ATROPHIE DES OS VOISINS DES OS MALADES
Jusqu'ici, nous ne nous sommes occupé que des divers modes d’atrophie survenant dans un os soumis à une influence morbide. Mais, qu’un os, ou une articulation soit le siége d'une inflammation de longue durée, quelle qu’en sait d’ailleurs l’intensité, il est bien rare que les os voisins n’en aient pas comme un retentissement qui se traduit le plus ordinairement. par l’atrophie. Chemin faisant, nous avons déjà rapporté nombre d'observations. Il nous paraît inutile, après des cas aussi probants, d’insister plus longtemps sur la réalité de ce genre d’atrophie. Dans aucune de ces observations l'os atrophié n’était directement malade : la lésion siégeait le plus ordinairement au-dessus et cependant le raccourcissement a pu atteindre jusqu’à 0" 05. Ces cas sont analogues à ceux qu'a mentionnés Nélaton
pour la coxalgie, vérifiés par les recherches de Berguien. Il ne peut être question, ici, d’une lésion de cartilages de conjugaison, ni de la propagation de proche en proche, d’un travail de médullisation inflammatoire. Mais, il est à remarquer que c’est surtout, dans le cas d'évolution lente, où les malades ont été alités pendant des mois et des années, privés de l'usage de leurs membres que l’on rencontre ces atrophies. C’est, croyons-nous, un des arguments les plus puissants, en faveur de la théorie qui admet l'immobilité prolongée comme cause. Plusieurs facteurs sont à considérer : qu’un os long, parvenu à son entier développement, s'atrophie par le repos et l’immobilisation, la chose est bien admissible : il subira une diminution dans toutes les dimensions, mais s’il se raccourcit, ce sera seulement dans des limites insensibles : au lieu que si la maladie a frappé le membre d'un sujet jeune, le raccourcissement des os longs, voisins du foyer morbide, sera bien plus considérable : qu'on remarque ce qui s’est passé chez les malades dont nous avons rapporté les observations : Jean Robert (observ. XXVIT) est âgé de 20 ans et n’a jamais marché depuis 7 ans; Grange (Observ. XXIX) a été frappé à l’âge de 7 ans et pendant 22 mois n’a pas mis le pied par terre : quand il a pu se lever, il a dû marcher pendant quatre ans avec des béquilles ; Emile Rance, enfin, (Observ. XXXI) atteint de coxalgie à 10 ans est resté impotent pendant 2 ans et a marché 2 ans avec des béquilles. Encore, chez ce dernier le retour intégral des fonctions s’étant produit avant la fin de la période de croissance, le rétablissement de la longueur de l'os s’est presque normalement fait.
Si, maintenant, on remarque que c’est aux membres inférieurs principalement que ce font ces arrêts de déve-
loppement, on aura un argument de plus en faveur de l’inertie fonctionnelle. Quand les membres supérieurs sont malades, le sujet, outre qu'il n’est réduit qu’au repos général que nécessite la présence de l’état aigu, peut bientôt exercer son membre, au moins dans certaines limites. Dans les arthrites du poignet, les mouvements de l'épaule sont conservés, ceux de l’avant-bras sur le bras se font normalement et les groupes musculaires qui prennent leurs insertions sur l’humérus, mais sont destinés à la main, peuvent encore agir comme fléchisseurs du bras ; quoi d'étonnant dès lors, si l’atrophie osseuse présente des rapports intimes avec l’atrophie musculaire que des os dont les fonctions motrices sont gênées, mais non entièrement abolies, ne s’atrophient pas dans d’aussi grandes proportions qu’au membre inférieur, où le repos horizontal, l’extension presque continuelle amênentune immobilité, relative, — nous l’admettons sans difficulé en l'absence d'appareils, — mais en tous cas, bien plus grande? Nous en pourrions dire autant des arthrites de l'épaule. Et dans les cas d’ostéite, dans les cas d’ankyloses, n’en est-il pas de même ?
