SI
coup et qai amème de grandes {Certes, liaiheàreisémeiit je ne peux pas deviner la natnre de la maladie, et je ne me souviena pas qu'un* autre voyageur en ait Tait mention *)•
Les mouvemens forcés amènent des cliangemens dans l'état dés organes et dans la composition des matières animales; ainsi Us peuvent causer des sécrétions anomales et la formation de miasmes, ou ils peuvent rendre malades les animaux mêmes. — Mr. Laubender rapporte un essay qui constate ce que l'on peut observer chez nos bouchers allemands chaque jour: «Les bouchers les plus intelligens de Partenkirdi et de Gârmisch me «soutinrent que si un animal, dans l'été et pendant les chaleurs avoit fait des marches for- «cées, et fut tue tout après, la rate étoit molle, et noire, aussi la viande jaune rougeétre «et la graisse plus fluide, la vésicule du fiel grande et remplie d'une bile verdâtre et tenue, ffll m'en fournissoient la preuve, deux boeufs furent amenés d'un endroit éloigné de 6 lieues, «run fut abattu le jour suivant, la viaiTde, la graisse, la rate et le foie avoiont l'apparence «comme dans un animal malade du charbon; l'autre boeuf ne fut tué qu'après 8 jours, et «tous les viscères avoient l'apparence parfaitement saine<' CSeuchen der hausthiere L 2. p. 889). Les bouchers (et les gourmands) savent fort bien que la viande des animaux (surtout des cochons) forcés a une couleur plus foncée, et que son goût rapproche plus du goût du gibier, il y a encore des amateurs qui chassent des cochons pour leurs donner le goût du sanglier (je le connois par expérience) ^) ; la coutume de forcer les animaux que l'on veut abattre doit être très ancienne, car il y a des lois très anciennes dans
^) Je regrette beaucoup de ne point posséder Toriginal espagnol des No ti ci as de A. Ulloa, la version allemande, malgré les noms célèbres de iea auteurs, est dcfectuense eu beaucoup d'endroits : «Einer Mbesondfrn krankheil sind die maulcsel ausgesetit, die man Mal del Baso nennt. Die grosen zOge die»cr ntkiere, welche jâbrltoh von Tucumaa in aile gegenden von Peru gefiibrt werden, pflegen sehr anseba- •liche niederlagen su leiden, die dièse krankbeit verursachcn. Sie seigt sicb in den hufen (las ruiiUas), ngleicbt aber im geriiigsten nitht dcrjenigen, die man Hormiguillo<* (Maukc) nuennt. Die hufe schwelleo ninwendig, und das ûbel dringt in das innere der scbenkel, so dass sIe daran sterben mûssen. Dièse fikrankhrit ist so sehr ansteckend, dass diejenigen, die mit maulthieren hondeln, versichern, dass sie nblos durch auftretcn «uf die steflen, wo andre, die damit behnftet sind , die fftase hingeseCzl babeo, nit* ngetheilt ivird. Dles ffthrt obne zweiftk davon hery duas sie ualer dem grase einige kleî«e im~ vsecten zurûcklassen, w«l<;be dièses ûbel verursaçbcn. Dièse grose anzabi maulescl kdmmt zn ge-> nwissen bestimmten zeiten ans den gegenden von Tucuman in haufen von zwei bis drei lausend, am die Tigrosc reise von secbs hundert, ja tausend meileu' von dort bis in das gcbiet von Guancavelica zn Uiatt. fiGewdhnIicb foigt ein zug dem andem, dabei iicb die hinterstea sebr aorgrftitig erkundigen, ob 4ai fibcl Minier denen, welche voravagehen, eiageriisen isl? d#mH sie alsdaoa einen andera weg aehneiiy uod rer- «meiden, dass die thiere nicht in die fussstapren der vor ibnen hergegangcnen treten môgen, auch ver«nbûten, dass das ûbel sicb nicht durch ansteckung weiter verbreite. Bei jedem haufen wird dièses sthr nsorgfâltig beobachtet, mad sondert die, welclle tnan filr angesteckt erkennt, ron den fibrfgen pb, and fffûhrt sie auf seitwirts liegenden wegen, damit sie die gesunden nicht anstecken.» 1. c. I, p. 208. Le crapaud? ou la nigua?
*) On dit même qae les anciens Allemands fooettoieai les cochons jatqa*i la mori Parla DieC p. 188.
TAngleterre el dana PAUenagne qui débkidmi de forcer. (hitaai;) les ttimaiix^ parcequ'oa 8'étoit aperçu que ces viaildea étoieht aonveiil malaaiifes; on soutient méaie que la viande des cerfs forcés à gagné des qualités vénléneiisps el » causé des accidents fort graves.
Aussi y a^t-il long -tenu que Ton soutient que .Ids . marches forcées des animaux peuvent éveiller le développement de maladies. épieootiques et oanlagieusea. Même dans la Russie des auteurs, p. e. Mr. Lepeohin, sont de l'avis que la pieste bovine se développe pfimitiveaaent sur les troupeaux laigrans («^^ssea Rinderpest p.. 47). Beaucoup d'auteurs dans l'Allemagne et dans la France CPsnlot, Huxardy Hurirel Darboval) pro** fessent la même opinion : On rapporte des observations répétées que des boeufo qui avoient quittés la Russie ou la Hongrie parfaitement sains et bien portans^ ne forent attaqués de la peste bovine qu'après avoir été long-tems en voyage , dans l'Allemagne ou dans . la France; Mr. Darboval Cinstruction etc.) déclare .))qu?nn boeuf de Hongrie, privé de sel et échauffé par une mardie un peu forcée, est l'animal peut- être le plifs à craindre qu'il y ait pour les bestiaux de la même, espèce.». On. soutient néme que de tels boeufs de Hongrie aient infectés des bestiaux allemands ou firançais de la peste bovine , sans en être atteints eux - mêmes ; cette observation serait sans doute fort angnliàre, elle tendroit à prouver que ees animaux développeroient un miasma qui n'agfroit pas sur eux mêmes, mais bien sur les animaux d'une race étrangère; mais je pense plutôt que dans ces cfis la maladie des boeufo hongrais étoit seulement très légère, ce qui arrive souvent, comme nous verrons tout-^ à -l'heure.
4. Les migrations et les transportions des hommes et des animaux domestiques deviennent très souvent fanestes par les maladies climatoriales. Je ne parle pas- ici des maladies seulement qui attaquant les organismes qui ont changés de climats, j'en ai parlé dans les chapitres précédantes qui traitent de l'action des différentes influences des climats; mais ces maladies qui attaquent les arrivés non acclimatés deviennent souvent funestes aux habitans acclimatés des pays, parceque souvent les premiers fomentent des virus qui sont aussi funestes pour les derniers, et qui ne se seroient pas développés daps les organismes acclimatés 0 ; des épidémies et des épizooties meurtrières en sont souvent la suite.
On a beaucoup écrit sur l'influence des climats, mais le sujet est difficile, et beaucoup de phénomènes ne sont pas encore expliqués. Pour rbomipe on a dit, et prouvé par des observations, que les habitans des pays tempérés s'acclimatisent.leplus aisément, parcequ'ils sont habitués à des influences très variables, les habitans des pays équatoriaux te plus difficilement, parcequ'ils vivent sous des influences fort peu variantes (Forry Climate of the United States, p. 357); nous avons vu plus }iaut que la règle n^esl pas sans exceptions. Je pense que l'on est allé trop loin en posant en principe général : )»Faites
■) Bd pttrlsDt do TaOïoo dtâ diOéreabes ioflaenees bous avona toujours fail remarquer que, juaqu'à un certain degré, lea orfanbaea peuvent ■'habituer à toalea» néme au plua fùneatea.
Tenir les snjeto aiiiéB(Hrateara du Midi plntAt que da Nord. Lef iDdiridiw, en effet, comme les races, s'acclimatent plos facilement en aUant dn Midi an Nord, qu'en avançant dans nn sens contraire; il y a pins de force vitale, phu d'énergie prolifique dans les cKmals chauds que dans les climats froids; c'est sous le ciel ardent, sans être excessif, de TArabie que s'est formée et que se maintient, de tems immémorial, la plus belle race équestre de Tuni* vers. La race ovine la plus précieuse est née sinon en Espagne, du moins dans des régions d'Afrique ou, comme dans la péninsule européenne, la température est élevée. Les xebus, qui sont de tous les boeufs les plus vigoureux, sont originaires des rives du Gange, où les hivers sont inconnus. D'un autre côté, l'expérience prouve que ce sont toujours les races méridionales qui ont amélioré les races plus éloignées de Téquateur: témoins les chevaux arabes et les moutons mérinos, tandis que les races équestres françaises ont été gâtées par les étalons venus du Norda (Grognier 1. c. p. 225). On n'a qu'A réfléchir un peu pour se convaincre que le principe n'est pas général, qu^îl vaut seulement pour le climat de la France, et même pas sans exceptions; mais ce qu'il dit sur la force prolifique est vrai en général, et pour tous nos animaux domestiques aussi bien que pour l'homme, p. e. les vaches et les jumens ne portent pas tous les ans dans les pays du Nord , dans les climats chauds elles ne portent pas seulement tous les ans, mais encore les parts jumeanx deviennent de plus en plus fréquens ')• ^^ l'autre côté Pauteur a raison s'il dit que l'importation d'individus pour l'amélioration des races est bien préférable à l'importation de colonies: »La race améliorée est acclimatée, tandis qu'une colonie transplantée tendroit a prendre, au bout de quelques générations, la teinte du climat; elle perdrait ses caractères, et se confondroit avec les races indigènes ^}. On a vu des familles équestres normandes et limousines, transplantées en Bretagne et en Champagne, n'y donner d'autre postérité que des bretons et des champenois, qui n'étoient pas même les plus beaux des races indigènes.
