ET LES ENTORSES
Nous ne voulons pas parler de l’atrophie musculaire ; bien étudiée depuis longtemps par Duchenne-de-Boulogne, qui accompagne les luxations et qui est consécutive à une lésion directe des nerfs. Mais à côté de ces cas où une pression, le tirailiement, le soulèvement d’un nerf ou d’un plexus par une tête osseuse luxée, suffit amplement à expliquer les symptômes, il en est d’autres où, le plus léger traumatisme portant sur une articulation déterminera la paralysie et l’atrophie. Il n’y a pas de lésion nerveuse directe : le point de départ est articulaire et les symptômes . sont uniquement subordonnés à l’arthrite qu'a provoqué le traumatisme. Cette atrophie, d’ailleurs, comme celle qui accompagne les arthrites spontanées, est un accident du début; elle s’accompagnerait quelquefois de troubles de la sensibilité et de contracture (Darde) et envahirait les segments des membres les plus éloignés du siége de l’accident.
Il est aisé de comprendre que, reconnaissant les mêmes causes intimes que l'atrophie des arthrites, elle doit se comporter comme elle, et il nous paraît inutile d’y insister davantage. C'est, croyons-nous, dans cette catégorie de faits qu'il faut faire entrer les trois observations publiées
par MM. Guyon et Féré (1). Dans les trois cas, il s’agissait de traumatisme (chutes, contusions) ayant agi sur la hanche, ‘sans y déterminer ni fracture, ni luxation. Il y eut impotence absolue du membre; quelques semaines de repos auraient dû suffire pour ramener l'intégrité fonctionnelle ; il n’en fut pas ainsi, et quand on rechercha la cause, on trouva une atrophie notable des fessiers, du droit antérieur, des adducteurs, etc. Cette atrophie s’améliora par le massage et l’électrisation ; mais elle ne guérit pas complètement. Elle fut attribuée par les auteurs à l’atrophie réflexe, d’origine articulaire.