HUMAINE
L'histoire de la médecine humaine est faite par les laborieuses recherches de savants de tous les pays civilisés; nous pourrons nous servir des résultats, auxquels sont parvenus ces estimables auteurs. Quant â la médecine vétérinaire, nous possédons des travaux sur Thistoire de la science dans les derniers siècles, dont les résultats nous peuvent à peu près suffire; mais Thistoire ancienne et moyenne de la médecine vétérinaire reste entièrement à faire , et cette tâche nous sera démandée. Nous ne voulons pas paroitre ingrats envers les estimables auteurs qui nous ont frayé la route, et qui non sans peine ont posé les fondemens de la science; voici les titres des ouvrages qui ont paru: Traités généraux:
O Saggio di Storia délia medicina veterinaria, di Antonio Zanon. Venezia. 1770. 8. Se retrouve dans: Memorie délia Soc. d'agricoltura d'Udine. Partie I. (1772) p. 9i.
(Ce savant mémoire contient quelques observations sur le développement de la médecine vétérinaire, et sur les premiers auteurs italiens, cependant fort incomplètes.)
2) Almanach vétérinaire, contenant l'histoire abrégée des progrès de la médecine des animaux en France, par Chabert, Flandrin, Huzard. Paris. 1792.
(Bon ouvrage pour la nouvelle histoire de la science, surtout en France.)
3) Chr. Fr. Ludwig tabellarische ûbersicht dar geschichte der thierheilkunde. Leipzig. 1794. 8.
4) B. L. G. Nebel progr. historiam artis veterinariae a renim initie usque ad aetatem Caroli Y. sistens. Giessae. 1806. 4.
(Petil ouvrage consciencieux d'un vénérable vétéran de notre science, qui a commencé é défricher un champ inculte.)
5) P. S. Amoreux précis historique de l'art vétérinaire; pour servir d'introduction i une bibliographie vétérinaire. Montpellier. 1810. 8. ')•
6) G. F. Eckel ûber den nutzen und die wichtigkeit der thierheilwissenschaft, nebst kurzer geschichtlicher einleitung. Wien. 1823. 8.
T) J. Pr. C. Hecker histoire de la médecine vétérinaire dans l'antiquité , extrait de son histoire de la médecine par L. P. A. Gauthier. Paris. 1835. 8
(Ms. Hecker a, dans son histoire de la médecine, un peu plus amplement traité l'histoire de la médecine vétérinaire, que ses prédécesseurs.]) S) J. J. Rychner stand und Torlgang dcr thierheilkunde bis zum jahr 1837. Bern. 1837. 8. Histoire des écoles vétérinaires et de la médecine vétérinaire dans différcns pays:
1) C. Walch darslellung des veterinârwesens in den einzelnen deutschen staaten. Uersfeld. 1838. 8.
2) V. Erdelyi geschichte des wiener ihierarzneiinstituts. Dans: Medic. jahrbûcher des ôsterreichischen staats. B. I. p. 2.
S) J. C. Albers geschichte der kônigl. thierarzneischule zu Berlin. Berlin. 1841. 4.
4) Plank grundzûge einer veterinârtopographie von Baiern. Mûnchen. 1825. 8. pag. 1 bis 42.
5) E. Hering ûber die einrichtung und die leistungen der k. thierarzneischule zu Stuttgart. Stuttgart. 1832. 8.
6) P. Chr. Abildgaard regii institut! veterinarii Havniensis brevis historia. Havniae 1788. 8.
7) Handlingar rôrande vétérinaire inrâttningen i Skara. Skara. 1814.
S) G. W. Schrader beitrag zur geschichte der thierheilkunde in England und Spanien.
Dans: Magazin iur thierheilkunde, Th. HI. p. 465. 9) Ruies and régulations of the royal veterinary collège. London. 1837. •— Names of the
governors and otDcers of the r. vet. collège. London. 1840. 4. 10) M. H. Giesker Efferrettning om den konigliche Span. Dyrlaegcskole i Madrid. Dans:
Veter. Selskab. Skr. D. H. p. 247. CAussi dans: Schwab taschenbuch fur pferde-
kunde, ou se trouvent aussi des descriptions de l'école de Copenhague par Viborg
et de l'école de Munich par Schwab.]) il) Rodriguez catàlogo de algunos auctores Espanoles que han escrito de veter inaria,
agricoltura etc. Madrid. 1790. 4.
12) Acta Academiae Yilnensis vol. I. p. 1.
') Daoi Ift bibItoUièqQe Hiuard fe troare an maniucrit de M. Amoreui, lermioé en 1B28, tons le titre: Bibliographie raifonnée de Vétérinaire générale , qui doil être fert inléreiienl. V. le catnlofae p. 481. N. 5221.
Bibliographie vétérinaire 0:
1) J. C. G. Henzen entwurf aines verzeichniases veterinârischer Bûcher. GôtUngen, 1781. 8. — Ejttsd. nachrichten von veterinârischen werken. Stendal. 1785. 8.
(Ouvrages encore aujourdhui indispensables; cependant ils contiennent beaucoup de fautes.)
2) J. D. Reuss repertorium comuientationum a societatibus litt. edit. Ars veterinaria. Gottlngae. 1821. 4.
3) Bûrger bibliothek der vetermârkunde. Berlin. 1823. 8.
4) Th. Ch. F. Enslin bibliotheca veterinaria ,^umgearbeitet von W. Engelmann. Leipzig. 1843. 8.
CAssez complet pour la nouvelle bibliographie allemande.)
5) Vitet analyse des auteurs qui ont écrit sur l'art vétérinaire depuis Vegèce jusqu'à nos jours. Dans: j^jusd. Médecine vétérinaire. Lyon. 1783. voL III. part. 2.
6) Plank almanach fur wissenschaiUich gebildete thierarzte auf das jahr 1835. Mûnchen. 1834. 8.
COuvrage exacte et assez consciencieux pour la littérature nouvelle, rempli de fautes pour l'ancienne.)
7) Catalogue des livres de la Bibliothèque de J. B. Huzard. Troisième partie. Rédigé par P. Leblanc. Paris. 1842. 8.
Entre les ouvrages bibliographiques plus généraux on peut consulter surtout: Filippo Re Dizionario ragionato di agricoltura, veterinaria etc. Venezia. 1809. 4 voIL CY. D. Demusset) Bibliographie agronomique etc. Paris. 1810.
Le développement de la médecine vétérinaire a passé par les mêmes phases, que la médecine humaine a parcouru.
Après qu'un peuple a passé de l'état de vie de chasseurs à la vie pastorale, les animaux domestiques forment sa richesse et presque le seul bien, dont il tire sa subsistence; ils le nourrissent, le parent, le gardent, le défendent. Ces animaux diffèrent d'après la nature, qui l'entoure, et d'après les besoins qui en dépendent, et ils n'ont pas peu d'influence sur son développement intellectuel et moral, sa religion, son charactère, ses moeurs; la langue, la poésie, les arts en portent l'empreinte; ils vivent dans ses chants, ils peuplent son ciel; les Indes, la Perse, l'Egypte, la Grèce, l'Allemagne, l'Amérique en sont les témoins.
Le peuple devient sédentaire et agriculteur avec ses animaux, qui partagent son sort.
") On trouve mentionné dans les auteurs, que Tiraqoelli aroit donné une lûle des médecins vélé^ rinaires ; en vérité il y en a une asses longue dans son fameux ouvrage De noOililaU et jmre primlgeniormm 0pp. 9oi, I, p, 196 f mais — sans aucune critique.
il garde ses astres et ses dieux, Tancienne fable se retrouve spiritnalisée dans la mythe, dans les symbols et les allégories des religions et des arts 0-
Dans le pressentiment d*un être suprême l'homme sauvage et inculte voit dans la santé et les maladies de ses animaux l'agence de ses dieux, d'esprits bienveillants ou malveillants; pour les délivrer et préserver des maladies, il a recours aux prières, aux imprécations et incantations; chez tous les peuples nous trouverons ce commencement magique de la médecine vétérinaire; nous verrons que les peuples ont souvent déjà atteint un haut degré de culture intellectuelle et morale, et les traces de cette croyance infantile ne sont pas encore effacées, elles se retrouvent dans nombre de coutumes et de cures superstitieuses.
Mais bientôt l'homme observateur s'apperçoit de l'influence bienfaisante ou malfaisante des agens physiques, il tâche d'amener la première et d'éloigner la dernière; bientôt il observe l'instinct des animaux, qui les pousse à rechercher des agens salutaves et fuir des dangereux, il s'efforce â leur procurer les premiers, et à les préser>'er des derniers. La médecine vétérinaire empirique a commencée.
La raison, ce partage divin de l'homme, le détermine â s'éclaircir sur la connexion des causes aux effets, il observe les phénomènes de la nature, les phénomènes de la vie, il s'apperçoit des changemens effectués par les agcîis extérieurs dans Torganisme animal, et il Tut conduit à rechercher les causes des maladies dans le corps de l'animal mort. Le commencement de l'anatomie, de la physiologie, de la pathologie et de la thérapie étoit donné, la science avoit germé, et elle ne devoit pas tarder a se développer.
La science devoit être aidé dans son développem(>nt par los lois religieuses, qui ordonnoient Vcaiispice des animaux tués pour la nourriture de l'homme, pour voir s'ils éloient purs ou impurs; par la recherche des aufjurrs dans les entrailles des animaux immolés; par roffrande de certaines parties des animaux aux dieux. Malgré beaucoup de superstitions, et malgré les hnpostures des prêtres on rencontre dans ces lois des observations pathologiques, qui ne pouvoient pas manquer de s*oflrir '0.
• En suivant les proiyrès de notre science on peut fixer ces périodes: I. Histoire de Tancienne médecine vétérinaire empirique ; depuis les temps les plus reculés jusqu'au treizième siècle de notre ère.
O Histoire de la médecme vétérinaire chez les Grecs, les Romains et les Byzantins.
■) Soiu ce point de vue, fort intcrewant pour la philosophie, pour Thistoirc, et iortout pour l'histoire des lanfrues, nous ne possédons pas encore une histoire des animaux domestiques. J'ai rassemblé bien de matériaux, mais je n'ai pas encore eu le tenis de les compléter et de les mettre en ordre.
•)V. CasparPeucerde praecipais divinationam generibus. Francofurti. 1593. 8. surtout p. 335. — Hartmanni Origtùtê anatomicae et Schalie historta anatomica in Kurella fascic. dissertationum. Bero- Ubî. 1754. ~ Corn. Cunti de Graeooraai extiapidis. Gottingae. 18^. 4. (Ce aont les meilleurs traités entre beaucoup d'autres.)
2) Histoire de la médecine vétérinaires des anciens Parses, des Indiens, des Egyptiens et des Arabes.
Nous verrons que nous avons raison de parler des Arabes après les Grecs; quant aux Egyptiens et aux Parses, leur science est antérieure a celle des Grecs, mais nous n'en saurons jamais plus, que nous en savons à présent, et il ne valoit pas la peine d'en parler séparément; ce qui regarde les Indiens, c'est bien pos-sible que leur science soit aussi plus ancienne que celle des Grecs, et qu'un jour il faudra en parler plus amplement, mais à présent nous ne connoissons pas encore même les titres de tous les' ouvrages sancrits sur cette science. II. Depuis la renaissance de la science jusqu'au fondement de l'anatomie du cheval; ou depuis Giordano RufTo jusqu'à Carlo Ruini; ou depuis 1200 p. C. jusqu'à 1600.
Pour ne trop embarrasser le fil de notre exposition nous réunirons l'histoire de la médecine des oiseaux de toutes les périodes dans un Appendix à cette période. m. Depuis Carlo Ruini jusqu'à l'établissement des écoles vétérinaires; ou depuis 1600 jusqu'à 1763.
IY« Depuis rétablissement des écoles vétérinaires jusqu'à nos jours.
BUëioire de la médecine rétéHnaire chez tes Grées ^ tes
MonêoiHSy et tes Bpzanttoês.
Les traces d'une ancienne médecine vétérinaire magique se rencontrent dans la plupari des auteorsi elles paroissent plus rares chez les anciens Grecs, chez les &fzantins elles sont assez fréquentes Cp. e. les incantations chez Bolus, Anatolius, Apulejus), mais les superstitions les plus grossières se trouvent dans les auteurs Romains, elles dérivent probablement des anciens docteurs de la magie, des Tusci, ces inventeurs des incantations, des extispices et des augures 0.
Nous ne savons rien sur l'état de notre science chez les anciens Grecs avant notre
0 Coattm iortoal: M ioali Storia M mfkhï popoU italtaai. vol. I, p^ 271 etO, p. 306 et 0. MAIler . m, 1.
ère, Absyrtiu 0 cite plusieurs fois ol naXaiôteQOt, ol a(fXMOi etc., mais sans en nommer. Les auteurs ont coutume de citer, comme le plus ancien écrivain Simon, en Thonneur duquel il se trouva dans TEIeusinium à Athènes un cheval d*airain; mais Xenophon et Suidas et Hierocles nous disent seulement qu'il avoii écrit j^eçl Inntxijç non ft^l iTtniatçix^, il Tut sans doute un hipparchos et non un hippiater. Xenophon même, duquel nous possédons un ouvrage nsQÏ Inmxilg ne décrit aucune maladie, il mentionne seulement en passant la maladie xQi&laaiÇj et encore dans un autre sens que les hippiaters.
Cependant du tems de Galenos il y avoit déjà non seulement des médecins vétérinaires, mais aussi des professeurs de cette science, car en parlant des propriétés de Tanesse, du lait de laquelle on veut nourrir un malade il nous en nomme deux; je citerai ses mots en latin: nCurandum item, ut quam optime concoquat, contemptis videlicet iis, qui si ^asinis quoque victus rationem praescribemus ridebunt. Si enim Vaeneti et Prasini stundiosi sectatores equorum stercora, quo intelligant, quemadmodum concoxerint, odorantur, 9)tanquam ex eo omnem eorum bonam habitudinem cognituri, multo profecto magîs nostrum nfuerit pro hominis salute nihil taie non prospicere, atque herbas animal! non admodum hunmidast' 0 etc.
Au moins depuis le troisième siècle il y avoit des médecins vétérinaires des armées, nous ferons plus bas la connoissance de quelques uns entre eux; il y avoit dans les champs un veterinarium pour la guérison des chevaux malades ').
Qu'il y avoit dans le troisième siècle p. C. beaucoup de médecins vétérinaires, on peut le conclure de la fameuse taxe de Tempereur Diocletianus , dans laquelle ils sont nommés »Mulomedico tonsurae et aptaturae pedum<< »Eidem deplecorae et purgaturae capi- •tis« *).
Des médecins vétérinaires furent aussi employés pour les animaux qui combattoieni dans les Cirques; ce qui a été prouvé par des savans antiquaires é l'occasion d'un épitaphe d'un tel trouvé a Aix en 1840 *).
Le lux9 des étables que développoient les empereurs de Constantinople et qui bientôt fiit imité par les Gothes et par les Francs, ne devoit pas peu comporter aux progrès de la
■) Hippiatr. graec. p. 53, p. 156, p. 100, p. 1Q1.
') BcçaircvT. fuj^o^ov /SijSX. 17. %t<p. or. éd. Kûhn toI. X, p. 478.
*) HygiDus de casirameUUone. Graevii thesaartu antiqutt. tom. X, p. 1023.
*) DecreUim Diocleliani par MartÎD Leake. Transactiona or the royal Sodetf of LiteraCore. P. L TOl. 1 p. 196. — Dans le Decretum CoDaUotiDt (Cod. Tbeod. L XIII, tit. IV) lea mulomedid font i oolé dea fli«did entre les artificea privilégiés et exempts.
*) Zeitscbrift mr die alterthanswissenscliaft. 1841. N. 93. p. 769.
médecine des chevaux. Le préposé des écuries fut un des premiers dignitaires de la cour, qui de Constantin 0 est nommé xôfdfig tov arafilovy de Codinus 0 o fiéyag xoy-^ %o0iàvXog Cd'où vient le mot français connétable).
Dans les Tactica imperaioris Leonis (SI. philos. 889 — 911) on croit trouver les premiers vestiges de la ferrure des chevaux; entre l'appareil des armes et des chevaux sont mentionnés nidixXa aelr^vaîa aidr^qa fietà xaçcpliov ^. Si c'est vrai, cette invention fut probablement importée par les Allemands (Taranger, Garda) a Constantinople CMiklegard), car en Allemagne elle paroit avoir été beaucoup plus ancienne O* C'étoit peut-être le climat du nord qui poussa l'homme à l'invention de la ferrure, car dans les climats chauds les cornes sont bien plus dures, que dans les climats froids et humides, où elles sont plus molles. Les ouvrages des anciens vétérinaires sont remplis de remèdes pour prévenir et guérir l'usure des cornes ; mais les suites de la ferrure sont seulement mentionnées dans les ouvrages modernes. Les anciens auteurs connoissent bien des sabots pour les pieds malades Csoleas sparteas etc.), mais jamais ils ne font mention des fers dans la cure des pieds malades.
Dans la Grèce le nom commun du médecin vétérinaire fût iTtnlaxqoÇy comme on peut se convaincre par la lecture des auteurs grecs, et comme Varro (àe re rust. II, VU, 16) nous le dit. On fait aussi mention du mot vtxTjviatQog ^ d'une signification plus générale, mais il paroit avoir été fort peu usité. — Chez les Romains le nom le plus ancien et le plus commun fut celui de mulamedirus , qui se trouve, comme nous avons vu, dans les actes publiques. Mais on trouve dans les ouvrages de Columella et de Vegetius aussi celui de %'€terinarius y qui a été transmis dans les langues modernes. Cependant l'origine de ce mot, veierinae, veterhca anima lia y veierinariuSy veterinaria medicina est très obscur! Pestus dit jjveterinam bestiam . jumentum Cato appellavit a vehendo. Opilius veterinam dici putat 9)quasi venterinam, quod ad ventrem onus religatum gerat^^ et le glossaire Labb. ajoute ^veterina bestia, vno^vyiov^ ^). Mais le mot vno^vyiov répond au latin jumentum. Dans l'ou-
') Constant. Porphyrogen. de cerim. aul. lib. I, cap. 10. App.
') Codini Curopalai. de offic. aul. cap. 2. éd. Bonn. p. 9. et cap. 5. p. 29. rMagnus contostaulos vcomes fltabnli, Gallis connétable, nomen conflatum ex contos seu conto cornes, et staulos stabulum, axavko^ rseu aravkop ex lattno stabulom detortum. Habebant quoqne veteres Franci comitem stabuli, ut videre est wfai epist. 3. Hincmari c. 16., quem vulgus corruple appellabat constabnlum , ut est apud Reginonem I. 2. et «apud Tyrium passim légère est constabularius.» Ibid. Gretseri et Goari Comment, p. 181.
') éd. Meursius p. 51.
') On a trouvé des fers i cheval dans la Bavière, où Mr. Plank (VeterinSrtopographie von Baiern p. 18.) croit qu'ils avoient appartenu à la cavalerie romaine, mais on ne trouve aucun indice de la ferrure chex les anciens Romains; on en a trouvé avec d*autres antiquités dans beaucoup de contrées d'Allemagne, y. Klemm germanische alterthumskunde. Dresden. 1836. p. 134. Un des plus vieux est celui qu*on trouva dans le tombeau du roi Childerich à Tournay (mort 481).
*) Festuf de verborom significatione , éd. 0. M&Uer. Lips. 1839. p. à69. — Cette explication dt>
vrage de Cal on de re ruslica je ne trouve pas le root. Yarro (I, 38, 30 se sert de ce
mot, en parlant de stcrcore ^Stercus optimum scribit esse Cassius volucrium, praeter palu-
9Strium ac nantium. Secundum columbinum scribit esse hominis. Tertio caprinum, et ovii-
fflum et asîninum. Minime bonum equinum, sed in segetes, in prata enim vel optimum, ut
nceteraram veitrinarum^ quae ordeo pascuntur,^ ou il paroit lui tribuer le sens: des autres
quadrupèdes domestiques, qui sont nourris d*orge. Columella se sert souvent du mot ve-
terinaria medicina pour les brebis qui n*ont rien a vehere p. e. ^^quare vetcrinariae medi-
9»cinae prudcns esse débet pccoris magister etc. VII, 3, 16.^ La dérivation de vehere
me paroit insoutenable, et malgré toutes les diflicultés étymologiques je voudrois plutôt
penser aux racines tfSf, pecus, faihus, veh. 0.
o La plupart des écrivains sur Tagriculture parlent aussi plus ou moins de la médecine
vétérinaire; il faut donc les consulter pour avoir une connoissance complète de Tétat de la
médecine vétérinaire chez les anciens.
Nous donnons à présent un aperçu chronologique des auteurs qui ont écrit sur la médecine vétérinaire. Pour ne point interrompre Tordre chronologique, nous ne séparerons pas les médecins, les vétérinaires et les agriculteurs, mais pour les distinguer tout de suite, nous ajouterons au nom toujours le titre médecin, vétérinaire etc. De même nous ne séparerons pas ceux qui ont écrit en grec de ceux qui ont écrit en latin, mais nous distinguerons les Grecs en ajoutant le nom écrit en grec. Pour ne trop embrouiller cet aperçu historique nous n'entrerons pas dans le détail des maladies décrites, mais nous donnerons dans les pièces justificatives sub N. I. une comparaison générale des maladies décrites par les auteurs de la première et de la seconde période.
470 — 356 a. C. Hippocrates, le grand médecin, montre en plusieurs endroits fort bien, quMl senta la .grande utilité d*une pathologie comparée; on voit fort bien quMl a fait des sections d*animaux malades p. e. en parlant de Thydropisie, où il a observé les hyda- Gdes des poumons des animaux ^). En parlant de Tépilepsie (yoao^ ^^Q^i) ^^ combat Topi-
Fcstus est rcpetê par Vossius, Gesner, Facciolati et par touj les autres lexicographes. Mais il v»i très mauvais étymologi»te , il a quelque valeur seulement par ses notions hi:(loriqucs.
') C'est la m^me chose avec le mot reretlnt , qui ne se trouva pas dam Festus, mais il a été ajouté par son scholiaste (1. c. p. 372), et Isidorus (Oriçin. XII, 1, 33) répète rveredos antiqui dixerunt, quod vehenrcDt redas, id est ducerent, vel quod vias publicas currant, pcr quas et redas ire solituni erat!!** Le root se trouve en vérité déjà chez le poète Martialis (I. I. ep. 14), natif de la CcltiluTie; mais il devient très fréquent chez les écrivains des tems gothiques (Sidonius Apullinaris, Ausonius, Firmicus); surtout Cas^iodorus s'en sert toujours pour désigner les chevaux de poste (equi mutatorii Ammiao. Marcellin. etc.) On dit ((îrimm Grammat. n. A. I, p. 131) que par la mutation en parafredus, paredrus c'est devenu la racine de noire pfaeret, belg. paard, das pferd. Malheureusement il n'existe pas de mot gothique pàirethus, qui d'après toute analos:ie scroit devenu reredm Le mot perd se trouve déjà chez l'Auct. vet. de Benef. II, b2. En scandinavien: perta. Je ne suis nullement convaincu de la justesse de l'étyroologie de M. (jrimni.
*) rifç» Tc5r iiTOs Ji«^(5î' cd, Knhn. v II. p. 4«>9.
nion vulguire que des démons étoient la canse de cette maladie, parcequ'en ouvrant les têtes des chèvres, qui en sont souvent tourmenté, on trouve de l'eau dans le cerveau 0- Ses observations de pathologie comparée sur les fièvres *) et sur les luxations *) montrent beaucoup de sagacité, malheureusement ce sont seulement ces endroits, où il parle des maladies des animaux. Il fait cependant entrevoir qu'il y avoit déjà des préjugés contre l'application de la médecine vétérinaire à la médecine humaine; car au dernier lieu cité il ajoute Tjsi l'on doit traiter telle chose en médecine, mais on le doit/*' D'ailleurs c'est connu que tout ce que Hippocrate sait de l'anatomie, est acquis par l'anatomie des animaux *").
