‹ Recherches et observations pathologiques sur le spinitis, ou inflammation de la moelle épinière, faites à l'Hôtel Dieu de MarseilleChapitre 10 sur 19 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La méthode de traitement que l’on doit employer pour prévenir ou combattre l’inflammation du prolongement rachidien , peut éprouver des modifications relatives à une foule de circonstances ; le climat, la saison , l’âge , le sexe , le tempérament de l’individu, la violence de la cause qui l’a produite, les symptômes sont tout autant de circonstances qui doivent guider la pratique du médeciuj mais , dans tous les cas , on devra s’en tenir à l’exacte observation des principes hygiéniques propres aux phlegmasies aiguës. Il faut écarter scrupuleusement toute cause irritante, telles que les affections de l’âme, l’action d’une vive lumière, le bruit des corps sonores , etc. Il faut sur-tout prévenir les douleurs que déterminent les mouvemens du corps, par son repos absolu et le deçubitus

Iiorizontal. Le malade sera mis à une diète sévère; on prescrira pour boisson les tisanes acidulées avec les acides végétaux, tèls que la limonade , 1 orangeade , l’eau d’orge édulcorée avec le sirop de limon , de vinaigre , de groseille , etc. Les tisanes émulsionnées pourront les remplacer avec avantage ; mais l’indicalion principale ne se borne point ^ees moyens de régime||>il faut que le médecin prévienne les dangers de l’inflammation et la combatte énergiquement si elle est développée. La méthode des évacuations sanguines est celle qui peut détruire le plus efficacement une maladie qui est si grave > et les saignées ne doivent être employées que dès le début de la maladie, qu’elle affecte une marche très-aiguë, qu’elle attaque un individu fort et pléthorique; mais, dans tous les cas, le succès qu’on doit en attendre est relatif à son emploi sagement administré (i). On comptera davantage sur l’application renouvelée des, sangsues en grande quantité le long de l’épine du dos ; on pourra remplacer celles-ci par les ventouses scarifiées appliquées sur la même partie ; on pourra retirer de bons effets des bains chauds proposés par M. Reydellet, sur-tout si l’on fait co’incider ces moyens avec les, saignées locales; si, par exemple, après l’appU*cation préalable des sangsues, on les laisse couler dans le bain même. Pendant la période d^irritation ou d’acuité , on devra insister sur ces moyens; les ru béfians, les corps irritansne devront point être

(i) M. Moulaad, chirurgien en chef de l’HôteUDieu de Marseilleest parvenu à déterminer , d’uue manière si juste les cas qui indiquent la saignée du cou dans les commotions cérébrales, et a saisi si à propos le moment de la pratiquer , que très-rarement ces lésions terribles produisent la mort sous ses yeux. Ce serait ici une occasiou opportune de payer à mon maître le tribut d’admiration ,, de louanges, et de vanter cette heureuse réunion de l’habileté la plus rare, fruit d’une longue et savante pratique dans un des plus grands hôpitaux de France, à un tact qui décèle le véritable génie médical ; mais que pourrait ma faible voix ajouter à sa renommée ? Elle ne servirait qu’à lui donner de nouveaux témoignages d’une reconnaissance dont il ne doute pas..*.

employés dans cette circonstance ; ils ne pourraient qu’exasperér les douleurs en augmentant l’excitation générale. On les réserve pour les cas ou rinflammation est déjà tombée , et où la maladie affecte une marche lente et chronique. Chez certains sujets nerveux ^ les anti-spasinodiques, joints aux autres moyens que nous avons indiqués, pourraient calmer les douleurs. L’opium, tant préconisé efe tant employé dans les affections convulsives , dans le tétanos sur— tout , ou on l’a administré à des doses exagérées , peut devenir souvent funeste, en vertu des propriétés éminemment excitantes dont il jouit, et qui ne peuvent qu’augmenter l’irritation , lorsqu’elles ne sont point surmontées par ses propriétés narcotiques.

Si, malgré tous les moyens dont je viens de parler, l’on ne pouvait arrêter les progrès de l’inflammation, si elle affectait une terminaison autre que la résolution, accident toujours très-grave , comme nous l’avons démontré plus haut, et souvent mortel, e’esfe au praticien à diriger les moyens de traitement d’après les symptômes et les aecidens qu’il aura à combattre. La paralysie , la stupeur des membres , le trouble de la respiration, sont des symptômes assez constans d’une phlegmasie chronique du prolongement rachidien ; l’épilepsie en est quelquefois résultée. Le ramollissèment de cet organe, les épanchemens de sérosité , etc., pourront être combattus par le moxa, les vésicatoires , les bains froids p etc»

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