') On peut ajouter comme nn exemple frappant, que la fécondité dea mulea est nn cas extrêmement rare d«na la moyenne Europe, elle arrive déjà plus sonvent dans TEspagoe, mais dans les Antilles, etdaos l'Amérique méridionale il y en a asses d'exemples.
') Ou même elle 8*annéaotiroit: Un exemple fournissent les Mamelouks de l'Egypte, qui n'ont jamais pu propager leur race, parceque ces anciens esclaves Caucasiens se marioicDt toujours avec des femmes apportées de leur patrie: nEn les voyant subsister en ce pays depuis plusieurs siècles, on croiroit qii*ib itê*y sont reproduits par la voie ordinaire de la génération; mais si leur premier établissement fnt bb fait «singulier, leur perpétuation est un autre qui n'est pas moins bixarre. Depuis cinq cent-cinquante ans qa*il »y a des Mamelouks en Egypte, pas un seul n'a donné lignée subsistante; il n'existe pas une famille à la «seconde génération: tous leurs enfans périssent dans le premier ou le second âge. Les Ottomans sont «presque dans le même cas, et Ton observe qu'ib ne s'en garantissent qu'en épousant des femmes indi- «gènes; ce que les Mamelouks ont tonjonrs dédaigné; les femmes des Namelooks sont, comme e«z, 4es t «esclaves transportées de Géorgie, de Mingrélie« etc. Volney Voyages. I, p. 99. Mr. Elliotson s*cs& procuré des renseignemcns de l'Egypte qui confirment les assertions de Volney; les enfans des Européeaa meurent à peu près tons; on étoit étonné de voir à Damiette nae famille iuiienne qui prospéroit, nais Ténigme fut bientôt résoin, la femme étoit une Maltaise (sémite). Physiology p. 1137.
B est arrÎTé q«6 des cheyanx, des jiments de sang oriental n'ont laissé, en France, oà on ne les avoil cependant pas mésalliés, qne des chevaux français; et cela dès la seconde ou, an plus tard, dès la troisième génération.tt — On ne peut pas encore expliquer tous les diangemens que produisent les climats: Les plus petits chevaux sont d*un côté les Pony du Shetlland et du Wales, qui sont en même tems velus comme les ours, comme tous les quadrupèdes des pays froids portent de la bourre; mais de l'autre côté il y en a d'aussi petits dans la Corse et dans rintérieur du Ceylon CP^nnant history of Quadrupeds I, p. 2), mais qui ne sont pas velus; chez nous on ne peut élever ni les Ponys du Nord, ni ceux du Midi, ils dégénèrent déjà dans la première génération. — Quelle influence a allongé démesurément les pieds des cochons introduits dans Ttle de Cubagua (Herrera. I, p* 239), nous ne le savons pas. — Si les cochons importés dans Tlle de Cuba ont énormément grandis, si les bovines dans le Paraguay, ont pris le même accroissement cela peut s'expliquer par les bons pâturages; mais Taccroissement général des hommes et des animaux de l'Europe dans le Neiv South Wales ne peut guère reconnaître la même cause, Dawson inspecteur agriculteur rapporte 0^ «Both the Climate and the soil appear by tta<* ture intended to produce fine wool and fine animais too, even from the worst beginnings. The latter seems a paradox. The extensive range that can be afibrded to every animal keeps it in good condition , and , perhaps , the native grasses may bave more of good in them than their appearance indicates. However this may be, the climate clearly bas a wonderful eSect on the size of ail animais, even upon man, who is almost universally tall hère, although bom of diminuUve parents. From this I am led to believe that the climate govems chiefly, and thus every breeding animal introduced hère will attain a size noi known in Europe^ etc. Cunningham Two Years in New South Wales.*- Aussi les influences morbifiques ne nous sont pas toujours bien coimues: P. e. on rapporte de la Guadeloupe: •Le pays d'où proviennent les animaux n'est pas indifiërent a la possibilité de les conserver long- tems; ainsi les boeufs européens s*acclimatent difficilement à la Guadeloupe; ceux de Porto -Rico meurent aisément de maladie; il n'ebt que les boeufs importés du Sénégal qui
réussissent bien La Guadeloupe importe encore de la Desirade et de ses dépendances ;
la Desirade, séparée de la Guadeloupe par un bras de mer de sept a huit lieues de largeur, n'a pas d'agriculture; elle n^éléve que des boeufs, quelques chèvres et beaucoup de volailles. Un phénomène bien digne de fixer l'attention, c'est que, tandis que les animaux qu'on retire de contrées lointaines sont capables de s'acclimater, ceux qui viennent de la Desirade, qui, par conséquent, ont jusqu'alors vécu sous le même ciel que celui de la
>) Si let autenn «Bf law mcnUonnent ^ae les protUtnéM transporléei deyiesiient aères, ce ii*esl rien d'estraordiaeire, ceia arrîTe aossi d.^ns TEnrope; s'ils rapportent que des femmes stériles oo qni ont Sni de lîiire d*enlîiiis devieanent fécondes, cela ii*est pas étonnant non plus, anssi cbes nous c'est no fort bon conseil à donner aux femmes siérites d'aller habiter le midi de TEnrope pendant quelque tems, le midi se* eonde la fécondité.
Guadeloupe, au milieu d'une végétatioii identique, meurent dana ce paya- an bout de aept à huit jours , dix au plus. Cette mortalité est encore inexpliquée. L'He Saint Mactin , plus éloignée, donne des animaux qui vivent bien à la Guadeloupe.» Sécrétain: Clinique vétérinaire XV, p. 471, CCes assertions conviennent avec celles d'auteurs antérieur^.) — Mr. Eandi (Statistica di SaluEzo. II, p. 177) rapporte que dans la vallée de Varaita dans le Piémont, les bestiaux conduits sur les alpes y souffrent beauceup.de maladies, qu'au eonlrfiire qu'ils se trouvent fort bien quand ils retournent dans la vallée ^); de Paulre côté Mr. Toggia rapporte qu'en général les bovines dans le Piémont deviennent nudadea lors* qu'elles retournent des montagnes dans les vallées, qu'dies sont attaqué de la pulmonie, dont le virus dissémine bientôt la maladie épizootique ^). Ces changemens doivent nécessairement être encore plus grands dans les pays tropiques, aussi Unanue dit de la côte du Pérou: 9»Les bovines élevées sur les montagnes ne peuvent pas supporter le climat des côtes , lorsqu'elles y descendent elles sont attaqué et dépérissent , elles meurent biemôt, lorsqu'on les ouvre on trouve le foie changé comme s'il avoit été rôti sur des cbarbou» Les bouchers de Lima savent bien que les bestiaax meurent bien plus vite dans Pété que dans l'hiver, aussi ils font leurs achats dans cette dernière saison.^^ Si dç tels changemens anivent dans le même pays, ils doivent nécessahrement être au moins auasi grands si les animaux sont transporté des cKmats froids ou tempérés dans les climats chauds. Probable* ment les causes de la maladie des chiens, et de la grande épizootie des dmts sont à chercher dans ces transpositions : Nous verrons ailleurs que la maladie des chiens étoit connu dans Vj rique sur les chiens importés de l'Europe long-tems avant que l'on en savoit quelque chose PEurope, et qu'elle paroit avohr été importée dans l'Espagne ou dans PAnglélerre après Pâmée 1760; et de même Pépizootie des chats à la fin du siècle passé paroit avoir été importée de l'Amérique. Entre les hommes c'est la fièvre jaune qui développée par les influences du climat sur les immigrés non acclimatés dans les pays tropiques a été importée dans PEurope.
C'est une observation générale que les hommes et les animaux étrangers aux j^ys souffrent plus des maladies endémiques et enzootiques que les habitans des pays (Mundigl compar. nosol. ansichten p. 8 et beaucoup d'autres).
') rtL% ïftÊ^ borine condoite dai luo|^ht inferiorl nel âapeiiori délit Ttlle di Varaita ioffiwMo aoa poco e peggiorano pel cangiameato del pa«colo, aaïuefacenUo^i difficilmepto a,paao«lare aai baschi rcainoai, qiiandochè in prima si outrivano nei boschi dei castagntti: ail opposto le beslie cangiate daU alto in basso fanno buonissima prova e nulla soffrono.»