360 a. C. à. peu près. D'iodes QJioxkfjg). Hierocles en parlant de la nourriture et du régime des chevaux dit dIEvLtvxov nors avyyQccfifiazL Jioxléovg doxificiyuarcp tiqo- Offovovvtog zivi tcSv ^aadswv, l^vtiyovov olftaiy vyieivà naQeyykXfion:a^ etc. *), d'où Ton peut conchire que c'est le grand médecin Diodes Caryslius ®). Hierocles loue ses conseils, et comme il est renommé comme le plus zélé anatomiste des animaux il se peut ft)rl bien que ses ouvrages sur l'hygiène et ses rizotomica contenoient aussi quelque chose sur la médecine vétérinaire, mais tout est perdu.
384 — 322 a. C. Aristoteles dAQtatmBXriç) ^ le grand philosophe et zoologue, dont les mérites dans l'anatomie et dans la physiologie sont généralement connus, a aussi donné une courte description de quelques maladies de l'âne, du cheval, du boeuf, du cochon, du chien, et même de l'éléphant et des poissons 0.
250 a. C. â peu près. Ma go de Cârthage (dans la nouvelle édition de Pelagonius son nom est perverti en Mango et Carbedonus au lieu de Carchedonus). Déjà avant lui on dit que les Phocniciens avoient des ouvrages sur l'agriculture (Pholius Myriob. cod. 163); entre les Carthaginois aussi Hamilcar avoit écrit sur cette science, mais l'ouvrage de Mago, en langue phoenicienne , en 28 volumes étoit le plus renommé; il fut traduit en grec en 20 volumes par Cassius Dionysius Uticensis , et un abrégé en fut fait en 6 volumes par Diophanes Bithynus. Tout est perdu. Il y a sous son nom un article dans les Hippiatrica sur Torthopuoea des chevaux *); U est cité et sans doute copié par Varro, Columella, Pelagonius, Palladius.
»3 Utqi îeçc«; vôaov cd. K. vol. J, p. 606
*) Tlt^i ^va^v éd. K. vol. 1. p. 574.
») Ileçt àq^^âv éd. K. vol. III, p. 145. et iiôx^^ov v. III, p. 276.
*) Je nVnlrerei point dans les détaib de l'histoire de ranatomie comparée paroequ'elle est faite.
*) Hippiatric. graec. p. 235.
*) Ses fragmcDs: Kflhn Opuscula. vol. II, p. 87—127.
'I Dans le huitième volume de l'histoire des animanx. V. Pièces justificatives N. I.
*> M^/xxcop ô }vaX»co< cité par Hierocles Hipp. gr. p. 179 est peut-être aussi Ma|orv.
234 — 149 a. C. Marcus Porciua Cato Oi le célèbre Censeur, duquel noua possédons l'ouvrage De re rusiica, dans lequel il se mêle aussi de la guérison des maladies du bétail, et même de Thomme, grand ami des incantations et extrêmement superstitieux. U connoit Taction salutaire du sel pour la santé des animaux, mais du reste ses prescriptions ne sont d'aucune valeur *).
Nous parvenons à présent à une série d'écrivains sur l'agriculture, qui sont fort peu connus; Needharo etNiclas dans les éditions des Geoponica se sont donné beaucoup de peine pour débrouiller leur histoire avec un succès douteux; déjà Fabricius et Haller ont déclarés qu'ils n^y pouvoient venir à bout; nous ne pourrons pas faire plus. Les Géorgiques grecs sont encore un champ inculte pour les antiquaires; la plupart des écrits sont perdus , mais il y a encore beaucoup de fragmens dans les collections des manuscrits , et je pense qu'on pourroit faire plus , que n*a pas été fait jusqu'à présent.
200 a. C? Pamphilus d'Alexandrie (Tla^q^iXog). Diaprés Galenos ^) il a écrit nqayiAaxBLav nBQÏ fioTccvojv rempli d'incantations et de fables égyptiennes. Suidas dit qu*il a aussi écrit des ytcjçyixa et plusieurs autres ouvrages. (Il est à distinguer de l'ancien philosophe du même nom.) Dans les Hippiatrica de Grynaeus son nom ne se trouve pas; dans les Hippiatrica de Ruellius il y a sous son nom un remède contre les puces des animaux, qui se trouve aussi dans les Geoponica; Needham qui avoit un autre manuscrit des Hippiatrica, dit qu'il y est souvent cité.
? Didymus CJiâvftog^. 11 y a plusieurs Didymus, comme on peut le voir chez Suidas. Une fois dans les Geoponica ses yecoQyixa sont expressément cités, la pluplart des auteurs pensent donc que c'est Didymus auteur des georgica, qui fut membre du Muséum d'Alexandrie dans le troisième siècle p. C. ^), en vérité il cite outre Democritus, Tarentinus, Florentinus aussi Apulejus; il est cité par Florentinus (qui paroit donc être son coaeviis) Diophanesl et par Paxamus. Il y a de lui quelques articles dans les Geoponica sur des maladies des boeufs, des brébjs, des cochons, dont quelquesuns se trouvent aussi dans les Hippiatrica de Ruellius, mais non dans ceux de Grynaeus.
? Florentinus ((l>loQ€ytivog), Dans les Geoponica sont cités ses yeojQyixay etPhotins (Myriobibl. tmem. 163) cite des georgica de Florentius. 11 est cité par Democritus,
■) Sa vie, ses ouvrages, et les édiUons des livres de re rustica v. dans les Scriplores rernm msticaniM éd. Gesner, éd. Bipontina. vol. I. p. LVU.
') J'ai omis i dessin les noms de quelques auteurs, qui seront menUonnês plus bas, p. e. l'histoire des plantes de Théophraste, où il y a quelques observations sur l'instinct des antmau, les oeuvres de Nicandre sur l'action des venins. Le recensement présent ne doit contenir que les auteurs ^ qui ont vraiment écrit sur les maladies des animaux domestiques.
') 0pp. éd. Kûhn. vol. XI, p. 792. p. 796.
*) Hatter école d'Alexandrie vol. I, p. 3ll.
Leontinus, Âfricanus, Diophanesl, Ânatoliusl, et comme nous avons déjà observé par Didymos, qu'il cite lui même. Je ne pense pas qa'il est le même que Florus, duquel sera question plus tard. On trouve de lui l'observation, qui se retrouve aussi chez Columella que les poules , qui ont des éperons , ne couvent pas et détruisent les oeufs 0 ; outre cela il y a de lui dans les Geoponica des articles sur la claudication des boeufs et sur les hydatides des cochons.
? Vindanius Anatolius Berytus C^vatolioç). Il y a dans les Hippiatrica de Grynaeus, dans ceux de Ruellius (quelquesuns de plus) et dans les Geoponica des articles de Anatolius, dans les Hippiatrica de Ruellius et dans les Geoponica il y a des articles de Berytius; j'ai suivi l'exemple de Niclas en acceptant qu'ils étoient la même personne, trop lard j'ai vu que j'ai peut-être mal fait, que ce seront deux personnes et qu'il faudra les séparer (Anatolius est même cité par Berytius Geop. XIII, 12). Hecker le met dans le quatrième, Fabricius dans le troisième siècle, et peut-être il est plus ancien. Il cite Florentinus, il est cité par Paxamus. C'est sans doute le même Anatolius, duquel nous possédons encore un fragment Ileçl avfmad-eiwv xai avriTtai^eicuv *), ouvrage mystérieux sur l'antipathie et la sympathie des êtres, dans lequel est beaucoup parlé des remèdes inventés par les animaux; probablement il est aussi le même, duquel Photius (Biblioth. cod. CLXIII) cite des Georgica écrits d'après Florentinus. Il y a de lui des articles sur des maladies des chevaux, des boeufs, des brebis et des poules, avec des remèdes superstitieux.
100 a. C? Cassius Dionysius Uticensis CKaoaioç Jiovvaiog), le traducteur de l'ouvrage du Carthaginois Mago 0. Il est plusieurs fois cité par Varro et par Columella, aussi par Athenaeus (Deipnos. XIV, p. 648). Mais Athenaeus, Varro et Columella citent encore un autre Dionysius qui a écrit un ouvrage semblable. Tous les deux seront a distinguer du médecin du même nom chez Galenos.
70 a. C. BolusMendesius CBuiXog). Dans les Hippiatrica et dans les Geoponica il y a des articles de Democritus, nom usurpé par plusieurs écrivains; d'après une assertion de Columella *') on présume que nos articles sont de l'Egyptien Bolus, qui doit aussi être l'auteur d'un fragment que nous possédons sous le nom de Democritus Ile^l aviina^iû» nal àvTina&Biùiv ^), pareil à celui de Anatolius cité plus haut. Dans Pun de nos articles (Geopon. XIV, 8) il y a une description de l'art de faire éclore les oeufis artificiellement
0 Geopon. XIV, 7.
*) Fabricii bibliotheca graeca vol. IV, p. 295.
■) Varro de r. r. I, 1, 10. ColomeUa I, 1.
*) Coinmella de re riuUca Vil, 5 et XI. 3. nSeà Aegyptiae gentîs aactor raemorabilis, Bolus Monde* •lus, cnjos commenta sub nomine Democriti faiBO produntiir.M Peutp^tre aon ouvrage existe encore en langue arabe. V. pUu bas ThUtoire de notre art chez les Arabes.
») éd. Rendtorf. Fabridi bibl. graec voll IV, p. 333.
par la chaleur des excrémens des poules 0- Dans un autre est répété l'assertion d'Aristoleles sur l'influence de la couleur de la membrane pituiteuse de la bouche des parens sur la couleur de la peau de l'agneau ').
? Tarent in us. Il est cité phisieurs fois dans les Htppiatrica et dans les Geoponica, mats sa personne et son âge sont très inconnus! Il y en a qui on ont pensé a Heraclides Tarentinus, médecin souvent allégué par Galenus; il y en a d'autres qui ont cru que c'étoit Archytas Tarentinus, duquel parlent Varro et Columella; d'autres enfin se tiennent à l'assertion de Suidas déclarant que Tarentinus est iivofta xvQtov^ non de patrie ^). II est cité par Anatolius, Berytius, Florentinus comme de Paxamus et HierocleSy il seroit donc plus vieux que tous ceux, mais il cite aussi Paxamus et Manetho! Peut-être deux personnes sont cachés sous ce nom.
50 a. C. DiophanesBithynus CJwipavfjgy C'est Page qu'on donne au Diophanes, qui sous le titre de yemQyixà a donné un epitome de l'ouvrage de Mago et de Casshis Dionysius en six volumes. Il est non seulement cité par Varro, Columella, Florentinus, Plutarchus, Apulejus et les Quintilii, mais il cite aussi Africanus (230 p. C.)! II faut donc qu'il y ait eu deux Diophanes. Il y a de lui des remèdes contre les parasites dans les Hippiatrica et dans les Geoponica.
50 a. C? Paxamus (/Tof^a/coç) *). Il cite Didymus et Anatolius, il est cité par Damogeron, Tarentinus et Columella. Il y a de lui dans les Geoponica des articles sur des maladies des poules.
50 a. C. IlieroSiculus C^è{Hav). Il est cité par Varro et Columella. Il y a de lui dans les Hippiatrica un article sur l'éléphantiasis du cheval. Il paroit que son nom dans quelques manuscrits des Hippiatrica est perverti en Chiron. Cependant Chiron est aussi cité dans les Hippiatrica Cgr. p. 7), de même chez Vegetius *).
50 — 1 a. C. d peu près. Gratius Faliscus, poète du même tems avec Ovidius, a décrit dans son cynegeticon quelques maladies des chiens.
284 p. C. é peu près. Aurelius Olympius Nemesianus de Carthage, poète qui a aussi décrit quelques maladies des chiens *).
') Cf. Arifltoteles h. a. VI, 2.
') *i'Avo»Ça^ wofov x6 orôfia, iàv c^ç^^ 'i\ôacav avrnv tu^.aivar, fiOav r/^erat, tdp Ss y^vx-^v, ysvn/tfSi y^vxôv, éàv ^è froixO/ijv itoixù.ov tarai rô Têxrôfur^v.** Dentocr. Geopon. XYIII, 6. La même remarque: Arislolcl. H. A VI, 19. ^ Plin. h. n. VJII, 47. — Varro II, 2, 4. - VirgiK Georg III. ▼. 387. — Colum. Vil, 3, 1. — Pailad. VIII, 4, 2.
') Geoponica éd. IViclas vol. I, p. LXXIII. Cf. aussi: Kfihn Opusc. acad. de Ileraclide Tarent! no. vol. II, p. 158. 159.
*) Sur ses écrits r. Suidas »oub son nom. Allienaeus IX, 376.
*) Fabricius bibl. graec. vol. I, p. 13 cite de lui an iT^riar^ixô^!
*) Gratii Falisci et Olympii Nemesiani Carmin» venatica. éd. R. Stern. Halae Saxon. 1832.
Chacun sait que le célèbre poète Virgilius dans ses Georgica parle aussi quelquefois des maladies des animaux domestiques.
? FI or us, médecin vétérinaire, plusieurs fois cité par Pelagonius; peut-être le même qui est aussi nommé par Galenos iOhaqoç. 0pp. éd. Kûhn vol. XII, p. 768) et par Actius, le Floris d'Avicenna.
? Epicharmus de Syracuse CEmxaQ^iog) qui, comme Columelia dit, a fort bien écrit sur les maladies des bestiaux ')• H doit avoir vécu vers le commencement de notre ère.
?Agathocles. Il y a une épitre d'Apsyrtus à un Agathocles ^), hippiater. Varro et CoiuracUa citent un Agathocles Chius entre les scriptores rustici; Athenacus (I, 13) parle d*un Agathocles Atracius, qui a écrit des Halieutica; et le scholiaste de Nicandre fait mention d*un autre Crheriaca ad v. 622) qui a écrW Tte^l ôiaitijçl
40 a. Ch. — 20 p. Ch. a peu près. Aulus Cornélius Celsus. D'après Quincti-* lianus il a écrit un grand ouvrage sous le titre 9jartes<( ou ^^de artibus,^' dans lequel il trai«toit de l'agriculture, de la médecine vétérinaire, de la médecine humaine, de la rhétorique et de la tactique; il n'ous en restent les 8 livres de medicina, le reste est malheureusement perdu. Sa médecine vétérinaire est souvent cité par Columelia et par Pelagonius.
Varro dans son célèbre ouvrage de re rustica ne parle guère de la médecine vétérinaire.
40 p. Ch. à peu près. Lucius Junius Moderatus Columelia de Cadix en Espagne 0 9 un homme riche bien versé dans les sciences, écrivant une langue pure et assez élôirante. Deux ouvrages de lui sont perdus, il nous reste son traité »de re rustica^^ en 12 livres (Cassiodorus en cite encore 16, ainsi 4 sont perdus); le septième livre et le sixième contiennent des préceptes de médecine vétérinaire; il y parle d'un nombre de maladies plus fréquentes des chevaux, des boeufs, des brebis, comme on verra dans notre tableau N. I. Ses descriptions sont courtes et souvent obscures, ses connoissances purement empiriques, son traitement cependant assez simple et sans superstitions. Cet ouvrage, toujours estimé et répandu, a eu une assez grande influence sur le développement de notre science; il fut traduit de bonne heure dans la langue allemande, françoise, italienne, angloise; ces traductions se trouvent énumeré dans l'édition de Gesner.
') CoUiinella de re rustic. VII, 3. )ȣpicharmus Syracusanus, qui pecudum medicinas diligentissime cottscrlpsii;^ et I, 1, il le nomme un disciple de Uieron. Ainsi personne ne pensera pas au vieux philosophe de Cos, qui souvent est aussi dit Siculus, parcequ'il vivoit en Sicile.
') Flippiatrica gr. p. 98. Je ne nomme pas les Ilippiatres, auxquels Apsyrtus a écrit, s*ils ne sont pas connu ailleurs, parceque je ne peux pas y mettre autant de valeur que mes prédécesseurs; c'est connu, que dans ces tems cetoit la mode d'adresser des lettres a des savans qui n'existoient plus.
') G rote fend heitrâge zar Icbensgescbichtc des Columelia. Zeitschr. f. d. alterthumsw. 1835. n. 22. p. 179. — Lts meiUeures edit. Scriptores rei rustic. lat. éd. Gesner reimpr. Dipont. 1787. vol. II, et Scriptores ret rost. cd. J. G Schneider. toI. II, où Ton trouve tout ce qui regarde l'histoire litéraire de cet ouvrage.
23 — 79 p. Ch. L. Plinias Secandus major, de Vérone, un des plus laborieux, mais aussi des plus crédules auteurs de Tantiquité , parle dans son histaria naiuralis 0 de quelques maladies des animaux domestiques, et y prouve Textrëme crédulité; il répète les fables sur l'invention des remèdes par les animaux, il connoit déjà le vermicuhis fabuleux dans la langue du chien comme cause de la rage, et de choses pareilles.
60 p. Ch. d peu près. Pedanius Dioscorides Anazarbeus, de la Cilicie. Dans ces ouvrages sur la matière médicale ^) , écrits en grec barbare , il parle de la rage du chien, et des insectes venimeux et dangereux pour les animaux domestiques.
131 — 201 p. Ch. ClaudiusGalenus (Xahjvoç) de Pergamus, le grand médecin, duquel nous avons déjà eu l'occasion de parler plus haut, répète les mots d*Hippocrates sur les luxations des boeufs, et d cette occasion il avoue sa conviction, qu'on peut faire usage en médecine des observations de la médecine vétérinaire'); mais malgré cela il n'en fait pas usage : D répète des fables sur l'invention des remèdes par les animaux , des animaux dangereux et venimeux; il donne une très bonne description de la rage du chien et de l'homme, avec de très bonnes remarques sur la prognose et le traitement. Une seule fois il parle de la gale des brebis.
? Cassius Félix. II y a de lui un article, sur une maladie du poumon, dans les Hippiatrica (gr. p. 28). Si c'est le médecin, qui est mentionné parHensIer? Fabricius pense a Cassius Jatrosophista (du deuxième siècle).
170 — 190 p.Ch. FratresQuintilii iKvïvtiUoC), Ils sont nommés dellierocles dans les Hippiatrica et il y a des articles d'eux dans les Geoponica. Condianus et Maximus Quintilius, qui ont écrit des yeiOQyina d'après Athenaeus Cp^ut-étre en latin) ^).
220 p. Ch. Africanus CA(pQixayoç), Il y a de lui des articles dans les Geoponica et dans les Hippiatrica de Ruellius, et un chapitre sans nom (xeç). qxô. p. 268 gr.) se retrouve selon Fabricius dans les fragmens imprimés des xeotoL Car c'est sans doute Sextus Julius Africanus , qui , outre une chronologie finissant à l'an 221 , a écrit des fiifiXla
xetnwv *).
220— > 240 p. Ch. Gargilius Marti a lis, sous le nom duquel nous avons un frag-
■) Les meilleures éditions: éd. Frans. Lips. 1773. 10 roll. 8. — éd. Lemaire. Paris. 1829. 13voll. 8. — éd. Sillig. Lips. 1836. 5 roll. 8. — La Iradoction de Ajasson de Grandsagne, annot. par Covier, Daunoa etc. Paris. 1829. 8.
*) Ped. Dioscoridis Opéra éd. C. SpreogeL Lipsiae. 1830. 2 roH. 8.
*) nti ^17 Ti xai ToioûTO bit iv lçr(nx'j 7^i|/at, ^el ^Z.» £^4 rô lirxox^r. st. â^q. virofin^ju. xe^. xL 0pp. éd. Kâhn. vol. XYIII, p. 353.
*) Geoponica éd. ^iiclas. p. LXVII. (Ils forent tués par Commodus [180 — 193], ainsi ils ne penrent pas avoir vécus dans le troisième siècle, comme dît Monsieur Spren^l dans Thistoire de la botanique p. 191.)
*) Gcop. 1. c. p. XLV.
ment j^cnrae boiim« Oj Qui ne contient que des remèdes superstitieux. Mais après que A. Majus a trouvé un fragment vrai de Gargilius Martialis on croit que notre fragment de curis boum n*est pas de lui ^.
? S 0 1 i 0 n iJSiùxUai), H y a sous ce nom dans les Geoponica un article sur l'oestrus du boeuf; ce n'est pas l'ancien philosophe; si c'est le même qui a écrit iuqï norafidUv xal nçtptiSvf c'est incertain.
300 — 400 p. Ch. Palladius Rutilius Taurus Aemilianus 0- Dans le premier livre de son ouvrage de re rustica il a quelques observations sur des maladies des poules et des paons.
Avant 300 p. Ch. Eu m élu s thebanus. CEv/niloç), un hîppiater, qui a probablement écrit on ouvrage complet sur la médecine vétérinaire, car on trouve un assez grand nombre d'articles de lui dans les Hippiatrica. Comme il est cité par Apsyrtus il ne peut pas avoir, vécu plus tard que le troisième siècle ^).
Jusqu'à 220 p. Ch. ClaudiusAelianusde Praeneste. Il répète dans son ouvrage jïBçl ÇùhSv îâiotrjToç les anciens contes sur des animaux venimeux et sur l'invention des remèdes par le5 animaux.
376 p. Ch. Severus Sanctus, Endeleichus, poète chrétien. De lui un poème remarquable ^^de mortibus boum.^ Dans une grande épizootie des boeufs le signe de la croix fait sur le front guérissoit les animaux malades I 0
330 — 340 p. Ch. é peu près. Apsyrtus C^i^^oç). Le plus renommé vétérinaire de cette période. Suidas dit de lui: ^Atffvçtcog ^ nçovaasvÇy Nixofiîjâevç ^ (nQotKinjç^ n^tçatevcàfievoç ènl Ktûvatavrlrav tôv fiaaûÀwg h Sxvd'if naqà %0¥ ^latqw. ^Inma-^ ftXQixw fiifillov ovTog êyçat/^j xal çvaixor Tteçl %m àmm dXoydh^ xal €%iça^ 0* Bt il dit de soi même en commençant le premier article dans les Hippiatrica: ytCtçatevcàiAevoç nh %oîç tayfiaai toTg ènl %ùv ïotçov novafiov^ etc. Tous les auteurs (Fabricius, Du Cange,
<) Gesner Scr. R. R. Tom. II, p. 305 et Schneider Scr. R. R. vol. lY, P. II, p. 73.
') GargiUi Martialis qnae fnpertnnt e Codic. Neap. et Vatic. ernit A. Majua. Luneburg. 1839. 8.
*) Script Rer. Rnatic. éd. Schneider, vol. III.
*) Ajontex comme anteun d'aillenn inooniraf, mais qoi doivent avoir vécu avant le quatrième liède: Siratonicus, Hieronimus libyens, Cleomenes libyens, citée plosienn fois par Hierocles, Astram-psychus, qui selon Suidas a écrit un ouvrage sur les maladies des fines, Cleodamus Achnaeus, Axanites, nommé un grand auteur par le compilateur des Hippiatrica, Hippasins Helius, cité dans les hippiatrica.
*) Il y en a un manuscrit dans la bibliothèque d*0rleans. La première fois imprimé par Pithoe voter. Gailiae theol. scripta. Paris. 1586. 4. p. 144. Dans Ejusd. Epigr. et poem. P. 1596. p. 573. — éd. Candidns. L. B. 1596. — éd. Weiz et Seber. Francof. 1612. ^ Col. Agr. 1618. — Par. 1694. L. B. 1715. — éd. Ridi- 1er. Hamb. 1747. Se trouve aussi dans la biblioth. maxima patrum. vol. VI, p. 376.
*) éd. Gaisford. I, p. 698. Ces moU sont répétés d'Eudoda dans le Vîolarinm.
