaCdqneg obfervations nouvelles aiir raciioo de quelques ioacclea;. eependaut il ne çonnoît pas^ tous les phénomènes qui pounroieni rendre soutenaUe la deelrine^ elît se» permet des cenetosions hasardées 0-
Lq traité deJfr. Hollande) est écrit aTac béandoup de satoir et avec la circon«* spection d'un praticien éclairé.
Mr. Ras p ail 0 qui possède sans doute de l'esprit aoni bien que de la fantaisie, se laisse cependant entrainer par la dernière, et i( a fabriqué le système le pfais fantastique qui jamais ait été proposé.
Je ne fais pas mention des auteurs qui ont seulement défendu l'anîmaiité des virus, devant en traiter ailleurs. Mais cette doctrine fut déjà professée par Cogrossi, Bocconi, Puccinotti, Acerbi, Giannini etc. V. Bmiliani: Mem. délia soc. med. di Bologne. II. 1. (1831) p. 80.
Jetons un coup d'oeil sur les maladies dans lesquelles les hypothèses des auteurs ont admise la présence d'animalcules (les faits les plus importans se trouvent dans les chapitres suivans): O Les varioles. Linné ne connoit pas d'autre raison que l'action de quelques médicamens, Mr. Sacco veut avoir troBvé des animalcules dans la lymphe de la vaccine, mais personne ne les a pas retrouvés. 2) La rougeole (et la scarlatine selon Scuderi, Neale etc.;). Il n'y a pas d'autre raison que celle mentionnée pour la variole. 3) La syphilis. Selon Linné ses animalcules sont étrangers, introduits. Vu l'analogie avec quelques autres maladies l'hypothèse, pourroit paraiire probable, en vérité Mr. Donné veut avoir reconnu la trichomonas dans le fluide de la gonorriiée, des vibrions dans celui des chancres. Mais la spécificité de ces animaux n'est pas prouvée, et beaucoup d'observateurs ne les ont point trouvé. (En vérité Mr. Weber et Mr. Desault vouloient en avoir vu aussi.) 4) La lèpre et Péléphantiasis, Mr. Raspail ajoute le Pian; pour cotte dernière maladie des analogies pourroient parler, mais il n'y a pas d'observations; Mr. Raspail assure que les créoles soutiennent que le pulex pénetrans en est la cause, comme du mal de Barbade, mais c*est contre l'observation générale. Quant à la lèpre d'anciens observateurs ont déjà accusé certaines mouches, mais la chose est fort peu probable. 5) Le charbon épizootique (Milzbrand). C'est là une maladie qui la voix générale du peuple dans la Suède et dans la Russie, aussi dans la Bourgogne (puce de Bourgogne) prononce d'être produite par un animal: C'étoit la ihmeuse furia infemalis qui en tombant de Tair devoit causer cette maladie; les recherches de l'Académie de Stockholm prouvèrent que l'animal auquel même Linné croyoit, n'existoit pas; cependant on croit
') A. Neale on the Linneeao doctrine of animale Contagionn. Lond. 1831. *) H. Holland médical notef and reflecitona. 3^ éd. Lond. 1840. p. 567 •) F. V. Raspail histoire naturelle de la santé et de la maladie. Paris 1843. 2 roU.8. Je regrette cependant de n*aroir pas encore va la seconde édition qui rient de paraître.