*) vPer fi fatla predisposizione , che contraggono discendeado dal monte al piano, cambiaodo alaUe poco difase^ in pacsi frcddiâsimi , in altra pin ttÎTale, e meao a&rata in cUma tenperalo^ caaibiaado dima, paacalo bevanda, veggonai cosl di ipeaso attacate daUa psanmonia contagiosa le Tache délia Savoja, délia Svitseva, délie valli di Snca e d'Aosta, o mbito^ o poco dopo gionte odle pinnnre del Piemoole, oà im qveUe d'Italia, e da qucate dtffnnderla epiiooUca pel PtemoBte, pel NoTareae, e pel Milaoeae.» llaUllie dot booi I, p. 66.
5. Mai» «lire les phéioaénes mentionnés jusqu'à présenl, il faut encore revenir Ici sAr l'influence réciproqi|o qtf'exerceut différentes roceff d'organismes les unes surlesUrtras; Plus haul en traitant de la proximité' des organismes nous avons déjà comrotmiqné des exeaK pies* de cette réaction réciproque des races (y. p. 578); la mixtîoa intime ou la fusion des races pair l'union des sexes amène encore d'autres phénomènes. Nous avons aussi traité plus iniQt (p. 193) des lois générales de Thérédité et de b transmission des prc^Hiétés deg parens aux enfans; mais malgré la vérité générale de ces lois l'expérience démontre qu'il y a encore une action mystérieuse qui fait quelquefois échouer nos calculs les mieux ooo»^ binés; tous les éleveurs savent que quelquefois Tunion des races selon toutes les apparence b mieux choisie donne de mauvais produits, et des reproducteurs qui ne paraissoîent pro-mettre rien donnent de bons produits; les éleveurs se voient forcé de consulter l'expérience; dans ces oas il y a certainement des raisons, des lois qui les régissent, mais elles nous restent cachées. •*- L^homme offre le même phénomène: L^histoire prouve que ce n'est pas le sang pur du peuple qui fait grandir des nations , au contraire toutes les' nations do« minantes sortoient d'une race fort mixte, témoins les Grecs, les Romains, les Français, les Anglais etc. ; mais Pexpérience démontre qu'il y a des unions de races qui donnent de très bons produits, et qu'il y en a d'autres qui donnent de très mauvais: On cite p« e. de nos tems comme exemples de bonnes mixtions : Les habitanie du Paraguay, «LesEspagnob »se marioient avçc des femmes indigènes; ces métis s'unirent en généroi les uns^ux antres^ 9)parcequ^il ne passe en Amérique que très peu de femmes Européennes, et oé sont les «descendans de ees métis qui composent aujourd'hui au Paraguay la plus grande partie de nce qu'on ai)peHe Espagnols. Ils me paraissent avoir quelque supériorité sur les Ëspagnob ))d^Europe, par leur taiiie, par Télégance de leurs formes, et même par la blancheur de «leur peau. Ces faits , me font soupçonner non seulement que le mélange des racés les «améliore, mais encore que l'espèce Européenne l'emporte â la longue sur rAméricaine, ou ndu moins le masculin sur le fémimn^ (A^fli'A)- ^^^ méûs des Hollandais et des femmes Hottentottes sont supérieurs en beauté et en intelligence aux races qui leur ont donné naissance (Hoodie). Les Sambos dans l'Amérique descendans de Nègres, et d'Américaines sont supérieurs aux races dont ils sont issus (Humboldt, Hancock), et la même observation offrent les Marons du Guyana aussi issus de Nègres et d'Américaines (Hancock). On fait encore la même observation sur les méti^ des Européens et des femmes de la Nouvelle Seelande etc. Il me paroit que Ton pourroit inférer que la mixtion des races Slave et Allemande donne de très bons produits ')• Do l'autre côté il y a aussi d'exemples de mauvaises mixtions: Le Sheyk Mohammed rapporte du Darfor, pays habités de deux races, les Forions et les Arabes: 9» Les enfans qui naissent
') Ce 9oal des raei boniéef qni mettent obstacles aux mariages entre juifs et chrétiens, au Ken de favoriser la fusion. On fait bien d'envoyer les régiments d*nne province dans une autre éloignée.
«de père et de mère d'origine fôrienne sont vivaces et bien constitoés; aussi trouve -t -on «nombre de familles composées de dix, douze enfans et plus, tons pleins de vigueur et de «santé. Il en est de même dans les tribus arabes de sang pur; U encore le père de fa- Emilie ne meurt le plus souvent que lorsqu^il a eu le tems de voir ses enfans s'accrollre et «se multiplier. Hais lorsqu'un Forien prend une Arabe pour femme, ou lorsqu'on Arabe se «marie avec une Forienne, il arrive dans l'un et l'autre cas, que les enfans métis produits «par ces unions sont faibles et débiles, et n'ont, pour la plupart, qu*une existence d'une noourte durée.u Les Koulouglis dans TÂIgérie, issus de pères Turcs et femmes Arabes ou Maures, sont une race faible et chétive, qui n'a pas de viabilité et sera bientôt éteinte. — Les métis des Espagnols et des Américains dans le Pérou (peut-être aussi dans le Mexique?) forment une race chétive qui va s'éteindre. — Le dépérissement graduel des races Américaine et Océanique est un phénomène très remarquable, qui ne peut pas être expliqué par rintroducUon de l'eau de vie et des maladies de l'ancien continent. Mr. Strzelecki (New South Wales p. 345) remarque avec 'raison que la longévité n*a pas été diminuée, et que la mortalité n'a pas été augmentée, mais que le dépérissement est la suite du décroissement du nombre des naissances ')• L'auteur assure d'avoir observé chez beaucoup de nations Américaines et Océaniques que Punion sexuelle d'un Européen avec une femme de ces races rend stérile cette dernière avec les hommes de sa race, elle reste seulement prolifique avec les Européens '). Elles deviennent môme absolument stériles par la leucorrhée qui est généralement répandue dès l'arrivée des Européens.
Des observations prouvent qu'il y a une grande différence dans les maladies de différentes races mises en contact: P. e. les médecins conviennent que la peste bovine est souvent une maladie peu dangereuse pour les bovines des steppes qui en sont atteintes, et en même tems les bovines introduites de race étrangère souffrent tellement qu'elles succombent ordinairement, et quMl devient très difficile d^élever des races étrangères. Ces bovines de la Russie arrivant dans l'Allemagne ont souvent la peste bovine dans un degré ai léger que des médecins peu experts se refusent é reconnaître que c'est cette terrible maladie, et cependant les bovines d'Allemagne qu'elles infectent en souffrent au plus haut degré, et la mortalité est énorme (Lorinser die Rinderpest p. 74).
*) J*ai tâclié de prouver la jasiesse de cette assertion par le peo de référés atatiatiqw qae dous pofa4dOD8 de ces peuples. Y. EiseDmann u. Canstatt Jahresb. 1846.
') nWhenever a onion between an aboriginal female and an European maie takes place, Uie native female is fonnd to lose the power of coDception on a renewal of intercoarse with the maie of her own race, retaining only that of procreating with the white mea. Handreds of instances of tbis extraordinary fkct are on record in the writers momoranda, aU teadiag to prove that tbe sterelity of the female beiog relative only to one, and not to another maie, and recnrring invariable, nnder thé same ctrcamstances, amongst the Hnrons, Seminoles, Red Indiens, Mendosa Indiens, Arancos, Sonth Sea blanders, end van Diemens Land, — Is not accidentai, but foUows laws as cogeat, though as mysterions, as tbe rcet of Xhose eonnected with generation.M 1. c. p. 346.
Une maladie des plus eraelles de nos ovines, la maladie tremblante (Traberkrankbeit), s*est aussi développée et est devenue béréditaire depuis Pintroduction des mérinos, elle étoit inconnue avant ce tenu (v. v. Richtbofen die Traberkrankbeit p. 19. *- Richter: Gurlt u. Hertwig Magasin VII, p. 206) 0- On ne sait pas que la maladie existe en Espagne.
La fièvre jaune n'a pas existée dans TAmérique avant la découverte par les Eunn péens, ou même avant la traite des nègres; une foule d'auteurs sont de Tavis qu'elle s'est développée à la suite de la mixtion des races. — Mr. Eichhorn (Das gelbe fieber p. 155) rapporte que Soto la Marina dans la Mexique, situé à une journée de la côte, et dans une exposition élevée, étoit réputé l'endroit le plus sain des côtes, on n'y connaissoit pas de maladies, enfin des Européens y arrivèrent pour y demeurer , la fièvre jaune arriva en même tems. — Mr. Birmin (Basil Hall I. c. p. 229) rapporte que la côte occidentale de TAmérique ne connoit pas la fièvre jaune, mais, ajoute- 1* il, si jamais le commerce rassemble un grand nombre d'étrangers sur ces côtes, je suis sûr que la maladie sera aussi fréquente que sur les côtes orientales. — Je ne fais pas mention de la syphilis parcequ'il me paroit prouvé que cette maladie a existée avant la découverte de l'Amérique.
