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AUX CAUSES HÉRÉDITAIRES DE LA SCROFULE

Dans cet appendice aux causes héréditaires de la scrofule , nous présenterons quelques observations relatives i° à la fréquence de la scrofule parmi les enfants trouvés et les orphelins; 1° à la transmission de la maladie scrofuleuse par la nourrice à son nourrisson.

AiSr. I. — Be la fê'équenee tle la scrofule t»artni le» enfattts trouvés et les orphelins.

Je dois constater ici la fréquence de la scrofule parmi les enfants trouvés et les orphelins.

L'étude des causes pathogéniques offre toujours, chez eux, des difficultés insurmontables par l'ignorance où l'on est de la santé de leurs parents; ces antécédents étant inconnus , on ne peut presque jamais apprécier à sa juste valeur l'influence des causes occasionnelles.

Cependant la réflexion la plus simple ne tarde pas à faire reconnaître que l'hérédité doit jouer, chez ces enfants, le rôle principal dans la production delà maladie scrofuleuse.

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Quels sont, en effet, les parents des enfants trouvés? Les mères sont, la plupart, de jeunes filles pauvres, séduites, obligées de fuir la maison paternelle pour cacher leur grossesse, accablées de chagrin, exposées aux privations , aux fatigues de toute nature et souvent infectées de maladies syphilitiques. On eu voit qui, pour faire disparaître les apparences de leur malheureuse situation, ont recours à des corsets très serrés et même à des tentatives réitérées d'avortement qui ont toujours pour effet d'entraver l'évolution régulière de l'embryon.

Les pères qui gardent l'anonyme sont ordinairement des hommes qui vivent dans l'intempérance des plaisirs vénériens, une des causes les plus puissantes de la dégradation de la génération.

Quant aux orphelins, leurs pères et mères sont tellement maltraités par la misère et les maladies qu'ils sont obligés de se défaire de leurs enfants. Ce sont là, il faut en convenir, les plus mauvaises conditions peur la procréation d'enfants robustes et bien portants. En outre, les parents sont généralement morts jeunes et de maladie, à quelques exceptions près de mort violente, à laquelle ils peuvent être exposés par leur profession. Mais quelles sont les maladies qui font périr les parents jeunes.' Ce sont, en premier lieu, les maladies scrofuleuses , et plus particulièrement la phthisie tuberculeuse-pulmonaire, qui les moissonne si jeunes et en si grand nombre.

Ainsi, quoique l'hérédité ne puisse être démontrée avec la rigueur que nous apportons ordinairement dans nos iuvestigatious, nous l'admettons néanmoins

par analogie comme la cause principale de la fréquence des maladies scrofuleuses chez les enfants trouvés et chez les orphelins.

Chez eux, cependant, les causes occasionnelles ont une part malheureusement trop large dans le développement de la prédisposition avec laquelle ils sont nés.

On sait, effectivement, que les enfants élevés par la charité publique le sont au meilleur marché possible. On les envoie en nourrice à de grandes distances de la capitale, dans des lieux où l'administration ne peut exercer un contrôle efficace : aussi ne sauraiton nombrer ceux qui meurent dans les premières années. Quant à ceux qui survivent , on ne leur prodigue point les moyens de conservation ; ils n'ont que le strict nécessaire pour vivre ; ils supportent les intempéries des saisons, la chaleur et le froid, sans aucune compensation dans le régime alimentaire, qui n'est pas toujours suffisant ni d assez bonne qualité; ces malheureux enfants occupent le dernier degré de l'échelle sociale, où ils ne coquaissent jamais aucun bien-être ; ils sont donc soumis à toutes les causes extérieures des maladies.

Mais ce qui doit surtout arrêter l'essor de la vie chez eux, c'est l'absence des sentiments moraux. Privés en naissant de toutes les affections de famille , la sensibilité ne s'est pas développée chez eux, elle s'est, pour ainsi dire, arrêtée à sa source: aussi vivent-ils à peu près indifférents aux relations d'amitié.

