COS AIDE 2 EE TEA
— malade .+ . . . 62 — Longueur :
COR SES Era ne
— malade . . . . 71 — Astragales. Poids :
Côté sain M M OUESTe nm
— malade. . . . 45 — Longueur:
COCA C2 nm
— “malade ___158.—
Fémur. L'aspect général de l'os malade montre qu’il est bien
moins volumineux.
Côté sain. Côté malade.
Largeur de l’extrémité inférieure. 79 mm. 71 mm. Epaisseur du condyle externe. . 59 — 25 — Epaisseur du condyle interne. . 60 — 55 —
On coupe les deux os, très exactement, à 18 cent. de la ligne bicondylienne, et on pèse comparativement les deux segments inférieurs.
Côté sain. . . ,-:. 9260. gram.
— malade. en Ur Diamètre antéro-postérieur de la coupe :
Gôténsaine et 2e Te 26 mm.
ele 2,16 M —
Diamètre transversal :
CORSA MALE 24 mn. = malade. 22 —
On constate de plus, sur la coupe, que la substance compacte est d'environ un millimètre moins épaisse du côté malade.
Longueur de l'os.
Côté sains LS — smalade:st + « 410 —
On a, pour faire cette mensuration, rapproché la pièce enlevée de ce qui reste du fémur et ajouté à la mensuration ainsi prise, du sommet de la tête, à la ligne bicondylienne, 10 mm. pour s'assurer contre les causes d'erreur (épaisseur des traits de scie, rapprochementinexact des fragments, etc.) L'absence des trous nourriciers bien visibles et indiscutables, ne permet de reconnaître l’arrêt d’accroissement que le fémur a dû subir par son extrémité inférieure.
Sur Ja coupe longitudinale de l’os, on constate les mêmes particularités de structure que sur le tibia.
Nous devons à l’obligeance de M le docteur Dufourt, l’analyse
chimique suivante :
Matières terreuses Osséine
Fémur sain. . 68,54 31,46 — malade. 68,60 31,40 Acide phosphorique, pour 100 parties de cendres : RÉUNIE 41,29 —malade.s ©... 40,35
Cette observation mérite qu’on s’y arrête, et à plus d’un titre. Il s’agit, on l’a vu, d’une récidive de coxalgie survenue 20 ans après le début de l'affection première et quinze ans au moins après la guérison coraplète. Il n’existait pas de douleurs, et pendant quinze ans, le malade a pu marcher, sans autre gêne qu’une claudication assez modérée, et faire de longues courses. Il n’y a, croyons-nous, pas lieu de s'étonner si le raccourcissement du fémur, bien que l'affection première soit survenue en pleine croissance, n’a
pas été bien considérable ; les lésions, dans la première poussée inflammatoire, ont dû siéger surtout sur le bassin qui présente des altérations remarquables ; le fémur n’a été lésé que superficiellement et par voisinage ; si l’affection primitive eut siégé sur la tête fémorale, cette partie eut été assurément plus déformée qu'elle ne l’était au moment de la résection et l'atrophie fémorale eut été plus grande; ici le cartilage avait disparu sans doute ; les couches superficielles étaient érodées, et la tête était déformée, mais en somme, elle existait encore. A plus forte raison, si l’on avait eu affaire à une de ces coxalgies qui ne sont, à proprement parler, que secondaires et consécutives à une ostéite juxta épiphysaire de l'extrémité supérieure du fémur, envahissant fatalement l'articulation (1), la croissance de l'os eut été entravée bien plus sérieusement, et, au lieu d’un raccourcissement de 15 mm. au maximum, comme nous lobservons ici, on eut eu deux ou trois centim. de différence, À vrai dire, cependant, étant donnée la loi d’inégal accroissement, dans les coxalgies, l'atrophie longitudinale, en l’absence de lésion concomitante de l’extrémité inférieure du fémur, est loin de se mesurer par des différences aussi grandes que l’atrophie qui accompagne les affections intéressant les régions juxta-épiphysaires inférieures du fémur. Néanmoins, nous persistons à croire que l'os iliaque, dans la première poussée, à été seul ou presque seul en cause, ou bien que le fémur lui-même a été envahi seulement dans la seconde poussée, survenue dix-neuf ans plus tard.