Needham oto.) ml cotielu de ces moto qu'ApsyrUu aTott servi conune hippialer dus l'aimée de Constantin le grand dans la campagne contre les Sarmates sons leur roi Rausimodus Tan 322 p. C. 0- (Quo Apsyrtus connoissoit bien les Sarmates, on le voit de plusieurs endroits de ses écrito, où il parle des nmladies fréquentes des chevaux des Sarmates, et des remèdes des Sarmates.) Monsieur Sprengel dans son histoire de la médecine (vol. II, p. 317) avoit la malheureuse idée, que la campagne indiquée par Suidas Tut celle de Constantin Pogonatus contre les Bulgares en 607, par conséquent que Apsyrtus avoit vécu dans le septième siècle, et il se trompa un peu fortement en affirmant qu'Apsyrtus avoit écrit â des barons, non remarquant que le nom latin Varro en grec est écrit Bâçiopl ^) Plus tard Monsieur Sprengel s'est corrigé soi-même, en remettant Apsyrtus dans le quatrième siècle 0- Monsieur Hecker^) sans faire attention â cette correction a critiqué un peu amèrement les fautes de Sprmigel. Par cela le dernier se croyoit sans doute autorisé de ne point faire attention d M. Hecker en répétant sa correction ^). L'ouvrage d'Apsyrtus même n'existe plus, mais peut- être la plus grande partie existe dans les Hippiatrica, où les meilleurs articles sont de lui II écrit une langue fort barbare; plusieurs fois il allègue les noms romains des maladies *); plusieurs mots latins sont de lui singulièrement déformés 0» de manière qu'en retournant plus tard dans le latin on n'a plus reconnu leur origine, et ils ont été transformés de nouveau. Cela a fait penser a quelques auteurs que peut-être Apsyrtus avoit écrit en latin, et qu'il fut traduit en grec *)< A mon avis cette supposition est erronée par les raisons suivantes : 1) Hierocles qui a sans doute écrit en grec, se sert presque toujours des moto et môme des moto barbares d'Apsyrtus, ce qu'on ne pourroit pas attendre, s'il avoit traduit du latine 2) je ne prétends pas décider si les personnes auxquelles ses lettres sont addressées, vivoient vraiment de son tems, où s'ils sont fictives, comme c'éloit la mode du tems, msm la plupart sont addressées â des Grecs, ou â des hommes, demeurans dans des villes, ou les lettres grecques florissoient p.e. Athènes, Alexandrie, Laodicea etc.; 3) quant aux mots latins grecisés, tout le monde sait, que cela est général dans la langue
■) Zommii 11, ^« o'- Benn. p. 85. Ce n'est qu'on lapent roenorûie, ei rettimable Schaffarik (Sla> wische alterUiOmer I, p. 344) remet la campagne de Constantin contre lei Sarmatea dans Tan 358 , Constantin est BMrt 337 ; anis c'est vrai qoe les Sarmates faisoient de aonvettea irruptions 357 sous Constantius (Zosimns m, 2) et 374 sons Valentinianus (Zosim. IV, 16).
>) Cependant il n'est pas le seul qai a fiut œtle faute, le traducteur italien des Hippiatrica tradnit anasi lent bonnement barone. H n*y a jamais eu des barons dans Tempire byiantin.
>) Geschichte der botanik. Leipzig. 1817. p. 191.
«) Gttchichte der medicin. H, p. 245.
*) C. Sprengel pr. de Apsyrto Bitbynio. Halao. 1832. 4.
•) p. e. p. 229: fipcBfioia* wakovat ^aXxi9tva.« p. 156: ^XipsXia etc. p. 158: ooo^ynw.
*) p. e. fiovkao^ (yulsns, nptos).
•) Schneider Comm. ad Veg. p. 24. * t. Eicbeafeld. wieoer jarb. 1824. b. 26. anMtgeM. p. 25.
bysaBUne; 4) ee qui regarde les noms IflUns cilég pcr Apsyrtos, on poiirroit allégoer Fanalogie de Rttellios, qui au lieu de tradunre simplement, dit aussi très souTent quod Gfaeci Tocant etc. , mais eu géfiéral il ne prouve que la cononoissance de ces noms de la part d'Ap* syrttts. — En donnant de bons conseils Apsyrtus addresse (p. 40) une lettre: Z/itpv^oç h/foitfflip niatmf iTtntaxçfj^ xalç^w.^ Ce que Monsieur Ruelle (fol. 15) traduit: «Apsyrtus Demetrio oro mulomedico salutem^c^ et Monsieur Hecker en conclut: nia der familie des Apsyrtus war die beschâftigung mit diesem fâche erblich, wenigstens erhalten wir durch ihn Ton seinem grossrater Demetrius naehricbt, der ebenfalls rossarzt warl« J*avoue je trouve mi peu singulier le ton pour un petit -fils qui écrit à son grand -père, qui a le même état! je pense plutôt que la lettre est addressée à un Demetrius Pappus!
Apsyrtus ne montre pas des connoissances anatomiques (que le cheval n'a pas de vé* sicnle du fiel fut assez connu avant lui), excepté une seule malheureuse idée il ne se mêle pas d'explications physiologiques. Il connoit ce que nous nommons en allemand rueckschlaege, les vices du père ne se trouvent pas dans la fille, mais bien dans le petit-fils 0- La dentition du cheval pour la reconnoissance de l'âge du cheval lui est assez bien connu. En parlant de l'extérieur du cheval il cite Simon et Xenophon, il a de bonnes observations et moins de superstiticms que beaucoup de ses successeurs. Les descriptions des maladies montrent beaucoup d'expérience, mais elles sont trop courtes et insuffisantes pour la diagnose; sous le nom de iiaJuç il réunit des maladies dangereuses d'ailleurs très différentes. Sa pratique est plus simple que celle de ses successeurs, cependant ses remèdes sont en général trop composés et trop chers, il connoit p. e. déjà beaucoup de drogues exotiques.
400 p. Ch. à peu près. Hierocles Ct^^Hs)^ Hierocles est celui des hippiaters, qui écrit le meilleur grec. Il a écrit deux livres Ileçï Ttjç %div ïntitaw '^açomlag, et les a dédiés, à un certain Bassus, comme on peut voir de sa préface, qui se trouve avant le second livre des hippiatrica, il paroit que le collecteur des hippiatric» les a pris pour base de son ouvrage. Il fiit un employé public, comme ses mots dans la préface^ qui se trouve avant le premier livre des hippiatrica, et dans laquelle il parle de ses occupations dans le forum, le prouvent suffisamment. Il fut un payen, car dans la même préface il s'addresse avec quelque ostentation aux dieux payons; ainsi il ne peut pas être Hierocles auteur du Synecdemus (écrit 535 p. C. Wesselingii prol. ad Synecd. éd. Bonn. p. 383), qui étoit chrétien, et d'ailleurs il ne peut pas avoir vécu si tard, comme nous verrons plus bas. Cette ostentation payenne a fait penser a quelques auteurs qu'il pouvoit être le fameux Hierocles, gouverneur d'Alexandrie, qui instigeoit l'empe-
') mQm noD icta contractam, «ed genilivam notam io oculia caDdicantem ostendnnt, ad semiDandam «»proIein repudianlur, namque editus hoc parente equus, cum ad eandem devenerit aetalem, aimilt modo ooe- «rdtatia matilatione Texabilur. Equain .yero tali genitore procreatam, propter anDiversariam purgatioDem , id nmalom non manet; «ed mas, quem ea pepererit roatrix, avi tam-referet vitium.*^ Hipp. Raell. I, f. 20.
reor Dioeletianus à la grande peraécttiioa des Chrétiens (303 p. C); mais cet llleroeles qui avant ce tems avoit déjà été gouverneur de la Bithynie, ne pouvoit pas éUre jeune — notre Hierocles a copié Âpsyrtus, qui ne peut pas avoir écrit avant 330 et qui proiMblement n'a écrit que 340 ou plus tard — le ton de Touvrage de notre Hierocles est lel, qu'il ne peut guère être écrit du vivant d'Apsyrtus, et ainsi pas avant 350 et probablement bien plus tard, et il devient fort improbable qu'il fut le même. Le tems s*accorderoit mieux avec le philosophe Hierocles, qui vers 430 étoit préposé du muséum d'Alexandrie; mais que cela n'est pas vraisemblable, Needham (praef. in Opéra Hieroclis) l'a déjà démontré. Nous ne savons pas ni où ni quand Hierocles a vécu, il a vécu bien après Apsyrtus après 350, et bien avant Theomnestus, qui, comme nous le prouverons, a écrit vers 500 p. C, parcequ'il est cité par le dernier.
Hierocles est un homme fort instruit, mais il n'est pas hippiater, il n'a pas d*expérience, pas de propres observations; il prend les observations d'Apsyrtus, les rend fidèlement, non seulement avec plus d'élégance, mais aussi avec plus d'esprit physiologique ')» de manière qu'on préfère très souvent ses articles a la source, d'où il a puisé. Il nomme Apsyrtus très souvent, en outre il cite Diodes, Tarentinus, Hieronymus, Cleomenes. U iait mention de plusieurs remèdes, qui ne se trouvent pas chez Apsyrtus p. e. le viscum (i$oç).
Nous interromperons la série chronologique en laissant suivre le plus important auteur après les deux nommés.
500 p. Ch. Theomnestus (0eofiinjtnoç). U n'est cité de personne, nous ne connoissons pas même le titre de son ouvrage, tout ce qui nous en reste ce sont les articles dans les hippiatrica, qui sont assez nombreux. 11 est sans doute le plus zélé praticien entre les hiappiaters, on aime à l'entendre lorsqu'il nous dit comme il a été épris des maladies de ses chevaux nut paenc rumperer prae sollîcitudine et pari modo cum equo afGcerer<< ^), comme il s'est épuisé a inventer un remède etc. Sa langue est si vive qu'elle n'auroit pas manqué é faire une grande impression aux lecteurs; de manière qu*on peut être sûr que Pelagonius et Vegetius n'anroient certainement pas manqué de se ser\'ir de son ouvrage, s'ils ravoient connu; mais ils ne le nomment pas, d*où l'on peut déjà conclure qu*il a vécu après eux, ou en même tems avec eux. Il nomme Apsyrtus et Hierocles, et plus souvent il les suit sans les nommer; cependant il n'est pas leur esclave, il réfléchit soi-même, p. e. dans le chapitre de psora, où il reprehend Apsyrtus, qui en vérité a tout mêlé sous le nom de malis: 9)In equis caeterisque jumentis aut bilis marcor scabiem créât, cum ii humores in- 7)timo corpore concalfacti suflerbuerunt , et foras in summam cutem expuuntur. Veterinariae
') Souvent il donne des symptômes des maladies, quand ils manquent chez Apsyrtus. ^) Comme me» vues sur Theomnestus sont entièrement nouvelles, je préfère do citer les Hippiatrica la* tins, pour être généralement comprii.
«medicinae pnidenii, ratio curandi facilis. Sed si quû non callens artem^ mederi tentât, «siibinde nonnihil adhibens intempestive , perniciem molietur. Apsyrtus id vitium subcutaneam «esse malidem proposuit. Sed nominum aucupio non refragor, cum generis totius meminerim, »nec morbiis alîam cnrationem desiderat, quam ut ducem naturam seqnamur, eisque medî- «camentis faveamus, quae discutiant ac relaxent^ 0 ^to* On voit bien qu'il coiftioît l'action du firoid par expérience, car il y revient souvent. Monsieur Hecker lui reproche des bétises^ A l'égard des vers intestinaux : »Er erzaehlt in allem ernste der naturtrieb lehre den vhirschen, wenn sie wuenner in dem magen haetten, die zuweilen in den schlund heraufskaemen, schiangen zu verschlucken , damit sie dièse thiere verzehrten. Bei wurmkrank- «heiten der pferde wiederholt er den rath einiger besseren, die wuenner mit den fingem i»aus dem mastdarm hervorzuziehen , womit doch wahrscheinlich nur von seibst abgehende sspulwuermer gemeinl sind<^ ^). Hais premièrement Monsieur Hecker a mal cité, les choses, desquelles il parle, ne se trouvent pas dans les deux articles de Theomnestus de ce chapitre, mais bien dans un autre article sans nom d'auteur (comme cela se trouve souvent) et que je transscris dans la note '); et d'ailleurs, qui que soit l'auteur, il ne parle pas des vers intestinaux Caniohjxià)^ mais des larves d'oestrus ou gastrus QKçr^ovoOj et le conseil de les ôter avec la main n'est pas si bête, nos vétérinaires les ôtent encore aujourdhui avec une brosse du pharynx des chevaux. Que les larves de Toestrus cervi se rencontrent souvent dans le pharynx du cerf, c'est juste, que dans cet endroit ils occasionnent souvent des symptômes mortels dans les chevaux c'est aussi connu. Que l'auteur n'a pas connu l'histoire naturelle des oestrus, personne ne le lui reprochera, nous ne la connoissons, que depuis fort peu de tems, et encore incomplètement! Quant à la fable du cerf qui fait dévorer ces larves par des serpents dévorés, elle est très ancienne, et répétée si tard, que je doute à peine qu*il y a encore aujourdhui de bons vieux forestiers qui y croient.
Pearson et Fabricius déclarent déjà que Theomnestus fut vétérinaire militaire, Need-
ham et Niclas qui cela nient, no l'ont pas lu avec la même attention. Mr. Hecker le met dans le quatrième siècle, mais comme il donne avec raison à Hierocles l'an 400, il devoit lui assigner le cinquième siècle. Comme il n'est pas nommé par Pelagonius et Vegetius il
*) Hippitir. Rueli. Il, 69. p. 72. Hipp. graec. >it<p. ^^. p. 190.
*} Geschichle der medicia. II, p. 255.
*) nTcrediouni (re^àovov) geniu, vermium iancûikrjxB^} vocabulo venit, qui in intesUnis et ventre rnascî soient. Il cum inter stercora ezccrnuntur, in sinu sedis, ac ejusdem involucris impliciti cohaerent; quo- *fram signa sunt: caudam et sedem praesepio et parietibas affricat. Oportet igitur inserere manum, et vennes Teximere. Sed bac in re nihil periculi verratur; verum in cervorum yentre rennes inna«€untur, qui, quum «ruminant, sursum feruntur, et faucibus involuti résident; cumqne inibi morantur, cervus sibi non constat *tsed drcumcurrens vagatur. At contra hoc vitium bojuscemodi solertia praeditum est id animal, ut serpentes 9<reptiliaqae dovoret, et ita perducitur ad salutem.» Hippiatr. Ruell. I, 41. p. 55. H. graec xs^. Aa. p. 142. (Mr. Nnman en suivant M. Hecker a commis la même faute. Verh. v. h. k. aederland. InstituL 0. IV.)
ne peat pas avoir réca keaueoiip plaa lard qu'eux. Je peoae Bzer le tenu de sa vie pur Mi propres mois:
Hipp. Ruell. I, 7. t 12. il dh: nlGles quidam, vir, quantum mea fort opinio, reram 9ihone6larum stndiosus, sunm equnm sale semel in die satiabat, ad hune modum: Cavom »oomu salis* implebal, prolendens equnm , et os ejus adaperiens, per hiatum magnam vim 9)ejus faacibus inculcabat, rursum caput in sublime pensum tenebat, quo facilius iUaberetur jiCum enim ego morbi equini causam sciscitarer, hoc se facere solitum responditi eoque Dmodo equnm eum primis nobilem generosumque in tabem perdoxisse; sal enim cum ezte- «nuante vi praeditus sit, abunde per corniculum ingestus, ob pensilem habilum equi in pul^ «monem defluebat, instîUansque ejus quam acerrima sanies hujus visoeris omentum penitus «eroserat, cumque eliam ulcus inibi creavisset, tabès animantem obsedit, ita ut in dies made sconsumeretur. Âdnolatis igitur ipse et coUectis causis, intelligens quo. morbo tentaretor, •nec equnm aliunde quam salis intmsu noxam concepisse, deflentem confectumque luctn mishtem equo donavi^ non perinde quidem generoso, sed valide tamen, equumque illum jam «fera deploratum accepi, quo idoneis remediis persanato, rursus bellalore sum usus, qui eo iiusque régi fuU cordi, ut dignus appareret , qui ab eo passideretwr.^
On voit donc Theomnestus étoit vétérinaire militaire, non dans l'armée bysanline, maïs auprès d'un roi!
Hippiatr. Ruell. I, 34. foL 48 (graec. xeç). là. p. 123): «Nervorum rigor equis et «relique veterinorum generi non aliter quam frigore concipitur, cum solidae partes affedae «sunt, et consensu quodam nervosi generis morbos experiuntur. Nervorum rigor ideo vocafitur, quod corpus distentum rigescat. Sed is maxime caput, aures et cervicem carpiL Vitam «animal tamdiu protrahit, quoad cor sunm calorem membris foeneretur, frigore ipsum non- «dum correptum, eo enim perfrictionem sentiente, protinus animans extinguitnr. Hoc ipse ^campertum habm^ cum in Paeania 0 regem sequerer, qui me tanto campiedebatur %amore, ut cum eo famiBariier versarer: Et nos quidem petentes Italiam, cum Alpes %superavissemus ^ repente tanta vis nivium praeceps cirdter horam primam devoiuta est, ut •passim milites geliddio concret! animam efllarent, equis enim insîdentes distenti manebant; «se vero animam egisse non aliter fatebantur, quam cum labia in rictum contraxissent , aut 9, cum dentés exerti prominerent. Equum adhuc vita fungi sors fcrebat, qui militare cadaver «gereret, agmenque sequeretur, defunctus autem antc et scutum et habenam detinebat, insirdebatque rigidus, tanqnam equo modo quodam agglutinatus cohaesisset, sic ut non sine neffgotio a viventibus avcllcretur. Si vero una quoque cquus mortem oppelivisset , gelu rigens «perstabat, et undique fixus in vestigio manebat. Ea virorum equorumque clades incessit «Equus itaque meus cum primis generosus, a quo quidam adolescens vehebatur, nervorum <»;rigore correptus est, quae res magnum mihi moerorem attulit, quandoquidem nihil perpul-
') Souveol »tt lieu de Pannonie.
«chro et oeleri eqao praeferendmn dncelMtin. Eral equas natione gtUieiis, oclavum agentf finouB, invicUis cursa, oec «illi pernicktte eedens. Quem ideo noxa liberare, wSbi non fpamm cane fliit Poalquam vero maBsuri in oppidum descendinus, obi ligna abande aa^ tpetebanl, in qoo optimua mihi lioapes adorât, eqnumc^ etc.
Ainsi Tiieomnestus fut vétérinaire auprès d'un roi, qui dans le cinquième siècle a fait une campagne d'hiver de la Pannonie par les Alpes en Italie 1 Mais en réfléchissant un peu, on ne peut penser qu'à Theodorich le grand, roi des Ostgothes ! Qu'on compare le récit suivant 0-
C'est assez connu que déjà sous le père de Theodertch, le roi Theodemir, les refai» tioos entre les Grecs et les Gothes furent très fréquentes, surtout par les évéqued et lea prêtres (dans ces tems vivoit Ulfilas, et â Constantinople il y avoit des missions et une é^^lme gothique ^), et des traîtres grecs (entre eux un médecin) bannis de Constantinople cherehoient probablement un asyle chez les Gothes 0* A hi paix le fils de Theodemir, le jeune Theoderich, enfant de huits ans, fut donné en otage, et élevé à Constantinople jusqu'à sa dixhuitième année; sans doute il y contracta beaucoup de liaisons, et le jeune prince vaillant et bellÂqueux faisoit sans doute la connoissance de connoisseurs de chevaux et d'hippiaters, car il aimoit et connoissoit fort bien les chevaux, comme on peut le voir en ptusieurs lettres de Cassiodonis p. e. celle écrite an roi Hermanfrid des Thuringiens O* L'empereur Zeno cacheloit l'homme dangereux, après qu'il fut retourné chez ses Gothes, le faisoit patricien et consul; et coaune l'armée gothique, cantonnée depuis nombre d'années dans la Thracie, pendant que le peuple siégea encore dans la Pannonie, faisoit mine de s'emparer des meilleures provinces de l'empire byzantin, Zeno, pour se débarrasser de lui, engagea Theodorich â conquérir l'Italie. Celui-ci rassembla son armée dans la Thracie, marcha dans la Pannonie (où il avoit à combattre les Gepides) et y ramassa tout son peuple, femmes, enfants, vieillards avec tous leurs biens sur des chariots, et se metta en chemin en automne de l'année 488, en passant par le Noricum^) et les Alpes Juliennes *), (où il lui arriva pro-
*) Je me lerv de Procope (Ébenetzt mit «merkungea von KtmigiMser) , de Joroandei, dlfidor, de Caniodor etc. et Je net» enoere en uMge lliUloire deê Ostgothes de Manso, et le rite Tbeodorioi per Cocblaeus et Peringskiold.
*) Massmen auslegang des eraDgelti Johannis p. 91.
*) Malchus. Excerpta script byzant. éd. Bodd. vol. I, p. 238.
O Cassiodorus Tarior. IV, 1.
*) Tous les historiens suivent là Proeope dans une assertion tout- i -fait înTraisemblable et qui se ne retronre chez ancon autre ancien auteur : H fait retourner Theoderich sur les bords orientales de TAdrlatique et, ooMBe il ne trouve pts de vaisseaux, centonmer toute TAdriatique. Theoderich connoissoit bien ces pays, ou U aroit vécu ; il savoit, que sans flotte il ne pouvott pas transporter seulement son année, et encore Doina tout an peuple, dans ces teae, et sur une teUe mert et qui connoit ces o6tes borrides et sterilea de hi Dal- ■alia ne croin pas au chenin indiquée
*) Sans doute par le passage sous le Terglon, assez dilHcile^ nuda généralement usité jUMiu'à la ftn de la Tépabtiqae de Venise, plus abandomé seulement depuis le commenoeasent de oa siècle. Pa» FlilMh.
bablemenl le désastre raconté par Theomneatns) et deacenda dans la belle vaDée de riaonso (ad Ihunen Sontiiim), pour 8*y reposer de ses btigues (ad refidenda corpora hominun et aniBudimn) , où Theomnestas troava son bon hôte ; c'étoit dans le printems de Tannée 4S9 ; mais Odoacer arriva ad pontem Sontii O9 Theodorich le batta et s'oavrit ainsi le chemin dans ritalie.
Il me paroit donc très vraisemblable que Theomnestus étoit Thlppiater du roi Theodorich. Dans la langue de Theomnestus j'ai en vain cherché après d*autres indices , j'observe seulement qu'il se sert en général de mesures italiques. Entre les remèdes qu'il donne le seul remarquable est le viscum quemum (1^ âfvtifOçX le célèbre remède des anciens Allemands et Keltes; d'autres hippiaters *) donnent bien r?|oç, mais ni eux, ni, d ce que je me souviens, aucun autre auteur grec prescrivent Vï^av dçvtvùp. Peut -être toute la prescription sente un peu une origine étrangère : aimopoç 0 yaiXixov litçop ftlai^j a^wyylov ^) ftalccuw llrçaç dvo, xtjçav xal nlaatjç ro dçxovp Ixidaç niftêléiÇy xal i§av dqvtvovfiff* Hipp. graea xb^. x. p. 69.
? Hippocrates Cln^oxçémjs)* Il y a une lettre d'Apsyrtus à un Hippocrates (Hipp. graec. p. 70), les auteurs depuis Fabridus ont cru que c'étoit le notre ^ qu'il vivoit donc en même tems avec Apsyrtus; s'il étoit si ancien, il seroit singulier qu'il n'est pas cilé d'aucun des hippiaters postérieurs grecs et latins*); j'ai déjà observé, que je ne donne pas beaucoup sur ces noms dans les épitres d'Apsyrtus, et encore un nom, qui peut-^tre étoit aussi fréquent chez les hippiaters *). Nous ne possédons de lui que quelques fragmens de peu d'importance dans les hippiatrica. Autrefois on les avoit assigné au grand médecin de Cos, sans aucune raison, et ils se trouvent dans quelques éditions de ses ouvrages 0. Ces fragmens ont été publiés avec version latine et italienne sous le tilre: VfVfroxçétovç Inntmçtxi, Hippocratis veterinaria éd. P. A. Valentini. Romae. 1814. 8. *)
') L'Ifonso taX randenne frontière entre Tltalie et TAUemagne, et aujoordhni encore il iépare la langae italienne de la lansne allemande.
*) p. e. Hippocrates Hippiatr. I, 52. foL 62 et 0, 76. fol. 77. Hierodes ibid. II, 81. p. 210. ~ Aaon. de hydrophob. p. 64. -^ Galenus éd. K. roi. VI, 888. roL XIX, 730. — Vt^ia on axù^ de Theophrafte. — V. Dioscoridef éd. Sprengel vol. I, p. 442 II, p. 535.