J'ai eu à traiter à l'hôpital Saint-Louis une cinquantaine de ces enfants; en outre, je suis allé visiter

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leur établissement; j'ai assisté à leurs récréations; quel silence comparé au bruit que font les collégiens! Aucun lien ne les unit entre eux ; on ne voit parmi tous ces enfants de la Grande- Maison que de petits individus chétifs, étiolés, dont la figure n'exprime aucun sentiment , dont les facultés intellectuelles sont très bornées, et dont la sensibilité de relalion est dans une apathie complète. Parmi eux, on ne distingue ni un bel enfant ni une figure spirituelle; on dirait qu'ils n'ont jamais ri , qu'ils n'ont jamais vu le soleil. Cette espèce d'inerlie du physique et du moral ne se remarque à un si haut degré dans aucune autre condition de la société; elleest, elle seule, une espèce de scrofule sur la production de laquelle le régime des enfants trouvés doit avoir une grande influence, mais que Ion ne peutcependant pas regarder comme engendrée par ce régime seulement, d'après les réflexions que nous avons présentées sur l'état physiologique des parents dont ces malheureux enfants tirent leur origine.

ART. MM. — Mie lu lÈ'anstMtission tle lu #e*'ofule par la tiuw'È'ice ù êon uoiH-j'tïtoN.

Nous allons présenter quelques considérations sur la communication de la scrofule par la nourrice. Nous avons placé cet ordre de faits en appendice aux causes héréditaires , parce qu'il a avec elles quelque ressemblance ; il en diffère néanmoins par des points trop essentiels pour pouvoir être rangé sur la même ligne.

Lorsqu'une nourrice étrangère communique la

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scrofule à un enfant qui est né sans aucune prédisposition à cette redoutable maladie, il n'y a dans le lait, rigoureusement parlant, qu'un effet produit par une cause extérieure; l'enfant a acquis ce qu'il n'avait pas en naissant . mais on est obligé de convenir qu'il y a une grande analogie entre la transmission de la scrofule par la génération et son inoculation par l'allaitement. N'est-ce point, en ellet,son état de maladie que la nourrice communique à son nourrisson, comme les parents ascendants transmettent le leur à leurs enfants?

Plusieurs auteurs ont constaté la propagation de la scrofule par la nourrice. Bordeu a remarqué un phénomène analogue chez les brebis qui, dit-il, portent au col des tumeurs fort semblables aux tumeurs écrouelleuses.

Le diagnostic de cette espèce de cause est très important dans la pratique, si l'on considère que la scrofule communiquée par la nourrice n'est qu'un accident dans une famille; tandis que celle transmise par voie d'hérédité y frappe indistinctement tous les enfants et leur est commune. Dans le premier cas , l'existence de la scrofule est un fait isolé, individuel, dont l'origine est hors de la famille; dans le second , elle constitue un signe qui doit éveiller toute la sollicitude du médecin sur la sauté actuelle et future des autres enfants.

On rend communément les nourrices responsables des maladies qui affecteut les enfants qui leur sont confiés : aussi faut-il être toujours en garde contre les renseignements que l'on reçoit quand Ja nourrice

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est accusée d'être cause de la maladie scrofuleused'un enfant; car l'amour-propre des parents ne cherche que trop souvent un refuge dans ce mode de propagation.

J'ai été consulté pour un enfant qui présentait le diagnostic suivant : caries commençantes et caries déjà fistuleuses des phalanges, pâleur, débilité , nonchalance, apathie, membres- grêles, système musculaire peu développé; aucun signe de nubilité à quatorze ans passés; le testicule droit, engagé dans le canal inguinal, derrière I anneau, n'était pas encore descendu dans le scrotum.