De VinfeciUm.
Si les influences malfaisantes ou les agents morbifiques (v. plus haut p. 166) sont des matières organiques introduites dans Porganisme animal, par résorption ou inhalation, nous nommons le procès qui amène l'affection maladive de l'organisme en général infection Cde inficère, souiller, gâter), et nous distinguons a) si la matière infectante est bien connue nous nous servons seulement de ce mot, p. e« si du pus a été introduit nous nommons le procès une infection purulente, si c'est de la matière putride, infection putride, si c'est un venin animal, infection vénéneuse ou intoxication animale etc.: b) si les matières infectantes ne nous sont pas connues exactement, mais nous les présumons seulement d'après les sources qui les fournissent ou d'après l'analogie de l'action, nous les nommons miasmes, et cette infection, infection miasmatique; c) si les matières sont sécrétées par un organisme animal malade et elles produisent dans l'organisme dans lequel eUes sont introduites la môme maladie, nous les nommons virus Ccoi^^^ffi^)» ^^ ^^^^ infection, infection virulente ou contagion.
Ces trois espèces d'infections offrent en vérité la plus grande ressemblance d'action; on n'a qu'à comparer les phénomènes qui suivent la morsure d'un serpent venimeux, ceux qui arrivent après l'influence d'un malaria bien concentré, et ceux produits par l'inoculation de la pustule maligne, pour se convaincre de cette analogie.
') nVielleicht bt anch die nifcharg heterosener racen alf nrtache ansufehen, da die erfahrang im allgemeinen lehrl, dass aile (?) darcb race-Termifchnng eneagien thiere mehr emprfiBglichkeit fUr ftiuere einwirkeade tchadUchkeiteo haben, ab die prodnete der vermiachaag gleicharliger racon.«*
' C^st vrai c^tte qaaiogie géoévte nd nms ex|riique pa» oseore bew^enp; «âis je ne Ri\)ceoperf<i pas ici de ces recherches, apéeiaien: Js dois tniiier dans la Pièce jostif. N. IV. des maladies eao&ootiqnes et endémictuaa , je traiterai eo même tems des miasmes qui les produisent; je donnerai de même dans la Piède justif. N. V. un aperça complet 4cs maladies contagieuses communes à l'homme et aux animaux, et j'y traiterai des virus en général. Je me contenterai donc ici d'ajouter seuleflienit quelques considératiOBS générales/
Les miasmes sont des matières faurnies par des organismes vivana on morts qui immédiatement, ou par Tintermède de f'eau ou de l'atmosphère agissant sur un organisme animal rinfectent de certaines maladies, et. qui ne nous sont pas tellement connues que nous les poissions rapporter avec assurance à des agents physiques, chimiques ou organiques connus; et les maladies qui en sont la suite ne produisent paa nécessairemeiit des vims qui engendrent la lAême maladie.
Les auteurs (p. e. Mr. Stark Pathologie I, p. 374^ qui bissent ae développer les miasmes seulement des corps morts, ont tort; de même ceux Cp- a. Mr. Magne 1. a p. 101) qui les laissent former seulement par les animaux vivans. Les miasmes sont fournis par les plantes et par les animaux vivans, sains et malades, par les sécrétions et les excrétions; ils Sont de même fournis par la décomposition de plantes et d'animaux morts 0-
Les auteurs qui ont cru qu^avec Texpression rmiasma^^ ils avoient aussi des choses égales, dont ils pourroient définir les propriétés générales ont très mal fait; les uns y ont vu des Impondérables, les autres des agents chimiques, enfins d'autres des plantes cryptogames ou des animalcules, et tout cela sans raison: Ce n'est pas du tout prouvé que les miasmes devroient être des agents de la même nature; ce n'est pas impossible que dans un miasma p. e. celui des émanations animales agissent des anima!cule!s , dans un autre p. e. celui du malaria des plantes cryptogames, et encore dans d^autres Aes molécules organiques ou des principes chimiques etc. Les miasmes sont des matières pondérables, ils sont soumis aux lois physiques et chimiques des corps en général^ mais du reste leur nature intime nous est inconnue. Nous ne pouvons pas instituer des recherches générales sur les iniasmes, parcequ'ils peuvent être de nature très diflërente, mais nous devons porter nos recherches sur chaque miasma en particulier: Si nous parvenons â reconnaître le princip actif d^m miasme p. e. un gaz, ou des plantes, ou des animalcules, nous n^aurons plus besoin du mot miasme*, le principe trouvé rentrera dans le cadre des Influences desquelles nous avons traité plus haut. Le mot miasma contient déjà Taveu de notre ignorance, c'est l'x que nous cherchons.
') C'est avec plus de xaiton qae l'on pourroit nona reproclier d'avoir exclof eerlaini corpt aaorganiquea , mais nouf crojoiif ponvoir défendre pot^ flwmère de Toiir.
La. datare intiaie -def nriaflioM ttoos éUHii ino^mme nous les 'potiTOna «eidMieiÉ «tom sager a) d'après les sources qui les fonmissent, qui amaU fort nombreuats el fort diiEirented; fa> d'après leli uuku^eS' qui sont ptMhiiieè paV' les a^iaames C^ qui sera fait au lieu cité). " . Les miasmes peuvent ae développer daiis des endraMs ctroonacrits p* * e* dans une maton, dans une étable; mai? très aourent les miasmes agissent sur un grand nombre d'or<t ganiames , el les a^Iadles miaamatifiies sont dès matadtea pandémiqBes. Dana Ptm et Pautre cas les maladies miasnmtiques ont toujours nne grande tendance à devemr contagieuses, ce qui cn^ndant trèa souvent n^arrîve pas, et n'e^ pas nécessaire.
. Des virus (contagia) sont des matières sécrétées par un malade el capables de produire h même .maladie loraqu*elles agissent snr un organisme disposé pour cette maladie 0*
Les virus sont de matières pondérables, ils se répandent comme telles, et ils se comportent comme telif s avec des agents ôblmiqnea. Du reste leur nature intime est fai* eénnue, mais vu leur manière d'agir et de se reproduire on peu tétre sûr qu'ils doîveni être organiques, ce sont on des animalcules, on des mycoides, ou, ce qui est en général le phis probable, dea molécules, globules ou cellules organiques. Ce qui parle pour leur ammaiité, c'est la dé<H>uveite des sarcoptes dans la gale et dans les comédons et Taclion de quelques épixoaires dont il a été question; qu'ils soient de natnre végétale est moina probable; Topinion qu*ils soient des molécules ou cellules est rendue probable par la manière de croissance et .'de reproduction des formations pseudoplastiqnes , squirrhes, encephalmdes, favus ete. D'allleura ce n'est nullement nécessaire que Torganisation de tous les virus soit la méme^ il se peut fort bien qu'il y ait dans quelques-uns des animalcules et dans d'autres seulemenl des cellules ou globules. Ce n'est que l'observation qui peut décider.
Les endroits du corps qui sécrétenft le virus sont très différons, dans la gale c'est seulement l'animal qui la transmet; il est fort probable que quelques autres maladies de la peau, surtout des animaux, se propagent d'une manière pareille. — Quelques virus sont sécrétés sur des endroits fart circonscrits, p. e. un cbancre primaire sécrète du virus fort puissant, mais tout le reate do corps n'en sécrète* pas ; dans le piétin c'est seulement le pied de la brébia qui le sécrète; mais dans d'autres maladies le virus paroit être
*) Lef plantes offrent déjà def phénoménef de la contagion, et peut-être auMÎ différent que chei lea anhuanx; 1) que les maladies qui consistent dans la fomiation de cryptogames se propagent, est connu, la rouille, le bknC'*Be»Bier iofectent les plantes voisines; 2) les maladies prodoites par des animaux se propagent, peut-être c'est le cas dans la rbachitis du froment; 3) mais aussi désaffections organiques p. e. des feuilles se communiquent, et Mr. Noisette rapporte même qu'il arrive quelquefois qn*un arbre i feuilles Tcrtes greffé en écusson, porte les feuilles striées de la branche greffée. Yollstfind. handb. d* gartenk. II. 1. p. 2|.
eoatontt daiui une foole de séerétioiii, p. e. Jaiis la Postale maligoe du cheval tool le ang de ranimai exerce une action Tirulenie.