*) En celtique thpumm. Les Celtes on les Gaulois passoieot pour les inrentenrs do saron; mau Galenos parle déjà du cn^irev; et en Chaldaique c*est anssi shapnn.
*) De ce singulier mot latin grecisé se servent anssi les autres hippiaters.
*) n cite Apsyrtus (Hipp. graec. H, p. 270) d'une manière qu'on peut présumer qn*Apeyrtos ne vivoit plus, lorsqu'il écrivoit
*) Nous verrons plus tard que dans le moyen âge un antre ouvrage, qui existe encore, étoit répandu sous le nom d*un Hippocrates, qui avoit été traduit du Sanscrit en arabe, et de l'arabe en latin.
*) Hippocr. opp. éd. Linden. vol. II, p. 875. — éd. Charter vol. X, p. 719.
') M. Valentini s'est servi d'un codez de la bibliothèque Barberini; peut* être il y a eneora d'aaires codioes p. e. M. Montfancon dte: Hippocratis et Sostrati (?) Hippiatrica. bibl. reg. Paris. N. 2667. BibL bibl. manuscr. vol. U, p. 735. Mais peut -être ce sont les hippiatrica
n nomme deux maladies, qui se ne trouvent pas chez les autres hippiaiers, ^a^ava et ÔQaxovna. Il décrit aussi le canal lacrymal.
Les auteurs suivans, d'ailleurs inconnus, parroissent avoir vécu entre le troisième et le cinquième siècle.
? Tiberius (Tifiéçiog). Il y a de lui huit articles dans les hippiatrica.
? Agathotychus C^ya&arvxog)- De lui trois articles dans les hippiatrica.
? Nephon CNsqxoh^, Un article sous son nom dans les hippiatrica.
? Hemerius ou Himerius. Un article dans les hippiatrica; et une lettre d'Âpsyrtos à un tel 0* Peut-être rEmeritus cité par Pelagonius.
? Gregorius CrçtjyoQiog^. De lui deux remèdes dans les hippiatrica.
? Archedemus Ç.Aqxriôa^OQ'), Un remède dans les hippiatrica. Fabricius a déjà pensé que cela pourroit être le même qui est cité par Galenos ^),
? Litorius Beneventanus. Il est cité de Pelagonius dans les hippiatrica (gr. p. 26). Sarchiani dans son édition de Pelagonius en a fait un morbus litoris bcneventani.
? Sccundus (2e)^ovi'Jog). Cité dans les hippiatrica. Il y a deux lettres d*Apsyrtus a tin tel.
? Leontius Ou Leontinus. Des articles de lui dans les Geoponica, dans l'un desquels il conseille la séparation des animaux malades.
300 — 500? Pelagonius. Nous avons dans les hippiatrica un assez grand nombre d'articles de Pelagonius, en général de peu de valeur; la langue est telle qu'on pouvoit soupçonner qu'ils éloient traduits du latin '). — Vegctius dans la préface de son ouvrage fait mention de Pelagonius en ces mots: jjSed quoniam minus dignitatis videbatur habcre rprofcssio, quae pecudum promitlcbat medelam, ideo minus splendidis exercitata, minus elo- Tiqucntibus coilata docclur in libris, licet proxima actate Pelagonio non defueril et Columelrlae abundaverit dicendi facullas. Vcrum alter eorum cum rusticae rci praecepta conscriberret, curas animalium le\i admonilione perstrinxit; alter omissis signis causisque morborum, 9;quasi ad doctissimos scriberet, tam magnae rei fundamentum neglexit^ etc. Mais Tàgc de Vegctius n'étant pas connu et les codices fort mutilés, on n'en pouvoit rien décider, et le rapprochement de Columclla et de Pelagonius est fort singulier, ils sont certainement séparés par des siècles. — L'an 1824 M. d'Eichenfeld découvrit dans la bibliothèque de Vienne un très vieux codex de Bobbio^ qui contient des fragmens d*hippiatrica en langue latine, qui
'} Un acsez fameux rhetor et sophiste de ce nom a vécu du tems d'Apsyrtos, v. Graesse literaerge*' schichte II, p. 12^.
>) éd. Kaho. vol. XI, p. 471. 477.
') p. e. des nioij comme nov^e}. zova^Qiyd^io^ zz pulvis quadrigarius.
correspondent a des articles de Pelagonias dans les hippialrica grecs 0 ; il pense que ce codex fut écrit dans le quatrième ou au commencement du cinquième siècle (??). — L'an 1826 fut publié l'ouvrage de Pelagonius d'après un codex de la bibliotheca Richardiana ^. Malheureusement les éditeurs n'ont pas comparé les hippialrica I Cet ouvrage contient le plus grand nombre des articles de Pelagonius dans les hippiatrica et les geoponica; mais plusieurs articles qui se trouvent dans ces collections, manquent dans ce codex, et il contient quelquesuns, qui dans les hippiatrica portent les noms d'Eumelus, d'Hippocrates, Hierodes et Mago: M. d'Eichenfeld en induit, que ce n'est pas l'ouvrage genuine de Pelagonius, mais une compilation! La question est difficile à résoudre dans l'état ou se trouvent les Hippiatrica, car je trouve déjà dans les deux éditions que nous possédons , des articles sous dtfférens nomsl— J'ai observé plus haut que la langue de Pelagonius dans les hippiatrica paroissoit indiquer, qu'il avoit écrit en latin, ses citations le prouvent encore plus; il cite en général les Tusci, les Veneti, et les auteurs latins Columella, Cornélius Celsus, Florus, Aemilius Hispanus *) , Litorius Beneventanus , et Apsyrtus plusieurs fois , Arcadius , Mago, Optatus , Emeritus , Eubulus 0 j Euranius , Hipparcus. — Pelagonius , imitant Apsyrtus , a addressé son ouvrage en lettres à différentes personnes, savoir: Arzigîus, Astirius, Falerius, Festianus, Lucilius. Un savant antiquaire M. Borghesi, consulté par M. Cioni, croit avoir trouvé que les deux premiers Arzigîus et Asterius avoient vécu du tems de Constantin le grand 0. D'après la langue, les citations de Vegetius et de Pelagonius même je pense qu'on peut le mettre vraisemblablement dans le quatrième siècle.
430 — 510 p. C. i peu près. Publius Vegetius Renatus, dont la vie est entièrement inconnue, nous a laissé l'ouvrage le plus complet sur l'art vétérinaire dans cette période, sous le titre: nArtis veterinariae sive digestorum mulomedicinae libri> Il est écrit dans une latinité fort inégale, il y a des morceaux, qui ne sont pas si mal écrits, mais la plupart est très barbare; on en peut déjà conclure qu'il nous est parvenu fort mutilé. U a une foule de mots et de constructions, qui n'étoient guère en usage avant le cinquième siècle; il a une connoissance des equi Hunnisci, Toringi^ Burgundiones , Frigisci, qu'il pou-
') Bê sont imprinés: Wiener jahrbOcher B. XXVI, anibl. p. 25 et B. XLIV, p. 157. Daiu le dernier lieu M. E. admet que le codez peut être du sUième fiède; c*est un palimpseste, sur les hippiatrica il y a dn ^thique du septième ou hniliéme siècle??
') Pelaf onii yeterinaria ex Richardiano codice ezscripta ab Jos. Sarchîanîo, nunc primum édita cura C. C ion il, c. Tersione italica etc. Florentiae. 1826. 8. — Cf. La Veterinaria di Pelagonio, pnbl. nel 1826, «pial opéra origînalmente latina. Memoria di G. Mo lin. Podova. 1828. 8.
•) Peut-être TAernilianns d*lsidorus hispal. Orig. XVII, 1. 1.
*) Peut-être Eumelus? on le Cleobulus de CoInaKUa, qui se trouve aussi écril Eubalns?
*) Antologia. 1827. Giugno. p. 24. ^ Ibid. 1828. Settembr. M. Cioni pense qu'A y a en deux Pelagonius un plus vieux du lems de Columella et un pins jeune qui a vécu après Apayrtns, et qui pou voit citer le plus vienx.
voit a peine avoir acquis avant les irruptions des barbares dans le cinquième siècle. M. Sprengel dans son histoire de médecine s*est égaré a le mettre dans le douzième siècle, et M. d'Eichenreld ne s*est pas moins trompé, en voulant le faire remonter au deuxième. Apsyrtus et Pelagonius, qui sont cité par lui, lui sont fort bien connus, le premier se trouve très souvent pillé par lui. Cependant il ne manque pas de propre expérience, et comme il Ta acquise, il le dit dans ces mots: T^quae res nos compulit, qui per tam diversas «et longinquas peregrinationes equorum gênera universa cognoscinius , et in nostris stabulis «saepe nutrivimus^ etc.'). On a conclu de ces mots, peut-être avec raison, qu'il fut marchand de chevaux. Dans ces voyages il paroit avoir acquis une connoissance des animaux domestiques des différentes nations: 9)apud alios genus muloilim, apud alios camelorum, apud «paucos elephantorum licet exiguus usus est; nulla potest natio esse sine bobus<^ ^). D a assez d'amour propre et il se glorifie même de sa langue *). De ses mots on peut le prendre pour chrétien éclairé , mais malgré cela il croit aux démons et aux fascinations 0- Il professe de bons principes scientifiques ^) , il dit y que Tanatomie est la base de la science *), mais celle qu'il donne est très mauvaise, et pas du tout telle, qu'on devoit l'attendre de son tems, elle est très inférieure à i'anatomie humaine de l'école d'Alexandrie. Ses vues générales de thérapie sont bonnes ^ ; mais sa pratique est l'empirique d'Apsyrttis, de même il donne beaucoup et de très chers remèdes.
S'il avoit vécu après le cinquième siècle, on devroit s'attendre de l'entendre parler des Gothes et des institutions gothiques, ce qui n'est pas le cas. Je pense donc qu'on ne peut guère le mettre ni avant ni après le cinquième siècle.
M. Niebuhr ^)* a trouvé é St. Gallen des fragmens , Inalheureusement très courts, d'un très vieux codex C palimpseste ) du septième on huitième siècle; le codex de Corbey est du neuvième siècle; les autres codices qui ne sont pas encore tous comparés, paroissoient à peu près oublié, lorsque dans le seizième siècle le comte de Nuenare apporta un codex
•) IV 9 6. éd. Bip. p. 429.
') lir, praef. Bip. p. 340.
*) «Ez direnit auctoribus enucleata collegi, pedestrique sermone m Ubenun contuU; cujus erit prae* «icipvt fettdliui, si edm nec scholattictts faxtiditt, et babnlcus înlellîgat.« I. c. p. 339.
•) Conp. p. 425. p. 437. p. 438.
') nMcdidiia onmis animaliam , vel si verum qaaerimus, etiam hominnin, nisi rationem cantionis aote ivoofDoverit, atque praedizeril languentibai pericutum, errabit fréquenter.» I, 21. — fl oonseiUe la sépa« ration aosaitôt qu'un animal tombe malade: rCum hiûiMmodi signa in jumento nnnm vel plura conspezeria, itatatim iBnd scparabis a caeteris, ut oontagionem non loferai prozimis, et facilius in solo jam causa norbi «poasit agnosd.» I, 1.
') Merobandes p. 12.
de la Hongrie, qui a fourni la première édition par Emmeus. Basil. 1528. 4. Depnis'^ce tems la l'ouvrage a eu une grande influence sur ia médecine vétérinaire dans les sièdea siiivans. Les autres éditions sont: éd. Sambucus. Basil. 1574. 4. — éd. J. M. Gesner (dans les Scriptores rci rusticae). Lips. 1773. 4. — Manbem. 1781. 8. — Bipont. 1787. 8. — éd. J. G. Schneider. Lips. 1797. 8. (dans les Script, r. r.).
Il fut traduit en allemand: Ain buechlein von rechter und warhaffler kunst der arlzney , allerley krankheiten der thyer. Augsburg 1 532. 4. — Von rechter und wabrhaffler kunst der artzney, allerley krankbeil und schaeden der thier. Frankfurt. 1565. 4.
Il fut traduit en italien: I quattro libri di Vcgetio Renato délia medicina dei CavaUi ed altri giumcnti etc. Venecia 1543. 8. 0
En françois: Quatre livres de la médecine des chevaux malades el autres vétérinaires. Par Bernard du Poy Monclar. Paris. 1563J 4. — Aussi le S*"* volume de: Traduction d'anciens ouvrages latins relatifs à l'agriculture etc. par Sabaureux de la Bonnetrie. Paris. 1775.
En anglois: Vegetius Renatus of the distempers of horses etc. London 1748. 8.
550 p. C. Aetius, le célèbre médecin d'Amida, parle dans son tetrabiblion des épi* demies et epizooties qui apparoisseni en même tems chez les hommes et les animaux ^). Il fait aussi mention des hydatides des porcs, de l'encanlhis des chiens.
660 — 680 p. C. Paulus Aegineta, le médecin, donne une bonne description de la rage du chien.
1200 — 1300. A peu près de ce tems nous possédons un ouvrage sous le titre xwoa6q»iov ou Tieçl xvywv imfiélelaÇf qui contient les noms des maladies des chiens avec les remèdes, mais sans signes et causes, de peu de valeur, souvent superstitieux. Il a une singulière méthode de trouver le lieu souffrant du chien «adversus solem constitue canem, jiCi m locum lacsum muscae convolabunt, atque sic locum dolentem deprehendes<^ *)• Quelqucsuns nomment Demetrius Pepagomenos comme auteur, d'autres un nommé Phaemon. II a été publié par Aurifaber. Viteberg. 1545. 8. — ed. Rivinus. Lips. 1654. 4. Il se trouve
') 3Iais peut-être il a été trtduit de bonne heure sur des minu^rrits di%'crs. Argeitti (Biblioteca dei Volgarizzatori. Tom. IV, Part I, c. 100) fait mention de quatre traductions manuscrites sooa quatre diflerena titres. Et Montfaucon (bihi. bibl. manusc. vol. II, p. 789, bibl. reg. Par. Ti, 7256) fait au2>si mention d'un manuscrit: Vegetio cd altri autori délia Infermitâ dei cavalli. Un nouvel rdileur de Vegetius devroit comparer ces manuscrits
') nDe pej>te Sed et ulcéra prava et carbunculosa et perniciosa in peste fieri possunt, et in
nreliquo rorpore, et in facie, ac tonsillis. Si ve'ro solerti ingenio quis pracdilus sit, faturam pcstem praernoscet, attendent anni temporibus. quae et mala sunt, et in bruta aniinantia impetum faciunt; si arobiens finos aêr pcstis causa fuerit, volucrium generis prior inleritiis erit: si vero ex p ravis do terra exhala tionibos fiboc rontigerit, quadrupcdium aniroantium prior cormpHo ftet> Tctr:il>. II, 5. 1. c. 95. Coll Stephan. p. 223.
») ed. Rigalt. p. 273.
aussi avec Gratins Fafiscus, Lond. 1699, et avec Aelianus Lagd. Bat. 1562. 8., et dans Rigaltii Hieracosophion. C'est la dernière édition qae je citerai dans l'appendix.
Hieron. Fracastorii Alcon est une paraphrase du cynosopliion en hexameters latins. . L'ouvrage le plus important de toute cette période est la collection déjà souvent citée: ^InniatQixâ. Elle fut iedte sous Constantinus Porphyrogeneta <;912 — 959) dans le dixième siècle, par un compilateur inconnu. C'est possible, que dans le moyen ftge on lYoit encore les ouvrages originaux (ei l'on n'est pas encore tout à fait sûr, que tous les manuscrits soient perdus aujourdhui^, mais d'après ce que nous pouvons juger, c'est cette collection que les vétérinaires du moyen âge avoient sous les yeux. Dans les nouveaux tems elle a été négligée a l'extrême par les philologues et les médecins. Nous n'en possédons qu'une seule édition faite d'après un seul codex, sous le titre: Tdhf InmcaQixtJv fiifiXla ôvo). Veterinariae medicinae libri duo, a Jeanne Ruellio Suessio-
nensi olim quidem latinitate donati, nunc vero iidem sua, hoc est Graeca, lingua primum
in lucem editi. Basileae. 1537. 4. (Par Symon GrynaeusO et cetle édition est encore devenue très rare aujourdhui Cc'est l'exemplaire de la bibliothèque de Goettingue duquel je me sers). Elle diffère considérablement de la traduction latine mentionnée plus bas, et plusieurs auteurs ont déjà remarqué que les codices qu'ils avoient sous les yeux différaient de toutes les deux. C'est donc fort désirable que les codices qui se trouvent encore dans les bibliothèques, fiissent comparés pour une nouvelle édition. Je donnerai donc on apperçu complet des codices qui sont mentionnés dans les catalogues des bibliothèques:
1) Apsyrti, Pelagonii et Hieroclis de curandis equorum morbis libr. II, C^od. saec. IX C?) O9 membr. bibl. Phillips at Middlebill. N. 1539. — Haenel Catal. libr. mnscrpt. p. 838).
2) Apsyrti, Pelagonii et Hieroclis de curandis equorum morbis libr. II, C^od. saec. XYI. Ibid. N. 1540. Haenel ibid. p. 838).
U me paroit assez probable, que ces codices CMeermann) étoient dans la possession de Rnellius.
3) Apsyrti veterinaria, in principio mutila aliquot lineis, in fine vero XXV medicamenta ultra ea quae m impressis habentur, occurrunt — de mensuris et ponderibus veterinariis. — Post tria medicamenta scquitur ôçv6oa6q>iov ad Michaclem imperatorem.
. C^ontfaucon bibliotheca bibliothecar. manuscr. vol. I, p. 645, bibl. Bodiciana N. 164.) On n'en fait plus mention dans de nouveaux catalogues, mais on ne peut pas s'y fier.
4) Liber de re veterinaria graoce.
CMontfaucon 1. c. vol. I, p. 669, bibl. coll. S. Eman. Cantabrig. Nr. 13.) Malheureusement on n'en fait plus mention; Needham dans l'édition des Geoponica le nomme vetustus, membran. impressis multo locupletior.
0 L'ouvrage est écrit duu le dixième siècle ! !
5) Hippiatrica cam Ugoiiu el mulUim discrepantia ab editia (bibK Voss. N. 50. Catalogua biblioth. Lugd. Bat U 1716. p. 398).
6) Apsyiti Hippiatrica et Hierociis opéra medica, cod. 2710, bombycin. déganter scriptos, aed mancus et lacenis, quanta potuit cura restauratus fuit. Continet Hierociis hippiatrica, et alia de re veterinaria, cum equorum morbo laborantium schematibus non ineleganter pictis. Sequitur Apsyrti opus Herodîano nuncupatum. Postea de febribus et aliis morbis. De virtutibus alimentorum. Dioclis epistola ad Antigonum regem de morbis etc.
Codex sequena 2711 horum multa et hi» similia complectitur. CMontfaucon 1. c. vol. H, p. 735, bibl. reg. Paris.) Ces codices paroissent fort remarquables.
7) Geoponica, Hippocratis et Sostrati (?), Hippiatrica.
(Montfaucon 1. c. vol. U, p. 735, bibl. reg. Paris. N. 2667.)
8) Apsyrti, Hierociis, Pelagonii et aliorum Hippiatrica.
(Montfaucon 1. c. vol. U, p. 740, bibl. reg. Paris. N. 3182.)
9) Apsyrti, Dioclis (?), Pelagonii et aliorum Hippiatrica sive de re veterinaria et de eu* randis equis.
(Montfoucon L c. vol. U, p. 769, bibl. Card. Rad. m reg. Par. gr. medL N. 20. — Dietz Scholia in Hipp. et Galen. praef. p. XUI^ N. 19.)
10) Hierociis de equorum curatione, Apsyrti et Hieronis de eadem re. De cometia et alia astronomica.
(Montfaucon 1. c. vol. H, p. 769, bibl. card. Rad. N. 47. ^ Dietc i. c. p. XV, N.47. ^innioTifixâ etc.)
11) Varia e.\cerpta ex auctoribus de re veterinaria sive de cura equorum, videlicet Apayrto, Hierocle, Theomnesto, Pelagonio, Anatolio, Tiberio, Eumelo, Chrione (?), Agathotycho, Hippocrate, Aemilio Hispano, Litorio Beneventano, Emerio etc. (graece).
CMontfaucon 1. c. vol. I, p. 387, bibl. Laur. medic. N. IV, pluU LXXV.)
12) ^Innoaoqxoais ovv 9&p aogHatâtùtp ^tdrjvaUav àrâçw Stfuai^ ml Sefo^pmwoç xal
(Montfaucon I. c. vol. I, p. 10, bibl. Vaticana.)
Agricola, qui voyagea dans Tltalie au commencement du seizième siècle, et qui ne connut pas encore les Hippiatrica, dit aussi qu'un manuscrit d*Apsyrtua se trouva dans la bibliothèque du duc de Mantoue ')•
*) mQuod apud Grmecoi higiu artis scriptor nuJliu, quod «ciam, ezlet, praeter Apayrtan, qnem nihi videre non contigit, etoi idan principi Mantuano esse^ G. Agricolae de meoiarU et pondenbua Robb. alque Graec. Baail. 1550. fol. p. 71.
Sans doute la plus grande partie de ces codices existe encore, et il faut espérer qn'enfin cpielque pliilologae s*intéressant pour nos auteurs négligés se donne la peine de comparer ces manuscrits.
Une traduction latine des Hippiatrica a été imprimé même quelques années avant le texte grec, sous le titre:
Veterinariae medicinae libri duo. Jobanne Ruellio Suessionensi interprète. Parisiis. 1530. fol.
Cette traduction a été faite sur un autre manuscrit; elle contient plusieurs articles, qui ne sont pas dans le texte de Grynaeus, mais quelques passages manquent, qui se trouvent dans le texte grec, et en plusieurs endroits ils diffèrent considérablement, les chapitres sont autrement partagé, Grynaeus a 129 chapitres, Ruellius n*en compte que 122 etc.
Peut- être il y avoit déjà d'autres traductions latines plus anciennes, Montfaucon p. e. fait mention d'un manuscrit 0 sous le titre :
Ercheleus de cura equorum ad Bassum in latinum translatus.
Nous verrons plus bas qu'il y avoit peut-être aussi d'anciennes versions italiennes; mais après l'édition de Grynaeus il en a paru: Opéra délia medicina de* cavalli composta da diversi antichi scrittori, di greco in buona lingua volgare ridotta. In Venetia. 1543. 8. — Idem Venetia. 1548. 8. — Idem, nuovamente da molti errori corretta. Venetia. 1559. 8. (J'ai devant moi toutes les trois éditions.)
Une version espagnole fut publiée par Alonzo Suarez. Toledo. 1564.
Version françoise: L'art vétérinaire ou grande mareschalarie de Hierocles etc. par Jean Massé. Paris. 1563. 4. — A ce qu'on dit aussi dans: J. Jourdin la vraye connoissance du cheval, ses maladies et remèdes. Paris. 1647. f. ^).
^ Version allemande : Zwei nûtzUche schr gute bûcher von allerley gebrechen und krankheiten, damit die rosse, maulesel u. 6. w. geplagt sind. Eger. 1571. f. von Gregor Zechendôrfer.
Le compilateur a pris pour base de son travail l'ouvrage de Hierocles, les préfaces duquel se trouvent devant le premier et le second livre; mais la partie la plus importante est d'Apsyrtus, après lui viennent pour la valeur et le nombre des articles Theomnestus et Hippocrates; les autres sont de moins d'importance, les noms en ont été indiqués plus haut.
Une autre collection du même tems , les Geoponica ^ , contient aussi une partie de
') 1. c. vol. I, p. 23, bibL regin. Saec. ni Vaiicana N. 421. — Ercheleus probablement corrompu pour
*) El le même Uvre sous deui nouveaux et differens titres 1655 et 1607. Dens le catalogue Huiard raolevr (qui sur le titre se nomme seulement J. J.) est nommé Jourdain.
■) Geoponicorum sive de re rustica libri XX, graece et latine post P. NeedhamI curas éd. J. N. Nidas Lipsiae. 1781. 2 toU. 8.
la médecine vétérinaire. La plus grande partie des articles se trouvent aussi dans les Hippiatrica de Grynaeus, ou de Ruellius, cependant il y en a quelquesuns qui ne se trouvent ni dans l'un, ni dans Tautre.