Nous insistons eucore sur l’atrophie vraie de l’os, qui a profondément modilié son poids, ses dimensions transversales, son épaisseur, son architecture intime, si l’on
(1) SÉézary. — Thèse, Paris 1870.
veut bien nous passer cette expression. Incriminerons-nous la résection ? certes, nous ne pouvons pas nier l'influence d'une mutilation osseuse quelconque sur la marche du travail nutritif. Mais il faut surtout, pensons-nous, tenir compte de la première poussée, et de l’acuité très grande de la seconde. Le membre inférieur tout entier était sûrement moins volumineux quand celle-ci s’est montrée ; mais il y à dû avoir un coup de fouet donné à l’atrophie, dont le résultat s’est manifesté par les modifications profondes, imprimées à tout le squelette du membre inférieur. L’atrophie longitudinale, en tout cas, ne saurait provenir de la résection, puisque la croissance de l'os était à ce moment entièrement terminée.
Nous ferons remarquer la part qu'avait l’inflammation sur les lésions atrophiques : « Un os atrophié par inactivité » fonctionnelle, dit M. le professeur Ollier (1), ou par lé- » sion des centres nerveux, est réduit dans son ensemble, » dans tous ses diamètres ; mais il conserve, à peu de » chose près, ses proportions physiologiques, sauf des » saillies moins prononcées, et des courbures moins accu- » sées. La substance compacte est plus mince, plus friable; » la substance spongieuse plus aréolaire et remplie d’une » moelle pâle, jaune et moins vasculaire, (l'ostéo-porose » atrophique), qui peut être remplacée par une moelle » rouge, très vasculaire, lorsque l’inflammation se joint à » l’immobilité. »
Ogservarion XXXII. — Arthrile chronique suppurée du genou gauche. Mort subite. Aulopsie. Atrophies musculaire el osseuse, X. 50 ans, entre dans le courant de mai 1882, à St-Sacerdos, 1l
revient avec un bandage silicaté qui remonte jusqu'au tiers supé-
(1) Orvrer. — Revue de chirurgie, 1881. p. 187.
rieur de la cuisse gauche ; il a été traité depuis dix-huit mois pour cette arthrite chronique ; dans ses antécédents, on trouve seulement une pleurésie, qui date de deux ans.
Le bandage enlevé, on constate une atrophie très marquée du membre tout entier. Au genou, sensation de fongosités et fluctuation
dans les culs-de-sac.
Jambes : à 25 centim. de la malléole interne.
Côté Se MR 2 mn.
malle ...302— Cuisses : à 67 centim. de la pointe de la malléole interne. COLE DEN.
— malade. . . . 470 — On remet un bandage au malade, mais il meurt subitement le surlendemain.
Aulopsie. — Le 27 mai 1882. — On ne trouve pas la cause de la
mort dans l'appareil cardio-pulmonaire, ni dans les gros vaisseaux; le cœur seulement est un peu gras.
Dans le membre malade, on trouve des muscles fortement décolorés, de couleur feuille morte ; ils ont perdu de leur consistance. Dans le genou, du pus et quelques rares fongosités. Les surfaces articulaires tibiale, fémorale et rotulienne sont altérées, les cartillages sont érodés, détruits par places, laissant à nu une surface osseuse raréfiée, recouverte de bourgeons fongueux: en d’autres poiuts on trouve des ecchondroses épaisses ; le tiers inférieur du fémur présente, sur toutes les faces, les traces d’une ostéite raréfiante ; le périoste est épaissi, et au-dessous on voit la surface osseuse criblée de trous vasculaires, agrandis, formant des vacuoles:; il n’y a pas cependant d’altération bien profonde, et sur la coupe la substance osseuse est graisseuse, avec quelques marbrures couleur lie de vin. Sur le tibia, les lésions sont moins étendues, plus limitées.
Les os, bien dépouillés de leurs parties molles, sont pesés compa-
rativement.
Fémur Saint M CNT, RSS D.
malade AS TRS DOI ARE PRIT as M ME TUE
malade nn
Péronne sain. 0u. 0. 67 .— — malade. . . . 53 — Ce dernier os, du côté malade, présentait une exostose longue de
7 à 8 mm. qui augmentait certainement son poids de 8 à 10 gram. Aucune différence de longueur entre les os.
