‹ Recherches et observations sur les causes des maladies scrofuleusesChapitre 29 sur 36 · INFLUENCE DES CLIMATS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES CLIMATS

printemps, étudiée d'une manière logique, peut servir beaucoup au pronostic. Elle m'a fait prévoir dans bien des cas la solution la plus avantageuse de la maladie. Toutes les fois , en effet , que la recrudescence annuelled'une maladie scrofuleuse commence à diminuer , on peut la regarder comme étant en voie deguérison.

Soit un enfant de douze ans qui a des tubercules cervicaux et une double ophthalmie : après un traitement qui a duré depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre ou d'octobre, les symptômes ont beaucoup diminué , et le malade est mis en suspension de traitement pendant l'hiver. Le corps prend de l'accroissement et de la force; la guérison se maintient au point où elle était arrivée quand on a suspendu le traitement ; elle a fait même quelques progrès.

Au printemps suivant, les voies digestives se dérangent; il survient du mal-être et de la fièvre ; au bout de quelques jours les yeux deviennent plus rouges , mais surtout plus larmoyants pendant le jour et plus chassieux le matin ; on s'aperçoit bientôt que les tubercules ont grossi , quelquefois même qu'il en a paru de nouveaux.

Il y a donc recrudescence de la maladie? Oui, mais elle est moins aiguë, moins intense, de plus courte durée que celles qui avaient lieu antérieurement depuis plusieurs années : elle est évidemment mitigée; la prédisposition dont elle découle a été modifiée, corrigée par un premier traitement.

Un second, et quelquefois un troisième traite-

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ment , sont nécessaires pour agir d'une manière assez efficace sur celle prédisposition , et l'on arrive ainsi par le décroissement progressif de la maladie à l'âge de puberté , qui complète autant que possible la purification de l'économie.

D'après la manière dont nous venons d'envisager l'influence du printemps sur la marche des maladies scrofuleuses, nous n'avons pas besoin d'ajouter que nous sommes fort éloignés de regarder cette saison de l'année comme une cause de scrofule. On ne voit jamais, effectivement, un adolescent de banne complexion devenir scrofulcux quand la nature se réchauffe. Cette époque de Tannée est, au contraire, favorable à l'accroissement du corps. Ce n'est que lorsqu'il existe une prédisposition morbide que l'économie animale est inhabile à recevoir l'influence salutaire du retour de la lumière et de la chaleur , et que cette influence, au lieu d'être profitable, fait éclore le germe des maladies héréditaires, ou favorise leur progrès lorsque celles-ci ont déjà fait invasion.

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