encore à on animal, surtout dans la Sibérie, P alias robserralour droonspeci el critique y fait foi ')» et Pobservateur le plus exact de nos tems Mr. Haupt répète les descriptions de la maladie qui poussoient Pallas â accepter un insecte, dont la piqikre paroit eonumuii-* quer le mal. Cependant il est probable que des mouches et des cousins, si innombrables dans la Sibérie, communiquent la maladie, comme ils le font aussi chez nous, savoir de bi manière expliquée plus bas dans le Oîème chapitre; pourtant je ne nie pas qu'il y a aussi chez nous des cas ou une origine vermineuse de la maladie ponrroil paraître probable. 63 Que les Ophthalmies endémiques et épidémiques, contagieuses, soient produites par des animalcules, p. e. par des mites, est une opinion professée par des médecins de tous les tems. Que des poux entre les cils excitent quelquefois des ophthalmies est une chose connue et je l'ai observé moi-même plusieurs fois, mais je ne crois pas que dans les observations suivantes on est autorisé à présumer la présence de poux ordinaires, peut -être c*étoient des mites: «Sirones intra oculos generari posse, quibusdam impossibile videtur, sed id fieri vidimus, et ex epistola D. Le Jeune regii chirurgi, ad Jacobum Guillemaeum oiim factum esse accepimus, cujus haec sunt verba: Scias inquit, quod in membrana conjunctiva, sirones quidam majusculi, vagis hic illic reptatiunculis ac morsibus tantum excitant pruritum, ut abstinere quin frices haud possis? Ego hoc in casu, remediis usus sum a majoribus contra phthiriasin praescriptis, sed sine ulia utiGtate. Tune amici aegrotum ad foeminam miseront, quae coram me acu argentea adeo dextre, et nullo cum dolore sirones extraxit, ut mihi miraculé esseti Et sane nisi propriis luminibus gradientes bestiolas vidissem, sirones ibidem ortos fuisse nnnquam credidissem.a Moufet Theatr. insect. II. 22. Mr. A dams (Observations on morbid poisons) rapporte que Mr. Banks lui a communiqué le fait suivant: Se trouvant en 1769 à Olaheiti plusieurs personnes^) de la brig Endeavour furent pris d*une très vive démangeaison des paupières, et AirenI guéri par une femme d*Otaheiti qui avec deux aiguilles de bambou retira un très grand nombre de très petits poux d'entre les cils; ils furent â peine visibles é l'oeil nu, mais mis sur l'ongle d'un doigt on distingua fort bien leurs mouvemens (v. plus bas le Tiëme chap. sur les Eye-flies). Je possède beaucoup d'observations sur la ténacité étonnante du virus fixe de l'ophthalmie d'Egypte. 7) La peste. Les anciens on déjà beaucoup parlé des mouches et des animalcules de la peste, mais personne ne les a pas encore vu; des observations comme celles communiquées par Mr. Zucker ') ne peuvent rien prouver Cnon plus l'assertion de Mr. Kreysig), les raisons mentionnées par lui sont les mêmes qui
') yiAui den obigen nmstftnden nnd ans den gufïUen der kraokheit selbst scheinl ziemlich klârllch ZQ folgen, dass ein in der luti herQmschwebendef , deo bloaaen aogen vielleicht fasi umiobtbarra iiag»ziefer die grunduraach der seuche aei « Reiaen in yersch. prov. dea Raaa. Reichs. II, p. 224.
*) Dana lea caa de phlbiriasis ocali que j'ai obserré, la maladie ne a'est jamais communiquée â d*i tres^ c'étoient des cas isoléa. Aumî les phénomènea ne aont paa les mêmes.
*} Bessarabien yon J. H. Zncker. Frankf. 1834. p. 41.
rendent probables la présence d'animalcules dans beaucoup d'autres makdies contagieuses. 8) La dysenterie, maladie dans laquelle déjà Bartbolin, Rolander et Linné veulent SToir vu des animalcules microscopiques, et beaucoup d'auteurs insistent sur l'observation bien prouvée que la dysenterie épidémique est très souvent la suite de l'usage de l'eau des mares, remplies d'animaux de différentes espèces. Je suis de l'avis ^e c'est une des maladies où l'hypothèse est le plus probable, mais elle reste à prouver I 9) Le choléra. Mr. Mouat et plusieurs auteurs Italiens ont décrits les animaux du choléra, beaucoup d'auteurs les supposent, et je pense que c'est mie des maladies où leur présence est fort probable, mais personne né les a pas encore observé, les descriptions données ne sont d'aucune valeur. 10) La fièvre jaune. Plusieurs auteurs les ont supposés dans cette maladie, et un médecin Américain fait des remarques assez sagaces 0 qui s'appliquent aussi à d'autres maladies épidémiques; mais les animalcules restent à démontrer. 11) La coqueluche. Aussi dans cette maladie les médecins ont supposés des animalcules depuis très iong-tems, et surtout à cause de la manière qu'arrive très souvent l'infection, on a présumé la présence d'animaux dans l'exspiration pulmonaire, mais il n'y a pas d'observation du tout. — Si l'on veut se permettre des hypothèses on ajoutera avec la plus grande probabilité à cette h'ste: 12) La gale de l'IIlinois CNewhali New England Journ. XIII, p. 134 et plusieurs voyageurs) et 13) la gale du Malebar, qui sont probablement produites par