Ces considérations ont une grande importance mais le problème est-il, par là, entièrement résolu ? Il serait imprudent de l’affirmer. En effet, dans les affections des centres nerveux il arrive fréquemment que des membres sont condamnés par la paralysie, à l’inertie prolongée, et ils ne s’atrophient pas ou du moins, on ne l’a pas constaté. Car, à dire vrai, nous n’oserions pas affirmer qu'il en est ainsi; c’est un point en effet qui n’a guère été étudié, sauf pour l’ataxie locomotrice. Or, les lésions atrophiques du système osseux y sont fréquentes, et on a constaté au point de vue chimique, des différences assez notables entre la
composition des os tabétiques et ceux du sujet sain. (t} Nous ne savons pas que des recherches analogues aiént été faites sur les os des paraplégiques ou des hémiplégiques. (2} Dans la sclérose en plaques cependant d’après Bonneville et Guérard (3) on pourrait aussi constater des-altérations osseuses de nature atrophique. Quant à la paralysie infantile qui se traduit par des arrêts d'accroissement du squelette, Laborde. (4) a constaté aussi la prédominnace des éléments médullaires et l’augmentation- de la graisse, marchant de pair avec la raréfaction des éléments anatomiques primitifs. Ce sont là, croyons-nous, les seules affections nerveuses centrales où l’on ait étudié les altérations des os. Ces lésions nous paraissent avec les modifications histologiques signalées par Liouville, dans les os d’ataxique : — dilatation des canaux de Hawers qui sont remplis de bourgeons charnus — raréfaction de la substance osseuse, etc. amplement suffisantes pour nous permettre de nous demander si dans les cas de paralysie, où l’inertie fonetionnelle est absolue, le système osseux ne se. modifie pas dans le sens de l’atrophie. Nous croyons qu’il y a, pour les os comme pour les muscles, des causes multiples qui agissent pour produire l’atrophie, et,-en l’état de nos
(1) ReGnarD. — Académie des sciences, 1879, 8 décembre.
Cet auteur a étudié un fémur d’ataxique dont les extrémités : étaient usées et résorbées. Ce qui domine, c’est l'abondance de la graisse, la diminution considérable du phosphate de chaux ; l’osséine, les carbonates, les chlorures restent normaux.
(2 Debove cependant a signalé dans les os d’hémiplégiques des signes de médullisation qui expliqueraient la fragilité dont ils sont
doués. — Union médicale:
(3) Bournevizze et GuéRaRD. — De la sclérose en plaques, Paris,
(4 LAasorps. £Z Thèse. — Paris, 1864.
eh
connaissances sur les rapports qui unissent physiologiquement ces organes de locomotion, f nous pensons qu’à l’état pathologique, il en est sans doute de fmême : les mêmes causes produiraient les mêmes effets, et, admettant pour les muscles une atrophie réflexe, pourquoi ne l’admettrionsnous pas aussi pour les os, au moins dans de certaines limites ? Les différences sont grandes évidemment, mais plus l'anatomie pathologique pousse loin ses investigations, plus on peut espérer arriver à une somme de connaissances qui établisse définitivement la situation du centre trophique du système osseux. Nous concluerons de ces considérations que l’on ne peut nier, à priori, une action, non encore déterminée du système nerveux sur la production des atrophies osseuses.
Dans les os voisins d’un os malade, l’atrophie revêt, au suprême degré, les caractères signalés par M. le professeur Ollier comme caractéristiques de l’atrophie par inertie fonctionnelle. Mais il est un fait des plus intéressants sur lequel nous devons insister, c’est l'allongement.
Prenons comme exemple, le cas le plus fréquent. Il est peu de coxalgies survenues dans l’enfance, où, à un moment donné, le squelette de la jambe ne présente une longueur p'us grande que du côté sain. Nous avons signalé ce fait dans le cas de Louis Briollat et nous le retrouverons dans presque toutes les coxalgies. Cet allongement n’atteint pas, le plus ordinairement, plus 0 ®* 0 10 à 0 ®* 0 20 et compense, dans de certaines limites l’atrophie qui provient du reste du membre. Ce qui nous a fait émettre quelques doutes au sujet des observations publiées dans la thèse de Berguien, c’est que cet allongement n’est pas signalé une seule fois; et, nous le répétons, il est d’une fréquence
extrême dans cette affection. Toutefois, hâtons-nous de le dire, il n’est pas, ordinairement du moins, permanent, et, au bout d’un certain temps, que le malade marche ou qu’il soit traité par les moyens ordinaires, immobilité dans un bandage ou une gouttière, il disparaît pour faire place à un raccourcissement. Ce n’est, à proprement parler, qu’une des phases de l’atrophie, éminemment transitoire le plus souvent. Il faut une observation longtemps continuée pour juger sainement de ce signe, mais les nombreuses observations que nous avons faites, à cet égard, ne nous laissent aucun doute. Comment expliquer ce phénomène? un membre s’atrophie et cependant un de ses segments est plus long; c’est justement ce raccoureissement définitif qui permet de le classer dans l’ordre des atrophies: c'est l'allongement atrophique de M. le professeur Ollier. Ce n’est pas, nous le répétons, seulement dans la coxalgie qu’on l’observe et c’est un phénomène général, de son essence. Dans les arthrites du poignet par exemple, il est fréquent de constater cet allongement de l'humérus. Nous en avons donné déjà un bel exemple dans l’observation de Richard. L’humérus qui, un an après l’opération s'était accru de 0 "® 0 07, s’est trouvé en définitive, au bout de dix ans, plus court de 0 ** 0 05. Nous citerons encore, l’observation suivante où, nous avons pu suivre pas à pas, l’évolution du phénomène que nous étudions.