La consistance des os, du côté malade, était très diminuée, même
à l’extrémité opposée à la lésion; la tête fémorale se laissait très
facilement entamer par le scalpel.
Dans ce cas, où l’atrophie fémorale se mesurait par une différence de poids de 230 gram., les lésions inflammatoires dominaient ; tout le tissu inférieur du fémur en présentait des traces ; mais ces lésions étaient purement superficielles ; en somme, c’était bien une arthrite primitive avec lésions cartilagineuses qui, si elles aboutissent à la destruction, sont aussi le point de départ de la formation des brides fibreuses qui concourent à l'ankylose, chez les sujets dont les conditions générales de santé sont bonnes et qui sont méthodiquement traités.
Si on fut intervenu, dans ce cas, par la résection du genou, on n'eut fait qu'abraser superficiellement les condyles du tibia et du fémur ; pas de foyer intérieur dans les os ; mais seulement une moelle plus abondante, jaune avec quelques stries rougeâtres, indices de l’inflammation. Ces tissus, en somme, malades secondairement, auraient guéri, — en laissant un os plus raréfié, plus atrophié — par la suppression du foyer inflammatoire primitif.
Dans les lésions articulaires, on a ordinairement de l’atrophie osseuse, l'observation précédente tend à le prouver ; toutefois, on sait la part que prennent les extrémités des os longs, dans la formation des articulations. Le plus ordinairement, chez le sujet qui n’est plus dans la pre-
mière jeunesse, l'épiphyse seule est comprise dans les limites de la synoviale. Les régions juxta-épiphysaires , siége d'élection de la suractivité nutritive des os longs, sont seulement juxta-articulaires. Or, la croissance d’un os par son épiphyse est bien peu de chose, si on Ja compare à la proportion pour laquelle entre la diaphyse dans l’accroissement total, et l'observation clinique prouve qu'il en est de même en pathologie Pansle cas suivant par exemple, il s'agissait d’une ostéite développée primitivement dans l’épiphyse tibiale supérieure, celle dont le rôle est le plus actif dans l'accroissement du tibia ; eh bien, malgré une évolution de deux ans et demi, l’inflammation osseuse, développée à treize ans et demi, alors qu’assurément la croissance n’était pas terminée (1), n’a entravé le développement de l'os que dans les limites de 0® 005. Nous croyons ne pas trop nous aventurer en affirmant qu’une lésion analogue, à marche torpide, située dans la région juxta-épiphysaire, eut compromis plus gravement le développement de l'os.
Ossenvarion XXXIII. — Ostéite épiphysaire de l'extrémilé supérieure du tibia. Raccourcissement.
Marie Bonnevial, 16 ans, St-Pierre, 12.
Il y a deux ans et demi, trois chutes successives le même jour, sur le genou droit. Quelques jours après, ouverture d’un abcès. Persistance de la fistule, qui siége au niveau de la tubérosité antérieure du tibia qui est tuméfiée. Genou parfaitement libre, La malade a
toujours marché. A son entrée, le 10 mai 1880, pas de différence dans la longueur des tibias.
(1) La soudure de l'épiphyse tibiale supérieure ne se fait qu’à l'époque de l’entier développement, c’est-à-dire de 18 à 20 ans (Cruveïller). D'ailleurs, ce n’est que vers 13 ans que se montre le point osseux épiphysaire de la tubérosité antérieure (Sappey).
4 juin 1880. — Extraction d’un tout petit séquestre, situé en plein dans l'épiphyse. Immobilisation dans une gouttière platrée. En août quelques douleurs dans le g:nou.
14 janvier 1881. — La fistule persiste.
Tibia :
CÔôt8 sin. % à + *: 340 mm.
— malade. . , . 335 —
Pied (longueur) :
CORTE En.
