De rictioD dei vrait épiiotires
Nous avons déjà remarqué plusieurs fois que nous ne pouvons pas fixer des limites entre les nosozoaires, les entozoaires et les épizoaires, non plus entre les vrais épizoaires el les épizoaires fortuits, et le passage de ces animaux surtout des épizoaires venimeux aux animaux rapaces, est si insensible qu'il devient difficile de les discerner et classer; mais sans doute ce rapprochement et cette comparaison sera d'une grande valeur pour la nosogenie. Les bornes de cet ouvrage nous forcent cependant de restreindre nos recherches.
Nous nommerons vrais épizoaires ces animaux qui pour pouvoir vivre sont forcés de passer toute la vie ou une période de la vie sur le corps Cou dans le corps) de Tune ou Tautre espèce d'animal. Cette définition est manque, parcequ'ii y a de ces épizoaires qui sont plutôt entozoaires, et il y en a que Ton peu regarder comme de vrais nosozoaires. Ils ne sont pas venimeux, mais ils vivent des parties de Tanimal, mangent ou le suc intercellulaire, ou le sang, ou des parties cornées de la peau.
Si Ton a en vue le règne animal en général, il y a des épizoaires de toutes les classes des avertébrés, même les plus petits animaux portent encore des épizoaires, p. e. il y a de petits Acaridiens qui portent d'autres Acaridiens sur soi comme épizoaires; sur les cétacés il y a des crustacés et des mollusques épizoaires. Mais si l'on regarde seidement les oiseaux et les quadrupèdes de la terre, les vrais épizoaires de ces animaux sont des arachnides ou des insectes O-
En général on ne peut pas méconnaître qu'une nutrition maladive, un état cachectique de l'organisme, sur l'homme comme sur les animaux, amène souvent une grande multiplication des épizoaires ordinaires, et même l'apparition d^épizoaires extraordinaires; il se répète dans ce cas une observation faite il y a long-tems, par les agriculteurs et surtout par les forestiers , sur les plantes cultivées, p. e. les pins, qui pullulent aussi d'insectes parasitiques lorsqu'elles deviennent malades. — De l'autre cété on ne peut pas nier que la présence des épizoaires augmente la cachexie et rend malades les animaux.
*} Pour ooe liste des «aimaux et des organes dans lesquels on a trouvé des entozoaires, v. Gurll: Archir f. Naturgesch. XI, p. 270.
') Pour les insectes épizoaires en général t. Nitzsch familien nnd gattungen der thierinsectca : Germa r. Ma g. d. Entom. III, p. 261. — Pour les épizoaires des animaux domestiques v. Garli Mag az. f. tbierheilk. VIII, p. 409. IX, p. 1.
Les Acaridieiu que nous avons vu apparaître oonuBie aosozoaires, que nous envisagerons dans le chapttre snivani comme des épizoaires faux, existent probablement aussi oomme vrais épizoaires, mais les espèces sont encore inconnues: p. e, un Mr. Lieder dit que des animaux de cette espèce se trouvent dans l'Egypte dans les ulcères des hommes CKeferstein L c. p. 13), un vétérinaire Suisse donne la figure rude d'un tel animal qui causa une maladie cutanée aux boeufs et aux chevaux CSchweizer Arch. f. thierheilk. XII, p. 388), Brocchi donne la figure d'un tel animal qui infeste les chameaux dans le Seunaar de manière qu'ils en meurent CGiornale di viaggi. Y, p. 378. tav. 7). Mr. Hering à découvert un Sarcopte dans les ulcères cardnomateux des oreilles du chien, et un autre dans le cancer de la fourchette du cheval CVerhandl. d. Acad« d. Naturt XVIII, p. 600. 607). Sur les oiseaux les genres Analges et Dermanyssus, qui quelquefois sont passé sur les quadrupèdes et mémo sur Thomme.
Les Aptères qui vivent sur les quadrupèdes sont assez mal connus, sur l'homme vivent les genres Pbthirus (Ph. inguinalis) et Pediculus CP* capitis, vestimenti, tabescentium), sur les quadrupèdes encore le genre Haematopinus , en beaucoup d'espèces.
La famille des Mallophages vit dans les poils et les plumes des animaux, ce sont les genres Gyropus, Liotheum, Trichodectes, Philopterus, en nombreuses espèces.
Les insectes qui passent seulement une partie de la vie sur le corps des animaux sont: Les puces. Pulex irritans chez l'homme, d'autres espèces chez les animaux, vivent sur les animaux seulement dans l'état parfait. La Nigua ou le Bicho (Pulex penetrans) animal des plus incommodes des pays chauds qui passe sur le corps de l'homme et des animaux pour y pondre et se propager Çy, les auteurs nombreux cités de Mr. Keferstein p* 128) Oy I^ ulcères malins qui en sont la suite ont souvent causé la mort des animaux, quelquefois aussi celle de Phomme.