Cet état si profondément scrofuleux était rapporté par la mère à la nourrice de son enfant, qu'elle accusait à tort. Gomme elle avait amené avec elle sa fille âgée de seize ans, je lui demandai si ses deux enfants avaient eu la même nourrice. Sur sa réponse négative, je dus lui faire remarquer la ressemblance très grande qu'il y avait dans leur constitution , et je crus devoir rapporter cette ressemblance à la santé de la mère , qui présentait des signes de la complexion scrofuleuse; en effet, ses os étaient trop gros et sa taille n'était pas droite.

Il ne faut donc pas admettre légèrement l'inoculation de la scrofule par la nourrice , il ne faut l'admettre qu'après avoir pris les renseignements les plus précis sur sa santé et sur celle de ses enfants; et s'il ^ a du doute , on devra consulter le tempérament de famille, qui est toujours, dans ces cas, une des voies les plus sûres du diagnostic.

Celte cause de scrofule m'a d'ailleurs paru mani-

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feste dans plusieurs faits que j'ai recueillis avec le plus grand soin , et je vais en présenter quelques uns qui me paraissent très propres à faire passer la même conviction dans l'esprit du lecteur.

Henriette Levallois , âgée de vingt ans , était affectée de scrofule fixée plus particulièrement sur les tissus cellulaire et graisseux des membres abdominaux, qui avaient acquis des dimensions éléphantines, et qui offraient un nombre infini de cicatrices, plusieurs tumeurs celluleuses et plusieurs ulcères fistuleux. Il y avait aménorrhée ; les règles n'avaient paru que trois fois depuis deux ans. Cette jeune fille n'avait point de parents scrofuleux dans sa famille; elle n'avait point éprouvé de privations et n'avait jamais habité des lieux ni des pays humides, mais sa nourrice et sa soeur de lait étaient mortes de maladies scrofuleuses. (Troisième mémoire, observation i4)

Le nommé Morand, âgé de vingt ans, était ractiitique et petit de taille. La mère de ce jeune scrofuleux , qui nous le présenta à la consultation de l'hôpital Saint-Louis, jouissait, à cinquante ans, d'une belle santé, et nous dit que sou mari se portait également bien ; mais il avait été nourri par une femme scrofuleuse, et sa sœur de lait était rachitique comme lui.

Une mère de six enfants en avait deux affectés de scrofule; tous deux avaient été allaités par la même nourrice, dont les enfants étaient scrofuleux, et qui, plus tard, mourut elle-même de maladie scrofuleuse; les quatre autres enfants étaient sains et bien portants.

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Au mois d'avril 1 834, une dame, âgée de trentedeux aus , m'a consulté pour son fils, âgé de six ans et demi ; il était affecté, depuis six mois, d'ophthalmie double, plus intense de l'œil gauche que de l'œil droit; d'hypertrophie des phalanges du doigt médius de la main gauche et de l'os métacarpien correspondant. Le père de cet enfant avait trente-cinq ans, et se portait bien ainsi que sa femme ; il avait encore ses parents, qui étaient arrivés sans infirmités à un âge assez avancé. Leur enfant, originairement bien constitué, avait été nourri par une femme tuberculeuse-pulmonaire ; il avait fallu le sevrer à sept mois, parce que sa nourrice était malade de la poilriue,et celle-ci mourut trois mois plus tard.

Nous avons observé à la consultation de l'hôpital Saint-Louis, au mois de juin i834, un cas de même espèce que le précédent. La nourrice était morte tuberculeuse-pulmonaire trois ans après avoir rendu son nourrisson. L'enfant scrofuleux pour lequel on me consulta avait un frère qui l'était pas.

Parmi les divers états de santé qu'on a signalés comme nuisibles aux nourrissons, la gestation est le plus commun de tous. J'ai soigné un enfant scrofuleux qui avait été nourri par une femme enceinte jusqu'au inoment d'accoucher, car elle accoucha, à terme, le jour même que son nourrisson lui fut retiré. Des faits pareils ou à peu près pareils sont fort communs, comme on va le voir par quelques remarques auxquelles nous allons nous livrer sur les nourrices des enfants de Paris.

