FORMES
« L’hystéro-épilepsie a deux formes bien distinctes ; dans la pre- » mière, il y a tantôt des accès d’hystérie, tantôt des accès d’épilepsie;
» dans la seconde, les accès se composent en même temps de symptômes «hystériques et de symptômes épileptiques réunis.» (M. handouzy, loc. cit., p. ilih.) Presque tous les auteurs ont admis ces deux formes, et nous croyons leur existence parfaitement démontrée; mais comme dans cette division il n’est tenu compte que des crises convulsives, tandis qu’assez souvent la crise convulsive d’une des deux affections se mêle à des accidents non convulsifs de l’autre, nous préférons former les cinq groupes suivants :
1® Avec des attaques hystériques il existe quelqu’une des manifestations non convulsives de l’épilepsie, vertige, absence, rapprochée ou éloignée de l’attaque. M. Beau a observé deux cas de ce genre ; nous ea avons vu un cas (obs. Yl).
12° Des accès épileptiques se compliquent de l’une des formes de l’hystérie non convulsive. M. Landouzy parle de cette forme, mais il n’en fait pas un groupe distinct.
3° Il existe des attaques hystériques et des accès épileptiques parfaitement distincts et séparés. C’est de cette sous-variété qu’Esquirol a dit : « Avec un peu d’habitude, on reconnaît fort bien, lorsque les » attaques sont séparées, à laquelle des deux maladies appartiennent les «convulsions auxquelles les malades sont actuellement en proie. » {Traité des maladies mentales, t. I, p. 284.) Nous avons vu des cas de ce genre (obs. Yl et Yll).
4° Dans le cours d’une seule et même crise convulsive, on observe des phénomènes, les uns hystériques, les autres épileptiques, tantôt se succédant immédiatement, comme si les uns servaient de prodromes ou d’aura aux autres (obs. I, 111), tantôt mélangés et enchevêtrés d’une, façon plus ou moins inextricable (obs. Il, Y).
Celte forme offre le plus de difficultés au diagnostic et l’aspect le plus varié, « Elle présente des proportions différentes dans les rapports » des phénomènes hystériques et épileptiques : tantôt ce sont les pre- » miers qui prédominent, tantôt ce sont les seconds. Nous les avons vus » se combiner en commençant tantôt par les phénomènes hystériques, » tantôt par les phénomènes épileptiques. » (Brachet, loc cit., p. 283.)
« Les attaques sont tantôt soudaines, tantôt précédées de malaises, » tels qu’une céphalalgie violente, de l’agitation, de l’oppression àl épi- )j gastre, une sensation de globe montant de l’épigastre au cou; puis » survient la perte de connaissance avec dyspnée extrême, face livide » et tuméfiée, écume à la bouche, distorsion des yeux, respiration » stertoreuse, puis à la fin coma ou sanglots et pleurs, et enfin brise- » ment des membres pendant plusieurs heures. » (Briquet, loc. cit., p. 402.) — «On voit une malade prise d’étouffement hystérique, puis » de convulsions hystériques ; mais voilà qu’elle cesse de se débattre » violemment, de crier ; elle est en proie à une convulsion tétanique de » tout le corps, la tête se contorsionne violemment, le visage aussi, il » devient vultueux, le globe de l’œil fortement tourne en haut; au bout » de quelques secondes, quelques convulsions cloniques dans les «membres annoncent la fin de l’attaque, il sort delà bouche une «écume souvent sanguinolente; évidemment c’est là de l’épilepsie. » Mais, le plus ordinairement, à peine la rémission semble-t-elle arri- » ver que voilà les convulsions générales, cloniques, hystériques; puis « nouveau paroxysme épileptique, et les mêmes phénomènes se répètent » un plus ou moins grand nombre de fois. Souvent encore l’appareil «convulsif formidable calmé, la malade reste en proie à l’attaque «interne, à l’étouffement hystérique. Évidemment il y a ici mélange » d’hystérie et d’épilepsie. » (Briffaut, loc. cit., p. 42.)
5" Les quatre sous-variétés précédentes ne s’excluent pas les unes les autres ; elles peuvent se combiner diversement. Chez plusieurs de nos malades (obs. I, II, III, IV) il se présente tour à tour des accès, des attaques et des attaques-accès ; quelquefois même de simples vertiges. « Il n’est pas rare de voir chez la même malade, tantôt des crises sépa- » rées d’hystérie et d’épilepsie, tantôt des crises composées dans les- » quelles les deux névroses se trouvent combinées. Dans quelques cas » enfin, les symptômes épileptiques ne se présentent jamais séparés, » mais ils compliquent certains accès d’hystérie, tandis qu’ils ne com- » pliquent pas les autres. « (Landouzy, loc. cit., p. 145.)