Les propriétés physiques et cUniqueSy les (eraies et les réaetiona des viras noiia étant entièrement inconnues, leurs odeurs distinctives étant une propriété trop vague, nous pouvons seulement soupçonner leurs différences de la manière différente qu'ils se oompoHenl avec les médiums ambians: Leur rapport à Pair atmosphérique est tel que les uns ne se diffondent jamais, ils sont fixes et adhèrent aux sécrétions fluides ou solides de Torganisaie, ne peuvent ce communiquer que par contact immédiat ou médiat; les autres sont plus ou moins volatils, adhèrent aux vapeurs qui s*élèvent du corps, et se répandent plus ou moins loin dans l'atmosphère, peuvent se communiquer par l'atmosphère; il y en a qui sont en même tems fixes et volatils. — Leur ténacité de vie est très différente, il y en a qui retiennent leur activité au moins aussi long-tems que le venin des serpens, par des années, on assure 20 et 30 années sous des circonstances favorables ; il y en a d'autres qui meurent bientét et deviennent inaclifs. — Les virus adhèrent mieux et se préservent mieux avec quelques substances qu'avec d'autres, les meiUeurs conducteurs aont toujours les animaux vivans, puis viennent des substances organiques, surtout des peaux, la laine, des crins, plumes, parties cornées, le coton, du linge, la soie etc., ils adhèrent moins bien aux corps anorganiques ; ils sont détruits par des hauts dégrés de température, par une grande sécheresse, par des acides et des alcalis. — Comme le venin des serpens aussi les virus en général n'agissent pas lorsqu'ils sont introduits dans l'estomac
On distingue les virus permanens, nécessaires, originaires ÇContagia permanentia, necessaria) des virus temporels, accidentels, secondaires: Les premiers, les virus permanens sont tels dont l'existence est absolument nécessaire pour l'existence de ces maladies, p. e. si l'on parvenoit une fois de détruire le virus varioleux de tous les anJmauT, les maladies varioleuses n'existeroient plus; la même chose vaut du virus de la rougeole, de la scarlatine, de la coqueluche etc. Les virus temporels, accidentels ou secondaires au contraire sont tels qu'ils se développent dans des maladies qui ont été produites sans virus , par des influences différentes. Il y a des maladies qui deviennent très aisément contagieuses, il y en a d*autres dans lesquelles le développement d'un virus est rare; mais il n'y a point de maladie de laquelle on pourroit dire avec quelque certitude elle ne devient jamais contagieuse, sous des conditions favorables des maladies ordinairement non contngieuses, peuvent produire un virus et devenir contagieuses.
Les a tria qui reçoivent les virus, diffèrent selon les virus mêmes, il y en a qui agissent de préférence sur les membranes muqueuses, d*autres dans le tissu cellulaire, il y en a qui demandent la résorption par les lymphatiques, et d'autres qui agissent de préférence portés dans la masse du sang. — II y a des virus qui agissent d'abord localement sur Tendroit sur lequel ils sont portés, et cette affection locale peut quelquefois se guérir, le plus souvent elle infecte avec plus ou moins de vitesse l'organisme, p. e* le virus sy-
phililiqiie , cel« de la morve o* dn farda , de la pustule maligne etc. ; d'autres q|ui agissent priflttlivemenl sur les nerfs ou sur le sang, ne nous montrent pas avec la môme clarté raSèctîon locale qui précède. — Mais c^est un axiome de la pathologie que toutes les maladies ont un commencement local, et aucune maladie n'est locale (la division des maladies en maladies générales et locales est contre les premiers principes de la science); il y a des virus qui produisent Taffection maladive avec une grande célérité et en fort peu de tems, il y en a d'autres qui restent long-tems dans l'organisme avant que les premiers symptômes de la maladie se montrent; nous nommons cette période qui passe dès la réception du virus jusqu'au commencement de la maladie la période latente (stadium latentis contagii). On ne peut pas douter que pendant ce tems le virus est porté sur les organes qu'il doit infecter et dans lesquels il peut se reproduire; un des phénomènes des plus dédsifs est'b très fréquente infection du foetus avec le virus des exanthèmes par la mère qui très souvent n'est pas infectée elle môme, j'en rapporterai beaucoup d'exemples, et j'en rapprocherai le fait que le foetus de la brebis «st aussi infecté par les douves du foie, ce qû se ne peut guère faire autrement que par la voie de la circulation.
L'infection contagieuse n'arrive pas toujours, si le virus est porté sur un organisme; elle dépend 1) de l'énergie du virus qui diffère a) d'après la forme de la maladie qui le produit, p. e« il y a des chancres qui infectent tous ceux qui y louchent, il y en a d'autres qui n'infectent pas le dixième, b) d'après la période de la maladie, chaque m. contagieuse a des périodes où le virus le phis énergique se développe, dans les autres périodes le virus est plus faftle; 2) des influences extérieures concomitantes, de la saison (le printems favorise la contagion en général), du climat (il y a des virus qui infectent seulement en certains climats), de la température, de l'humidité (en général la chaleur humide favorise la contagion), de l'électricité (elle favorise et elle empêche des contagions), d'après la constitution stalionaire et épidémique, de la quantité et du mode de transmission du virus (immédiate, ou médiate per fomitem) etc.; 3) de la disposition de l'organisme qui doit être infecté, a) d'après des dispositions héréditaires, b) chaque virus à peu près a son âge dans lequel la disposition est plus grande, c) d'après l'organe de l'organisme sur lequel le virus agit, d) selon la santé de l*organisme, des maladies présentes empêchent souvent la contagion, il y en a qui la favorisent, e) il y a des maladies contagieuses qui une fois entièrement développées font cesser la disposition, elles n'affectent qu'une fois le même individu; d'autres occasionnent rinnoculté des virus au moins pour un certain nombre d'années, encore d'autres rendent au moins les infections suivantes beaucoup mitigées; 0 d'après les classes, les genres, les espèces, les races des organismes; il y a des virus qui agissent sur tous les animaux, au moins vertébrés p. e. le virus de la pustule maligne, celui de la rage; de la maladie aphthongulaire, le virus de la variole, les deux derniers au moins sur les quadrupèdes et les oiseaux; d'autres agissent au moins sur les animaux d'un même ordre, ou du même genre ; mais il y en a qui sont limités sur une espèce.
et même mr une mce. Toès souvetil, mdk fis tiHQQtuv^ les vinis A>ni: beeieoup miâgéê par la tranamiaaion d'une eapèoe sur l'antre. Nous verrens fue la IraMfnisaion de qnaifiog virus des animaux à Thomme et vke versa arrire très seuveat, que pifur. d'autres o'est rare; mais nous serons forcé de concéder qu'il n'y a pas de maladie qui, soms des eonditi—i bvorables dmnées, ne seroit pas i même de se transmettre d'une espèce à l'aitne, des animaux à l'homme de l'homme aux ammauxl
Au lieu cité bous traitons en particulier des virus, aux différeos points -de-* vue indiqués.
9m MB^m lsaAssefaee# ea#MSl9aie#«
Si les chapitres précédans nous ont prouvé que Texistenee desorganismesiteUnriqMs esl une mutuelle, dépendant de la détermination réciproque qu'ils exereent les alis war les autres; nous doutons eneore moins de la dépendance mutuelle et de la déteraûnation réâ« proque des corps eélesles qui composent l'univers. Si l'existenoe de la terre défesd de cette détermination réciproque, personne ne voudra douter que les astres doivent inioer sur la vie de l'homme et des animaux aussi bien que sur notre globe entier, dont ils font parties. Mais d'an côlé cette influence générale est contrebalancée par l'influence qu'exerce la terre sur ses organismes, et de l'autre côté les lois de chaque organisme tendent a le rendre libre et â l'opposer à la vie générale qui tend sans cesse d l'engloutir.
Cette détermination réciproque amène nécessairement une périodicité dans les phàwmènes de l'univers, et nous reconnaissons fort bien que les phénomènes périodiques de notre globe dépendent de sa relation aux astres. Les phénomènes de la vie de chaqnn organisme oflrent la même périodicité; mais comme la périodicité ou le type de la terra dépend aussi bien de son être que de l'action des astres, aussi la périodicité de la vie individuelle est due aussi bien à ses. lois vitales qu'à l'influence de l'extérieur. Les lois de la périodicité étant nécessairement les mêmes, l'observation que les périodes de la vie nniverselle Cdiurnes, septénaires, mensuelles, annuelles etc.) se répètent dans la vie individuelle, ne prouve donc pas du tout qu'elles soient dues â des influences extérieures; les opinions .des savans sur les causes de ces périodes vitales difièrent souvent^ Ce n'est pas l'endroit ici de discuter la doctrine de la périodicité ou du rhythme de la vie, mais nous ne pouvons pas être surpris de trouver que les vues des naturalistes de l'influence des astres sur la vie individuelle ne sont pas les mêmes; et surtoui les pathologtstes ont professé des opinions fort contraires.
De l'influence du foleiL
Pour l'existence de la terre sa relation au soleil est la plus inqiortante. La position de la terre au soleil produit la diflférence du climat géographique; nous connaissons l'action des différentes influences climatiqnes, cependant je voulois donner ici
un aperçQt générai de r«cflion deâ oiimats sur la santé des aninuimc domestiques, je dois le supprimer pcfor ne poini trop grossir ce volume , mais je donnerai au moins un aperçn gé^ néral sur les maladies: enzooliqUes dans la pièce' just N; IV.