— malade. . . . 237 —
S’étonnera-t-on, dès lors, si l’atrophie osseuse est moins marquée dans les arthrites que dans les osténes ? Il ne nous parait pas possible qu’il en soit autrement. On trouve bien des raccourcissements de 1 ou 2 centim.; mais, à moins que l’inflammation ait envahi simultanément et avec la même intensité les os et les parties molles articulaires, il est exceptionnel que le raccourcissement vrai atteigne les proportions de celui qu’on rencontre dans les ostéites , nous n’en voulons pour exemple que les coxalgies ; en dehors des cas d’ostéite primitive, il est rare d'observer plus de un ou deux centim. de raccourcissement du fémur.
Citons quelques exemples.
OBservariON XX1V.— Coxalgie suppurée. Alrophies osseuse et musculaire.
Ch. Ténot, 8 ans, a commencé à souffrir dans le genou gauche, il ya trois ans. Jamais il n’a souffert dans la hanche, il a toujours marché, sauf pendant trois mois qu’il a gardé un bandage: Peu de temps après, ouverture d’abcès autour de la hanche. Déformation progressive. Actuellement, raccourcissement apparent de 20 à 22 mm. Ensellure considérable. Flexion du fémur à 80°.Adduction.
On prend les mensurations suivantes :
Fémur, du sommet du grand trochanter au condyle externe.
COLÉESADE ER 270 mm.
— malade. . . . 260 — Tibia :
COTCESATEENS 250 mm.
—Dinalade ne. 245 —
Pied (longueur) :
COTES PS0 Emme — malade. . . . 172 — F Cuisse, à la partie moyenne :
COTÉES 20 Emme — las. © à à 2 — Mollet :
(DOUÉ no 7 6 0e A0) rm, — malade. . . . 170 — OBservaTion XXV. — Coxalgie suppurée.
Vincent Faustin, 12 ans, St-Sacerdos, n° 16. Début il y a trois ans, dans la hanche gauche. Evolution chronique. Ouverture spontanée de plusieurs abcès. Jamais d’appareil. 11 ne s’est alité qu’au moment de la formation des abcès. Il entre en novembre 1880. Flexion à 110°.
Fémur, du grand trochanter au point le plus inférieur du condyle externe :
Lonnémine 5 à à Din.
—" malade... 280— Mibias
CONE Ses e à Se à à 280 dom,
= Maalbdes -, à Le SE — Pied (longueur) :
Creme à à à à és
—hmalale lo
Nous rappellerons aussi à cet égard, l'observation XIX. Il s’agit d’une ankylose, chez une enfant. On observa un raccourcissement de 25 millimètres sur le tibia; c'est là
un raccourcissement notable, mais dont encore une fois nous ne croyons pas devoir nous étonner à cause de l’extrémité de l’os qui était intéressé. Cette observation, d’ailleurs, est encore remarquable à cause de la moindre largeur de la face interne du tibia, qu’il est exceptionnel de pouvoir constater sur le vivant, les différences étant le plus ordinairement assez petites pour passer inaperçues.
Comme dans les ostéites, on observe quelquefois dans les arthrites des allongements, mais le fait est bien plus rare. Howard Marsh, en 1875, fit À la Pathological Sociéty de Londres une communication sur l’allongement dans les tumeurs blanches du genou. Le fait fut reconnu vrai, mais d'interprétation difficile. Nous le croyons susceptible de plusieurs explications : l’immobilisation, l’inertie fonctionnelle, le défaut de pression suffisent peut-être à rapprocher ce cas de l'allongement atrophique dont nous parlerons plus loin. 1l serait intéressant de connaître les détails des observations et de savoir, si les malades ont été alités, s’ils ont été en bandage, etc.
D'autre part, ne peut-on pas incriminer l’inflammation propagée par le périoste jusqu'aux régions juxta-épiphysaires et amenant une suractivité des actes organiques, qui aboutit à l’allongement ? Peut-être enfin doit-on faire intervenir ces deux explications, et nous ne pensons pas qu'on puisse trancher la question d’une manière générale.