BiMiaire de la wnédech%e réiéHnatre chez les Farses^ les
MÊuUens^ les JEgyptienm^ les Arabem.
Tout ce que nous savons de nos anciens ancêtres, du peuple Arien ou Zend, é regard de notre art, c'est qu'il y avoit déjà des vétérinaires, parceque le Zcndavesta contient une taxe pour eux, comme pour les médecins I 0
Des anciens Egyptiens nous ne savons pas plus, Messieurs Roscllini et Wilkinson nous ont donné des copies d'anciennes peintures égyptiennes, où sont représentés des vétérinaires occupés à traiter des boeufs, des gazelles, des poules, et il est écrit dessus médecin des poules, des gazelles ^ etc.
Quant aux anciens Indiens nous en saurons un jour plus qu'à présent, car ils nous ont laissé des ouvrages; jusqu'à présent nous connoissons seulement les titres de quelquesuns.
Mr. Dietz nous dit, que selon Ibn Oseibia le fameux ancien médecin indien Charaka, le Shanak des Arabes, a aussi écrit un ouvrage sur la médecine vétérinaire 0-
Le même nous donne le titre d'un manuscrit de la collection de la société des Indes :
^TO^T^Î 3Bnr^^, Asvûnan auschada, de medicamentis cquonim, auctorc anonyme.
Mr. Ainslie comnmnique les titres de deux ouvraofes en langue persane, mais traduits du sanscrit: Tohfeh Kani Ilaj. The whole System of farriery or veterinary art, in Persian, describing ail the diseases of herses, and their cure. It is a translation from the
*) Zendave^ta von Kleuker.
') Rosellini MonumenU del Egitto. M. C. T. I, p. 275. — Wilkinson, custonif and mannera of the ancicnt Egyptian^f. IVew Séries. I, p. 13^.
') Dieu Analccla nedica p. 123. — v. aossi la U^duction de ce chapitre de Oseibia: Journal of iho a«iaiic Society vol. VI (1841), p. 109; où M. Cureton ajoute: An a treati>e un tbe veterinary art Ms. Poe. »i360 and 129 an extraci i« given from an Indian book by an autbor niiined J&nnah> (San» doute notre Charaka, peut-Hre au^^i U* fameux Hippocratcs de Janus Darnayrenus et de ^i(i\2>e5 v. plu& ba2>J
Hindi, by Mohammed Casim Ben Shérif Khan. — Resaleh Jibbi AspSn. a much esteeroed work on fieurriery, in Persan, Translated from Sanscrit a. d. 1519 by Zein al Emin 0*
Nous ignorons si peut -être un de ces ouvrages est identique avec celui qui sous le nom , sans doute faux , de Hippocrates a été traduit en Arabe par Janus Damascenus dans le neuvième siècle, et qui de Tarabe fut traduit en latin par Moses de Falermo dans le treizième siècle *^), et qui probablement a été traduit en italien par Aflltto dans le quatorzième siècle '). Mr. Molin, qui en a vu un manuscrit, nous communique ces mots: ^^ex iisdem :;ejus scriptis intelligimus eum floruisse temporibus Condisii régis regum« (sans doute traduction du titre indien maharaja) ^^ac sapientem indiae medicum fuisse. Cur vero ad rem *)veterinariam sese adjecerit, non alienum ab argumente existimo hic commémorari. Quum rpuer quidam, quem Condisius in deliciis habebat, graviter aegrotaret, Hippocratem rex arrcessiit, ut suam diceret sentenliam, et adolescentis valetudini consuleret. Experientissimus «medicus postquam aegrotum, uti par erat, consideravit, fore pollicitus est, ut convalesceret; «verum alter medicus, qui Hippocratis fuerat discipulus, quique morbum jam antea curavcrat, fRiagistri sui prognostica oppugnavit, afBrmavitque fore ut in crastinum aeger dicm obiret rsupremum; nec frustra: Clanculum enim infelici adolescent! vcnenum infudit, quo post paurculas horas eillavit animam. Ex quo scelere tantum Hippocrates dolorem cepit, ut jurejui^rando obfirmaverît se nunquam in posterum medicinam hominibus factunun, otque exinde ^medicandorum equorum curam potius susceperit.<<
D'ailleurs on se persuadera aisément, qu*il y aura sans doute plus d'ouvrages sanscrits sur la médecine vétérinaire, quand on se souvient avec quelle sollicitude et quelle vénération les anbnaux furent regardés et traités chez les Indiens, quand on sait, qu'ils avoient de grands haras sous la direction d*écuyers royaux ^) (asvanibhandikas).
L'Arabie et la Perse sont reconnues pour être la patrie du cheval ; ces pays ont été renommés de tout tems pour Télève de bons chevaux, comme ils nourrissent encore aujourdhui les meilleurs de tous les pays; depuis les tems les plus reculés jusqu'à nos Jours ils envoient une grande quantité de chevaux dans les Indes ^). Les grands soins que prenoient toujours les Arabes pour la santé de leurs chevaux, nous font présumer qu'ils avoient aussi des ouvrages sur la médecine vétérinaire; mais à peine connoissons nous les titres de
') Aiiulie materia medica indien. Vol. II, p. 516.
*) Signorem vicende délia coltura nelle due Sicilie vol. II, p. 277. — Tiraboschi storia délia letter. ital. vol. IV, p. 342, on Mr. T. ajoalc qu'il y a un mannacrit dans la bibliotheca estense. Un autre manuscrit BibL Hniard N. 3d00. Sur d'autres manuscrits plus bas.
*) Molin editio Ruffi praef. p. XXXV. -r Deux manoscrits de la bibliothèque du Vatican (mentionaés plus bas) s*y trouvent encore, un savant confrère, Mr. le professeur Henke de Marburg, sur ma prière a eu la bonté de s'en convaincre.
«1 Boblm das alte Indien, il, p. 74.
*) Râmâyana éd. Schlegel I, 6. 21. Marco Polo III, 20. etc.
qaelquesuns de ces ouvrages, ce qu'ils contiennent est i peu près inconnu I Outre i*ouvrage trtduit du sanscrit, duquel nous avons parlé toute à Pheure, ont cite les titres suivans:
Abu Bekr Ahmed Ben Ali Ibn Wahschijja el-SuG el-Keisi el-Kasdani. Agricultura Nabataea.
(La traduction arabe date de Tannée 903 p. C. Mais l'original écrit en langue chaldaique est fort ancien, d'après Mr. Quatremèrc des tems florissans de l'empire do Babylon. V. Nouveau Journal asiatique. Vol. XY, Mars. 1835.)
Abu Zakerijja Jalija Ben Muhammed Ahmed Ibn el-Awwam. Liber de agricultura. (Casiri E. I , p. 327 en donne le précis. — 0. G. Tychsen Elementa Arab. Rost. 1 792 contiennent le 32énie chapitre de mulo et asino. — Mss. Casiri et Rodriguez ont donné un échantillon d'une traduction espagnole dans la traduction de Duhamel. — Enfin il y en a paru une version espagnole complète sous le titre: Libre di agricultura. Su autor el Doctor excelente Abu Zacaria Ebn el-Awam. Traducido por Don Jos. Ant. Banqueri. Madrid. 1802 (malheureusement je n'ai pas encore pu me la procurer). D'après Msr. Quatrcmére ce n'est qu'un abrégé de l'agriculture nabathéenne. — Il date de l'année 1200.
Abul-Hafen Thabit Ben Corra Ben Zahrun el-Harrâni (836 — 901) Tractatus de artc veterinaria.
(Catal. bibl. reg. Paris, vol. I, 1038.)
Alkoua-Lkafia Lfafoul Lesschafie sermoncs de capitulis sanitatis, equorum, mulorum, camelorum etc.
(Montraucon bibl. bibl. manuscr. vol. II, p. 1042, bibl. rcg. Par. cod. arab. NB. le titre ne paroit pas correct.)
Abu HaniTa Ahmed Ben Dawud el-Dineweri ( — 902). De re rustica et veterinaria. 2 voll.
Garlb Ben Said (900 — 1000) de re veterinaria.
Ibn el-Beithar. On dit que ce célèbre médecin ait écrit un ouvrage sur Tart vétérinaire. Dans son grand ouvrage connu on n'en trouve pas un vestige, il ne parle jamais de remèdes des chevaux^ peut- être son nom a séduit é une commutation avec le titre el-Beithar.
(V. Haller biW. pr. I, p. 405. — Dietz Anal. med. p. 27, Gg. 56. 57, tratado sobre las enfermedades de caballos. — J. Bruce list of a coll. of orient, mnscpts. El-Beithar treatise on the horse.)
Muhammed Ben Jacub el-Cheili. Ars veterinaYia. (Catal. bibl. Lugd. Bat. 824. 827.)
Abu Bekr Ben el-Bedr (f 1290). Detectio principiorum de cognoscendis morbis equorum.
(C. b. reg. Par. 1095. — Bibl. Vienn. — Mr. Flûgel en dit: «Der VoUkommene in nden beiden kûnsten, in der vieharzneikunde, und der pferdeabrichiung. Das bach fûhrl ffgewôhniich den namen das Nasirische, weil der verfasser Abu Bekr Ben el-Bedr eiaer 9)der thierârzte aur der flotte des Melik Nasir Ben Qualaun war. Es zerialli das werk rf\n 10 capitel, und beschâftîgt sich im ersten theile hauptsâchlich mit den krankheits- Tïzustànden der pferde, in dem zweiten mit ihrer auferziehung , abrichtung und andern »erfordernissen.« Wiener jahrb. B. 97, Anz. Bl, S. 23.) Democritus de re rustica traduit du grec par Ibn Wahschijja.
CCasiri. E. I, p. 325.) Costhus de agricultura traduit du grec p. Costa Ben Luca (864 — 923) 0-
Espérons que quelque connoisseur de la langue arabe voudra bien nous dire ce que contiennent ces ouvrages , jusqu*â présent nous n*en savons rien ! Quelques médecins arabes donnent une description du dragonneau dans le boeuf ^).
îérinaire aepuis
lini^ ou Oepuis êeùfième.
Nous avons suivi les progrès de notre art dans la première section chez les Grecs et chez les Romains jusqu'aux dernières siècles du règne de Byzance; après la prise de Constantinople par les infidèles (1453) les sciences en général et de même la nôtre ont été ensevelies dans un profond sommeil jusq'â nos jours dans toutes les provinces de Fancien
royaume byzantin.
Un peuple de Torient, les Arabes, s'étoit emparé des connoissances des Indes et de la Grèce, et elles avoient poussé quelques foibles rejetons jusque dans l'occident de l'Europe, en Espagne; mais malheureusement les sources, dans lesquelles on peut puiser et
») Deux imités sans noms dauteurs sont tussi dans la bibliothèque Sacy. V. Catalogue L. I, Muser.
I». 15. Ff. 79.
*) Albucasis chirurgia éd. Channing p. 441. — Sur lès connoissances vétérinaires des Arabes d'aujourd-
bui V. Ammon pferdezucht der Araber p. 333.
mesurer Tétai et l'extension de ces connoissances , ne sont pas encore recluses, nous ne pouvions que les indiquer; mais au moins il y a des siècles qu'elles sont taries de même.
Dans Toccident, dans litalie, les sciences ont dormi depuis le tems, où nous Tavons quitté, des siècles : dans le sixième siècle les guerriers Ostgotbes sous Tintelligent Théodoric et le savant Cassiodore au moins ne s'opposoient pas à la culture et le dernier même Tentretenoit au moins dans le clergé romain et dans les couvons; mais dans le septième les farouches Longobardes éteignoient les dernières étincelles dans l'Italie supérieure et moyenne, et dans le huitième Charles M. ne pouvoit pas les rallumer entre les peuples corrompus et rebelles; dans les siècles suivans les Saracènes et les Normands ne faisoient pas mieux dans l'Italie inférieure, que les Longobardes avoient fait dans la supérieure. Dans ces tems malheureux par un heureux hasard le duché de Bcnevent et le couvent de Monte Casino fut mis en état par ses religieux Bénédictins de conserver les trésors de la science grecque et d'y ajouter plus tard l'arabe 0*
Le beau pays, dans lequel au douzième siècle se devoit lever l'aurore de la science, le royaume de Naples et de la Sicile, contenoit une population singulièrement môlée, les auteurs nous disent que dans les différentes contrées on parla quatre langues, savoir la grecque, l'arabe, la normanne et la siciliennne 0*
Quant à l'arabe c'est assez connu que depuis l'onzième siècle beaucoup d'ouvrages furent traduits de cette langue dans la langue latine, et que déjà le roi Roger II de Sicile Ci 1154) avoît beaucoup de relations avec les Arabes, que, digne précurseur de Frédéric, il secondoit les leltres, aimoit les animaux, avoit de grandes ménageries etc. Tout le monde sait que Frédéric II Ci 1250) qui avoit de grandes connoissances de zoologie et de médecine des oiseaux et des chevaux, étoit entouré de beaucoup d'Arabes Cce qui lui fut reproché plusieurs fois par le pape). Aussi avons nous vu plus haut, que dans ces tems l'ouvrage indien, sous le faux nom dllippocrates, fut traduit de l'arabe en latin par Moyses de Pa~ lermo ^ : rllippocratis Liber de curationibus inCrmitatum equorum, quem translatavit de lingua ^arabica in latinam Magister Moyses de Falermo.^^ Tiraboschi QL s. c.) pense que cette version est du treizième siècle, mais si c^étoit vrai, qu'elle est dédiée au roi Roger, elle devroit être du douzième.
*) Pour rhisloirc des Sciences an commencement du moyen âge on consultera: v. Raumer geschidile der Hobenstaufen. Leipzig. 1842. 6 bde. 8. — Tiraboschi storia délia leUeralura italiana ton. 10 et IV. ^ Histoire littéraire de la France par des religieui Bénédictins vol. XV!*^»*-
*) Napoli Signorelli Vicende délie coltura nelle due Sicilie T. Il, c. 187. p. 277.
■) Ce Moses de Palenno est d'ailleurs inconnu, et Ton n'est pas autorise à l'identifier avec le Blagister Moyses de Bcrgamo, qui en 1130 acbcU des livres à Constantinople (Lupi codex dipl. Bergam. II, p. 951) et duquel parle Maratori (Script, rer. italic. vol. V, p. 524) l'an 1120.
Quant i la langue grecque elle étoit encore tellement répandue , que Frédéric II de- YoH fiùre traduire ses lois en langue grecque pour être compris dmg plusieurs pays de ses états. Beaucoup des anciens auteurs grecs furent connus, que cela fut aussi le cas avec les hippiaters grecs, je le prouverai contre l'assertion générale des auteurs: 1) Hierocles est cité par Simon Januensis et Matthaeus Sylvaticus Cde la fin du treizième et du commencement du quatorzième siècle) sous le nom de Herodiusl C'est vrai Mr. Schneider et après lui Mr. Molin ont soutenu que c'étoit Jordanus Ruflus qui étoit cité sous ce nom, mais -^ il seroit bien singulier qu'ils auroient ainsi transformé le nom d'un quasi contemporain! et ayant comparé tous les mots où est cité Herodius (il y en a plus que ces Messieurs citent) 0 je trouve que tous ces mots sont dans Hierocles, aucun n'en est dans l'ouvrage de Jordanus RuRbs, et aucun des mots (quelquefois assez difficiles) de Jordanus ne se trouve dans les pandectael — 2) Il y a même une très ancienne traduction sicilienne ou de Hierocles ou des Hippiatrical Msr. Bruce -Whyte, dans son histoire des langues romanes 0? dit qu'il a trouvé un codex entre les manuscrits Harleiens du musée britannique (N. 3535), qui contient a) d'une écriture très ancienne un ouvrage qui commence nlzi incumenzanu li capituii rdi lu secundu libru de Heroclu plandu di li plaki ki avennu a li cavalli;^ b) des prières et des charmes pour les maladies des chevaux; c) d'une écriture un peu moins ancienne Touvrage de Jordanus Ruffus, dans lequel Heroclu est aussi mentionné. Mr. Bruce -Whyte pense que ce Heroclu fut Mariskalk de Frédéric II mais il est déjà bien diilicile à croire qu*un mariskalk de Frédéric I auroit écrit en langue sicilienne 1 le tems des écuyers italiens n*étoit pas encore venu. En comparant j'ai tout do suite trouvé que les deux épreuves communiquées par Mr. Bruce -Whyte ne sont que des versions de Hierocles I la première sur les sangsues avalées se trouve hippiatrica Ruelle II, 88. f. 86, et la seconde Ibid. I, 25. f. 32, la version de la seconde est un peu libre, mais celle de Ruelle n'est guère meilleure *)• «le veux mettre sous les yeux du lecteur seulement la première, avec fa version de Ruelle pour comparaison:
nDi li sangisuki:
0 V. n AnacoIIematt : vocat a colla, quod est gluten Herodius. — nStrofos.» i. tortiones vcntris. obvolaliones intestinornin gradlium Herodius. — nSiria8is<< Herodius in lib. de cnris equorum est quando reuina in pectos equi dectdit. — nMannoro« Herodius in libro equorum vocant, inquit, hanc passionem empirici sicut qaam in pedibus equorum juxta ungulam ubi dicitur corona descendunt bumores corrupti et equus hyeme laborat eundo per lutum et aeslate per pulverem. — D'ailleurs plus baut nous avons déjà fait mention d'un codex des bippiatrica, où Hierocles est nommé Herodianus.
*) Histoire des langues romanes et de leur littérature par M. A. Bruce -Wby te. Paris. 1841. 3 voll. ». Yol. n, p. 152.
*) En général il ne se faut jamais fier à la traduction de Ruelle, très souvent on pourroit être induit en erreur.
9»La usanza di li sangisuki e d*imbiscare â la bucca di lu cflllu k^ 0 bivinu. Abi-
9)S0gna di aprire la bucca et tirarli di lu, et si p'aventura profundanu 1 la gula, serra grande
rpericulu. Abisognati di curare in tali mayncra: Pigla Taqua e toglu et mectllu a la bucca
nc cadcrâ. Aliri su ki annu usatu lu sale machinatu e chribatu . . . Oy arislologu vechû
rinischatu cû Toglu e cû Tachetu c riductu i spîssitudine di mêle. Mechtichelu, tenilu, e
rtira la lingua di fora di la bucca di lu câllu. Killi likali guardanu li arinenta di li câlli, oy
mVi li jumenti divenu guardare Taqua undc su li sangisuki, ke non imbiscanu a la gula, oy
ra la lingua, oy a la lebra, k^d bivunu; et se intravcnu, in tali maynera lu cura: Pigla «
rficu secku, grassu, c miscalu cû un pugnu di vinu vechu e mectilu p' la bucca.u
9)Hirudines, cum bibendi potestas datur, in os irrepere consueverunt, quas aperto ore 9,convenit extrabere. Si plures raptim haustae fauces obsideani, pericula minantur, tum igitur 7)inrundere aquam et oleum opus est, easque sic excutere. Sunt qui salem consulant infriarL fiAliï aristolochiae crassioris radice in aceto quam acerrimo trita, ita ut mellis crassitudinem )ireferat^ afluso oleo locum ubi insident, affricant, lingua pecudis extrorsum deprompta. Sed Tîconvenit eos, qui gregibus praeficiuntur, pecudumque magistros, aquis attendere, obser- 99 vantes si quae illic hirudines delitescant, ne sub lingua labrisve bibentium equorum involutae ;)Cohaerescant. Quod si in ore suffigi sentiuntur, equum inclinare necessum est, et adhae- T^rentes evellere."
Ce codex contient donc ou une version des hippiatrica ou de l'ouvrage même de Hierodes sous le nom de Heroclu. Il seroit bien à souhaiter qu'il fût imprimé!
Aussi l'ouvrage de Vcgetius, qui, comme nous avons vu, fut enfin retrouvé dans le seizième siècle, n'a pas été inconnu dans ces tems antérieurs, car Dino di Pietro Dini, duquel nous parlerons plus tard, et qui a écrit au milieu du quatorzième siècle, dit ouvertement qu'il en a puisé.
Ce qui regarde la langue allemande nous trouvons généralement des mots allemands pour désigner notre art et le médecin vétérinaire, au lieu de innUerçoç et mulomedicus des tems antérieurs mariscalcus ou manescalcus, et au lieu de ars veterinaria manescalcia ^. Le mot dérive du celtique march (cheval) et du gothique skalks (valet); on le trouve de très bonne heure chez les Allemands pour désigner le valet des chevaux '); bientôt ce fut le titre d*un homme qui étoit préposé â douze chevaux ^); après il y avoit un préposé de
') Quando.
*) St. Benedict au «Uiême siècle fut encore tenlé par le dialile «on« la forme d'an mulomedicos : »ei «•anCiquus hostts in mulomedici specie oliviam factus est, cornu^ (pour donner la médecine) «et tripedicam» (instrument pour Uer les pieds des chevaiu') nfereos» etc. viU Sti Benedicti Mnratori Script, r. i. vol. IV^ p. 223.
*) Lei^. Salie, tit XI, VI. Walter corp. jur. germ. I, p. 22.
*) Anton gcschichte der dcntschen landwirtschaft. b. II, p. 298.
tous les mareskalks et du tems des Mérovingiens il y avoit déjà, en imitation du contostaulos byzantin, le titre de cornes marestalli ou stabulorum 0* Ces personnes étoient bien distingués, le cheval étoit la chose la plus essentielle du chevalier ^. J'ai tâché de montrer que plusieurs noms nouveaux des maladies de chevaux chez les auteurs italiens paroissent avoir une origine allemande ').
La ferrure des chevaux fut générale, aucun des auteurs de la première période n'en parla, aucun des auteurs de cette seconde période manque d'en parler. Mais Mr. Molin est en erreur lorsqu'il croit que Jordanus RuiTus est le premier qui en parle, nous avons vu que la ferrure étoit un ancien art des Allemands, depuis Tan 1185 on en trouve aussi mention faite dans les lois ^).
Les vices redhibitoires sont mentionnés dans les plus anciennes lois de cette période ^).
Des médecins vétérinaires se trouvent en Italie depuis le commencement de cette période, ils sont aussi en Allemagne mentionnés dans le quatorzième siècle ®). Mais sans doute Tart étoit plus souvent dans les mains des maréchaux ferrans etc. La superstition fut grande, partout on croya aux charmes, aux sorciers etc. Que cela éloit le cas dans ritalie, le codex Harleien de Mr. Bruce-Whyte le prouve; pour comparaison de ce que nous dirons plus bas, nous copions une recette pour les vers:
jîO^d lu câllu incom^cia avère li vermi, signatulu cû la cruche, e di kiste parole ki -scguinu: Qui me sanum fecit, ipse michi precepit: toile grabatum tuum et ambula. Morîîluus sit vermis iste nom^ne Dn-*i. Scrive in carta hoc carmen: + alabia t arrobami t bafritosorum macropoli f *.<<
(Caton avoit déjà de pareil.)
Nous passerons la revue des principaux auteurs de cette période:
1) Jordanus Ru f fus, le premier et le plus grand auteur, de la vie duquel nous savons fort peu. II vivoit encore à la mort de Frédéric II, comme un des grands dignitaires de la couronne il a signé son testament j^Ego Jordanus, magnus justitiarius RuiRis jide Calabria imperialis marescallus major intérim his et subscribi feci<« 0* H fut donc grand écuyer, ce qui fut dans d'autres états le contostaulos ou comes stabulorum, comes marestalli, et natif, ^â ce qu'il paroit de la Calabrie. Frédéric II nous a laissé dans son
*) Anguttin Thierry Redtf des tems Mérovingiens vol. II, p. 198 (d'après Grégoire de Tours).
') Ponr le rang qu'occupa un préfet des écuries v. p. e. Les lois de Waliis, donnés entre 900 et 1000 par le Brenin Hoel L. I, c. 16.
<) y. Pièces justificatives Pf. I.
*y Anton 1. c. in, p. 372. (Et même plutôt v. plus bas de Celtes et des Anglosaxons).
») Lois de WalIis 1. III, ch. 5. — Leg. Ripuar. XXXVI, 11. — Leg. Baj, T. XV, c. 9.) (Cécité, fracture, rigidité, morve.)
*) p. e. à Ulm. Jfiger deutsches staedtewesen p. 449.
