‹ Recherches Expérimentales & Cliniques sur les Atrophies des Membres dans les Affections Chirurgicales: Système Musculaire et Système OsseuxChapitre 29 sur 57 · EXPÉRIENCES DIVERSES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DIVERSES

Dans les deux expériences qui suivent nous avons obtenu des résultats bien faits pour corroborer ce que nous avons observé dans les cas précédents.

ExPérience XX VII, — Résection de la diaphyse du cubitus gauche.

21 août 1881,— Chien, né le 28 juillet 1882.

Par une incision externe, on enlève la diaphyse du cubitus gauche, y compris une partie de la surface articulaire supérieure, non compris l’olécrâne. En bas l’os est sectionné au dessus du cartilage de conjugaison. Opération sous-périostée, sauf au voisinage du ligament inter-osseux. La plaie réunie n’a pas suppuré. L’animal se servait très bien et très normalement du membre opéré.

26 juin 1882. — Autopsie. Pesée des muscles.

Côté sain Côté opéré Sous-scapulaire, .. . … 30 gram. 50 — 928 gram Sous-épineux + + . +. . 25 — — 15 — PHS-CDINCUR CT D 25 — — 20 — ÉCRAN lle — TD — Muscles antérieurs du bras . 15 — — 12 — 50

Muscles de l’avant-bras . . AT — = Re

à EF Re

Omoplates. — Au premier abord on constate une atrophie notable qui se traduit par de l'allongement et une diminution de largeur.

Longueur de l’épine.

COTÉSAIN ERA 89 mm.

2 OPEL ce ue 91 — Longueur totale.

Côté sain. : . . : 98 mm.1/2

— opéré . .1 . , 100! — Largeur du col.

COCA 21#mm:

= MOPÉTO CENT 17 — 1/2.

Hauteur de la cavité glénoïde, qui du côté malade est plus ar-

rondie.

COTÉTFSAIN EEE 23 mn.

=. OPÉTé | e2. —. 21 — Poids.

COTE In EE 0 6 gram. 25.

INT OPÉTÉ AE S- 5 — 42.

Humérus. — Longueur, du sommet du trochanter.

DOUBS 0e Ù 0 © IPF ra,

er ODÉIÉ RS Me NOT Poids.

CO SRE RTE 15 gran.

= NOPOIC RE 12 —

Du côté opéré,il est manifestement bien plus grêle,ses extrémités sont moins épaisses ; les surfaces articulaires inférieures sont déformées.— Diamètre de l’extrémité inférieure.

COTORSAINE RE 29 mm. 1/2 == OPPOSER 28 —

La diaphyse est moins arrondie, plus triangulaire, les cavités olécranienne et coracoïdienne sont agrandies.

Radius. — Longueur de la diaphyse.

COTÉES EE En — «opéré, . 1, nm. AIO

Longueur totale.

Côtésain NI nn.

— opéré . . . . 124 —

L'os, du côté opéré est, en outre, fortement incurvé d'avant en arrière : c’est dans la concavité de sa face cubitale qu'est logé le cubitus rudimentaire. En réalité, la différence de longueur, grâce à cette courbe, est de plus de 9 mm. Ilest, en outre, beaucoup plus grêle que du côté sain : ses bords sont aigus et saillants. Les surfaces articulaires sont réduites et mesurent.

Surface supérieure.

Coté ane 16 mm. 1/2

—L OPOrO ei Le 15 — 12 Surface inférieure,

COTÉES RER 19 mm.

—NODÉ EM 16: —

Cubitus.— Le cubitus est en partie fibreux, en partie osseux. Son extrémité supérieure est représentée par deux fragments osseux, dont le principal, situé en arrière, représente l’olécrâne : il est long de 24 mm., droit, bien moins volumineux que l’olécrâne normal : il donne néanmoins insertion au triceps très atrophié ; mais il est impossible d’y reconnaître la surface articulaire. La partie antérieure est réunie par des portions fibreuses seulement à l’olécrâne et formée d’un petit plateau transversal, uni au radius, épais de 2 à 3 mm. seulement, divisé en deux par une gouttière antéropostérieure.

L'extrémité inférieure se compose de l’épiphyse, séparée du reste de l’os par son cartilage de conjugaison, mais sensiblement moins haute et moins volumineuse que du côté sain. La diaphyse est représentée par une petite colonnette osseuse, qui commençant en bas par une extrémité renflée, au dessus du cartilage conjugal, va presque de suite en s’effilant et en s’aplatissant dans le sens transversal : elle mesure 79 mm. de hauteur : elle n’a qu'environ 1 mm. 1/2 d'épaisseur et, est large de 3 mm. Elle est logée dans la cavité de la face cubitale du radius, incurvée comme elle, et lui adhère par le ligament inter-osseux. En haut, elle s’effile et se continue avec un ligament qui aboutit au noyau épiphysaire antérosupérieur, dont il a été déjà question. Toutefois, ce ligament qui a une hauteur de 22 mm., contient dans son épaisseur un autre noyau

osseux, mince, long-de 15 à 18 mm.