OBsERvATION XXX VIII. — Coxalgie suppurée. Résection de la hanche. Atrophies osseuse el musculaire. Allongement atrophique.
Jos. Perret, 9 ans, entre le 19 juillet 1880, à St-Pierre, pour une coxalgie suppurée du côté droit datant d’un an au moins, avec fis-
tule sur la face externe de la cuisse et raccourcissement réel de 35 mm.
or) Le
Alitement depuis le début.
Le T août, on pratique la résection de la hanche, par le procédé de la tabatière, On coupe le col ; hauteur de la pièce enlevée 18 à 22 mm., on recoud le trochanter encore cartilagineux.
Suites assez simples. |
19 janvier 1881. On prend les mensurations suivantes :
Cuisse au tiers moyen.
CotéEsant es 260 imm.
—MOPÉTé Ne ne ROUE Mollet :
CotES in + 4 ! :, : IN 'mX.
= Mopérée. UL.: 4" 180 = Pied (longueur) :
COS Sal ee or CIS mm.
= ODÉTOI Mic: 1e lot Tibia :
COS Sites à © à à Arum,
—- opéré .- +. . .… 1960 — De l’épine iliaque à la pointe de la malléole externe :
COTES AT RE 025 Em:
— opéré . . . . 590 — 18 novembre 1881.
De l’épine iliaque à la pointe de la malléole externe : Côté sain. . . . . 650 gram.
MOpere ne . "610 , — Les deux tibias mesurent 260 mm.
Cuisse à l4 cent. au dessus du bord supérieur de la rotule : COtéEsaime 0 n 2e. 1960 mm, — opéré . . . . 360 —
Mollet :
Coté a 255 nm.
1 OpOré nn... 220 — Depuis un mois et demi, on fait marcher la malade à huit ou dix reprises par jour, pendant cinq minutes, avec des béquilles, Il per-
siste toujours une fistule.
16 juin 1882. — De l’épine iliaque à la pointe de la malléole externe :
COtéISAnE GS 2m.
MAOPEES 7 IEP ES Tibias. ssh | COTES an RE 22 nm POP ML e en77 0e Persistance de la fistule externe. La malade marche tous les jours. Elle couche dans une gouttière. Traction sur le membre ma-
lade pendant la nuit.
Nous l’avons déjà dit, cet allongement, n'étant qu’une phase de développement de l’atrophie, disparait bientôt pour faire place au raccaurcissement final ; mais il n’en est pas toujours ainsi et quelquefois, rarement, il est vrai, il persiste. C’est le cas dans l'observation suivante.
OBsERvATION XXXIX.— Ostéile de l'extrémité supérieure du fémur dans l'enfance. Atrophies.
M. le docteur D., 28 ou 29 ans. Vers l’âge de deux ou trois ans ostéo-myélite suppurée de l’extrémité supérieure du fémur gauche. Envahissement de l’articulation. Il reste actuellement des traces de fistules osseuses.
Malgré l’atrophie considérable, le membre est très fort et il n’y a pas de différence avec celui du côté sain, pendant la marche.
On prend les mensurations suivantes en février 1881.
L | Côté droit. Côté gauche.