Les opérations qu’on pratique sur les membres et qui intéressent le squelette, ont aussi leur importance au point de vue de l’atrophie osseuse. Dans les amputations, le moignon s’atrophie et los suit un mouvement parallèle à ce qui se passe dans les muscles. Il serait oïseux, croyonsnous, de rapporter ici les nombreuses observations de
moignons d’amputation déjà publiées (1) ; nous ferons seulement remarquer que les cas qui ont été communiqués aux sociétés médicales, surtout à la Société Anatomique, manquent souvent de rigueur scientifique ; ce n’est que par comparaison avec le côté sain qu’on peut se rendre un compte exact de l’atrophie d’un os ; les pesées, les mensurations, sont insuffisantes si on ne peut pas rapporter les résultats obtenus à des poids et à des chiffres qui représentent l’état normal du sujet amputé.
Mais, bien que l’os amputé subisse toujours un certain degré d’atrophie, on peut, quand même, se demander si, l'opération ayant été pratiquée dans la période de croissance, l'accroissement par lépiphyse supérieure peut se continuer et si le moignon grandira.
Il eut été intéressant d'apporter des faits cliniques à cet égard. Malheureusement, malgré nos recherches dans les divers services de l’Hôtel-Dieu, nous n'avons pas pu rencontrer des cas «de ce genre ; quand même nous aurions trouvé les malades, leur histoire clinique nous eut probablement fait défaut. Il ne faut pas se contenter de renseignements vagues ; ce qu’il faut, de toute nécessité, c’est une mensuration exacte des moignons, au moment de l’opération ainsi que la mesure exacte de la longueur du membre sain à la même époque.
Ce que nous croyons pouvoir dire, c’est que l’os amputé
(1) Voir les comptes-rendus de la Société Anatomique. — 1829, Bérard.— 1834, Reignier. — 1847, Blondeau. — 1848, Blot.— Brot, Broca.— 1849, Ripoll.— 1854, Fano.— 1872, Verneuil.— 1873, Nepveu. — 1874, Labarrague. — 1875, Dransart. — 1877, de Boyer et Landouzy. — 1881, de Boyer, etc., etc.
Voir aussi les thèses de Pihet et de Verdalle, Paris, 1872, et les mémoires de chirurgie de Verneuil, t. II.
subit la loi d’accroissement normal : il y a bien un certain degré d’atrophie et d’arrêt de développement par l’extrémité supérieure ; mais, si l’amputation a laissé intacte l'épiphyse, qui fournit le plus à l'accroissement de l'os, le moignon grandira quand même. Il en sera ainsi dans les amputations de jambe et de bras. Nous avons entendu dire à M. le professeur Poncet, qu'il avait rencontré un jeune homme amputé du bras dans son enfance, dont l’humérus, ayant continué à se développer, s'était coiffé de la peau distendue comme d’un fourreau et formait un long appendice ostéo-cutané. Dans les amputations de cuisse au contraire, l'extrémité fémorale supérieure, contribuant peu à l’accroissement général, le moignon a les plus grandes chances, en tenant compte de l’atrophie inévitable, de ne pas s’accroitre sensiblement.
Dans les résections, il en sera de même, le déficit osseux, quand l’opération est pratiquée dans l'enfance, est toujours plus grand que la portion enlevée, quelle que soit la hauteur de la portion régénérée. Il y a, par le fait de l’opération, un ralentissement général de la nutrition. Mais, pour l’apprécier exactement, une mensuration antérieure rigoureuse est indispensable et n’est pas toujours faite, et de plus, il faut absolument revoir les malades, plusieurs années après l’opération.
A côté de cette atrophie vraie, il faut tenir grand compte de l'arrêt de développement qui tient à la suppression des cartilages de conjugaison. Il nous semble inutile d’insister sur la différence que présentent à ce point de vue les résections des diverses articulations. Les énormes raccourcissements qui suivent la résection du genou pratiquée avant la fin de la croissance, sont bien connus, au coude, au con-
traine , l'atrophie est bien moins accentuée , maiselle reparaîtra dans les résections du poignet (1)et de l'épaule.
Quant à la hanche, dans le mémoire déjà cité de M. le professeur Ollier, on trouve savamment étudiées les modifications imprimées à la longueur du membre par le fait de la résection du col du fémur ou de toute l'extrémité supérieure de cet os, trochanter, tête et col.