La direction 'variaUe de la terre an soleil en se monvant autour de celai - ci produit les saisons. Quant aux maladies des saisons, déjé les vues, des médecins ne sont pas d'ac^ eofd, les uns les dérivant seulemenft des diiFérens dégrés de chaleur, d'humidité etc., les antres arguant pistât le rhythme de l'année, et rkifluence immédiate dn soleil: Les uns et les autres peuvent aller trop loin par des vues exclusives.
La révokilton de la terre autour de son axe est. h cause des diiffirenles périodes de la nuil et du jour qui n'exereeni pas moins d'influence sur les animaux que sur l'homme 0- J'observerai seulement ici que l'infli^ence do la nuil sur ies naisisances et les morts prouvée pour l'homme paroit être SAcore plus ti^ncbée pour les animaux domestiques, et c'est a regretter que l'on n!a pas encore fait d'observations exactes.
Hais il se demande si le soleil n'exerce pas enoove une autre influence immédiate? plus haut en parlant de l'influence des hautes montagnes , . de la lumière et de la chaleur j'ai fait menlion des coups de soleil des animaux et .des homoMO sur les hautes montagnes, sous les tn>pes, et surtout sur les hautes montagnes des pays tropiques: Ces morts onhites ne s'expliquent pas du tout .par la chaleur commutiiquée, le tliermomètre marque sou* vent peu de dégrés au dessus de aéro quand arrivent ces afTections dn cerveau ^) ; mais aussi ni l'action de la dialenr rayonniinte, ni celle de la lumière ne me paraissent suflmi pour expliquer cette affection; Saussure a déjà entrevu cette difficulté, quelques méd&4< cins p. e. Mr. Pritchett ont déjà penaé à une action électrique, et peut -être des découvertes nouvelles pourroient rendre plus probable une telle action ; c'est un sujet qui mérite des recherches ultérieures, ce n'est pas seulement le coup de soleil, ce sont aussi decr fièvres \ierveuses etc. qui suivent l'influence des rayons du soleil
De IWnnueDce de la lane.
L'influence de la lune sur les organismes a été soutenu par les agriculteurs et par les médecins dès la plus haute antiquité; dans les tems modernes surtout les astronomes Cp. e. Mr. Olbers, Littrow etc.) ont souvent nié cette influence, cependant des observations qui parlent pour une telle influence se sont multipliées, et quelques auteurs ont aussi tfiché de Texpliquer.
La lune pourroit agir par son attraction ou par sa lumière, ou de ces deux manières â la fois.
') Y. les différeof Mémoires couroanéi danf le RecueU de la Sor. d. Méd. de Bruxellef vol. I.
*) Oalre les cas cités plus haut t. p. e : Saui^sure Voyages dans les Alpes. IV, p. 436. — Mit-* chell Ediob. mod. a. surg. Journ. XXIX. (1828) p. 100. — Boy le Western Coast of Africa. p. 75. — Wsllatedt Mmu n. d. St. d. IL p. 63. — PriUhett African ram. feyer. p. 131 etc.
Si c*e8l par TattractHNi que la hme agh, on derroit regarder aortoot aon oollra inô* malistique, et l'action devroit difiérer le plus i l'apogée el an périgée; mailieDrenflemeol les observateurs anciens y ont fait moins d'attention (cependant Mr. Bal four dans sa manière de voir y a peut-être porté l'attention sans' s'en apercevoir). Les astronomes ont opposé la petitesse de cette attraction en comparaison de l'attraction de la terre; cependant cette action de la lune est prouvée il y a long-teros smr les marées, non seulement chaque jour la lune influe sur les marées, mais chaque mois la pleine lune et le périgée amène des hautes marées, et les plus hautes marées arrivent si la pleine lune coïncide avec le périgée (et au solstice de Tété); dans ces derniers tems Mr. Schûbler a aussi prouvé cette influence sur l'atmosphère. Or si ces influences sont prouvées nous devons en conclure que l'attraction de la lune doit aussi agir sur les plantes et les animaux!
Si c'est la lumière de la lune qui agit, on devroit surtout observer le cours synodique de la lune, et l'action devroit différer le plus é la pleine lune et i la nouvelle hme. Nous possédons quelques observations sur Faction de la lumière de la lune en général, mais il n'y a pas encore rien d'arrêté. Les dernières observations paraissent prouver que les rayons lumineux agissent comme les rayons du soleil, mais leur pouvoir caloriflque est encore problématique (6. Giulj dell' azione délia luce lunare. Siena 1844. Schûbler einfluss des Mondes p. 90> Les anciens regardoient déjà la lumière de la lune consM froide et humide; au moins Mr. Arago a prouvé que les gelées des plantes qui arrivent souvent au clair de lune sont seulement dues i la radiation terrestro. — DéjA les anciens, p. e. Galien, Macrobius etc. aecusoient la lumière de la lune de favoriser la fermentation putride; beaucoup d'auteurs modernes répètent cette assertion, Musgrave (Edmb. med. a. snrg. Journ. XXIX, p. 97) assure que dans les climats chauds les poissons et la viande exposés aux rayons de la lune entrent en putréfaction, pendant que les mêmes non exposés à ces rayons restent inaltérés; Mr. Edmonstone d Demerary répète h mlmeob» servation (Bulle t. de Ferussac, Se* agricoles. 1830. Juin).
Influence de la lune sur les plantes. Celte influence a été observée par les anciens p. e. par Columella, Macrobius, et de nos tems par Pilgram (ûber Wett^kunde. 2. p. 441), Wilson (Einfl. d. Climas p. 51) et plusieurs autres (Krûnit£ ôcon. Enc. XXIV, p. 570. Schnurrer geogr. Nosologie p. 226). Déjà dans l'Allemagne Mr. Sauer, directeur de forêts qui a observé pendant vingt années, remarque: iDoraBl la croissance de la lune , la sève monte jusqu'à la cime des arbres , le bois coupé dorant cette période se sèche difficilement, il se fend, et il ne tarde pas à être attaqué par les vers. Lorsque la lune commence à déarottre, la sève se dirige vers les racines, et quand elle est dans son dernier quart, c'est à peine si le tronc en contient encore. Le bois coupé dans cette période est plus compacte, plus dur et d'un meilleur usage pour la bâtisse ']).
•) Les mêmM obMrvatioM «e rencontrent déj« chet Dnhamel, mène chei Theophraile (V. 1).
Au contraire qoi vent faire des plantations de bois, doit choisir le tems dès le premier quart jusqu'à la pleine lane« CHeusinger Zeitschr. I, p. 79). C'est fort probable qne cette influence est plus marquée dans les pays tropiques, aussi nous en possédons une foule d'observations. Déjà Ulloa (Voyage do rAmérique I. V. ch. 1) rapporte du Pérou, que l'on se sert des cannes, qui y croissent en fort peu de tems à une excessive longueur et grosseur, pour bâtir des maisons et ajoute: v^La plupart des tuyaux sont remplis d'eau, avec cette difl'érence, que pendant la pleine lune, où ils sont tout- à -fait pleins, ou peu s'en faut, et qu'à mesure que la lune décroit, leur eau diminue, jusqu'à ce que dans la conjonction ils en sont entièrement vides, ou en retiennent si peu qu'à peine peut -on reconnaître qu'il y en ait eu. J'en ai coupé dans tous les tems, et l'expérience m'a toutes les fois assuré de ce fait J'ai aussi observé que quand l'eau diminue elle se trouble, et au contraire quand la lune est en son plein, ou environs ce tems- là, elle est claire comme du cristal.* Un nouveau voyageur dans le Pérou, Mr. A. Smith CP^ru as it is. I, p. 14) parle de la même influence de la lune, non seulement sur les bois de construction mais aussi sur le maiz 0- — Edmonstone (I. c.) qui a vécu trente ans au miUeu des forêts de Demerary, assure que tout arbre coupé dans la pleine lune se fend comme s'il étoit sous l'action de deux forces opposées : ce qui est produit par l'évaporation totale de la trèsgrande quantité de sève que Parbre contient à cette époque. En outre ces arbres sont fréquemment attaqués par la larve d'une espèce d'insecte, et tombent facilement en pourriture, ainsi que cela a été remarqué pour tous ceux des possessions anglaises de l'Amérique septentrionale. La sève, dit- il d'une manière décisive, monte directement dans la pleine lune et descend pendant la décroissance: fait qui doit se vérifier dans toutes les espèces d'arbres. — Mr. A. de St. Hilaire (Toyage dans le district de diamans. Il, p. 248) rapporte les mêmes observations du Brésil: »Les cultivateurs de Villa da Victoria croient beaucoup à l'influence de la lune. Us ont soin de planter dans le décours tous les végétaux à racine aUmentaire, tels que les caras (dioscorea), les patates, le manioc; et