') ni wiU with Dr. ChUholm iuppoie, that (in 1793) onder pecnlisr circQmf tances of coBoentrated heat and animal fillh, on board tbe flave-sbtp Hankey, on the coasfi of Africa, ihe insects forning the miasmata of that climate, produced a brood unusually venomoui; that in ihe ship, or ils atmosphère, a considérable number of them were transported to the island of Grenada, where, finding a congenial climate, ihey soon propagated their species, in infinité numbers, and spread themselves, eîther by their own flight, by the course of the trade wind, or by tr.nsportation, in vessels, from island to island, till they reachcd Cuba and Jamaica, the Floridas and Louisiane; from most of the ports of which, vessels were continually trading to the port of Philadelphie: that one at least, of thèse vessels arrived at Philadelphie, in July, 1773, having, in htr hold, a great quantîty of coffee; that she had also, under her hatches, a considérable volume of the warm atmosphère of thaï climate, replète wilh thèse i visible animalcules, of tbe most poisonoos grade; ihat tbe bilge-water, in which d^maged coflTee was plentifully infused, was continually breeding innnmerable and successive swarms; that upon the arrivai of the vessel at a wharf, near Sassafras -slreet, and opening the hatches, thèse swarms flew oui; infccted the persons who ÛrsX came wîthin their reach; proceeded immediately to deposit their eggs, in every puddie or gotter of the neighbourhood ; and spread Ihemselve , from wharf to wharf and street to street, until, in tbe short space of three or four weeks, the whole atmosphère of the city and districts was poUuted by living miasmata, which reighned till aboot the 2S^ Oct.^ when a sharp frost put an end to the foreighners, incapable of bearing the rigours of a climate not their own. (It is remarkable, that those few, who first are taken, by coming wilhin the sphère of tbe imported miasmata , ail die. Twelve or fourleen days intervene, before the awarms generated bere give a second infection: of thèse some are known to recover; and the further the ieason advances, Ihe lésa TÎmlent ts the disease; the new broods, in every génération, partaking more and more of the coolneas of antomn, become gradually less powonous, infect fewer patienta, and Ihoae more sligbtly.) Amerie. m éd. a. pbiL Régi s ter. I, p. 372. La dernière observation de Tanlenr est très sonrent confirmée.
quelque mile; enfin 14) le bouton d'AIep qui oflDre de Pànaiogio «yee la nudadie causée par le Rhynchoprion. Peut-être les maladies des anlmani donneroient enoore plus de chances de trouver plus souvent des animaux comme causes, que les maladies de Phonmie.
Jusqu'à présent le nombre des maladies dans lesqtl^es des animaux ont élé reconnus comme causes, est fort restreint!
1) D'abord c'est la gaie de l'homme et des animaux. La connaissance de Tiasede de la gale paroit être très ancienne dans l'Orient, les médeains Arahes le connaissent parfaitement bien. C^est incertain si les habitans du midi' de PEurope doivent cette connaissance aux Arabes, on si le peuple y est parvenu de soi-même, chose qui ne seroit pas étonnante, car l'animal paroit être plus grand dans le midi, aussi chez nous c'est très difficile souvent de trouver l'animal pendant les froids de l'hiver, au conlraire quand il fait très chaud, surtout dans la gale pustuleuse, il sort quelquefois de soi-même; ce qui est bien certain c'est que le peuple dans l'Espagne, la Corse, la Sardaigne, l'Italie, à Madère, possédoient cette connaissance, et que les bonnes femmes de ces pays guérissoient la gale en retirant Tanimal, bien avant que les médecins y songeoient. Aussi on trouve la première indication de sa connaissance chez les savans dans le Dictionnaire délia Crusea de Tan 1612, où sous le mot Pellicello se trouve l'explication: ë un piccolissimo bacolino, il quale si gênera a rognosi di pelle in pelle, e rodendo cagiona un acutissimo pizzicore. En 1664 G. Laurenzio dans son Amalthea dit â l'article Acarus: Vermiculus exiguns subcutaneus rodons (pidicello;), et sous le mot Teredo: Verrais in ligne nascens; caries; item acarus rodens carnem sub cute Cpi<licello).