Remarques sur les nourrices des enfants de Paris.

Il y a dans cette capitale beaucoup de familles bourgeoises sorties récemment du commerce de détail après y avoir fait leur fortune. Cette position, si heureuse par elle-même, est souvent accompagnée de beaucoup de soucis et de chagrins occasionnés parla mort des enfants, ou par diverses maladies qui les assiègent incessamment , et qu'il est d'autant plus difficile d'éloigner qu'elles ont leur principe dans la faiblesse organique que les enfants tiennent de leurs nourrices, et souvent aussi dans les habitudes contractées par les parents , habitudes qui ont été pendant beaucoup d'années toutes défavorables à une vie de bonne reproduction , ainsi que nous l'avons exposé précédemment.

Les familles dont nous parlons sont parties le plus souvent d'un état très inférieur au-dessus duquel elles n'ont pu s'élever que par beaucoup de travail et beaucoup de fatigue; il leur a fallu suppléer par leurs bras aux capitaux qu'elles ne possédaient point. Les femmes ainsi occupées du matin au soir ne peuvent nourrir leurs enfants : ce serait trop d'embarras ajoutés à ceux de leur position. Elles envoient donc leurs enfants en nourrice , et quand c'est dans un pays un peu éloigné, elles ne vont les voir que rarement, ou même pas du tout. Dans ce cas, les enfants sont livrés, sans contrôle , à la discrétion des nourrices et ils ne rentrent à la maison paternelle qu'après dix-huit mois, deux ans et même trois ans, alors qu'ils mar-

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client seuls et qu'ils sont présumés devoir occasionnel* le moins d'embarras possible.

Ces enfants sont fort mal en nourrice. Le plus ordinairement ils sont allaités par des femmes qui n'observent aucune continence, qui deviennent enceintes, et qui dissimulent leur grossesse pour ne pas perdre leur nourrisson. Ceci est l'état le plus ordinaire; car les femmes qui font profession d'être nourrices cherchent à devenir enceintes le plus souvent qu'elles peuvent, afin qu'il n'y ait point d'interruption dans leurs bénéfices. Il y a même des nourrices qui sont déjà grosses quand elles viennent chercher un nourrisson. J'ai connu des enfants qui ont tété le vieux et le nouveau lait de leurs nourrices, c'est-à-dire qu'ils ont eu du lait vieux quand ils étaient dans l'âge le plus tendre, du lait jeune quand leur estomac aurait eu besoin d'un aliment plus substantiel. On voit aussi des nourrices qui allaitent ensemble leur enfant et leur nourrisson, et qui laissent pâtir celui-ci, afin que son développement soit retardé et que ses parents ne le reprennent chez eux que le plus tard possible.

Ajoutons aux vices de l'allaitement l'alimentation parcimonieuse de la nourrice, les travaux trop rudes qu'elle supporte, le défaut de propreté, ses relations avec son mari, et nous n'aurons encore qu'une idée très imparfaite des causes des maladies que les enfants peuvent tenir de leurs nourrices.

Il serait fort à désirer qu'un esprit observateur cherchât à se frayer une carrière honorable en approfondissant le sujet que je ne fais ici qu'ébaucher.

Ce sujet intéresse plus de la moitié de la population de Paris , qui serait d'une santé bien autrement robuste qu'elle ne l'est, si les enfants au berceau étaient mieux allaités qu'ils ne le sont.

Je n'hésite pas à regarder ces recherches comme un besoin social de première nécessité, comme un besoin permanent, puisqu'il est des classes fort nombreuses (ce sont toutes les classes d'artisans et de commerçants de détail ) qui, comme nous le disions plus haut, manquent du temps que réclame le soin des enfants, et se trouvent ainsi dans la dure nécessité de leur donner une nourrice étrangère.