Circonférence de la cuisse au pli de laine, 582 mm. 493 mm. Cir. de la cuisse à la partie moyenne. . 483 — 450 — Cirsdumollet SOS RC RE Et 00 — DAS Longueur du pied "MO 258 0 251 — D'une malléole à l’autre, en passant sous
RAA lOn AN ARE RTE 188 — Long: du fémur du sommet du trochanter. 470 — 448 —
Longueur dibia ne PT CRE UN 379 —
Comme on le voit, chez l’homme, l’évolution de ce singulier phénomène ressemble beaucoup à ce qui se passe chez les animaux. Mais chez l’homme, où l'observation est plus facile sous certains rapports, on peut mieux chercher à l'interprêter. Nous avons déjà parlé des idées de Lesshaft et Popoff: Pour ces auteurs, c’est dans l’activité des muscles voisins qu’en réside la cause : c’est en somme, une partie de la théorie de M. le professeur Ollier qui, à l’exonération de pression de la part des muscles voisins, ajoute l'exonération de la pression exercée par les segments du membre voisin. C’est à cette théorie que s’est rallié notre ami, le docteur Auboyer (1) pour expliquer quelques-uns des cas de croissance exagérée, dans le cours de la convalescence de quelques malades fébriles. Nous admettons, comme les auteurs précédents, l'influence locale de cette cause: étant donné un os, dans de certaines conditions d’atrophie, c’est du côté des moindres résistances qu’il se développe. Or, le décabitus, l’inertie musculaire, le défaut de pression articulaire concourent à ce résultat, jusqu’au moment où l'influence générale prédomine et se traduit par le raccourcissement final.
C’est aussi par l'allongement atrophique qu’on doit expliquer les cas &’amputation de la jambe et de l’avantbras, dans lesquels le fémur ou l’humérus sont plus longs que du côté sain. Neurdorfer (2) a rapporté 10 cas d’amputation de jambe dans lesquels 8 fois le fémur était plus long de 3 à 5 cm.; il a trouvé que, pour l’amputation de l’avant-bras , l’allongement de l'humérus était moins constant. Et cependant il doit en être de même pour lhu-
(1) AuBoxer. — Thèse de Lyon. 1881.
(2) Neurporrer. — Wiener Medizinische Presse 1879, n° 26.
= aie
méras, et pour les mêmes raisons. Mais ici la question d'âge intervient et si cette modification longitudinale de los du segment supérieur à l’amputation, n’a pas été constante, nous croyons que la cause réside dans ce fait que l’amputation a été pratiquée sur des individus parvenus à leur complet développement, ou bien ce que les sujets ont été examinés trop longtemps après l’opération, alors que le processus atrophique ayant pris le dessus, la phase d’allongement était déjà passée.
Nous avons vu, dans la première partie de ce travail que l'allongement atrophique paraissait le propre des os longs, ou, d’une façon plus générale, des os qui se développent surtout par des cartillages de conjugaison. Dans nos nombreuses mensurations du pied, nous n’avons jamais en effet trouvé d’allongement mais bien des raccourcisséements veriant entre 4 ou 5 °° à 24 ®, Le plus souvent les malades avaient gardé une longue immobilité; mais cependant il en est quelques uns, qui avaient toujours marché, sauf à des périodes assez restreintes. Chez le plus grand nombre celte atrophie du pied coincidait avec le raccourcissement de la jambe et de la cuisse. Mais il est deux malades qu’il nous à été donné de suivre avec soin pendant toute l'évolution de leur coxalgie ; toutes deux ont été alitées depuis le début de l'affection et chez ces deux enfants, nous avons suivi, le compas et le podomètre en main, la croissance du tibia et du pied. Dans les deux cas nous avons constaté ce résultat en apparence paradoxal que nous avons déjà signalé dans notre partie expérimentale, c’est-à-dire, un tibia plus long et un pied plus court. Ainsi nous croyons que dans la coxalgie l’atrophie du membre dépend, pour une bonne part, du degré
d'inertie à laquelle sont soumis les malades et qu'à l’examen du pied seulement on peut, dans de certaines limites bien entendu, diagnostiquer les malades qui ont marché et ceux qui ont été immobilisés. Si dans quelques cas de coxalgie qui n’ont été soumis qu'à notre observation que peu de temps et plusieurs années après le début, nous avons trouvé letibia etle pied plus courts, cela n’infirme en aucune façon ce que nous disons, et ce que nous savons de l’évolution de l'allongement atrophique suffit à expliquer cette anomalie plus apparente que réelle. Car l’immobilisation n’est pas l’unique raison du raccourcissement du pied et l’ostéo-arthrite coxo-fémorale tient toujours le premier rang dans les causes de ce phénomène.