Cependant la connaissance des Arabes avoit aussi passé aux médecins de l'Occident; je n'ai pas tenu des notes exactes et je ne suis pas encore sûr qud auteur en parle le premier, mais J. Lange (Miscell. epistol. varia Basil 1554. IL ep. 42^ dit: «Sunt enim syrones, inquit Abinzoar, pedecelli, Arabibus assoabat dicli, qui subter cutem et ad manus, et crura serpunt; pustulas quoque aqua plenas sub cute, ubi delitescunt, excitant: qua dissecta prorepunt animalcula tam parva, ut vix visu, quamvis perspicaci, aegre deprehendi possint.u Scaliger 0 ^n ^^^7 nomme les sirons la plus petite espèce de poux. Ambroise Paré (1585) en parle peut-être seulement après les auteurs arabes^ ses mots ressentent Parabisme ^) , et il n'en avoit pas parlé dans les premières éditioiis. Dans le même siècle Gabucinus, Ingrassias en Italie et Joubert dans la France en firent mention. — Moufet (Theatrum insect. L. 1634. cap. 24. p. 266) les décrit
■) Exoteric. obserr. libr XV. 1557, exerc. 174. 7.
') nLeê droDs sont petite animaox toutioars cachés ioos le cuir, sons leqael ils se trainent» ranaent «et rongent petit è petit, excitant une fâcheuse démangeaison et gratelle. Ils sont faite d'nne matiéra seîdie, ifhqueUe, par défaut de viscosité, est divisée et séparée, comme petits atomes rivans. Les cirons ae éoivcnl vtirer avec éspingles on aiguilles** etc. Ed. Malgaigne III, p. 270.
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plus exaoteinciit mais probablement UMyoars en puisant dans les mêmes sources que A. Paré (il cita Ibn Zoar), il dit: s^Les syrons sont les plus petits de ces antmalcules qui se iennent cachés constamment sous l'épiderme, sous lequel ils rampent, à la nuaiière des taupes , le rongeant et y excitant le prurit le plus incommode. Ils sont formés d'une matière plus sèche que les morpions, qui faute de viscosité, se divise presque en atomes. lis naissent quelquefois sur la tète , ou ils rongent les racines des cheveux , ce qui les a fait nommer par les Grecs, des teignes xqixo^qwvovçy Tçixox^xrctç , tQiHofioçovg» Quoi qu'il en soit, Tacare habite sous la peau, surtout des mains, y creuse un sillon souseutaaé (euoiculum), eu y excitant une très vive démangeaison, surtout lorsqu'on approche du feu les parties envahies. Si on le retire â la pointe de Taiguilie et qu'on le pose sur l'ongle, on le voit se mouvoir à la chaleur du soleil Si on cherche à l'écraser, il crève avec bruit, en rendant un virus aqueux Il n'est pas inutile de faire observer que ces syrons n'habitent pas dans les pustules elles -mêmes de la gale, mais tout auprès; car il est de leur nature de vivre non loin de l'humeur aqueuse qui est rassemblée dans la vésicule et dans la pustule, et de périr, dès que la vésicule est desséchée.*^ Il ajoute qu'on les nomme en Allemagne seuren, qu'il a vu les extraire par une femme allemande qui nomma cette opération seurengraben. — En 1650 A. Hauptman en parla dans une épitre: 9»Cridones et vermiculi illi corrodentes in morbillis, scabie et pustulis, Cyrones sive Acari, quos Germani Reitliesen appellare soteot'' et dans un autre ouvrage en ajoutant une figure rudement ébauchée: «Cyrones sive Acari sunt vermiculi minimi, corrosione camis et cutis orti, summum pruritum excitantes, variorum generum pustulas, maligna et atrooia ulcéra causantes*' ').. En 1660 Hasenreffer CNosodochium) parla de ces animaux sous le nom de jjlebendige seuren. <« En 1682 Ettmûller donna dans les Acta Eruditor. des .figures qui regardent cet animal ou peut-être plutôt celui des comédons. — En 1687 un apothicaire a Livoume, Diacinto Cestoni, étant rendu attentif par les mots dans le dictionnaire délia cmsca, et ayant vu extraire l'animal par des vieilles femmes, écrit une lettre sous le pseudonyme Buonoroo è Redi, et en 1713 une autre sous son vrai nom i Vallisneri, dans ces deux lettres il prouva que la gale étoit seulement produite par l*Acarus, il donna des figures oomparatives de TAcarus du fromage, et de l'Acarus de la gale. Le^ figures de Cestoni furent copié en Angleterre par Mead, en Allemagne par Schwiebe^), Linné reconnut bien (I. c.) que l'Acarus étoit la seule cause de la gale, il indiqua bien sa manière de vivre: y^Non dubito paucos admodum fore, qui inseeta hane scabiem causare credant; accuratius vero adspicientes scabiem e. gr. manus nostras inquinantem, veaiculam primo reperient excilatam, non procul vero ab illa in ruga cutis punctum quoddam fiisoim ; acus aculeo ledS minime eximiiur, quae ungui imposita et halitu oris afOata, in ungue
*) Uraller Wolk^ns teiniiclie-r warmer Bad- und Wasser-Sckati. 1657. p. 154. *} Bananai au «onlrairo doana la flfire d*iin awrpmi ta lieu 4*an Acarui.