Jusqu'ici les observations que nous avons faites sur l'allaitement ne sont relatives qu'à la propagation de la scrofule par les nourrices à des enfants présumés sains. Dans les cas de cette espèce , la santé originaire des enfants offre un élément favorable qui balance jusqu'à un certain point 1 influence nuisible d'un allaitement de mauvaise nature.

Mais si un enfant sain devient scrofuleux par le lait d'une nourrice affectée de scrofule, d'une nourrice trop âgée, ou enceinte, à plus forte raison, un enfant né scrofuleux le dcviendra-t-U davantage encore s'il est nourri du lait d'une femme présentant quelqu'un de ces différents états de santé. Alors les effets de l'inoculation de la maladie viennent s'ajouter à ceux de la prédisposition originaire et les compliquer. Une cause extérieure vient lui donner une nouvelle intensité qu elle n'avait pas primitivement. 11 est bien difficile, il est bien rare que l'enfant résiste à un pareil concours de circonstances.

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Les rnères scrofuleuses doivent s'abstenir de nourrir leurs enfants.

Après ce qui précède, il esta peine nécessaire de développer cette proposition. Il est par trop évident cpie, lorsque les enfants sont nés scrofulcux par leur mère , l'allaitement maternel ne peut que développer la cause prochaine de leur maladie. L'enfant né sciofuleux qui a reçu le principe de la maladie de sa mère le deviendra nécessairement davantage si elle veut le nourrir. Cette nourriture est la plus pernicieuse que l'enfant puisse recevoir. Une mère qui est scrofuleusc ne peut avoir de bon lait; elle n'en a que fort peu , ou même presque pas , car elle n'a point en elle-même les matériaux d'une sécrétion de tous les instants du jour et de la nuit.

Ajoutons que les éléments que peut fournir l'économie animale doivent être travaillés par la glande mammaire, qui, le plus souvent, est frappée d'arrêt de développement , ou affectée d'hypertrophie scrofuleuse; en sorte que I organe sécréteur du lait, loin de corriger les matériaux de la sécrétion par une bonne élaboration , ajoute à leurs qualités déjà trop nuisibles celles d'une sécrétion incomplète et même vicieuse.

Avec de pareils éléments de formation , le lait des mères scrofuleuses est aqueux, maigre et rare; il pèche par ses qualités et par sa quantité ; c'est un aliment à la fois insuffisant et de mauvaise nature qui rendrait scrofulcux un enfant qui ne le serait

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pas encore, et qui, à plus forte raison, doit développer sa prédisposition originaire à le devenir. Relalivement à la mère, l'allaitement n'est pas moins dangereux. Les mères scrofuleuses font plus qu'elles ne peuvent quand elles nourrissent leurs enfants; elles en sont toujours très affaiblies; le plus grand nombre ne peut continuer au-delà de quelques mois une tâche qui excède leurs forces; cette impuissance matérielle d'aller plus loin accuse la faligue, l'épuisement que la constitution doit nécessairement éprouver par de semblables essais, dont les suites les plus ordinaires sont une débilité , une émaciation que de bons aliments ne peuvent réparer; ces symptômes annoncent alors l'invasion ou le progrès de la tuberculisation pulmonaire.

Il n'y a donc que les mères qui jouissent d'une bonne santé pour lesquelles ce soit un devoir d'allaiter leurs enfants; mais ce n'est pas un devoir moins sacré de s'en abstenir pour celles qui se trouvent dans l'un des états de santé que nous avons analysés dans cet ouvrage, et par suite duquel elles ont eu le malheur d'engendrer des enfants scrofuleux. Il y a alors nécessité absolue de recourir à une nourrice étrangère. Je l'ai conseillé plusieurs fois avec succès, et mes craintes n'ont été que trop cruellement justifiées dans quelques cas où l'on n'avait pas tenu compte de mes avis.

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