Des causes des épiiooUes
Les lois générales du développement de la maladie doivent nécessairement trouver leur application aussi dans le développement des maladies épizootiques.
-Mali fanl donc que le règne animal, on la classe , le genre ou Fespèce d'aniourax, prise d'une épizootie ail une disposition pour cette maladie: or celle disposition doit dire fondée dans les périodes, dans les états du développement général de rhumanilé ou de Tanimalité, aussi bien que nous avons vu que la disposition individueDe est fondée dans le développement de l'individu.
Les influences morbipares qui produisent les épizooties doivent néceasairement être les mêmes agents naturels qui produisent les maladies des individus, seulement leur aciiott doit se porter en même tems sur tous les individus d'une espèce, d*un genre, d'une classe etc. d'animaux.
On ne peut pas s'étonner que les influences cosmiques ont été aoeusées encore bien plus souvent d'avoir été causes d'épizooties que de maladies individuelles. Mr. de Hildenbrand (de constitut. morb. stationaria p. 9) a déjà compilé nombre d'épidémies qiû doivent avoir été produites par l'influence des astres; notre Cbronologie des épizooties en contient encore plusieurs. Encore de nos tems Mr. E k e 1 CMittbeilungea Oesterreicb. Velerinâre. I, p. 59) a soutenu l'influence de la lune dans la production de la rage des chiens. On ne peut nier qu'il y a des phénomènes qui peuvent pousser l'homme i croire i de telles influences générales, p. e. les cas où la rage des chiens s'est montrée épizoolique en même tems en des contrées fort éloignées les unes des autres, comme dans les années 1780 — 1790, dans les années 1803— 1807^ de même en 1823 — 1824, ou de 1838—1843 (comp. le tableau qui va suivre). Cependant il n'y a pas plus de preuves que pour cette influence des astres en générai v. plus haut p. 637.
Quant aux influences atmosphériques, elles sont très souvent les causes manifestes et démontrables des épizooties et des épidémies: Personne ne doutera que la plu* part des épidémies catarrhales (influenza europaea ou nostras) sont referables aux chan-gemens brusques arrivés dans l'atmosphère (on n'a qu'à se souvenir de Pinfluenza de 1836 â 1837), et la même remarque vaut des épizooties catarrhales (v. Youatt das Rindvieh p. 427). Les avortemens épizootiques sont souvent aussi occasionnés par des influences atmosphériques (Youatt ibid. p. 582). Tous les observateurs du développement du Choléra en 1817 reconnaissent pour cause principale les changemens extraordinaires arrivés dans les phénomènes atmosphériques pendant les années 1816, 1817 et 1818 dans les Indes orientales (Parkin Remote Causes of epid. disease p. 134). — Ces changemens sont souvent aisément reconnaissables , ils regardent la température, Phumidité, les mouvemens de l'atmosphère etc. dont les vicissitudes et les variations ont été prouvées d'avoir été les causes de beaucoup d'épidémies (v. p. e. Adams on Epidemical Diseases. Lond. med. a. phys. Joom. LXVII, p. 188, pour le typhus d'Irlande: Davidson conl, fevers of Great Brit. and Ireland p. 45 etc.). Mais quelquefois ces changemens atmosphériques sont plus difficiles A reconnaître; il y a des auteurs qui ont accusé avec assez de probabilité des changemens dans l'état électrique de l'atmosphère (Adams 1. c. p. 188. Grflnberg
PesteoBtagfaiin p. 71). Un pkénoiiitae myslérieax plnirieim fais mentionné par les anciens observateurs d'épidémies, p. e. dans l'épixootie des lK>vines en 1731, 32, a été obsenré de ooovean dans le ClH>léra de nos tems (Parlai n I. c. p. 143), c'est l'apparition d'une nuée d'une certaine forme et couleur.