') TIm naizc cropf the farmen alwayf harreit in the nmeDgaaiite« or decreate of the rnoon; for U 18 a fact known to erery hnsbandinaii , thak if they collect the crop in the crée i en te or increaso of the moon, it will not keep free of mothf for three monthj, eyen 00 allowed the advantage of being lefi in huflk, in which ftate it is fouod to be least liable to damadge. — In the valleys aronnd Lima the agricultnrist is yery careful not to sow in the eredente, lest the seed shonld become so disoased and injured as neyer to yield a healthy crop. The same attention to lunar influence is bestowed by the woodcutter, who knows that timber eut in the creciente soon decays, and on this account is not of use for constrncting houses, or for any other permanent pnrpose; this is particularly the case with the willow and aider, as the writer had once occasion to know expérimenta lly. Being disinclined to believe what he con» sidered to be the prejodices of the natires rcspecting lonar influence, he insisted upon rooftng in part of a honse with aider and willow eut in the creciente; and after a couple of years he was convinced of bis own error , when he saw the timber employed become quite briule and useless , so as to need to be replaced or supported to prerent the roof from falling.«<
aa contraire ils planleai pendant la noiiTeDe lime , la canne à ancre , le mab , le ris , les haricota. Ils ont également Tattention d'abattre le bois dans le déconrSy et ils prétendeat que, coupé dans un autre tems, il est bientôt piqué par les vers, et ne tarde pas à pourrir. Mr. Pinto me dit que, lorsqu'il s'étoit mis à la tète de son domaine, il avoit commencé par traiter ces assertions de préjugés, [mais que Pexpérience l'avoit forcé â revenir aux pntiques Gommunes.<^ Dans llle de Cuba règne la même opinion , voiU les mots de Mr. Ramon de la Sagra Ole de Cuba I, p. 226): «Il nous reste i parler d*une opinion généralement répandue chez les cultivateurs et chez les gens de la campagne, à Cuba, et qui est relative  Tinfluence des phases lunaires sur la qualité des bois. Ils assurent tons qoe, durant la croissance de la lune, les arbres et les plantes grimpantes ou lianes contiennent beaucoup plus de sève que lors de la décroissance: aussi ne font-ils aucune coupe de bois utiles durant la première de ces époques, mais bien dans Tautre, préférant, de plus, les mois de sécheresse ou do Thivemage.* Cette opinion a de tout tems régnée aussi dans les autres Antilles, le père Du tertre (Hist. nat. Ant. II, p. 114) la rapporte déjà, et j*ctois lié avec un pharmacien major français, homme instruit, qui me parla souvent du commerce lucratif de bois qu'il avoit fait, servant dans Pile St. Domingue, et qui m'a souvent répété que c'étoit la règle générale de n'abattre le bois que dans la décroissance de la lune, et vers la nouvelle lune. Mr. Martin CHistory of the British Colonies) confirme ces observations, il dit: uSi l'on abat un Wallaba Carbre résineux de la Guiane qui ressemble à Pacajou) quelques jours avant la nouvelle lune, il donnera un des bois les plus durables pour la bâtisse, mais si l'on abat un autre Cqui n'est éloigné que de peu de pas du premier) dans la pleine lune et on s'en sert pour bâtir, il sera bientôt pourri. De même: Oa se sert souvent de Bambous de la grosseur d'un bras d'homme, pour en faire de pieus; s'ils sont coupés dans la nouvelle lune ils dureront 10 â 12 années, mais coupés dans la pleine lune ils seront pourris en 2 années^ 0*
On veut avoir observé une influence pareille sur les animaux : On dit que les poissons et même les viandes salées se gâtent lorsqu'ils sont exposé aux rayons de la lune, phénomène que Mr. Thompson CLondon med. Gaz. 1843. Febr.) explique par la radialion, le refroidissement et l'humidité qui en est la suite. Les anciens CG^l^nus, Aul. Gellins, Manilius , Firmicus , Plinius , Sextus Empiricus etc. I) ^) croyoient que pendant la pleine lune tous les animaux étoient plus pléthoriques, que p. e. les crustacés et les mollusques étoient plus pleins et meilleurs é manger, observation que répètent des auteurs modernes. — Les gens de campagne dans quelques pays sont de l'avis que les poulets éclosent mieux vers la pleine lune, et Girou de Buzareingues CAnn. Se. nat. 1828. Fébr.) croit avoir con-
') Je pense que l'on ponrroit regarder cet phénomène* conme effeto de la radiation, de la roiée el de rhomidilé qui en doil être la fuite?
*) Beaucoup de citaïUonf : Hnfeland Journ LXXX. 4. p. 13 el LXXL 3. p. 41.
slaté le fait. — Mr. Martin 1. c. rapporte qn'il a va mourir des animaiR noaveau-néa i côté de la mère , et en peu de momens, dans l'Afrique lonqu -ils furent exposés aux rayons de la lune. — En général on craint dans les pays tropiques Peffet des rayons de la pleine Inné sur les animaux; Mr. Smith rapporte cette observation du Pérou ■)» qui est aussi mentionnée comme constatée par Mr. Tscliudi: 9> C'est un phénomène bien singulier que tes chevaux dans les montagnes, lorsqu'ils suent et qu'on les deselle sous les rayons de la lune j ils ont le jour suivant une large enflure sur le dos , qui revête bientôt un caractère malin. Les Péruviens nomment de tels chevaux c a balles a lu n ad os.a 1. c. p. 28. — Mr. Bal four veut avoir observé dans les Indes orientales une influence marquée des phases de la lune sur les fonctions des intestins: 9»D^après les observations que j'ai faites dans les IndeSy non seulement sur les hommes^ mais aussi sur les chiens et sur les chevaux, je suis disposé d'admettre que chez tons les animaux, même dans l'état de santé, pendant la nouvelle lune et pendant la pleine lune il existe une plus grande disposition à la contraction des intestins et â la rétention des matières fécales que du tems des quartiers. Si ces observations sont constatées par d'autres elles pourroient servir à expliquer Fembonpoint périodiquement augmenté de quelques animaux, ainsi que des phénomènes périodiques de la vie du sexe féminin» etc. System der f. u. n. intestinalfieber p. 16. Mr. Rychner observe: nAu moins la plasticité augmente chez les animaux avec la lune croissante , l'influence de la lune sur la tuberculose, et en général sur les actions végétatives des animaux ne peut pas être méconnue, d'après mon observation et d'après celle d'autres vétérinaires les attaques de la pulmonie des bovines sont plus fréquentes du tems de la pleine lune.« — Nous avons vu dans la première partie que déjà les anciens hippiatres répétoient des maladies des chevaux de l'influence de la lune.
Il y a encore plus d'observations de l'influence de la lune sur la vie de Phomme. Sans doute elle n'exerce pas une influence mystérieuse, si elle existe elle doit être fondée dans les ohangemens physiques de Patmosphère que la lune produit. On a avancé que la lune exerce une influence sur la mortalité, selon quelques - uns (Toaido, Berthoion) la mor-* talité est plus grande dans la pleine lune, d'après d'autres (Buek) dans la nouvelle lune, les observations et les calculs ne suflisent pas pour prouver cela. — On a cru s'apercevoir que la lune exerce une influence sur les périodes de la menstruation, selon quelques-uns elle arrive plus souvent dans les conjonctions, selon Heister de jeunes personnes seroient
') nThe arriero or muleteer, scropolousir slt«nd« to the influence of Che moon on hif catlle; for if ke traTcU in Uie creciente, and in a warm or oTen teroperate dimale^ he takes atrici care sot to nnsaddle hif riding-horaes, nor to unpad bis cargo -mulet, until they baye rested awbile aod cooled sufficiently : and, if be should neglect tbese précautions^ be would be sure to baye bis cattle difabled by large inflammatory awellingf , rapidly rnnning on to auppuration, forming on their ahonldera or loins.« 1. c. p. 15.