Les os réséqués ne subissent pas seulement un mouvement d’atrophie longitudinale ; ils sosit aussi le siége d’une atrophie dans toutes leurs dimensions. Qu'on se reporte à l'observation de Jeannette Verney : on verra cette atrophie bien marquée ; il serait toutefois intéressant, dans des cas analogues, de savoir la part qui revient à l'opération et celle qu'il convient d’uttribuer à la lésion initiale. Ilest probable que ces deux causes sont en jeu ; ce qui est certain, c'est qu’on est embarrassé, en examinant comparativement les portions enlevées et les os provenant d’une autopsie de résection, de fixer le point exact où a été faite la section; les surfaces ne se correspondent plus ; celles de la portion enlevée sont plus larges et on ne peut pas quelquefois dire exactement à quel niveau a été faite la section, du moins d’après ce simple renseignement.
Cet état de dénutrition générale que subit un os en voie d'atrophie, pour une cause ou pour une autre, se traduit cliniquement quelquefois par un accident, que nous avons vu se produire deux fois; nous voulons parler des fractures et des décollements juxta-épiphysaires.
OBSERvATION XXXVI. — Coxalgie suppurée. Atrophies musculaire el osseuse. Décollement de l'épiphyse inférieure du fémur.
(1) Voir l’obs. de Richard.
Louise Briollat, trois ans et demi, subit le 17 juillet 1880, la résection sous-périostée de la hanche droite, pour une coxalgie suppurée, datant d’un an. Procédé de la tabatière ; on enlève la tête sous forme de séquestre et on réséque une petite portion du col. On suture les attaches des muscles fessiers et le cartilage qui y adhère au reste de l’épiphyse trochantérienne encore cartilagineuse. Pendant le pansement, le genou appuie à faux sur un coussin, le simple poids du membre suffit à produire le décollement de l’épiphyse fémorale inférieure. Bandage de diachylum. Gouttière.
15 octobre. Il n’y a plus de trace de la fracture, le fémur est solide,
on ne sent pas de cal.
6 février 1881. Une fistule donne encore un peu de pus. Pied (longueur) :
COtéESaine ee A5 mn.
— opéré . . . . 135 — Tibia :
Cotes IE nn
— opéré . . . . 180 —
23 juillet. La malade marche depuis deux mois presque sans boiter. On trouve toujours un allongement du tibia de 5 à 6 millimètres du côté opéré.
9 novembre. Elle a constamment marché, chez elle, avec des béquilles et une semelle de plomb.
Pied :
Cote Sem.
== IOPÉLO ec A lHD ir Tibia :
CBTÉRSAIRE OS END
— ppéré . … … , 200 — De l’épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole externe :
Côtéisainit .- 7". + 455/mm.
— opéré. . . . 435 — Mollet :
Côté saim. . . . . 200 mm.
opéré. ,. 5. 1904
Cuisse, à la partie moyenne :
Côtesain a OD EMIN — opéré . . . . 240 —
7 juin 1882.
Pied :
COE Sn s à 0 S 1Ssimine
= MODELE MORE IT Mollet :
COTES SIN EE 22 0m.
= N'OPÉTO A 0 RE 200 Cuisse:
COTÉES 250 Emi
— MOPÉTÉ D. MN EU De l’épine iliaque à la pointe de la malléole externe :
COTES AD 00 En
= NOpér Cr Nr ITU Tibia :
(Crime. 2e se 2 2. 20 cime,
TOPÉTÉ RC ROUE
La malade, chez elle, a constamment marché, avec ou sans bé-
quilles. Elle couche la nuit dans sa gouttière.
OBservaTION XXX VII. — Coxalgie. Fracture sus-condylienne, pendant le redressement.
Jean Placide, 11 ans, St-Sacerdos, n° 15, est soumis à l’anesthésie le 19 novembre 1881, pour le redressement d’une coxalgie remontantà deux ans et demi. Adduction et flexion. On masse les adducteurs, qui cèdent facilement et on redresse le membre.
Pendant les manœuvres, et, au moment où l'on ne déployait que très peu de force, l’épiphyse fémorale inférieure se décoile avec une crépitation sentie par le chirurgien et entendue très distinctement par les aides les plus rapprochés. Mobilité anormale. On arrête les manœuvres et on enferme tout le membre, en faisant maintenir la réduction, par des iractions modérées, dans un bandage silicaté.