'3 Ifapoli Signorelii Vicende délia ooltora nelle due Sieilie. Tom. Il, p. 258.
ouvrage, de arte venandi cum avibus, les preuves do ses grandes connoissances dans l'histoire naturelle, dans l'anatomie comparée, la physiologie et la pathologie, on peut être sur a peu près, qu'il n'avoit pas moins de connoissances dans l'hippiatrique. Comme nous savons quelle peine Frédéric se donna pour faire traduire les ouvrages scientifiques des Grecs ot des Arabes en latin et en sicilien, on sera persuadé que les auteurs sur une science, qui lui fut tant â coeur, n'étoient pas les derniers qu'il se procura, or nous avons déjà vu plus haut que plusieurs de ces auteurs furent bien connus; on ne peut guère douter que rcnipereur prcnoit grand part à la rédaction de Touvrage de son écuyer. La dernière rédaction de l'ouvrage fut faite après la mort de l'empereur en langue latine, et c*est celle que Monsieur Molin a fait imprimer; mais de bonne heure des codices en langue latine, italienne et françoise furent répandus, et c'est assez naturel de penser que les premières règles, sans doute rédigé pour Tusage des maréchaux des écuries impériales, furent écrites en langue sicilienne. Le nom de l'auteur est dans ces codices souvent transformé en Russu, Russe, Rusto. Voilà un aperçu des manuscrits que je trouve n)entionnés :
a) En langue sicilienne:
1) Dans le codex Harleien du musée britannique, duquel j'ai fait mention plus haut. Mr. Bruce -Whyte communique le commencement: »lzi cominza lu libru di manischalchia rcompostu da lu maestro Giordano Russe di Galicia, mariscalo del imperatore Federicu. •iConciosia cosa kc inter tutti li animali de la umana generattiune per usu dcputati, nuUu rcerc piu uobile di lu cavallu, ne ancora nullu cere allu homu piu comodu. Nobile T^ancora per la umana dignitate, e splendidissimo , e senza di issu in verita nullu homu 79 po aviri gloria, ne po suslinersi. Ha essendu piu comodu vale piu di tutti li altri ani- 99mali; nullu pote ni fare li officii di lu cavallu, ni kl si trova si doclu. Ora dico di di nlui naturale, e aile persone digne come e conveniente, e aile nobili senza fatiga. —
^ Kistu opéra fu carpta per la autoritate di lu Paladin e di li altri. Ma
«quellu kl riguarda li morbi et le cure specialmente fu trovato per me signure Giordanu 99RUSSU di Calabria, trattatu per Heroclu mariscalco pro le stalle de l'imperatore Fcdeffrictt lungu tempu defuntu.^^ Ces mots différent essentiellement de la rédaction latine, ot les derniers seroient surtout remarquables, si Mr. Bruce -Whyte n'avouoit pas que le mot Heroclu est presque effacé.
2) Un autre codex, qui se trouva dans la bibliothèque de Damiani à Venise, est mentionné par 3Ir. Molin ')» Q^î ^>1 cependant que c'est une traduction du latin. Le commencement est: rincipit liber manescalchiae. Nui Messeri Jordanu Russu de Calabria volimo ninsignari achelli chi avinu a nutricari cavalli secundu chi avimu imparatu nela manestella
>) EdiUo Jord. Ram praefat. p. XI V.
«de ht imperaturi Federicu chi avimu provalu e aviau complita qusta opira nela nomu 9idi deu, e di Santa AIoi.« b) En langue latine:
1) Codex bibl. stî Marc, venet. saec. XIII , v. Morelli Codices manuscripti lat. bibl. Nanian. N. LXV. C'est d'après ce codex que Mr. Molin a fait imprimer l'ouvrage de Jordanus Rttfius. Le commencement est: «Onurn inter cetera animalia a sumno rerum opifice f^evidenter creata usui humani generis immédiate subjecta nullum animal sit equo nobidIîus, eo quod per ipsum principes, magnâtes et milites a minoribus separantor, et quia ntûsi ipso mediante dominus inter privâtes et alios decenter discemi non posset: idcirco ijad commoditatem illorum, qui eqnis assidue coutuntur, ipsorum specialiter, qui ad ho~ 99norem militarem et bellorum assiduam probitatem nobiliori animo delectantur, quaedam 9)de ipso equo juxta opinionem meam et mci ingenii parvitatem disposui compilare : non «quod per omnia possim ea, quae eidem equo et suo generi pertinent, subtiliter inda- Dgare, sed prout mihi deus monstravit, recto ordine ponam quod expertus sum ego jïJordanus Ruflus de Calabria miles in marestalla quondam domini imperatoris Friderici 9)Secundi, sacrae memoriae recolendae diligentius adhaerebo, fere de omnibus rationes j^veridicas demonstrando. Rogatu quoque cujusdam mei amicisstani in hujusmodi delec- 3»tantis infra scripta omnia cum diligentia scribere procuravi.<<
2) Codex pulcherrimus saec. XIII (venditus a. 1307 a bibljopola) in biblioth. apud Grimanos. S, Pauli Venet.
Molin 1. c. praef. p. XXIV.
3) Ego Jordanus Ruflbs de Calabria. miles in Marescalla quondam domuii imperatoris Frederici secundi .... hujus operis delectantis infra scripta omnia cum diligentia scribere curavi.
Manuscrit du quatorzième siècle, ayant quelques corrections d'une main moins habile, et qu'il est permis de supposer autographes (?). Catalogue Huzard N. 3493.
4) Idem liber, 6um notis Fratris Theodorici, de ordine praedicatorum , episcopi cerviensis. Ibid. N. 3494.
5) Jordani Rufi Calabri de cura et medieina equonim.
Saec. XV, membr. Haenel Catal. libr. mnscrpt. p. 238. Montpellier. H. 236.
6) Jordanus Rufibs de Calabria, miles Friderici secundi de aegritudinibus equorum, de avibus, de falconibus, de avibus rapacibus, earumque aegritudinibus, de quadrupedibus rapidis et proprietalibus canum.
Hontfaucon bibl. biblioth. manuscript. vol. I, p. 23, bibl. reg. Suec. in Vaticana N. 410.
Outre cela Mr. Molin remarque: ^Codicum unus exstabat apud caenobium sti. Joannis de Carbonara, qm ftaerat primum bibliothecae Tuanae, deinde cardinalis Seripandi ; alius vero saeculi qmntidecimi ad Pinellianam bibliothecam pertinebat: ambo in Angliamjam sunt migrati. Suum etiam hajuflce operis habet exemplar bibliotheca Lutetiae Parisionun; suum habet bibliotheca
Leopoldina Florenliae, quemadmodum inielligere est ab Ulustri Bandini; snnm quoque habet bibliotheca romanae universitatis ; somn tandem bibliotheca Taorinensis saecolo XIV, nt apparet, con8cripiuin.«
c) En langue italienne:
i) Ubri di manescalcbia di Joanni e di Giordano Rosso di Calabria.
Montfaucon bibl. bibliotb. mnscrpt. vol. II, p. 789, bibl. reg. Paria. N. 7247.
2) Jordano de Calabria libro della cura de Cavalli. fol.
Montraucon 1. c. vol. II, p. 1398, bibl. Taurinensia.
3) Libro de la Menescalcia, composto per misser Jordano de Calabria* 4.
Bibliothèque Huzard N. 3502 (da Wémt siècle).
d) En langne Françoise:
1) Mareschallerie du sieur Jourdain Ruf sous Tempereur Frédéric, où il est traité des maladies des chevaux et de leurs remèdes.
Montfaucon bibliotb. biblioth. man. vol. II, p. 1114, bibl. Coislin. San. Germ. N. 1126.
2) Probablement le mnscrt. N. 3529 de la bibliothèque Huzard.
LViginal latin a été publié par Mr. Molin d'après le manuscrit N. 1 , dans une fort
bonne édition avec une préface historique très estimable, sous le titre:
Jordani Ruffi Calabriensis Hippiatrica, nunc primum edente Hieronymo Molin. Patavii 1818. 8.
Une version italienne a été faite (d'après la préface) en 1492 par Gabriele Bruno,
maestro in tbeologia delli Frati Menori, et dédiée au comte Brandolino. Il y en a trois
éditions :
Libro deir arte de marascalchi per conoscere la natura de li cavalli, e medicarli nelle loro
infirmitA, e Tarte di domarli. Venezia. 1492. 4. Idem. Venezia. 1554. 8.
Idem. Venezia. 1563. 8.
C'est la dernière de ces éditions que j'ai devant moi; elle dîffcrt un peu de l'original latin, et elle est faite avec quelque négligence: Une autre version encore moins bonne, d'après Mr. Molin, a été faite, où le nom de l'auteur est change en Rusto, laquelle a été publiée :
Délie Malscaltie del Cavallo dcl sig. Giordano Rusto. Venezia. 1561. 8. Il dottissimo libro non piû stampalo délie Malscalzie del Cavallo del sig. Giordano Rusto Calaurese. Bologna. 1561. 4.
Catalogue Huzard p. 323. — Molin I. c. p. 18 et 45.
Nous avons vu que Jordanus Ruflus pouvoit avoir connoissance des hippiatcrs grecs; mais en comparant son ouvrage avec les hippiatrica on ne pourra guère prouver, qu'il en fait usage; les hippiaters grecs connoissent plus de maladies que lui, et quelques maladies communes et générales sont mieux décrites par eux que par Jordanus p. e. la mone, le farcin, le rhumatisme; mais de Tautre côté il excelle par la connoissance des maladies des
extrémités , où ses dénominations sont restées dans la science jusqu'à nos jours ; fl coimoit fort bien plusieurs vices congénitaux; il est fort éclairé et tout â fait libre des superstitions de son tems; et personne n'osera nier que l'ouvrage est écrit dans un fort bon esprit, surtout quand on se souvient de l'état des sciences de son tems, et en le comparant aux auteurs médicaux de son tems , qu'il surpasse tous comme fidèle observateur de la nature, il est tout à fait libre des futilités scholastiques des médecins arabistes de son tems. Aussi a-t-il eu une très grande influence sur Tétat de la médecine vétérinaire dans toute cette période. Dans un chapitre il conseille de donner de la viande de tortue aux chevaux qui maigrissent. — Mr. Molin pense que ce chapitre pourroit bien ne pas lui appartenir, parceque les chevaux ne mangent pas de viande! mais peut-être a-t-il pris ce conseil des Arabes, chez lesquels les chevaux en vérité reçoivent de la viande 0* Dfxns la table I j'ai tâché de montrer que plusieurs noms de maladies (vivolae, vermis, spavanus, sculmatus etc.) paroissent trahir une origine allemande ou normande; quelques mots inconnus ont peut-être ime origine arabe.
2. Albert von BoUstâdt ou Albertus Magnus (1193—1280), évêque de Ratisbone, ce génie compilateur du moyen âge, qui est quelquefois injustement mal traité par des écrivains estimables, car il faut toujours admirer cet assemblage de doctrine dans toutes les branches de connoissances humaines, et on a lieu de s'étonner de trouver au moins quelquefois de propres observations; c'est aussi le cas dans son ouvrage rtde animalibus» ^), où il parle dans un livre des maladies des animaux domestiques. On trouvera les maladies qu'il connoit, dans ma table I. Il est fort superstitieux, cependant il connoit la contagion du farcin et de la morve, et surtout quelques maladies des cochons. Il cite presque seul Avicenna, qu'il paroit suivre le plus souvent; il ne cite pas Jordanus, cependant il paroit le connoitre dans les maladies du cheval, et cela est très vraisemblable, comme l'ouvrage latin de Jordanus a été écrit peu de tems après la mort de Frédéric II (1250), Albertus a écrit avant 1256 *).
3. Vincentius Bellovacensis (1184 — 1264) un autre génie encyclopédique, qui dans son Spéculum quadripartitum embrassa toutes les connoissances du treizième siècle. Dans le lOî^me et le 20iéme livre du Spéculum naturale il parle des animaux et de leurs maladies; il ne connoit pas encore Jordanus Ruflus ^) (le Spéculum fut achevé 1256), ses
■j Ammon pferdezucht der Arabcr p. 312, et plusieurs voyageurs, qui racontent, que les chevaux viennent toujours se chercher leur part, quand les hommes mangent un mouton. V. anssi: Burkhard Beduinen p. 160. p. 355.
*) Opéra éd. Lamy. Lugd. 1651. tom. VI^u* libr. XXVI, je cite cette édition.
*) Hist. lit. de la France par des religieux Bénédictins vol. XVIII, p. 449. p. 456.
*) n n'est pas dans la longue liste des auteurs cités par lui, que donnent les Bénédictins 1. c. p. 483. Aussi je ne trouve pas les mots propres à Jordanus dans le petit dictionnaire du Spéculum doctrinale.
avtorilés sont siirteol Arisloteles, Plintns, Aviceimay bidorus, Albertus Mtgmis; STn'B pas de connoissances de cette science, quelquefois on devine de quoi il yeut puier, p^ e. 8*il dit que les brebis sur des pâturages trop grasses rassemblent trop de graisse dans les reins, et quHIs en meurent, on voit bien qu'il veut parler de la pourriture.
4. Bonifacio sous le régne de Cliarles d'Anjou â Naples (1266—1285), fort peu connu, mais les manuscrits mentionnés sont remarquables, parceque le traité de rHippocrates Indien y est joint
1) Adsit principio Virgo Maria meo, Incipit liberalius tractatus de morbis naturalibus et accidentalibus ac signis et curis equonim. Incipit capitulus primus primi libri Ypocratis et Damasceni.
Codex de la bibliothèque de Munich v. d'après Aflitto (Degli Scrittori del regno di Napoli. Tom. H, p. 158) Molin pr. p. XXXIV.
2) Al nome de dio . . • • Comeza lo prologo de lo libre Cdi misser Bonifacio) de la Marescalcaria de li Cavalli • . . seconde misser Jordano .... Lo libre di misser Bonifado è translatato de gramatica e leciera grcca in latina per frate maestro Antonio Dapera. — Incipit liber alius Tractatus de morbis naturalibus et accidentalibus ac signis et curis Equarum .... Ypocratis et Damasceni. Col.
Mnscrt. du ibîèmt siècle. Bibliothèque Hucard N. 3500.
3) Il medesimo libre.
Ibidem N. 3501.
Bonifacio avoit écrit en bngue grecque, l'original est encore inconnu. Cela prouve donc que la langue grecque étoit encore très répandue dans le treizième siècle.
5. Doria de Gènes (du treizième siècle) auteur d'un ouvrage fort superstitieux.
1) Practica equorum Jacobi Auriae. Manuscrit de la bibliotheca Naniana dans la bibL de St. Marc à Venise. Molin pr. p. XXXVI. Monsieur Morelli dans le catalogue de la bibliotheca Naniana a cru que ce fut le Jacobus Auria, duquel nous possédons les Annales Genuenscs ab anno HCCLXXX ')> mais je ne peux pas trouver des preuves de cette assertion.
6. Theodoricus Cerviensis (1205 — 1298). Theodoricus de Luca, episcopus Cervicnsis, natif de Luca cl fils d'un médecin renommé de Bologna; il fut frère de l'ordre des prédicateurs , pénitentiaire du pape et évéque de Cervia ^) , méciecin très renommé et professeur à Bologna. II est très renommé par sa chirurgie , dans laquelle cependant je ne trouve pas un vestige de connoissances vétérinaires, mais en outre il a écrit un ouvrage de cura falconum, et un autre sur la médecine des chevaux. Plus haut nous avons déjà vu
*) 3lur«lori Script r. i. Tom VI, p. 571.
*) Sarti de clan* profeasoribiu archigyoïiufu Bonooientis. Tom. I, p. 450.
qo'il avml écrit des notes à roorrage de Jordanus RnAis; dans son propre ouvrage il répèle aussi la pins grande partie de Jordaniis, et ajoute le reste de Doria et de Vegetius, duquel il a même copié la préface. Cependant l'ouvrage paroit avoir été assez répandu, et il fut traduit dans la langue catalane. Il y en a des manuscrits dans beaucoup de bibliothèques:
1) Theodorici, ord. praed. chimrgia equonun. 8. in duplo.
Montfaucon bibliott. bibl. manuscr. vol. II, p. 1402/ bibl. reg. Taurin.
2) Theodorici, Episcop. Cerviensis, ordin. praedic, Mulomedicina.
Ibid* vol. I, p. 23, bibl. regtn. Sueciae in vaticana N. 399.
3) Mulomedicina ex dictis medicorum et mulosapientium compilata.
Ibid. voL II, p. 906, bibl. de Montchal in bibl. reg. cod. CCLVI. fol.
4) Gerardus de Solo introductorium juvenum ad medicinam compos. a. 1346 etc. — Anonymi tractatus de medicinis equorum. — Cornes Hubertus de Curtenova de aegritndinibus equorum. — Anonymi medicina equorum. — Hippocrates de curis equorum. — Frater Theodoricus episcopus Cerviensis Mulomedicina.
Ibid. vol. I, p. 36, bibl. regin. Suec. N. 1047.
5) Incipit mulomedicina ex dictis medicorum mulomedicorum sapientum compilata a ven. pat. Theodorico, ordinis Praedicatomm Episcopo Cerviensi.
Biblioth. Barberin. v. Molin p. XXXIX.
6) Practica equorum composita a fratre Theodorico de ordine fratrum Praedicatorum , phisico et episcopo cerviensi.
BibL Sti Marci Yenet. Molm p. XXXIX.
7) Chirurgie et Médecine des hommes, chevaux et faulcons en Espagnol ou en Catalan, par Fr. Theodoric de Tordre des Fr. Prescheurs.
Montfaucon 1. c. vol. II, p. 789, bibl. reg. Paris. N. 7249.
7. Petrus de Crescentiis C1233 — après 1307) de Bologna, a étudié la philosophie, la médecine et le droit, et a écrit dans la soixante-dixième année de sa vie (1307), après avoir fait de grandes voyages, un ouvrage sur Tagriculture, l'élève et les maladies des animaux domestiques, qui a eu un immense succès, il fut imprimé pour la première fois 1471 sous le titre: «Opus ruralium commodorum,^ et plus tard sous le titre: ^^De omnibus agriculturae partibus,<< j'ai une liste de 10 éditions de Toriginal latin, 14 éditions de la version italienne, 5 de la version irançoise (Proffits champêtres et ruraulx), 3 de la version allemande, et une angloise, et ce catalogue n'est pas du tout complet! ') Pour les maladies des animaux c'est une compilation puisée des Scriptores rei rusticae latins et de Jor-
*) Je cite cette édition: Oe omnibus agriculturae partibus etc. per longo rerum nsn exercitatum opti- «nm agricolam et philoflopbum Petrum Crescentiensem , prindpem rei poblicae Bononieuii etc. Basileae. (1S48.) fol.
danos Rufitas, il n*a rien qui loi soil propre, mais il est toujours eslinable, parceqn'il écrit en homme éclairé et instruit, et sans superstition, en cela il se distingue fort arantageusement des écrivains de son flge.
8. MagisterMaurus. Laurenttus Rusius cite quatre fois (cap. 42. 137. 144. 151) un Magister Haurus, qui est tout- â- fait inconnu, mais les deux dernières citations le caractérisent comme un bon auteur.' Il ne peut guère être le Haurus Salemitain, qui a écrit sur Turine 0 g(<^- ^r* Molin pense que cela pourroit être un certain Marius, sur lequel il dit: vSignorelli Vicende della coït, deile due Sicilie. Tom. IL Anno 1316 quidam Magister ,, Marius ex insula Cypro, adjuvante nescio quo e Germania veterinario librum scripsit de ,)boum equorumque morbis, cul praemissa est anatomica dissertatio opportunis illustrata figuris. ,)Hujusmodi opus e latino in italum sermonem conversum fuit anno 1512, asservaturque manu ^conscriptum in bibliotheca Barbarinorum, ut affirmât Metaxa. Portasse hic Magister Marius ffidem est ac Magister Maurus^c ^.
9. Laurentius Rusius (Ruzzius, Russe, Rusius, Ruzo, de Ruccis, Rusé, Rugino, Rosso, Riso), médecin vétérinaire à Rome, comme il se nomme soi-même, ami du Cardinal Napoléon de Ursinis (1288 — 1347), comme on peut voir de la préface; il parle d*une épidémie de 1301, comme arrivée avant son tems, ainsi il doit avoir vécu vers le milieu du quatorzième siècle. Laurentius Rusius a beaucoup pris de Jordanus Ruffus (quil cite cap. 5), il a aussi puisé dans Touvrage de Theodoricus Ccrviensis, et il cite plusieurs fois le magister Maurus; mais on voit bien qu'il a des observations propres et il est un bon écrivain. Cependant il professe quelquefois les futiles préceptes de la physiologie galenique, et il croit à Tastrologie, aux constellations, sa médecine est plus composée que celle de Jordanus. Il y a dans les bibliothèques beaucoup de manuscrits, et quelques diflërences, surtout dans les noms des maladies ne rendent pas superflue une comparaison des plus anciennes, mais Tétat des éditions est tel, que je crois pouvoir me dispenser d'en donner un recensement ici. Les éditions imprimées sont les suivantes:
1) Liber marescalcie compositus a Laurentio dicto Rusio familiari revercndi patris dni Neapoieonis sancti Adriani dyaconi Cardinal, s. 1. e. a. 4.
J'ai devant moi cette belle édition qui est décrite par Mr. Choulant (jahrbuch III, p. 135). D'après Hain, Metaxa, Choulant elle seroit imprimée à Rome vers 1490.
2) Hippiatria sive Marescalia Laurentii Rusii. Parisiis. 1531. fol.
3) Idem. Ibidem. 1532. fol. ').
*) Montfaucon I. c. vol. I, p. 435, bibl. Cesenatensis.
*) Molio praef. p. LIV.
*) Je me «uis servi pour la table I de ledition Parisienne de Wechel, parceque elle est plus commode; plus tard j'ai va que la première édition est peut-être plus fidèle, et j'ai mis les noms differens des maladies en parenthèse.
Version italienne:
1) Opéra del arte dei Mabcalcio, di Lorenzo Rusio. Venetia. 1543. 8.
2) Idem. Ibidem. 1548. 8.
3) Idem corretta. 1559. 8.
(La dernière , comme la première ne sont pas bonnes.) Versâon françoise:
1) La Hareschallerie de Laurens Ruse, translatée de latin en françoys etc. Paris. 1533. fol.
2) Idem. Ibidem. 1541. fol.
3) Idem. Ibidem. 1563. 4.
4) Idem. Ibidem. 1583. 4.
5) Idem. Ibidem. 1610. 4.
Version allemande:
1) Das kleine rosszartzneybûchlein, wie man eines jeglichen pferdes eigenschaSl erkennen and probieren soU. durch meister Albrecht, keyser Friderichs schmidt und marstaller von Constantinopel. Erfurt. 1630. 12. J'ai devant moi ce petit livre et je ne peux pas trouver que ce soit une traduction de Rusius. Mais en vérité Mr. Choulant (i. c. p. 137) cite une autre édition de 1535. 4. à Augsburg.
10. UbertusdeCurtenova, cornes et canonicus Pergamensis; auteur d'ailleurs inconnu , a écrit un petit ouvrage »de aegritudinibus equorum<< selon Mr. Molin avec d'étranges noms de maladies.
1) Un manuscrit se trouve dans un codex de la bibliothèque du Vatican avec plusieurs autres traités , et duquel j'ai fait mention plus haut sous Theodoricus Cerviensis.
2) Un autre manuscrit est mentionne par Mr. Molin (1. c. p. LVI) comme se trouvant dans un codex de Laurentius Rusius de la bibliothèque de Venise.
11. Dino fils de Pietro Dino (1350) de Florence, dont la famille compta déjà sept vétérinaires, a écrit un ouvrage sous le titre: j^Mascalcia di Dino di Pietro Dini, Ma- «liscalco e çittadino Fiorcntino, comînciata scrivere il di 19 Gcnnajo 1352, e terminata il di 9)29 Décembre 1359, divisa in cinque libri.^ 11 dit qu'il a puisé ce qu'il dit, de Vegetius, Sucrâtes, Aristotcles, Jordanus et Theodoricus Cerviensis.