pins souvent menslraées i la noaveDe hine^ de vieilles à la pleine hinei Mn Schweig calcale qu'au moins une influence extérieure agit sur elle. — L'influence morbifique de la lune a été sontenue par beaucoup d'anciens auteurs Cv. Hûbener von der ansleckung p. 14), et une foule d'auteurs de nos tems sont du même avis: Mr. Wellstedt (L c p. 64) rapporte: ffUotre lune caste et bénigne qui inspire les poètes en Angleterre , n'a certainement pas le même eflet dans le golfe Persiqne; sa lumière est tellement pénible et cause des sensations si désagréables, que Ton peut observer comment les gens tâchent de se garantir contre ses rayons aussi bien que contre les rayons du soleil pendant le jour.a Un médecin de Batavia écrit: »C'est remarquable que l'exposition du corps aux rayons de la lune, surtout pendant le sommeil, a une influence très délétère, je l'ai vu suivie souvent par des maux de tète, des affections rhumatiques et même nerveuse8<< (Salzburg. Zeit. 1802. I, p. 406). Mr. Boy le (Western Coast of Africa p. 75) dit de même: nSoUlunar influence is powerfol in the production of fever on the western coast of Africa, and indeed in ail parts between the tropics. Many instances hâve been hnown of men, wbilst at work under the rays of the sun, dropping down, as if sbot; and that, without any previous threatening symptom or habit of indiscrétion ; and also men , who , to avoid the closeness sometimes experienced in sleeping between dechs, thns, exposing themselves to the apparently harmless beams of a briliiant moon, bave often been known to be suddenly affected with fever. The rapidity of the latter attacks precludes the thought that they were attrtbutable to damps or dews that might be falling in the night.« Martin (1. c): »Les matelots qui en couchant sur le pont s'exposent aux rayons de la pleine lune sont pris de nyctalopie ou d'héméralopie, ou d'enflures du visage, et les personnes qui souffrent de la fièvre intermittente, on des frisonnemens quand la lune se lève.u Mr. Johnson observa sur soi-même, en s'exposani a la pleine lune un tremblement, sentiment de faiblesse, faiblesse de la vue, pouls irrité pendant 1 — 2 heures. Ce n'est pas impossible que ces phénomènes s'expliquent par la radiation, le refroidissement et la rosée, cependant je conviens avec plusieurs auteurs que cette explication offre des. difficultés pour quelques phénomènes, peut-être y auroit-U une influence électrique? — Quelques auteurs pensent que les phases de la lune agissent sur les périodes des hémorrhoides. Je traite toujours bon nombre d'hémonrhoidaires , mais je n'ai pas encore pu me convaincre de cette influence. — Non seulement des auteurs anciens (p. e. Baglivms) croyoient que les playes sont plus dangereuses dans hi pleine lune, Mr. Spix et Martius CRoise I, p. 198) rapportent que dans le Brésil on est persuadé que la lumière de la lune exsère une influence sinistre sur les playes. — C'est surtout le goitre duquel on dit généralement qu'il augmente avec la lune croissante, et qu'il diminue avec la lune décroissante. J^ai eu des cas où cette assertion fut constatée, en beaucoup d'autres je ne pouvois pas observer ce phénomène, mais c'est vrai que des goitres nouveaux et lymphatiques le font voir surtout. — On veut avoir observe l'influence de la lune sur les exanthèmes chroniques de la peau (Recueil des Mém. cour. Soc. d. M. d. Bruxelles p. 226.
Kaslner MeteoQoL II, p. 122). — On dit que les vers da canal intestinal sont excrétés pins facUement pendant la Inné décroissante. Je n*ai pas fait des observations concluantes. — On dit (Klein et beaucoup d'antres) que les hydropisfes augmentent vers la pleine lane. -^ Les maladies dans lesquelles les auteurs disent avoir observé le plus généralement Pmfluence des phases de la lune, dans les pays tropiques, ce sont les fièvres intermittentes et rémittentes: Bal four dans les Indes orientales et Jakson dans les Indes occidentales ont le plus amplement démontré cette influence, une foule d'auteurs ont constaté les observations de ces deux auteurs, encore dernièrement l'auteur classique sur les maladies du Bengale déclare: ni must express my belief that tbe doctrine so warroly contended for by Dr. Balfour, respecting sol-lunar influence in the production of fevers, and in occasioning relapses , is founded in a correct observation of the phenomena connected with the causation of thèse dbwnesK' CAvnasIey diseases of India p. 524). Burnard constata cette influence dans la malheureuse épidémie d'Arracan en 1825: »Relapses in fébrile form were commonly dedded intermittents, and were particularly apt to take place about the periods of new and full moon , in this respect obeying the same laws as fevers of tropical climates in gênerai^ etc. CCalcutta Transact. III, p. 52). Mr. Balfour vouloit expliquer cette influence par les hautes marées qui arrivent du tems des conjonctions, et qui occasionnent le développement d'une plus grande quantité de malaria; mais eUe s'observe aussi dans les Provinces hautes et bien éloignées de la mer. — Il n*est pas étonnant que Ton observe la même influence dans la dysenterie tropique, si intimement liée aux fièvres. — Quelques anciens auteurs veulent avoir observé un accroissement des épidémies de la peste dans la nouvelle lune et dans la pleine lune CHildenbrand Animadv. in constit. morbor. stationar. p. 35). — Beaucoup d'auteurs veulent avoir observé une influence de la lune sur les accès de l'épilepsie et Hughes (Barbados) assure que cela est plus marqué dans les pays tropiques. Très souvent on veut trouver cette influence dans les maladies mentales; je n'ai pas pu m'en convaincre.
De l'inflneDce des planètes.
Non seulement les Astrologues parlent de l'influence des planètes, aussi les anciens médecins la reconnaissent, ils accusent des constellations d'avoir été la cause d'épidémies, d'épizooties et de nouvelles maladies. Ces assertions sont vagues et dénudées de tout fondement scientifique, il n'y a ni preuves théorétiques ni empiriques; je n'oserai pas pourtant de prononcer que cette influence étoit absolument impossible, il faut souhaiter des observations nouvelles et des calculs exacts.
De rioflaence des comètes.
Les écrits des anciens auteurs sont remplis des désastres que doivent avoir causé les comètes; à peu près chaque peste et épizootie doit être produite par Papparition d'un
comète; aussi des auteurs de nos toms sont disposés à admettre cette inOoeuce, p. e. Mr. Forster a donné une longue liste des comètes qui doivent avoir ocoasionné des épidéaûes '). Il vaut de cette influence absolument la même remarque que celle que j'ai imte sur ceUe des planètes.
Des maladleB pandëmlqnes et pancooli^es*
D'après raciion des conditions étîologîques nous divisons les maladies 1) en maladies des individus, m. individuelles ou sporadiques, et Z) en maladies des populations^ m. générales, pandémiques et panzootiques.
Les premières, les maladies sporadiques, sont l'eiTet de causes agissant çà et là sur des individus, sans affecter le reste des individus vivant dans le même lieu et dans le même tems. Nombre de maladies sporadiques affectent toujours des individus d'une population^ elles sont indépendantes les unes des autres, il n'y a pas de lien commun entre elles, elles ne reconnaissent pas la même cause, et leur caractère est fort différent.
Au contraire les maladies pandémiques et panzootiques sont Teffet d*une cause commune, des agents morbifiques qui agissent en même tems sur toute une population ou au moins sur un grand nombre d^individus de cette population; elles sont donc liées entre elles par une cause commune et doivent nécessairement offrir aussi un caractère commun.
Nous nommons constitution pandémique et constitution panzootique les conditions causales de ces maladies générales.
Selon les sources de ces conditions causales nous divisons les maladies pandémiques et panzootiques 1) en maladies endémiques et enzootiques, 2) en maladies épidémiques et épizootiques.
Des maladies endémiques et enzootiques sont des maladies pandémiques dont les conditions causales résident dans les propriétés d*une certaine localité plus ou moins étendue; elles dépendent donc dUnfluences qui agissent sur tous les individus habitant cette
■) Atmofphérical orifin of épidémie diforderf of beahli. p. 139.
localité; les mdiTidus qnittanl celle localité sans être afiedés de ses maladies endémiques n'en souffriront pas; an contraire des ha bilans de contrées étrangères entrant dans one telle localité sont aussi attaqué de ses maladies endémiques.
Des maladies épidémiques et épizootiques sont des maladies pandémiques dont les conditions causales résident dans les propriétés d'une certaine période de tems ; elles dépendent donc d'influences qui agissent sur tous les individus YÎvant dans la même période de tems.
Dei maladies endéDiîqaef et ensootiqaef.
Les conditions causales des maladies des localités ou des maladies endémiques et enzootiques peuvent procéder de sources fort différentes, savoir 1} de la position géographique et du climat y 2) du sol et de ses exhalations, 3) des eaux et de leur évaporaUon, 4) de la végétation (p. e. aussi de la présence de végétaux nuisibles à la santé des animaux), 5) de la nature animale (p. e. de la présence d^animaux venimeux etc.) 9 6) des miasmes qui s'y forment, 7) des virus qui y sont introduits et souvent altérés par des influences locales (p. e. certaines formes de maladies lépreuses, syphilitiques etc.) etc.
Ces différentes influences peuvent agir seulement sur une espèce d'animaux, p. e, sur l'homme, sur le cheval, sur les poules, sur les cicognes seulement etc. Mais elles peuvent aussi agir en même tems sur plusieurs espèces ou sur toute une classe d'animaux. Il y a des pays ou tous les animaux domestiques, et mêmes des sauvages, souffrent en même tems avec l'homme, p. e. la Province d'Arracan, les côtes occidentales de l'Amérique tropique etc.
Si les influences locales agissent en même tems sur Thomme et sur les animaux, la comparaison des maladies endémiques et enzootiques peut en beaucoup de cas éclairer la nature de ces maladies. C'est ce qui m'a fait destiner une partie du second volume à cette comparaison en particulier; aussi je ne m'en occuperai pas plus ici.
Des maladies épidémiques et épixootiqnes.
Si les maladies épidémiques et épizootiques sont des maladies panzootiques dont les causes sont propres à une certaine période du tems, qui durent donc par une certaine période pour finir lorsque les causes produisantes cessent d'agir, nous devons porter notre attention: 1) Sur les causes produisantes; 2) sur leur plus ou moins grande extension dans le règne animal; 3) sur leur manière de se répandre; 4) sur le caractère essentiel de l'épizootie, et sur les changemens que celui-ci peut offrir pendant la durée de Tépizootie.