On a pris les mensurations suivantes :
Cuisse, à 19 centim,. au-dessus du bord supérieur de la rotule :
COS ER 50m
= lé NOM Mollet :
COTES 2 nm
= MMAlalC PR 250 —
Déjà, en juin 1881, on avait constaté les différences suivantes : Cuisse, à la partie supérieure :
Coté San. 4... 400 mr,
— malade . . . , 350 —
Cuisse, à la partie inférieure :
VOISIN RS Une
— malade, ,. . . . 295 — Mollet :
COCA EN 027 0 Enr
— malade . ,. . ,. 250 —
Les suites de la fracture ont été excessivement simples, et quand,
en juin 1882, on observa le malade, il n’y en avait aucune trace.
Ces deux observations nous semblent concluantes, sur la fragilité plus grande des os en voie d’atrophie : dans le premier cas, l’enfant sans doute était bien jeune, mais aussi le poids seul de la jambe a suffi pour produire la fracture. Dans le second on a bien déployé un peu de force ; mais si l’on songe aux résistances qu'on éprouve, chez un sujet de 13 ans, pour décoller l’épiphyse inférieure du fémur, on ne pourra moins faire que de voir dans la lésion de l’extrémité, une cause prédisposante aux fractures. D'ailleurs, on trouve, dans les traités classiques de chirurgie, l’existence d’une inflammation antérieure de l’os, indiquée comme prédisposition aux fractures spontanées. Pareil accident n’est pas très rare dans le redressement des coxalgies. Il s’est produit une fois, à notre connaissance, entre les mains de Valette. Nous rappellerons la remarque de Coulon sur
l'influence prédisposante de la scrofule, en l'absence de toute inflammation nettement déclarée de l’os, aux fractures chez les enfants.
Tout récemment, nous avons été frappé par deux faits qui se sont produits sous nos yeux, à un jour d'intervalle. À la salle St-Pierre, était couchée une malade de 22 ans, qui, vers le 10 août 1882, avait subi l’évidement du tibia gauche pour une ostéite douloureuse qui avait résisté à tous les traitements, y compris la trépanation. On avait trouvé le canal médullaire comblé par des produits éburnés d’ostéite condensante: une brèche y ayant été faite, les douleurs avaient totalement disparu et la plaie était en bonne voie de cicatrisation. La malade marchait sans difficulté aucune depuis 45 jours, lorsque le 13 septembre, sans chute, à la suite seulement d’un faux pas cette malheureuse fille se cassa le tibia et le péroné : la fracture siégeait à peu près au niveau de la plaie.
Le lendemain, une enfant de 13 ans à qui le 12 ou le 43 août on avait enlevé un volumineux séquestre diaphysaire du fémur gauche, et qui marchait aussi, depuis cinq ou six jours, se fractura le fémur en remontant dans son lit, sans effort, sans choc, et sans chute. L’os cependant était très hypérostosé et la brèche nécessaire à l'extraction du séquestre n’avait pas été bien considérable. Notons enfin qu’à son entrée, dans la salle St-Pierre, cette enfant avait déjà un décollement de l'épiphyse inférieure du fémur, par le fait de son ostéite diaphysaire.
Certes, nous ne voudrions pas rapporter ces deux cas uniquement à l'état atrophique du tibia et du fémur et nous ne nous dissimulons pas que la fracture s’est produite assez souvent, même entre les mains du chirurgien au mosnent
même de l'évidement. Bien moins encore mettrons-nous sur le compte de l’atrophie le décollement de l’extrémité inférieure. du fémur. Mais nous avons néanmoins été vivement frappé de ces deux faits survenus à si court intervalle et où la nature des lésions, l’éburnation d’un côté, l’hyperostose de l’autre, étaient loin de faire supposer la possibilité d’un pareil accident. N’y a-t-il pas au fond une certaine prédisposition, un degré de fragilité des os, même dans des cas en apparence bien éloignés de l’atrophie, qui les met dans des conditions favorables à la fracture. Nous ne l’affirmons certes pas ; mais ces deux cas nous ont néanmoins paru assez intéressants pour dévoir être signalés.
IT