Il ressort de cette description, que l’avant-bras étant dévié et incurvé, la patte avait suivi le même mouvement : elle était déjetée sur le bord cubital de l’avant-bras.

Le cubitus sain mesure 142 mm. Son épiphyse supérieure seule est entièrement soudée.

L’atrophie musculaire, pour la totalité du membre, équivaut à

0 gr. 24 par gram. Elle est ainsi répartie :

PPAUICESSS 0,21.

Bras RE ET 0,33.

Extenseurs du bras . . 0,44.

Fléchisseurs du bras . 0,20.

IEEE, à à 6 à 0,19.

Quant aux os, il n’y a qu’à lire les détails de l’expérience pour voir les allongements atrophiques considérables de l’omoplate et

de l’humérus.

Mais un point des plus intéressants, c’est l’atrophie du radius par le fait de l’ablation presque totale de la diaphyse cubitale, atrophie qui se mesure par une différence de longueur de 9. ?® au moins, et une diminution de toutes les dimensions. Et cependant, un cubitus rudimentaire, il est vrai, s’est formé,et l’animal se servait de son membre aussi utilement que du membre sain. C’est d’ailleurs toujours ainsi que se passent les choses, normalement, et on trouvera, dans la seconde partie de ce travail, une observation clinique qui présente les plus grands rapports avec celle-ci.

Expérience XXVIII. — Ablaiion totale de l’humérus droit. Reproduction osseuse abondante.

24 octobre 1880. — Chien de six mois.

L'animal endormi, on enlève son humérus droit, après avoir fendu longitudinalement sa gaîne et détaché très soigneusement le périoste. L’os enlevé mesure 114 mm.

Suites très simples : trois jours après on enlève le drain qui tra-

versait toute la gaine périostique. L'animal se rétablit vite et, malgré une résection de la hanche, antérieurement pratiquée, il marche et court facilement, en se servant de ses quatre membres. On le sacrifie le 6 janvier. — On enlève la peau et la graisse des membres antérieurs (omoplate, bras, avant-bras) et on les pèse. COR San SEEN ER 266 ram.

HLOPérO M rm 2-0 AIO Il y a un humérus nouveau, long de 60 mm. Celui du côté sain en mesure 121. Cet os est terminé par des extrémités articulaires solidement unies aux os de l’avant-bras et à l’omoplate. Il est cylindrique, présente en haut une tubérosité externe sur laquelle s’insèrent les muscles de l'épaule. En bas, sont deux tubérosités latérales

entre lesquelles s'engage l'extrémité supérieure du cubitus.

Omoplates. — Du sommet de la cavité glénoïde au point le plus saillant du bord postérieur.

COLCISSIDE EE TE 95 mm.

— opéré : . … . 98 — Hauteur de la cavité glénoïde :

COTE San 28 mn.

= Opétcr nr 07 27 —

Du côté opéré l’os est moins large, et plus plat, ses saillies sont

moins épaisses, sa transparence plus grande.

Poids :

COTÉES 8 gram.

—HOPÉO Nr: T — Cubitus. — Longueur :

Cotésainr CR El ldFn me — opéré . . ., , 142 —

Du côté opéré l’os est manifestement plus grêle, moins épais. Poids :

COS AIDE 9 gram. 25

= MODÉrO de ocre T — 50 Radius. — Longueur :

Cote Sin TH in:

—opére tem IT Poids :

CORSA 10 gram.

pére se Ole O0

Dans cette expérience, à côté d’une atrophie musculaire très notable, nous notons, l'allongement atrophique de l’omoplate, considérable et coïncidant avec un raccourcissement moins prononcé, ü est vrai, du radius et du cubitus. C’est Là un fait anomal dont il est bon de chercher la raison. Or, notons ceci : c’est que, eu égard à l’importance de la mutilation, la durée de l'expérience a été restreinte (deux mois et demi à peine). Une bonne partie de ce temps, le bras a été privé d’un squelette osseux, et si, au moment où il a été sacrifié, l'animal se servait très utilement de son avant-bras et de sa patte, il est bien loin d’en avoir été de même pendant au moins la première moitié de sa survie; les muscles de l’avant-bras ainsi que ceux de la patte, ont manqué d’insertions supérieures solides et ces deux segments du membre ont été entièrement inutiles et privés de mouvement. Il n’en était pas de même à l’épaule, constamment sollicitée par les actions des muscles insérés au tronc. Donc, d’un côté, un certain degré d'activité ; de l’autre l’inertie la plus complète. C’est là la raison de cette différence dans la manifestation de l’atrophie. L’allongement atrophique n’est en effet, qu’une phase transitoire : le terme final c’est le raccourcissement. Or, nous croyons qu’à l’avant-bras, les causes de l’atrophie ayant été beaucoup plus actives, ce terme final, peut-être même, sans que les os aient passé par la phase d’allongement, a été atteint, pendant que l’atrophie évoluait encore à l’épaule.

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