1) Un manuscrit à Florence v. Bandini Catalogo délia bibliot. Lcopold. Laurenz. Tom. III, p. 217. — Peut-être le mémo de la bibliot. Richardiana: ^rgelati bibliotcca d'volgarizzatori. Tom. IV, P. I, c. 101.
12. Bartholomaeus Spadafora (1368) à Messine a publié un traité sur la médecine vétérinaire en langue sicilienne, qui commence T^Accumenza lu libru de la maniscal- 9)Chia di li cavalli di lu magnificu misser Juhanni de Cruyllis.^ Mr. Molin pense, que c'est une traduction de Jordanus. (1. c. p. XV.)
13. Un certain Martinus de Bologna, qui, au dire de Fantoui, a fait la médecine au quatorzième siècle, a écrit des Additiones â la marescalia de Rosius, qui se trouvent dans un codex de Venise (Molin 1. c. p. LV) , mais selon Mr. Molin elles ne contienneiil que des incantations magiques.
Hais nous voila arrive au quinzième siècle, et au point où commence en général rhistoire dans nos traités. Je ne dis pas que nous possédions une histoire de notre art, qui puisse satisfaire les requisits de la science; mais telle quelle est faite, elle suffit â peu près à notre but principal, et nous devions passer les bornes de cet ouvrage, si nous voulions aller plus loin; nous nous contenterons donc pour le reste d'un coup d*oeil général.
La science vétérinaire existe, dans toute cette période presque seulement en Italie, où elle s'est développé par Timpuls émané du génie de Frédéric II ; nous pourrons remettre à la période suivante le peu de mots que nous aurons à dire sur Tétat de notre art dans les autres pays.
Depuis le quinzième siècle l'Italie, et surtout Naples, fut devenu la grande école dans l'art de réquitation et dans la médecine vétérinaire pour toute l'Europe, on trouva des écuyers et des maréchaux italiens aux cours de tous les autres pays. Cet état de choses a continué pendant le seizième et même encore au dix -septième siècle. Les écrivains distingués du seizième siècle sont Pignatelii, Vincent, Magno (1506), Columbre (1518), Bonacosa (1574), Grisoni 0, Cito (1590) etc.
Les écrits de ces auteurs reposent toujours sur les ouvrages de Jordanus Rufius, Laurentius Rusius et des anciens Grecs et Romains; mais avec un peu d'attention on ne manquera pas de trouver que les progrès de Tanatomie humaine dans le seizième siècle ne sont pas sans influence sur la médecine vétérinaire. Toutefois les connoissances zootomiques de ces auteurs sont très faibles, et c'est ce qui retarde le plus l'avancement de la science.
*) L'édition de Venise 1590 contient la figure d'un cheval, sur lequel le siège des maladies est indiqué; elle peut servir à édaircir Rnffo et Rusius.
Cinêp iPoeU sur Vétat de ta n%édeeine rétértnaire de/mis Carlo Muini Jusqu^à rétahUssen^ent des écotes réié^
rinaires C^eoO-É7eaj.
A la fin du seizième siècle les vétérinaires ne méconnoissoient plus la nécessité des connoissances zootomiques pour le médecin des animaux. Volcher Koyter (t 1600) avoit donné les premières bonnes démonstrations et dessins d*anatomie comparée générale (Nûrnberg 1573 et 1575), en France et en Allemagne on commença de s'occuper de THippotomie, mais le premier bon ouvrage fut publié par Carlo Ruini, sénateur de Bologna 0* On peut bien dire à présent qu'il n'est pas complet, qu'il y a des fautes, mais ayant égard au tems, il faut convenir que c'est un fort bon et bel ouvrage, et il est resté le meilleur pendant cent cincquante ans! Mais malgré cela il n'a pas eu tant d'influence qu'on en pouvoH attendre, de manière que Abildgaard encore au dix -huitième siècle avoit raison de se plaindre de la grande ignorance des premiers auteurs dans Tanatomie; ce phénomène s'explique par le peu d'éducation des gens qui se mêloient de l'art, et par le mauvais état de l'enseignement. En Italie même paroissent bien des ouvrages sur l'équitation^ sur l'extérieur; mais la science vétérinaire reste à peu près stationaire, je ne saurois pas nommer un auteur bien distingué, si l'on excepte quelques médecins, Lancisi, Redi, Vallisneri etc., qui se sont occupés de quelques parts de la science.
L'Espagne. L'ancien état de la médecine vétérinaire en Espagne nous est toutâ-fait inconnu; depuis le tems, où nous la connoissons, elle est un rejeton de l'Italie: Le roi d'Aragon, Alphons V, après la conquête du royaume de Naples (1^^ — 1443, mort 1458) , ordonna à son majordome, don Manoel Diaz, de composer, avec l'aide des meilleurs vétérinaires de ce royaume, un ouvrage sur l'art vétérinaire, ce qu'il exécuta en langue limousine - catalane , et cet ouvrage fut multiplié par manuscrits, et plus tard traduit en castillan et imprimé ^). La plante a bien poussé dans le sol de l'Espagne; qu'en 1564
>) Dell' Aoatomia e deir Infirmîta dell Cayailo, di Carlo Ruini. Bologna. 1598. 2 voll. fol.
Anatomia del Cavallo, Infermitii e suoî rimedii. Venetia. 1599. 2 voll. fol. — Venetia. 1602. — Venet 1618. ^ Encore une fois Venet. 1618. Venet. 1707. Deutsch von Uifenbacli. Frankf. 1703. fol.
') L'auteur d'une eaqaiaae de Thutoire de la médecine vétérinaire en Espagne (Recueil de Med. vet. vol. II, p. 484) croit que cela a été fait en 1435, mais cela est impossible, parceque dans cette année la guerre commença seulement Le catalogue Huxard a ces éditions:
1) Libro de Albeyteria, por don Manuel Dias. Çaragoça. 1495. fol.
2) Libro de Albeyteria emendato y coregido, por d. Manuel Dkx. Toledo. 1511. 4.
Ansit tradwt en françois t. Haenel CataL libr. mnsc. p. 245, bibl. MonspossuL (si ce n'est pas en catalan ?)
Snarez a publié une yersion espagnole des hippiatrica grecques, nous l'avons déjà mentionné plus haut. Très renommé Tut le 9»libro de Albeyteria por de la Reyna«( 0* Dans le seisième siècle écrivoient encore : Andrada *), Lopez de Camora *) , et Calvo ^). Tous sont fort peu connu dehors l'Espagne, et Messieurs les Espagnols feroient mieux de nous en donner une histoire détaillée, au lieu de s*en glorifier seulement. Le dix -septième siècle ne compte pas moins d'auteurs célèbres â leur tenis, ce sont: Ramirez^), Paracuelos (1658? 17Q2), Arredondo (1661. 1704), Alvarez Borjes (1680), Pedro Garcia Conde*), Ambros (1684). Dans le dix-huitième siècle: Rus Garcia (1786. 1819), de Sande y Lago (1723? 1729), Royo (1734), Zamora (1735), Garcia Cabero (1740. 1773. 1789. 1792), de Arcos y Moreno (1757), Sandoval (1792). Quelqiiesuns de ces derniers ouvrages, que j'ai vu, ne sont pas d'une grande valeur, mais ils prouvent au moins le grand intérêt qu'on prenoit à la science.
La France. Les anciens Gaulois étoient grands amateurs de la chasse et connoisseurs de chiens (comme on peut voir de tous les anciens venatica), mais aussi, comme les autres Celtes de l'Espagne etc., de l'éducation des animaux domestiques, surtout des cochons; le porc, les jambons, les cervelats de la Gaule furent très renommés chez les Romains et sont souvent mentionnés dans les anciens auteurs 0* Mais ils étoient aussi de grands enchanteurs et sorciers (les Tusci, maitres des Romains dans cet art, furent aussi des Celtes, comme tout porte é croire); leurs médecins -prêtres, les Druides, guérissoient les maladies des hommes et des anhnaux par la magie *); ils faisoient bien usage de quelques remèdes végétaux, du Sekigo ou consiligo, de la betonica, du Samolus et surtout du gui de chêne *) (très rare) , mais dans la guette et dans l'administration de ces remèdes
>) On cite des éditioiu: AlcaU 1522. 1623. 1674. Çaragoça. 1551. Burgoi. 1564. 1602. Mau elles sont rares dans les bibliothèques.
*) De la naturaleca del Cauallo etc. por Pedro Fernandex de Andrada. En Seuilla. 1580. 4.
*) Libre de Alboyteria etc. compoesto por Pero Lopez de Çamora. Logrono. 1588. fol.
*) Libro de Albeyteria, en el qnal se trata dei Cauello, y Al do, y Jumento etc. Compneato por Fernando Calvo Alcala. 1602, on cite aussi 1603 et 1623.
*3 Discurso de Albeyteria por Balthasar Francisco Ranirez (1625). Madrid. 1655. 4.
*) Verdadera Albeyteria, compuesta por Pedro Garcia Coude. Lleya diferenies eatampas, doode van deUneadas las enfermedades que sobrevienen en el Caerpo, Bracos y Piemas del Cayalio. Madrid. 1685. Barcelona. 1734.
') Mr. Léo, dans son édition dea glosses de Malberg a un peu ontré; nuiia on ne peut nier qn'un grand ■ombre des noms d*ammauz domestiquea des langues germaniques sont d*une origine celtique.
*) Sur les korrigan de la Bretagne ▼. Les Barzas-Breiz de Mr. de la Viliemarqné voL I, p. XLV.
*) En celtique nii-ie ou uU^joc^ omnîa sanana comme le traduit déjà Plinius, = fOiemê, «ristei; en belgique encore maaretumken (dent de sorden). Pour d'autres plantes, dont on ftûsoit usage pour guérir les naladiof du bétail (liMmn, nMuidngon, bryonia, aangninaria etc.) t. B«rtb die Dnûdeo der Kelten. p. 44.
il y avoil tonjovs qaelque Mdiantemeni on quelfoe |>rocédure mysterfeuse 0* Plos tard, après l'iulrodiiction du christianUme , la superstition changea seulement de forme, Grégoire de Tours nous parle des guérisons effectuées par l'huile des lampes des Saints, par des croix de fer rougi imprimé sur le front des animaux, et bien plus tard tout est rempli des miracles de St. Martin, St. Hubert, St. Antoine, St. Aloi etc. A ce qu'il me paroit il n'y a pas de pays dans l'Europe, où ces superstitions se sont continuées aussi long tems que dans le peuple françois, où Ton en trouve encore assez aujourdhui; Pluvinel, un auteur assez renommé du dix-septième siècle en contient encore, qui ne se trouvent pas pires dans Gaton et dans les hippiaters grecs les plus obscurs. Nous avons déjà vu plus haut, comment surtout depuis le seizième siècle en France furent répandues les traductions des hippiaters grecs, de Vegetius et des grands auteurs italiens; je ne connois pas un ouvrage écrit, a ce qu'on dit, en i379 par Jehan de Brie^), je ne connois non plus Thippiatrique de Jehan de Feschal, et quelques autres traités manuscrits du seizième siècle 0- Le premier ouvrage anatomique a paru en même tems avec le célèbre ouvrage de Ruini 0* Depuis le dix-septième siècle Part de l'équitation fut en très grande réputation en France, une foule d'ouvrages sur cet art a parue; mais la médecine vétérinaire se montre encore dans son enfance dans la Haréchalerie de Prévôt, de Beaugrand (1622), de l'Espinay (depuis 1628 très souvent imprimé jusqu'en 1817), Baret, Loyson, qui ont gagné une grande réputation, même dans les pays étrangers. L'ouvrage le plus distingué du dix-septième siècle étoit le Parfait Maréchal de SoUeyseP), ouvrage qui a eu un fanmense succès, traduit dans toutes l^ langues cultivées de l'Europe il fut l'oracle des vétérinaires; il faut convenir que par l'exclusion des superstitions, des formules trop absurdes, par une meilleure distinction des maladies il surpassa ses prédécesseurs, mais on n'y trouve pas une idée de science, pas d'anatomîe, pas de physiologie, pas de pathologie, son art vétérinaire n'est qu'un métier 1 De Garsault (1741), Saunier (1734) et nombre d'autres suivent ses pas^
Allemagne. Les anciens Allemands ont appris l'élève des animaux domestiques des Celtes^ cela est prouvé par le grand nombre de noms celtiques pour les animaux et les utensiles oeconomiques. Leur première médecine fut aussi une magique; les incantations étoient en grande vigueur contre les maladies des hommes et des animaux, les plus anciennes
') 0«e de* coiilumei et des oérémoniea de cette espèce se sont propagées deos quelques centrées jusqu'am lems Modenies v. Ampère histoire Uttéraire de la Kraooe vol. I, p. 43. -^ Am, Thierry histoire des GmOoîs vol. Il, p. 87.
') Le vmî gouTemement des bergers et bergères, par le rustique Jehao de Brie. Paris. 1542.
*) Catalogue Huzard p. 324. Plusieurs autres sont mentionnés dans les catalogues de que^ues bibliothèques publiques.
*| Uipposteologie par Jehan Ueroard. Paris. 1599. 4.
*) Première édition. Paris. 1664. 4. Le nombre dea éditions est très grand.
lois les défendent très souvent 0 ; mais on les rencontre toujours par tons les siècles, jusque bien après le moyen âge. On croia aux sorciers et aux sorcières, les si dits bilwitz et bihiwisen ^) , é la vertu magique des herbes 0« Depuis le huitième siècle nous possédons des formules contre les maladies des chevaux , surtout contre les vers , et le vers ^). Je copierai quelques-unes de ces formules:
1) (Contra vermes, du huitième siècle): »gang ût nesse mid nigun nessiklinon. ût fana «themo marge an that bên. fan themo béne an that flésg. ût fan themo flésgke an thia «hûd. ût fan thera hûd an thesa strâla. drohtin uuorche sàl^ *').
2D (Segen gegen dcn blasenden wurm). ^Dis ist eyn gnlir seyn ver den pirczil: horestu ffWorm yn fleische und in beyne. vomem was das heilge evangelium meyne. du seyst rweis swartz adir geel grûne adir roet. der gebutet myn herre senthe Job in désir 9)Stunt siestu in desem pferde toet. in gotîs namen amen, man sal deme pferde treten 9uf den vorderfuss. und sal ym runen in das rechte oer desen segn» *).
3) (Wurmsegen): »Wurm ich beschwer dich bey dem heiligen tagscheîn, ich beschwer ndîch bei dem heilgen sonnenschein , ich beschwer dich bey der heilgen dreifaltigkeit »6ottes Vaters etc. Ihr seyen schwartz, weiss, gelb oder roth, grauw oder blauw; 9»du seiest der sponwurm in den daermen, du seyest der auswerifent wurm, d. s. der s^fressendig wurm, d. s. der gnagendig wurm, oder beissendig wurm, d. s. der schiafffent oder fliegent wurm, d. s. der umgehent oder fegent wurm, d. s. der haarwunn,
^) V. p. e. Leges Wisigoth. kit II, contra încantatorex. — Copîtul. reg. Franc C. a. 805, île iocantatoribus et tempMtariU. Walter Corp. j gcrm. Il, p. 308. p. 415. p. S04. p. 813. III. Add. p. 93: nAdmof*neaal «acerdotes fidelea populos nt noverint magicas artes infirmitatibiu homiDun nihii poue reroedîi oonlïferre, non animalibos languentibus, claudicantibuaye, vel etiam moribandis quicquam mederi; non ligatnras tiosiium vel berbarum cuiqoam adhibitas prodeaae, aed haec eue laqueos et insidîas antiqui boaCia, qoibua tlle Dperiidtta genus humanum dedpere nititur.«
*3 Grimm deutsche Mythologie p. 264.
tj Une liste de teUes plantes, qui sont les mêmes qne celles des Celtes t. cbea Grimm L c. p. 632 et p. CLXI.
*) Les philologues preiraeat à la lettre le mot vers, mais pen de ces formules sont contre les vers, ploa sonrent contre le fardn (vermis, der wnrm) et d*antrea maladies, dont la cause on chercha dans la présence de vers.
>) Cod, Viean. N. 259. Dorow denkmaeler I, 262. GraflT Diutisca II, p. 189 — mes» est ce allié A niHftfnf d'où notre uesiii, me$ieiwurm zz taenia? pins tard on rencontre le mot noesck.
•) Cod. pal. H. N. 367, 173^ Grimm d. Myth. p. CXXXVU,' pife%tt =: b&rsel, gnnbinel s bosela ss pusteln. Meister Albrecht p. 12 von den burtseln.
«oder iingenant warm oder denier geseUen einer, deren seyndt 77 0; wie da seyest «gênant oder gestalt, dais du mûessest stohn und standest mir stiil« etc. ^).
4) Contra sagittam diaboli: «Palamiasit. palamiasit. calamia insiti per omne corpus mennu »per ista tria nomina per patrem«et filium et spiritum sanctum. aius. aius. aius sanctus «sanctoa sanctus. m dei nomine in cardia cardiani de necessu propter illum malannum 9»quod domnus domnus papa ad Imperatorem transmisit quod omnis homo super se porntare débet, amen:-: tribus vicibus(« ').
5) (1070 — 1090). «Contra malum malanum. cum minimo digito circumdare locum debes 9iubt apparebit, bis yerbis. ich bimunium dih suam pi gode jouh pi christe. tune fac ^crncem per médium t et die: daz du niewedar ni gituo noh tolc noh tôt houpit. item «adjure te per patrem et filium et spiritum sanctum ut amplius non crescas sed arescas^^ 0«
6) f)De hoc quod spurihaas dicunt. Primum pater nostre. Vise, flot aftar themo watare. 9»verbrustun sina vetherun. thô gihelida ina use druhtin. the selvo druhtin. thie thena 9» vise, gihêlda. thie gehèlé that hers theru spurihelti.<« — «D. spurihaiz ^ dicimus: Si nin dextro pede contigerit in sinistre, sanguis minuatur. si in sinistre pede in dextro ^aure minuatur sanguis-^^
7) Surtout remarquable est une très ancienne formule payenne (du iQi^e siècle) trouvée il y a quelques années é Merseburg:
«Phol ende Wôdan vuorum zi holza, «du wart démo Balderes volon sin vuoz birenkit; 9»thu biguolen Sinthgunt, Sunna era suister, »thu bigtiolen Frua, Voila era suister, jittm biguolen Wôdan, so he wola conda, «sose bénrenki, sôse bluotrenki, sose lidirenki «bén zi bèna, bluot zi bluoda, nlid zi geliden, sose gelimida sln.
*) Ce nombre se rencontre sonrent; c'est surtout St. Job qui est souvent invoqué. Le auswerffent, fressendig wunn = fiircin t. Paracelsus; der umgehent wurm s le panaris etc. v. Meister Albrecht Haarwurm = le javart v. les auteurs du dix -septième siècle.
') Mone Anceigcr VI, p. 462. Tins de ces wurmsegen v. chex Grimm et Mono 1. c. et HoiTmaDn Fundgruben H, 237. Et du même seitschrift von und fôr Schlesien. 1829. p. 751.
•) Cod. vienn. c. Graff Diutisca II, p. 189. Dans ce codez se trouvent encore dtê incantatioiis contre : efmms infusuê ei 9pmrika% v. N. 6. SagUiu diaboU sr teufelsscbuss, carbunculus épia.?
«) De K. 4 et 5, il paroît que sof^M diaboU et malnm wMlanimm sont synonyms. Sur le malum malannum (qui se trouve déjA dans les anciens italiens maniscalci) v. Matthaeus Sylvaticus Pandect: i»Malnm «malanum vel bonum malanum i. antraz.» Ainsi la pustule maligne. La formule citée chea Wackernagel wessobr. gebet 67 — 70.
») Grimm lit avec raison (A cause du précédent) sptiHUIs. De hali, balt, bealt = claudns, ainsi huflnm. — kêr$ =: bors, cheval, ou hres, oorps?
ex c'est encore pins curiewz que la mèflie forande, sevlement christianisée (le Bom Jésus aa lieu de Wodan etc.) a été trouvée Tivante dans le peuple de la Scandinavie dans le iSièmt siède, comme a sagacement observé le savant Grimm 0*
Outre cela on trouve encore des incantations contre des maladies des chevaux, qui sont ttOiMiées : die hûmchi Caïqourdhui encore dans la Suisse le charbon v. Stalder) buii Cbeulen, wurmbeulen), dries Cdruse), knopf Cfc^dnation, probablement le farcin), btait (tumor sub lingua. Stalder, der fliegende zungenkrebs?), gesperr (probablement la pousse), wildbluotj hammnde (dysurie, peut-être hématurie), mlde schoss, markhs dropff (analogue notre hexenschuss), Verfangen , elnbogen (stoUschwamm , ou jardon , ou aussi le spath). Il y a des vech segn en général, les Saints invoqués sont surtout St. Job, St. Eloy (comme en Italie et en France) St. Magnus etc. (St. Antoine si renommé en Italie, ne paroit pas avoir le même crédit en AUenmgne). La croyance aux sorcières a persisté bien long-tems, et étoit presque générale encore au dix-septième siècle: Colerus, la grande autorité depuis 1599 pour plus d*un siècle dans l'oeconomie rurale, parle encore de la manière suivante: nWiewohl in dem vor- »hergebenden capitel nichts von den bihlweisen gedacht, so muss ich hier doch ein sonder- «lich capitel von diesem punkt setzen, dass ihm ein hausswirth allerley dazu seichnen kann. «Bihlweisen pfleget man hier in der Mark zu nennen, die leute, die einen sein vieh bezan- «bem, dass es gar bloede und verzagt wird, verdorret, keine milch gibt, krumme, lahme ffkaelber bat, oder sonsten verdirbt oder umkompt, bissweilen geschieht es auch, dass man »keine Butter machen kann, sondem machet eine materien, wie kaesigte materie pfleget zu fjseyn, die man gar lange ziehen und dehnen kann, auch giessen sie oftmals dem vieh etwas, «oder begrabcn ihnen ihren teufelsdreck unter die schwellen der stâUe, wann ein vieh darnûber geht, so verquinet und stirbet es. Nun will man sagen, man soUsoIch ding nit glaunben, wie ich dann selber von solchem teurelswesen nicht viel halte, so bcfindet man doch ffOft im werck und in der that, dass gleichwohl solch ding also geschieht, und der teurel «ist oftmals stark in den kindcm des unglaubens^' etc. ^).
De Tonzième siècle on trouve quelques remèdes contre des maladies des animaux dans les Physica de Ste. Hildegardis, p. e. le wisent y^si pestilentia equos et asinos, boves et oves, capras, et porcos, et alia quaelibet animalia fatigat et occidit, de ossîbus aut de cornibus ejusdem animalis scabendo in aquam mittatur et per novem dies illis ad bibendum detur et pestis ab eis ccssabit<( (UII, 15). «Foeniculum et anetum, si oves infirmari incipiant» (II, 31).
0 y Grimm swei en(deckt« gedicbte ans der uit des deotfcheB heidenlhomi. Berlin. 1848. 4. ^ D«BB le CMiimeoteire nue singulière méprise est arrivée à noire savant: A loorasion de t^mm* infumê (un cheval qui a des crura infusa, le rhumatisme, die enUûndliche rehe t. Pièces justiScalives I» n. US)» M. Grimm demande: ein clystiertes pferd?!!
