CHAPITRE II
DE L'INFLUENCE DES CLIMATS ET DES SAISONS SUR LA MARCHE DES MALADIES SCROFULEUSES.
Nous allons passer à quelques considérations relatives aux climats et aux saisons ; nous en traiterons dans deux articles séparés , ils serviront encore à confirmer les idées que nous venons d'émettre sur l'endémie.
A. De ï influence des climats.
On ne doit point comparer un climat à un autre relativement à la fréquence des maladies scrofuleuses, car ou préjuge la question par cette comparaison : on attribue au climat ce qui n'est point l'effet de son influence.
La scrofule est très répandue dans des climats qui sont très différents les uns des autres. Les tubercules sont très communs dans le Nord , en Angleterre , en
Russie ; ils ne le sont pas moins dansle Sud, clans les deux péninsules espagnole et italienne.
Les tubercules se multiplient dans un climat selon que les origines que nous leur avons assignées y sont plus fréquentes. Supposons une latitude où cette maladie soit inconnue , on pourrait l'y importer à volonté; on se tromperait donc bien étrangement en attribuant, par la suite, à l'influence de cette lalitude, ce qui proviendrait de l'importation de la maladie.
11 est de la dernière évidence qu'on ne devient point tuberculeux par l'influence du climat; en d'autres termes, qu'il n'y a point de climat qui rende tuberculeux un homme originairement bien constitué.
Mais la latitude sous laquelle nous vivons modifie notre espèce d'une manière trop profonde et trop manifeste pour qu'on puisse affirmer qu'elle n'a aucune influence sur la marche des maladies scrofuleuses. Quelle est d'ailleurs cette influence ? je nesaurais le dire. J'ai observé des scrofnleux venus de tous les degrés des zones intcrtropicales et tempérées, et je n'ai fait aucune distinction entre leurs maladies. Leur état était , en général , relatif à la santé des parents ascendants; mais je n'ai pu saisir aucune particularité provenant de l'influence du climat.
.l'ai seulement observé que les habitants des régions interlropicalcs éprouvaient les effets les plus fâcheux de l'influence de nos climats tempérés. La diathèse scrofuleuse se développe chez eux avec une extrême rapidité ; les tubercules aussi se généralisent