cursitaLtt Mais sa déscriptioD est manvûse, et il confond la mite de la gale avec la udle de la farine et avec celle du fromage. Probablement c'est une erreur quand Linné dit: In infantibus recens natis expérimenta bene observata sunt, qui sub mento, axillis et In ingninibtts flore Zinci vel Nibilo albo, ad humiditates exdccandas et exooriationes praecavendas, conspergi soient. Si mater aut nutrix infantem farina cereali, in qua acari saepis* sime habitant, adsperserit, infans in ea parte primum, et toto tandem corpore^ scabie hborabit.'^ Hais je ne nie pas que le soupçon m'est déjà venu, surtout chez des bouiangen^ si la mite de la farine passeroit peut-être aussi quelquefois à Thorame? — Fabricius a commis la même erreur que Linné , mais il rapporte qu'il a vu aussi des Groenlandaises qui savoicnt retirer l'acare Cqu'ils nomment Killib-Innua) avec une aiguille. — De Geer (Mém. vol. VII) a corrigé ces erreurs, il distingua les trois espèces d'acarus farinae, casei, scabiei, confondues par Linné (qui cependant dans les derniers tems avoit entrevo que dans la scabies quMl nomma ferina [(Lyçia Cels.], il y avoit une mite différente de celle de la farine, qu'il nomme A. exulcerans). — Casai CHist. nat. de Asturias. 1762. p. 314> qui est très mai versé dans la diagnose de la gale, a cependant une parfaite connaissance des sirons; jjSirones (animalia profecto minima eorum, quae nudo oculo perdpere vnle* mus) in scabiosorum corpore, manibus praesertim et pedibus, sub epiderme (I) gen^unlor: Vocantur in bac regione Aradores, et merito, arant enim senper inter cuticulam et cotem, progrediunturque , quasi cuniculi, et canaliculum longum instar sulculi relinquunt, qui sub Clara luce, satis manifeste, acuto visu praeditis, se ostendit. Incredibile autem est, quantum bestiola haec pruritus inférât. Dexteritate eximia, acus cuspide, extrahunt eos nonnuUi^ et in tabula polita ponunt, ibidemque aperte cursus eorum percipitur; et si ungne comprimantur, crépitant velut pediculi et lendes, serumque limpidum, pro sanguine mittnnt* Cette dextérité des bonnes femmes d'Espagne est mentionnée par plusieurs voyageurs. — En 1786 Wichman observa Tanimal, le reconnut comme cause exclusive de la gale, el en donna de mauvaises figures CAetioIogie der kritze. H. 1786). — En 1788 J. Hun ter rapporte qu'il a vu, à la Jamaica, retirer avec une aiguille les insectes de la gale, et qu'il est persuadé que la gale est le produit exclusif de ces insectes (On the diseases of the arm. In Jamaic. trad. allem. p. 219). — En 1807 J. Adams rapporte qu'il a vu extraire l'insecte par les bonnes femmes é Madeira (On morbid poisons p. 299) et il expose bien où il faut le chercher: «Dans la recherche de l'insecte, on ne doit pas examiner la vésicule , mais si l'on voit partir d'un de ses côtés une ligne rouge, qui vue â la loupe présente des renflémens, on trouvera au bout de cette ligne, qui a environ un quart de pouce de longueur, une élevure rougeâtre, en apparence sèohe et ferme. Dans ce point avec une bonne loupe, on peut quelquefois découvrir l'insecte; wtim dans tous les cas c'est le seul endroit où on puisse espérer le trouver.» — En 1809 un vétérinaire allemand, Mr. Walz découvrit l'insecte de la gale des moutons, il le reconnut la cause exclusive de la gale de ces animaux. -^ Malgré tant d'observateurs les médecins,
négligeant les conseils donnés par Monffet, Linné, Adaoïs etc.^ ne parent retronver l'animal, et après qu'nn Gascon, nommé Gales, avoil mystifié, en 1812, les médecins de Paris en leurs montrant la mite du fromage au lieu de la mite de la gale, tout le monde étoit persuadé que l'animal n'existe pas^ et est encore moins la cause de la galer.