Les Oestrus et Gaslrus vivent dans le corps des animaux pendant Pétat de larves '). Ces insectes en déposant les oeufs sur la peau des animaux ne leurs ibnt pas de mal, et cependant ils en ont tellement peur qu'un seul insecte quelquefois suffit pour mettre en fuite tout un troupeau, le bruit qu'ils font ne peut pas être la cause, c'est un instinct de prévoyance.
L'oestrus bovîs qui nous est le mieux connu dépose ses oeufs sur la peau des bovines, où les larves édosent bientôt et s'enfoncent dans le tissu cellulaire sous la peau , forment un abscès, vivant du suc cellulaire et du pus, et en sortent après 8 é 10 mois (chez nous) pour se transformer en chrysalides dans la terre. On dit que c*est le même oestrus bovis
■) Mail la déMriplion qui paroit ^tre la plus eiade: Ren^ger Reiaa p. 276.
*)Bracy Clark Obferrationi on tbe geoui Oestrus. L. 1796. Lino. Trans. vol. lU. et Lion. Trans. XIX, p. 1. — Nnman flber die Bremsaolarren , Abers. m, insàtsen voa llerCwîg. B. 1638. — Schwab d. Oeslraciden. M. 1840.
qui dépose ses oeufs sur la peau des cerfs, chevreails, qnelqQefois des chevaux, ânes, lièvres etc. — L'oestrus tarandi dépose ses oeufs en 1res g^rand nombre sur la peau des rennes 0 9 ^^^^ ^^ Laponie , on croit que c'est le mémo oestrus qui tourmente les rennes dans TAsie et dans PAmérique. L*oestrus trompe vit probablement dans la peau des cerb, des chevreuils etc. L'oestrus antilopes Palhis. dans la peau des antilopes dans la Russie en nombres énormes Cl^edebour). L'oestrus stimulator probablement dans la peau des chevaux* Oi| ne connoit pas encore la manière de vivre de Toestrus pictus dans l'Europe, de Toestnis fasciculosus Lepech. dans l'Asie, de l'oestrus auribarbis et oe. rufibarbis dans l'Amérique, oe. libyens de l'Egypte, oe. Clarkii de l'Afrique australe. Mais nous ne connaissons que le plus petit nombre des espèces, déjà chez nous les oestrus des cerfs, des chevreuils, des chamois qui en souiTrent beaucoup, des lièvres sont mal connus, ils sont beaucoup plus fréquens dans les pays chauds, p. e. toutes les antilopes en souffrent beaucoup, Mr. Rengger parle de ceux du Cervus paludosus dans le Paragay, de ceux du jaguar etc. Probablement il y a, dans l'Amérique aussi un Oestrus dans la peau de l'homme, si ce n'est pas une espèce distincte (Oestrus hominis) c'est probablement une des espèces fréquentes des ani* maux de cette partie du monde qui s'égare de tems en tems sur l'homme '). La dernière opinion me paroit plus probable, car aussi chez nous des larves de l'oestrus bovis, cervi se sont quelquefois trouvés dans la peau de l'homme '). — L'oestrus cause toujours une maladie, mais nos animaux domestiques n'en souffrent pas beaucoup s'il n'y en a que peu, si les larves sont plus nombreuses ils maigrissent considérablement, cependant on assm'e (Rychner) qu'ils engraissent d'autant mieux après la sortie des larves; les antilopes dans la Russie en souffrent beaucoup et en meurent quelquefois CLedebour), les cerfs et les chevreuils p. e. dans ma contrée en sont tellement infesté dans les mois de Mars et d'Avril qu'ils deviennent très maigres; Linné Cl* c. p. 156) assure quelles causent quelquefois la mort d'un tiers des rennes domestiques (les sauvages n'en souffrent pas beaucoup) et on les regarde comme un fléau dans la Laponie.
Les espèces d'oestrus les larves desquelles vivent dans les cavités nasales des animaux sont encore moins connu. La plus connue c'est TOestrus ovis: il dépose ses oeufs
0 Linné CSchwed. Abh. I, p. 147) a bien décrit que les oeuGi éclonent sur la peao^ et la lanre s*enfonce dans la peau par un trou qu'elle tient ouvert pour respirer; les observateurs ont mal obserré disant que l'oestrus dépose l'oeuf sous la peau.
*) Les auteurs sont: Linné fils (1780) Neue nord, beitr. I, p. 157. — Père Gilij nachr. voa Guiana u. vom Orenoco; a. d. Ital. 1785. p. 206. — A car a Reisen m America I, p. 107 — 123! — Hunboldt Géogr. à. plantes p. 136. — Prinz von Neuwied Reise I, p. 191. — Say ionm. of tbe Ac. of nat Se. of Philadelphia. IL 2! — Hill £dinb. new phil. ionrn. XVI, p. 280! — 'Poeppig Froriep Not. XXXIII, p. 103. — Howship Med. chir. Trans. voL XVIII! — Ronlin AnnaL soc. eotom. U, p. 518. — Guyon ibid. p. 525. Instit. 1838. N. 238. p. 229. — Andouin ibid. — D'Abren dans Sîebold : Wagner HandwOrterb. d. Pbysiol. II, p. 655.