Dans les coxalgies, le fémur, le tibia et le pied ne sont pas seuls à être influencés par l'affection : nous avons deux exemples frappants de déformations du bassin dans cette affection. Ils sont à rapprocher de ce qui a été décrit par Engel, (1872) (1) et Bækel et des déformations du bassin chez les amputés de cuisse dans l’enfance. Nous rappelons à ce sujet l’observation de Verneuil (1872) (1) et le cas déjà cité de Dumas, de Montpellier [1879).
Autopsie (3). On constate tout d’abord l’atrophie de l’os iliaque gauche, entraînant une modification profonde de la forme du détroit supérieur. En effet, sur l’ilium, la ligne innomimée, décrit une courbe plus prononcée et aboutit, en arrière, à l’aile du sacrum qui est moins excavée que du côté droit. La symphyse pubienne au lieu de correspondre au milieu du promontoire vient tomber, par son
axe prolongé, sur le côté gauche de la vertèbre, à l'insertion de la
(1) Excer, 1872. — Le bassin coxalgique.
(2 Verneuiz. — Société analomique, 1872.
(3) Ce bassin est celui d'Emile Ranc. — Obs. XXXI.
grande aile du sacrum. De plus, elle est oblique de gauche à droite, et de haut en bas Il résulte de ces modifications que le bassin a, jusqu’à un certain point la forme oblique ovalaire, avec cette différence que l’ellipse d'engagement utile est du côté malade au lieu d’être du côté sain. À supposer que la déformation fut plus accentuée, mais toujours dans le même sens, et que le bassin appartint à une femme, il faudrait pour que l’arcouchement put se faire que l’enfant se présentat en 3° ou 4° position.
Toute la région obturatrice est déjetée en dehors et en arrière: la branche ischio-pubienne est plus oblique dans ces sens : elle est plus grêle, ainsi que la branche horizontale du pubis. Le trou obturateur est ellipsoïde, très allongé.
On prend les mensurations suivantes :
Diametreitrans verse el 20 re Diamètre oblique gauche malade). . 125 — — NAAroN ML LE D RPIEIESNSE
Le diamètre antéro-postérieur, qui vient tomber sur le milieu du promontoire,mesure 110 mm.: mais il faut remarquer que le diamètre qui le représente, sur ce bassin, vient tomber sur le côté gauche de
Ja vertèbre; c’est en réalité un diamètre oblique qui mesure 115 mm.
Diamètre coccy-pubien -: … … .: .:" 105 mm.
— COCCY=SACTÉ Re cr O2 Longueur sacro-cotyloïdienne gauche. 90 — —— — — droite . 72 —
Hauteur du bassin.
Hauteur de la symphyse pubienne. . 40 — Hauteur pectinéo-ischiatique guuche . 60 —
— — — droite, . 90 —
La ligne pectinéo-ischiatique verticals,du côté droit, vient eouper la branche ischio-pubienne (elle mesure $9 mm). :lais si on cherche la longueur réelle de cette ligne, qui est oblique en bas et en dehors on voit qu’elle a 80 mm.
Du promontoire (milieu) à l’extrémité de l’aile du sacrum du côté gauche. . 60 mm.
— — droits: 48 —
On mesure la hauteur ilio-ischiatique, du point le plus saillant de la crête iliaque :
Côté gauche . . . . 185 mm.
modos... se he 00208:
D'une épine iliaque antéro-supérieure, à l’épine iliaque postérosupérieure :
Côté gauche . . . . 140 mm.
droits." : 4 1501
De l’épine du pubis à l’ischion :
Côté: gauche. .-. * 110 mm.
droits mel ol20 tee
Ecartement des épines iliaques antérieures 220 mm.
Ce bassin,très atrophié et de forme particulière,présente en outre les lésions ordinaires des coxalgies suppurées : agrandissement de la cavité cotyloïde, en arrière et en haut, disparition du cartilage, perforation du fond, grande comme une pièce de 20 centimes, la partie antérieure seulement est saine. Mais les lésions ne sont pas bornées là et s'étendent sur la fosse iliaque externe et, passant par dessus la surface pectinéale, rugueuse, irrégulière, couverte d’ostéophytes vont remonter sur, environ, la moitié inférieure de la fosse
iliaque interne.