Cependant Mr. Lugol et Alibert avoient promis un prix à ceini qui trouveroit l'animal: Un- étudiant en médecine, Mr. Renucoi de la Corse, qui atoit vu extraire Pinsecte par las bonnes femmes de son pays, indiqua en 1834 anx médecins de Paris la manière de trouver et d'extraire Tanimal (Gazette des hôpitaux de Paris. 1834)« Dès oetems nous possédons une parfaite connaissance du sarcoptes scabiei^ et nous savons qu'il est la cause exclusive de la gale (Raspail Mém. comp. sur l'histoire naturelle de IMnsecte de la gale. P« 1834. — Gras Rech. sur l'acarus ou sarcopte de la gale de l'homme. P. 1834).
Bientôt on ne manqua pas de découvrir que tous nos animaux domestiques et une foule d'animaux sauvages portent aussi des espèces de sarcoptes comme cause de leur gale. Malgré la différence spécifique ces sarcoptes passent assez souvent d'une espèce d^animal sur l'autre, chose de laquelle je dois traiter plus amplement dans une pièce justificative (Gurlt u. Hertwig Magaz. fur thierheillc. I, p. 137).
La redécouverte des sarcoptes des animaux peut être regardée comme le commence* ment d'une nouvelle ère dans la science, car on peut déjà entrevoir qu'il y aura beaucoup de maladies qui sont causées par des animaux.
2) La seconde découverte est celle d*un animal dans les sacs pilifères, et surtout dans les crinons ou comédons de la peau. Probablement pas inconnu aux anciens, probablement entrevu par Ettmûller (Act. Erudit Lips. 1682. p. 317) et Bassignot CHistoire do la maladie connue sous le nom de crinons C^ém. de la soc. r. de Méd. 1776. p. 173), cet animal a cependant été bien observé et figuré pour la première fois par Mr. Simon C Mû lier Archiv. 1842. p. 218). La découverte fut bientôt confirmée par Miescher CVerhandl. d. naturf. ges. in Basel. 1843. p. 191), ErdI (Gel. Anz. d. k. baiersch. Ak. 1843. N. 146), Valentin (Repert. 1843. p. 248), dans l'Angleterre par Owen, Tulk, en France par Gervais. Dernièrement par E. Wilson (Philos. Trans. 1844. p. 305). Entozoon foUiculorum , Acarus follic, Demodex follic*
Déjà on vient de découvrir une autre espèce de cet. animal dans le chien dans l'An-» gleterre et dans la France. Des observations de Mr. Gruby paraitroient même prouver que des animalcules qui seroient normaux dans une espèce d'animaux pourroîent causer des accidens fort graves s'ils sont transmis à une autre espèce.
Mr. Miescher a déjà décrit d'autres espèces de sarcoptes qui vivent sous la peau et dans les sacs aériens de plusieurs oiseaux (Yerhandl. d. naturf. ges. zu BaseL 1843. p. 183), et Mr. Creplin encore d'autres autour des articulations de la Strix fiam-* mea (Wiegman Arch. 1844. I, p. 118).
3) La maladie connue sous le nom de Phibiriasis consisie dans le déTeloppement d'animaux sur tout le corps qui ne sotA pas encore décrits; ces animoax ne sont pas de poux, non plus de Sarcoptes, ou d'Acarus, mais probablement ud nouveau genre d^Aca* rides. Il y a 15 années j'ai observé un cas fort remarquable de phthirîasis, il n'y avoit pas d'abcès , pas de prurigo eta je ne powois que supposer que les animaux sortoient des follicules pilifères ou sébacés* Malbeureusemenl je perdois de vue le malade avant sa mort.
On peut bien présumer que le nombre de ces nosozoaires sera bientôt oonsîdérablement augmenté.