L'action des influences terrestres ne peut pas être niée, si l'on se souvient de oe que nous en avons dit dans un chapitre précédant, nous y avons reconnu une influence marquée du sol; cependant si Mr. Parkin (1. c. p. 52, 55) pose en principe que les épidémies sont propres des terrains tertiairs, qu'elles sont rares sur les secondaires, à peu près inconnues sur les primitifs, Pobservation , quoique vraie en soi, peut être trompeuse à l'égard de l'elTet présumé des terrains. — Nous nous avons déclaré contre la théorie trop généralisée de l'action des tremblemens de terre dans la production des épidémies et des épixoolies, cependant nous avons reconnu des coïncidences assez remarquables, et nous avons concédé qu'outre les effets mécaniques des tremblemens les excrétions gazeuses de la terre ponrroient avoir quelque influence sur la vie des hommes et des animaux (p. 275); de nos tems quelques auteurs ont de nouveau voulu démontrer cette influence des tremblemens de terre sur le développement de la peste CGrûnberg L c. p. 72) et du Choléra (Psrkin L c. p. 129, 132, 133, 138, 163); ces auteurs n'ont pas fait la contresépreuve, ils n'ont pas comparé tant de tremblemens de terre qui ne furent pas suivis de pestes, et tant d'épizooties sans tremblemens précédans; mais je concède toujours que ce n'est pas impossible que les excrétions de la terre aient vicié l'atmosphère et les eaux dé la terre, parcequ'il y a des preuves que cela a été le cas, et Mr. Parkin en a compilé nombre d'exemples , comme j'en ai cité encore d'autres en différens endroits plus haut. — J'ai de même traité (p. 271) de l'influence des éruptions volcaniques, en communiquant des exemples de cette action, Mr. Parkin (p. 34, 66, 72, 171, 184) en communique encore quelques autres *), mais je dois professer encore la môme opinion comme auparavant.
Déjà dans la production des épidémies des hommes l'influence de la végétation n'est pas petite, mais elle est encore bien plus grande dans la production des épizooties des animaux herbivores. DéjA la disette des fourrages amène beaucoup d'épizooties, mais surtout les maladies des végétaux sont peut-être la source la plus féconde des épizooties, comme cela a été prouvé plus haut.
L'influence de la nature animale n'est guère moindrel EUe agit, comme nous venons de voir dans les chapitres précédans: a) par l'entassement, l'accumulation d'un grand nombre d'animaux et la formation de miasmes Cv. plus haut p. 579), des épidémies
*) On peut en citer encore plniienrs qui proureni Taction délétère àtê exhalaifons de la terre pendant le« éraptioaf rolcaniquef aar lef animaui el sur lef hommes, ▼. p. e. Pègnea hîstoiredv rolcan de Santorin. Parit. 1842. p. 901. 295 etc.
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lyphewes des homme» (Davidson p. 45) et des aBNMux en eoni eonvenl lei sniles fimeeiee; — b) par k mixtion des races qai paroit favoriser la production de roiasases (p. 518 etc.); p. e. il me paroit probable que la maladie des chiens, originaire dn Péni, y a été froétàe par la mixtion des races 0; — O la nature animale agit par l'arrivée oo Taugmentatioa d^animaux, qui causent des maladies par intoxication ou par iahetMin, et qui peuvent devenir épizootiques p. e. des sauterelles, des mouches, des malmignattes etc. qui nous en ont fourni des exemples.
D'après leur origine les épiflooties sont donc i) cosmiques, atmosphériques, ter* rostres etc. si elles sont produites par ces causes connues ; 2) miasmatiques , si la ibnnatioB d'un miasma a eu lieu; 3} contagieuses, si un virus en est la cause productive, et dans ce cas elles sont à) contagieuses pures ou originaires si c'est un virus permanent qui les produit, /}) cosmico-, atmosphérico - etc. contagieuses, si le virus se développe seulement dans le cours de Tépizootie, y} miasmalico- contagieuses, si des épisooUes engendrées par un miasma deviennent contagieuses. P. e. la Peste orientale des hommes est miasmaticocontagieuse dans TEgyptc, dans l'Europe nous la connaissons seulement contagieuse; ia peste bovine est miasmaUco - contagieuse dans la Russie, la Dacie, l'Egypte, dans le reste de PEurope nous la connaissons seulement contagieuse. P. e. pour la rage des chiens la chose est douteuse, son développement inopiné et épizootique après de longues inlervaiies fait présumer la plupart des médecins qu'elle est miasmatico-contagieuse, au contraire Pob* servation qu'elle étoit inconnue dans le nouveau monde, encore plusieurs siècles après la découverte a fait croire J. Hunter et d'autres qu'elle étoit importée et purement contagieuse. Le Choléra des hommes étoit miasmatico- contagieux dans les Indes, il étoit purement contagieux dans l'Europe etc«