‹ Recherches et observations pathologiques sur le spinitis, ou inflammation de la moelle épinière, faites à l'Hôtel Dieu de MarseilleChapitre 9 sur 19 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Il doit varier selon la nature des symptômes qui précèdent ou accompagnent rinflammation , et sont subordonnés à l’état de Vindividu, à la cause qui a produit la maladie et à la terminaison qu’elle affecte ; il est ordinairement fâcheux.

Altérations organiques. L’autopsie cadavérique ne démontre point qu’il y ait identité de phénomènes physiques dans les tissus qui ont été le siège de rinflammation ; chaque pidegmasie revêt dès caractères différens , selon la structure et le mode de vitalité de l’organe qui en est le siège.

Cessons donc de nous étonner que les traces de î’inflammatîore de îa moelle épinière et du cerveau diffèrent de celles que f’on remarque dans, les tissus vasculaires, et qu’elle y présente des caractères particuliers ; c’est sans doute l’absence de la plupart des signes qéi la caractérisent, qui avait fait dire à Biehat que le cerveau s’enflammait bien rarement ; mais cet illustre médecin, qui a si bien démontré que chaque organe a sa vie et son stimulus particulier, n’a pas fait une application assez générale de ce principe ài la pathologie. C’est pour l’avoir ignoré ou refusé de le reconnaître, que l’on a été si souvent induit en erreur sur la véritable cause des> maladies. Supposait-on qu^im malade était mort d’une affection cérébrale ; on faisait des recfferches dans cet organe , mais n’y apercevant ni rougeur, ni suppuration , on.croyait dès-lors de bonne foi s’être trompé sur la nature de la maladie ; on ne manquait pas dfaccuser rincertitude des signes ; on discutait longuement pour prouver leur insuffisance dans le diagnostique , sans tenir compte de la densité particulière que l’on observe très-fréquemment chez les iadividus qui ont succombé à des maladies très-aiguës j les ramol-

lissemens , les epançhemens de sérosité n’élalenl regardés que comme le résultat de la faiblesse ou d’une agonie prolongée; mais ces divers états sont très-souvent la preuve d une irritation oü d une inflammation préexistante.

Je crois pouvoir appliquer cette vérité à ce que j’ai pu observer dans le canal vertébral, chez les individus .soumis à mon observation ; vérité dont j ai pu me convaincre par plusieurs ouvertures de cadavre faites chez des sujets morts à la suite d’inflammation présumée du prolongement rachidien. Pour ne point me laisser entraîner a la prévention , j’ai ouvert un très-grand nombre de sujets succombes a la suite de différentes maladies ; j’ai examiné avec soin le canal vertébral, et j’ai été confirmé dans l’opinion que j’avais conçue que Texistence de la sérosité suppose très-souvent une irritation préexistante ; j’ai eu soin, dans mes recherches pathologiques et pour les observations que je rapporte dans cet Essai , de me faire assister par plusieurs chirurgiens de l’hôtel-Dieu. Ce jugement devient incontestable , lorsque la partie qui a fourni cette sérosité surabondante est rouge , et que la sérosité est lactescente et albumineuse.

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