•) Rees Cyelop. art,.- BotU. — Preuss. Vereinsi. 1837. W. 36. p. 178.
snr les lèvres , A l'entrée du ne2 , les larves qui en éclosent entrent le nez et se fixent de préférence dans les sinus frontaux , mais aussi dans d'autres endroits de Porg^ane oVactif des brebis, on pense que c'est la même qui se trouve dans les nez de la chèvre, du cerf^ àù chevreuil; on ne sait pas si c'est la même qui se fixe dans le nez des chamois, des chameaux; on ne connotl pas bien les larves du nez des rennes, on a cm que c'étoit l'oestrus trombe ; les larves de l'oestrus lineatus se rencontrent dans le gosier du cerf. Probablement ces larves ce rencontrent aussi quelquefois, dans les pays chauds, dans le nez de l'homme ')• — Peu de larves ne paraissent pas faire grand tort aux animaux, mais les brebis et les rennes souffrent beaucoup si elles sont en grand nombre.
Les larves des Gastrus occupent le canal digestif. Le gastrus equi dépose ses oeufs sur les poils du cheval, surtout aux pieds, lé ils éclosent et l'animal en léchant les transporte dans la bouche; l'endroit oA les larves se fixent ordinairement, est la première partie de l'estomac couverte d'un épitélium épais, on en trouve quelquefois de centaines, lorsqu'eUes sont développées assez pour se changer en chrysalides elles sont évacuées avec les faeces, elles restent é peu près huit mois dans l'estomac. Les larves de l'oestrus haemorrhoidalis se fixent dans Testomac dans la première et dans la seconde partie, après s*être détaché de l'estomac elles se fixent de nouveau dans le rectum et y passent quelque tems avant d'être évacué. Les larves du gastrus salutaris se fixent ordinairement dans l'antrum pylori. Les larves du gastrus nasalis s. veterinus se fixent au même endroit, cependant selon quelques auteurs aussi dans le gosier et dans le nez, non seulement du cheval mais aussi du cerf et de la chèvre , ce qui est encore douteux. Les larves du gastrus pecorum doivent se trouver dans les intestins de plusieurs animaux. On a déjà compté 1065 larves dans un seul cheval et le nombre est quelquefois encore plus grand. Les larves percent la pituiteuse et doivent donc se nourrir de suc cellulaire ou de pus. — Les anciens vétérinaires trouvoient les causes de toutes les maladies dans ces larves, A tort sans doute; Mr. Rudolphi et Mr. Grève pensent qu'elles sont tout -A- fait innocentes: Si elles n'existent pas
') V. tnrtout: J. Hunter Kraokheiten in Jamaica p. 218. nEf gibt in Jamaica eine grose fliege oder bremse, die oft eine schreckliche krankheU dadurch hervorbringt, dass aie ihre eier in den inond oder in die nase legt. es ereignel sich dièses ôfters bei Negern und ^yir hatten auch unter den europâiscken gemeinen soldàteo davon einige beispiele. wenn dieie leule mil offenem munde in freier luft schlmfen, so legt dièses insekt seine eier gewôhniicher weise in ihre nasenlôcher. sind sodann ans diesen eiern maden geworden, und woUen solche herauskriechen, so ents(eht dadarcb ein auserordentlich heftiger schmerx und entzûDdung, so dass die unglûcklichen personen, bei denen sich dièses ereignet, fast ihren rersUnd darflber verlieren. die anzahl der abgehenden maden ist zuweilen sehr beirfichtiick und es sind dieselben sehr groa, Indeni aie fast einen halben aoU in der linge haben.» Smilh diseases of Peru. Edinb. med. a. snrg. Jonm. toI. LVIU (1842) p. 00. nWe may hère remark, that persons who, in warm districU, where the air is mild, Uie sky serene^ lie ont much in tbe open fields nnprolected from the insecte Ibat swarm aronnd them, are liablc lo hâve maggoU generaled in Iheir nostrils or frontal si- ■asses«* etc. Mais aussi dans l'Europe.
w très grande qa*nlité , et si les intestins sont eRtièremeat stins eela peat Mre le cw, mais il y a des observatioiu où elles ont perforé les intealins (Percivali II, p. 219). BUes OBt causé la mort en se tixaai sur des places extraordisaîres , p. e. on cbeval owanl avec les symplAmes do croup (Uurtrel d'Arboval dict. IV, p. 343;), aprèa la mort on trouva cinq larves fixées sur les bords de la glotte, la lonqueuce du larynx enflamaée. llr.Gûnlher (Nebel u.Vix Zeilsehr. I, p. 357^ communique une observation pareille.