OBsgrvaTioN XLIII. — Coxalgie suppurée du côté droit. Allongement du tibia.
Emma Marsa], 4 ans 1/2, entre le 28 mars 1881, à la salle St- Pierre, n° 5, avec une coxalgie suppurée dont on ne peut connaître la date de début. Déviation extrême, flexion très considérable, luxation de la tête en haut et en arrière. Foyer intra-pelvien, plusieurs fistules.
Tibia :
COIOISAID 0 Ve PAIOU Tim — malade. . . . 170 — 30 mars. — Résection de la hanche. On reconnaît la perforation cotyloïdienne.
Les suites opératoires ont été simples. Cependant la malade n’a
jamais marché : Trois ou quatre mois après l'opération, un ostéite
des corps vertébraux donna naissance à un vaste abcès par congestion, qui vint s'ouvrir au-dessus de l’arcade crurale gauche. La malade succombe, dans le marasme, le 6 juillet 1882.
Aulopsie. — Le sujet ayant été réclamé, il nous a été impossible de disséquer et peser les muscles. Mais nous avons pu nous procurer le squelette du bassin et des membres inférieurs, sauf les pieds.
Fémurs. — On ne peut pas, à cause de la résection, mesurer la longueur totale de ces os. Mais sur chacun d’eux on trouve des trous nourriciers qui paraissent bien symétriques. De ces trous à la face inférieure des condyles externes.
CORÉEN ET 93 mm.
— OPÉTO SR M MR ST L’extrémité inférieure est certainement moins volumineuse. Tibias el péronés. — Poids :
(ÉONÉPRETRN ER 7 51 gram.
= OO où D'UR ec AT — Longueur des tibias.
COTÉES ain 5 nm NOpere ce Ur SlO IT Bassin. — Notons tout d'abord un agrandissement énorme des
cotyles et une perforation en forme d’Y, très large aussi, etc., etc.
Le bassin est déformé : la fosse iliaque interne est plus profonde, et néanmoins l’ilium est plus vertical. Le pubis est dévié à gauche, c'est-à-dire du côté sain. Au niveau de l'articulation sacro-iliaque, on trouve un angle presque droit,au lieu que, du côté sain, l’aile du sacrum présente sa concavité normale ; le sacrum est presque droit. Cette déformation du sacrum fait que le détroit supérieur tend à prendre la forme oblique ovalaire où l’articulation synosto-
sée serait du côté malade ; la grande ellipse utile est du côté sain.
Diamètre oblique gauche. . . . 74 mm.
me LTOIE DS UE 67 — DiametrelcOnUeUuC 61 —
Ce dernier diamètre n’est pas antéro-postérieur, mais légèrement oblique à cause de la forme complètement verticale du sacrum et du peu de développement du promontoire. Aussi le diamètre antéro
postérienr a presque la même longueur: 60 mm.
Diamètretransversal.-#. !. : :.. 66 mm.
— Sacro-cotyloïdien gauche 48 — — — droit . 43 — La région ischio-pubienne est plus longue et paraît projetée en arrière.
Hauteur verticale utile, en dehors de l’épine du pubis : COtÉATOIN EE. 09 mm, = oauche Et 0 AT —
La ligne oblique prise du même point supérieur, au point le plus
inférieur de l’ischion, a :
CotÉSUrOS Le. 54 mm.
NEAUChE 60 — De l’épine iliaque antéro-supérieure au point le plus bas de l’ischion:
CO RON Me CUP 103 mm, = SAUCE 0.1.1 99 — De l'ischion au point le plus élevé de la crête : Cététdroi ar CIS EnNe —Meauche NTI
La partie inférieure du sacrum est fortement déviée du côté sain. Les portions sous-cotyloïdiennes sont surtout développées ; l’iium proportionnellement l’est moins.
De l’épine iliaque antérieure à la postérieure : COLONEL 90 mm.
RS OUCHEN ES 88 —
La forme du détroit inférieur est semblable à celle du supérieur, c’est-à-dire que la ligne coccy-sous-pubienne est oblique, au lieu d’être droite, et déviée à gauche. