‹ Recherches et observations sur les causes des maladies scrofuleusesChapitre 19 sur 36 · DE LA SANTÉ DES PARENTS QUI ENGENDKENT DES ENFANTS SCROFULEUX · texte numérisé non relu

DE LA SANTÉ DES PARENTS QUI ENGENDKENT DES ENFANTS SCROFULEUX

Nous venons de voir que, lorsque la scrofule existe dans une famille , elle en attaque généralement tous les enfants, et qu'elle en fait périr le plus grand nombre dans les premières années de la vie, et même dans le sein maternel.

Ces deux phénomènes sont assez siguificatifs pour faire reconnaître l'hérédité dans les familles où ils existent réunis ; ce sont les caractères essentiels de l'hérédité; ils la désignent, et ne peuvent désigner qu'elle.

Nous pousserons néanmoins nos recherches plus loin, et après avoir étudié l'hérédité elle-même, nous allons en rechercher l'origine en étudiant quelle est la santé des parents qui engendrent des enfants scrofuleux.

Je ne connais aucun autre point de pathologie sur lequel on ait jamais établi entre les effets et les causes une relation physiologique plus directe, plus intime que celle que nous avons trouvée entre la santé des cufants et celle de leurs parents. Cette relation est si constante qu'elle doit être regardée comme une loi de notre organisation, comme une loi primordiale, d'après laquelle la santé des enfants tire son origine delà santé des parents. C'est en ces termes que je l'ai formulée pour servird'épigraphe à cetouvrage, parce qu'elle est l'abstraction la plus directe, la plus générale des matériaux dont il est composé.

Il ne doit y avoir aucune exception à cette loi. Les faits qui nous paraissent exceptionnels ne le sont point pour cela; ce sont des faits dont certains éléments nous échappent, et que, pour cette raison, nous ne savons pas pénétrer. Nous le pouvons d'autant moins que nous sommes sans guide dans la recherche de l'hérédité, laquelle reste ignorée dans beaucoup de cas où la scrofule n'a pourtant point d'autre origine (art. 111, iv et suivants).

Cette loi que l'on connaît à peine est pourtant celle de notre existence; notre santé, celle de nos enfants, font notre destinée. La santé , le bonheur, seront toujours le partage des hommes qui feront de cette loi la règle de leur conduite; mais les relations de parenté, comme on les contracte ordinairement, sans une attention préalable au tempérament de famille, sont une source inévitable de maladies scrofuleuses et, par suite, des chagrins les plus amers dont la vie puisse être abreuvée. Au sujet des causes hérédi-

SANTE DES PARENTS. ",n

taires des maladies, le sage Fernel a dit que nous tirons notre plus grande force de notre naissance : Maxim a or/us nostri vis est. Nos propres observations nous apprennent chaque jour une autre vérité qui n'est ni moins générale ni moins utile à connaître, savoir : que le sort le plus malheureux est celui d'être issu de parents malades.

Mais quand nous avançons que la scrofule naît par filiation héréditaire, nous ne voulons pas dire pour cela quelle naisse exclusivement de parents scrofuleux ; nous ferons même observer que si elle n'avait pas d'autre origine, que si elle ne pouvait naître que d'elle-même , la scrofule n'affligerait pas longtemps l'espèce humaine, car elle s'y éteindrait par la mort des scrofuleux.

Elle se perpétue, elle se propage, parce qu'elle n'a pas qu'une seule origine, parce qu'elle naît de plusieurs sources, de plusieurs états de santé qui tous affaiblissent la virilité de l'homme et rendent sa progéniture scrofuleuse.

Nous avons étudié longtemps ces divers états de sa té et leurs rapports avec les maladies serofuleuses; nous pensons les avoir spécifiés avec exactitude, puisque nous pouvons le plus ordinairement rapporter à l'un, ou à plusieurs d'entre eux, les cas de scrofule qui se présentent chaque jour a notre observation.

Ces divers étals de sauté sont, originaires ou acquis. Dans le premier cas, les parents sont euxmêmes affectés de maladies héréditaires qu'ils transmettent à leii' s descendants; dans le second, c'est

nS SANTÉ DES PARENTS.

par suite de maladies accidentelles, ou par certains états actuels de santé, qu'ils sont devenus impropres à procréer des enfants sainement organisés.

C'est à ces deux sources : i° la santé originaire, 2" la santé acquise des parents ascendants, que nous avons puisé de nouvelles notions sur les causes héréditaires des maladies scrofuleuses , dont l'histoire se trouve ainsi divisée en deux ordres naturels de faits que nous exposerons dans deux sections particulières.

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