*) M. J. Coleri Oeconomia ruralis et domestica. Frankf. 1680. p. 403. ^ C<mr. aiuM p. e. K. A. M aller Kurfûrst Johann Georg 1, p. 49.
oin hnoiida et leni aura, quia tonc boves fadle infirmari indptiEBl, an^vm e| vinos de radiée iris ilBricae pabulo eonim inlermisce, el praTOS humores in eis ceosumit^t (II, 32). Cnpram in aqua coctum contra dolorem gutturis «nimalium (I, 18). LeTisticum ei urtica miniis urens contra reuma de naribus equi (U, 36). Razela (H, 174) et Brambeere Cll> 177) contra vermem in carne. Bathemia et conchae arenanun* contra boum infirmitatem (IIII» 16). Coacha testudinis et anetum contra infirnùtatem porci (UU, 43) 0«
Mr. Hoftnann a fait imprimer un manuscrit du quatorzième siècle, qui contient un chapitre sur là rage du chien, aussi remarquable par la bonne description de la maladie, que par un remède superstitieux (le foie rôti du chien enragé), qui est encore aujourdhui fort en vogue dans le peuple en Allemagne: ^^Wiltu einen wutenden hunt erkennen, so merke 9)Wenn er loufet mit ofenen munde, unde mit uzgehangener zungen^ Swenne ersich anseinfert unde dcn zagel undcr die bein smnget unde sins selbes schin an billet, Swenne er ^ander hunde vluhet. Vuiltu >rizzen wen ein wutender hunt gebizzen bat, so nim des bhi- 9)tes, daz uz der wunden gét, unde strich daz an ein brot unde wirf ez einem hunde; 19 vluhet ez der hunt , so ist jener hunt wutende gewesen , der da gebizzen bat. Swen ein 99 wutender hunt bizet, dem troumet grewiichen, unde zumet ane schulde, unde sihet aUez nhinter sich unde mac nicht erliden daz man in an sihet, unde wrchtet daz wazzer, unde nswenne er ez an sihet, so billet er als ein hunt. Wiltu im zu helfe kumen, so tu im di 19 wunden uf mit ysen oder mit fuer, daz daz eiter uz vlleze mit dem blute. Setze im egein
„an di wunden di daz eiler uz zihen Ein gebrante hundes leber gip im zezzen
«Gegen dez menschen biz vrumet kelber bein, so si gebrant werden unde gepulvert und rmit honige getempirt, so sal man si legen uf den biz<( ^.
Les premiers ouvrages sur la médecine vétérinaire, qui sont imprimés^ ne contiennent que des remèdes bizarres, souvent obscènes, et très souvent superstitieux: 1) Wie man pferde artzneien und erkennen soU s. 1. e. a. 4. Cdu quinzième siècle). 2) Pferdearzneybûchlein (Augsburg. 1494) 4. 3) Das bûchlcin saget von bewerter ertzenei der pferde. Erfibrt. 1500. 4. 4) Das klcine rossarzneibûchlein durch meister Albrecht Erfiurdt. 1630. 8. — De telles vieharzneibùcher, qui ne valent guère beaucoup plus, ont paru jusqu'au dix* neuvième siècle, les ouvrages de Fayser (1570), Seuter (1588), surtout de Winter von Adiersflugel et du Baron de Sind commencent à contenir un peu plus de science. En 1715 parut la première Anatomie du cheval par Trichter. Dans le seizième et le dix- septième siècle des écuyers et des maréchaux italiens étoient fréquens; dans le dix -huitième siècle les ouvrages flrançois furent traduits en grande quantité. L'état de la science étoit bien triste, et il ne fut pas amélioré par les travaux des plumes des savans: C'est vrai le grand
>) Phynca Hildegurdi* etc. Argenlor. 1533. foK *) H. Holmann fandgraben. b. I, p. 324.
Conrad Gesner (1516 — 1565) a, dans son histoire naturelle des animaux, avec plus de discernement compilé ce qu'il a trouvé de bon dans Aristoteles et dans les auleurs latins; le savant médecin Joachim Camerarius de Nuremberg (1534 — 1598) dans son Hippooomicus a bien composé tout ce quUI trouva dans les Grecs et Jes Latins sur la médecine des chevaux; Colerus dans son ouvrage cité s'est servi des Hfppiatrica de Zechendôrfer, Petnis de Crescentiis, meister Albrecht, Camerarius; enfin nous avons vu que Vegetius depuis 1532, et les Hippiatrica depuis 1571 étoient traduits en allemand; mais sans nier que quelque chose soit passé dans la vie du peuple ')i ^^^ travaux de cabinet n*étoient pas le chemin pour faire avancer la science. Dans TAllemagne plus que dans les autres pays on s'est égaré dans une autre fausse route dans le courant du dix -huitième siècle: Des médecins, voyant le triste état de la médecine vétérinaire se sont en emparé, mais sans avoir observé les maladies des animaux, ils ont tout bonnement transféré les maladies de Thomme 'aux animaux, et Ton trouve quelquefois des choses singulières dans leurs écrits, toutefois ils ne sont pas sans mérito, ils ont contribué à rélever la science de son état dégradé; du nombre de ces médecins sont Erxleben, Metzgcr, Busch, Laubender, Niemann etc.
L'Angleterre. Sans doute le commencement de la science sous le règne des Celtos et des Anglosaxons fut magique, comme dans les autres pays; mais les sources, dans lesquelles on pourroit puiser, ne sont pas encore recluses.
Que les anciens Celtes furent les maîtres des populations allemandes dans l'agriculture et dans l'élève des animaux domestiques, nous l'avons fait entrevoir plus haut C^. p. 50. p. 51); nous avons été agréablement surpris de trouver aussi dans les anciennes lois de Walis ^) une législation agraire qui est bien supérieure à toutes les anciennes lois allemandes 0* Je citerai seulement les lois assez curieuses qui ont quelque rapport à b médecme vétérinaire:
*) P. e. noiu avons devant noiu nn petit ouvrage: Viehartzney eu allen gebresten der thier and yiehea aufl Varrone, Plinio, Virgilio, Palladio u. s. w. dem gemeinea mann zu gutem xusammengezogen. ErffordL 1618. 8.
*) La dernière rédaction de cea lois est du brenin Howel dda (avant 940 p. C.) , ainsi eUes sont bien plus anciennes que notre Sachsenspiegel , Schwabenspiegel etc , dans la dtrnihre rédaction pas beaucoup inférieures aux lois saxonnes etc. Après plusieurs éditions incomplètes nous avons dernièrement reçu une édition très complète et très exacte par les soins de la Records-Commission de l'Angleterre iAncient Lawi aaH InêtiimUs of W0i€t. Londan 1S4É. foi,). Cette édition, que je citerai, contient 1) le code do North-Wales CVenedolian Code), 2) le code du South- Wales (Dimetian Code), 3) le code du royaume de Gwent (Gwentian code), et 4) Anomalous laws.
*) Nous avons cité ces lois plus haut (p. 39) à Toccasion des vices redhibitoires etc. Mr. Anton dans son histoire de l'agriculture allemande, que nous avons aussi allégué plus haut, n'a pas manqué de s'en servir, et cet ouvrage d'un grand mérite a été et est encore dans les mains des savans de toutes les facoltéa; cependant nos connoissances de l'antiquité aUemande ont été teUement enrichies depiûs la publication de cet ouvrage qu'une nonveUe édition revue et augmentée seroit fort déairable.
1) Si quelqu'un donne on remède A un homme on à un animal, il faut qu'il se laisse payer pour cela; s'il ne fait pas cela, et le remède cause du dommage, il doit payer l'indemnité. (Laws of Wales p. 415.)
2) Les juges de Howel dda n'étoient pas en état de fixer le prix d'un blaireau (broch, der dachs), car dans Tannée dans laquelle les cochons souffrent de l'esquinancie , il a le prix d'un chien, mais dans Tannée, dans laquelle la rage affecte les chiens il a le prix d'une truie. CGwent. code p. 357.)
Les vices redhibitoires (gewâhrsmângeO sont:
3) Pour le cheval : Le vertige (jdera ')? der koUer) trois matinées, la gourme (tfsgyfaint *), der strengel ou morve, rolz) trois mois, le farcin (Jlynmeirch *), der wurm) une année, rétifeté (jdylysruit^ stâtigkeit) jusqu'à ce qu'il soit monté trois fois. C^ened. code p. 129. Dimet. code p. 280. Gwent. code p. 345.)
4) Pour le boeuf et la vache : Le vertige (derà) trois jours et trois nuits , ysgyfaint (la pomméKère?) trois mois, pelleneu^') (scrofule? ou farcin?) une année, la gale (clauri) jusqu'à la fête de st. Patrik, mais l'acheteur doit jurer d'avoir mis l'animal sur un pâturage sain, et dans une étable, dans laquelle il n'y avoit pas d'animaux galeux pendant sept années. (Vened. cod. p. 134. Dim. code p. 278. Gwent. cod. p. 348. p. 349.)
5) Pour les brebis: dera (vertige) trois jours et trois nuits, Uederu (morbus pubnonis, scbaafirotz?) depuis la fête st. Michael jusqu'au milieu de l'Avril, avat^^ (la pourriture? finie?) jusqu'au premier du May, quand elles se seront trois fois rassasié de jeunes
*) Cette maladie est aasai quelquefois appelle pendra, root duquel se sert encore aujourdhui quelquefois le peuple en Angleterre.
*) De ftgwth, ysgythiad cracher; les autres codes ont seulement jfsg^faini ce que les anglois traduisent tke sirangUs, mais le Venedot. code a du ysgyfaint the black strangles, le traducteur demande, si cela ne désigne pas la morve? Mr. Pugh dans son welsh diclionary (II, p. 677) cite les mots suivans du Meddyginiaeth (ourrage médical welsh manuscrit): »Tri rfayw ysgyfaint y sydd; ysgyfeinwst, a gwyn ysgyfain, a ndn ysgyfain: Il y a trois sortes de pulmonie, rinflammation du poumon, la pnlmonie blanche, et la pulmonie fiuoire.M
*) Pugh welsh dictionary: Iffii, that proceeds, that is in motion, or that flows, liquor or humour. Uffn mféUm the jnice of apples, cyder {aiM^y mais peut- être aussi un mot webh? de ejfd une couple, ensemble, ainsi une boison qu'on prend en société?), /lyn y Upgad the humour of the eye, Ugn y btt»ile bile, Uyn y egmalam the mucilage of the joints. « Ainsi llpmneireh probablement le farcin ou la morve; les anglois traduisent the glanders.
*) Pellen »a compact round body; a round lump or gland in the body of an animal. << Pugh.
*) Avad. «affection of the liver, a pvilmoiiary ooasamptîon. — Am the liyer.« Pugh.
barbes, clawri (la gilo) depuis la TouMamis jnsqn'aa premier Avril. (YeHedet code p. 135. Leges Wallice p. 806.)
6) Pour les cochons: vynyglabc (resquinancie) trois joars et trois nuits, hualabc '} (?), et qu'ils ne dévorent pas les petits. (Venedot. cod. p. 135. Dtmet. cod. p. 282. Gwent. cod. p. 350.)
7) Le prix de différentes espèces de chiens est très haut, comme on pouvoit l'attendre de ces connoisseurs, et de ces amateurs de la chasse (Venedot. cod. p. 137. Dimet. p. 243). Pour le dommage que fait un chien enragé, il n'y a pas d'indemnité (Dimet. p. 243). Si le propriétaire d'un chien tué nie qu'il fut enragé, celui qui l'a tué, doit prouver qu'il l'a vu attaquer hommes et chiens, et qu'il a mordu sa langue. (Laws of Wales p. 406),
8) Celui qui vend un chat doit garantir qu'O a les oreiDesy les yeox, les dents^ les griffes, qu'il ne mange pas les petits, et qu'il prends des souris. (Venedot. cod« p. 136.)
Une vache vendue dott avoir tous les tétons productifs. (Gwent. cod. p. 346.) — Lft fernire des chevaiui étoft conunne, le prix pour les fers et pour les daus eel fixé. (Veaedol. ced. p. 131.)
Jusqu'à la fin du moyen fige je ne connois pas d'autres lois aussi specides, et excepté les Byzantins il n'y a pas de peuple européen de ce tems qui auroit connu autant de maladies des animaux, que ces Celtes. Les doutes qui existent sur la signification des noms des maladies, seront probablement levé à Pinstant, ou la quantité de manuscrits ensevelis dans les bibliothèques de PAngleterre. sortiront de leur oubli, surtout si le livre médical (Meddygon Myddfai) du Red Book of Hergest à Oxford sera imprimé.
D'après ce que nous dit un auteur sur d'anciens manuscrits médicaux en langue anglo-saxonne '), on peut bien présumer qu'il en existe aussi sur la médecine vétérinaire.
Les lois anglo-saxonnes sont bien pauvres en comparaison avec les lois de Wallis; au lieu de toutes les lois sur les vices redhibitoires, on trouve une seule loi: St quelqu'un acheté quelque bétail, et il découvre en lui quelque maladie dans l'espace de trente jours, laisseB (le vendeur) prendre le bétail avee la main et jurer, qu'il ne savoit rien de la maladie, quand il le lui a vendu *)• Que les Anglo- Saxons forent de grands exorcistes, on
') Haalawg »»ha?iag. fsUers» Abo a diieaie to which «wrine are fabjeeto Pogh.
') The médical aooital. 1839. p. 113. Mail v. 1011001 Wanley daoj le feooDd Tolmne do Thataor. «epleotr. de Hicket et Th. Whright Biographia BriUonica vol. I (L. 1842) ^ p, 93.
') nGif moo hvelcne ceap. gebyged. and he Uionne onfinde him hvelce unhaelo 00 biooaii XXX Dihia. nthonoe veorpe thoaa œap to hoadà. ollhe(?) aveHgatbat bO'hhn aa» facn onuysteiha htohia^Uaiiealde.«
n'en doatera guère quand on jeté un regard sur le catalogue des manusotits ang^o* saxons entassés dans les bibliothèques de l'Angleterre, qu'a publié Mr, Wanley, ou plusieurs de ces exorcismes sont mentionnés p. e. 1) Exorcismus contra pecora fascinata: nGAf feoh sy jjunder numen. gif hit sy hors sing this on his faetera odde on his bridel. gif hit si other nfcoh sing on thaet hofnec and entend. III candella dryp driva thaet veax. ne maet hit nan «man for helan. Gif hit other orf thon du hit on. IIII. healfa din. I sing aerest ttprihte hit jil Peair. Pol. Patrik. Pilip. Marie. Brigit. Felic. in nomine dî. I chiric. qui querit invenit.» OVanIcy Cat. Mnsc. Hickes thesaur. Il, p. 114.) 2) Carmina contra pecudes fasdnatas: DGyf fcoh sy undcrfangen. gyf hit sy hors, sing on his feteran<< etc. (Ibid. p. 110). 3) Incantatio pro pecudibus fascinatis : 99 Gif feoh sy under numen. gif hit sy hors sing on his feoi}tere<< etc. (Ibid. p. 275) 0* Les Angio- Saxons faisoient grand cas de la doctrine des jours heureux et malheureux, surtout aussi pour la saignée, p. e. ^sum laecec' (un médecin) avoit fait une saignée a son cheval un jour malheureux, et bientôt il étoit mort '). — Le garde des chevaux du roi Ina a le titre hors^w^oià^ d'où l'on a conclu avec raison que les wealh ou Celtes étoient plus versés dans la connoi^sance des ehevaux, que les Anglo- Saxons ') , comme en Allemagne nous nommons les gardes des vaches Schweizer.
Blundevill allègue aussi une incantation d'un ancien auteur anglois. Depuis le quinzième siècle des écuyers et des vétérinaires italiens furent tellement répandus en Angleterre que Blundevill ne sait pas trouver des mots anglois pour les expressions techniques des vétérinaires italiens. La source de la médecine vétérinaire en Angleterre est donc toute italienne. Comme le plus ancien oirvrage, mais qui paroit extrêmement rare, on cite: ^Propertees and «medcynes for a horse s. 1. e. a. 4,<^ Un autre: 9» A new book containing the art of Ryding etc. London. 8.^ ^jMascal of oxen, herses, sheepes, hogges, dogges. London. 1596.« ffBlondevill the foure chiefest offices belonging to horsemanship etc. London. 1609. 4.« n dit qu'il a tout pris de Laur. Rusius, des Grecs et des Romams et de ses maîtres italiens. «M. Baret An hipponomie or the vineyard of horsemanship. Lond. 1618.» Un ouvrage qui a été imprimé plusieurs fois et traduit en françois est: j^Harkham masterpiece. 1638. 7ih éd. 1651. 1675. 1734^ etc. et d'autres ouvrages de ce siècle. La première anatomie de «Snape the anatomy of an horse. Lond. 1683.<< Anatomie du pied par Bridges 1751 et la magni-
Tha Uws of Ina. 56. éd. Reoordf-Commissioii p. 00. Le sens n*est pas bien clair, et il y a des différences dans lea nanoicrits. V. Schmid die gesetze der Angelsachien. I, p. 27.
*) Peot-ètre encore plusieurs des incantations mentionnés par Wanley sont contre des maladies da bétail p. e. (d'après la ressemblance des noms avec les noms allemands) p. 234: vid gedrif. — vid poocas.— Tid gespelL
*) Mr. Cbtton. Lib. Tiberins A. 3. Tumer bistory of the Anglo-Saxons. 6^^ éd. voL III, p. 447. O Andent Laws of England edid..by the Records -Commission. Glofsary snb boc rerbo.
ilque 9)Anatoiny of Ihe horse by 6. Stubbs. Lond. 1766. foI.<( L'ouvragre qui a surpassé tous les prédécesseurs et qui a été justement célèbre et traduit dans les autres langages : «W. Gibson treatise on the diseases of horses. Lond. 1751. 2 voll. 8.<<
Mais j'ai déjà fait plus de mots sur cette période, que je m*avois proposé, je serai d'autant plus court pour la suivante.
Btêioire de la WÊÊééleeine réiéHiurtre Oegmis FéiabUssement
élem éeoleë vétérhuatrem Jum^tuPà nos Jaurm.
Jusqu'au milieu du siècle passé les gens qui s'occupoient à faire la médecine des animaux, étoient surtout des écorcheurs, des maréchaux ferrans, des bergers et des char* latans de toute sorte. Les vétérinaires de profession apprenoient le métier d'un maître, le plus souvent du père; des vétérinaires distingués, employés aux grandes écuries des cours et de la cavallerie avoient bien commencé a rassembler autour d'eux un plus grand nombre d'élèves, qu'ils instruisoient; mais cette éducation étoit dans un état fort pitoyable, et, aussi petit que le nombre fut , on avoit toujours raison de s'étonner qu'encore tant de vétérinaires distingués furent formés.
C'étoit dans l'année 1762 que Mr. Bourgelat, le nom duquel restera pour toujours inscrit dans les annales, comme vrai fondateur de la médecine vétérinaire scientifique, créa une école vétérinaire a Lyon, et l'année suivante 1763 le gouvernement françois fonda sur ses plans l'école vétérinaire a Charenton, plus tard transféré à Alfort près de Paris; elle a été l'école mère de toutes les autres, et encore aujourdhui, où l'on pourroit peut-être dire qu'elle n'a pas marché d'un pas égal i d'autres institutions scientifiques, c'est a peu près la seule qui a en vue le but de la science. Plus tard une troisième école en France a été créé é Toulouse.
En Autriche une petite école avoit été formé é Vienne, par Marie Thérèse, sous la direction de Scotti depuis l'an 1767, en 1778 elle fut transformé par Joseph II et organisée telle, quelle est â présent encore la plus grande en Allemagne, la seule en Autriche.
Dès Tan 1768 Cothenius avoit insisté sur la nécessité d'une école vétérinaire à Berlin, qui enfin fut fondée par Frédéric le grand et ouverte en 1790. La seule en Prusse. Elle avoit très long-tems à combattre contre des préjujés, et il faut espérer qu'enfin elle prendra un charactère plus scientifique. Depuis la fin du dernier siècle il y a des écoles vétérinaires dans l'Allemagne à Munich , Dresde, Hanovre, Stuttgart, Carlsruhe.
En Espagne une école grandieuse Ait fondé en 1793, qui avoit un bon commencement.
En Italie des écoles florissantes existent à Turin et A Milan, à Naples et aussi â Bologna.
L'Angleterre n'a pas d'écoles publiques aux frais de l'état, mais des écoles privées à Londres et é Edinburg.
La Hollande a une école â Utrecht.
La Suisse des écoles i Berne et i Zurich.
Le Danemark possède une école â Copenhague, fondée par Abildgaard en 1773 et long-tems très renommée.
La Suède a une école à Skara près de Stockholm.
La Russie avoit une école é Vilna, renommé sous son directeur Bojanus; mais on a lieu de s'étonner que cet état n'a pas encore fondé une école grande et centrale dans ses provinces , où l'élève des animaux domestiques est d'une si grande importance p. e. à Kiew, ou Kasan, ou Odessa. (D'après des renseignemens, que je viens de recevoir, on est occupé dans ce moment i organiser une école vétérinaire â Dorpat).
Des leçons de médecme vétérinaire sont outre cela données aux universités d'Autriche, de la Russie, beaucoup d'Allemagne, de Hollande, de la Belgique et aux écoles rurales de quelques pays.
Il faut convenir que la face de la science est tout- &- fait changée depuis la fondation des écoles vétérinaires; mais cette partie de l'histoire de notre science est la plus connue, et il est superflu d'en traiter ici.
Si la médecûie vétérinaire dans la période précédente étoit bien en arrière derrière la médecine humaine; elle a tout fait dans la période présente pour se mettre au niveau avec elle. Cela n'est pas encore fait, mais je ne partage pas du tout l'opinion de ceux qui nient la possibilité de tels progrès; si d'un côté elle trouve plus d'obstacles dans son avancement, de l'autre elle est en avantage, comme nous tâcherons de prouver dans la troisième partie.
Si nous jetona à présent un regard comparatif sur Thistoire de la médecine vétérinaire et sur l'histoire de la médecine humaine, pour savoir, si ces sciences ont exercé une influence mutuelle, nous trouverons:
1) Jusqu'au quatrième siècle p. Ch. Tétat de la médecine vétérinaire nous est inconnu, nous savons seulement qu'il y avoit assez de médecins vétérinaires, et même des écoles! Hippocrates et Galenos ont bien senti l'avantage que la médecine humaine pouvoit tirer de l'étude de la médecine vétérinaire, mais ils n'ont rien fait eux mêmes.
2) Depuis le quatrième siècle jusqu'à la fin de l'empire byzantin la médecine vétérinaire étoit très florissante. Les seuls médecins observateurs de cette période sont: Oriba* sius, (Antyllus), Aetius, Alexander de Tralles, Paulus Aegineta; je pense qu'entre les vétérinaires Apsyrtus, Hippocrates et Theomnestus ne leurs sont pas inférieurs; comme compilateur Hierocles vaut bien les médecins compilateurs ; dans la science il y a autant de superstition chez les médecins, que chez les vétérinaires; les vétérinaires sont en avantage en ne se laissant entraîner autant par des futiles spéculations que les médecins; en général on ne remarque guère une influence réciproque des deux sciences.
3) Depuis le 12>én<) jusqu'au 15ième siècle la médecine humaine se trouve dans un état bien pitoyable; même chez les meilleurs auteurs, p. e. chez Bartholomaeus Montagnana on rencontre i peine une description de maladie intelligible, à peine quelques observations fidèles et un peu complètes; si l'on compare avec eux Jordanus Ruflus et Laurentius Rusius, on trouvera des observations plus simples et plus fidèles, et ils sont libres de ce fatras de philosophie scolastique, qui encombre les ouvrages des médecins. Je ne trouve pas de preuves d'une influence réciproque des deux sciences.
4) Depuis le seizième jusqu'au dix -huitième siècle la médecine humaine fait des progrès rapides, la médecine vétérinaire reste en arrière.
5) Dans le dix -huitième siècle des médecins s'emparent de la médecine vétérinaire, mais comme ils faisoient a peine quelques observations, l'influence de la médecine vétérinaire sur la médecine humaine a été bien faible, l'influence de la médecine humame sur la médecine vétérinaire fut très grande, d'un coté elle a été heureuse en faisant sortir la médecine vétérinaire de son état de dégradation, mais de l'autre elle a été malheureuse, parceque l'application de la médecine humaine aux maladies des animaux étoit quelquefois ridicule, et l'introduction des théories mal fondées (Système de Brown, philosophie naturelle, homoeopathie , hydropathie) a fait autant de mal â la médecine vétérinaire, qu*é la médecine humaine même.
6) C'est dans le dix-neuvième siècle, que Tétude approfondie de l'anatomie et de la physiologie comparée, la fidèle obser\'alion des maladies des animaux, l'observation de la
transmissibilité des maladies des hommes aux animaux , et des animaux aux hommes, de la simultanéité des épidémies et des épizooties, ont fait entrevoir aux médecins l'utilité que la médecine vétérinaire peut avoir pour la médecine humaine, et nous nous trouvons â la veille d'une application plus étendue de la médecine vétérinaire à la médecine humaine y et de la création d'une pathologie comparée.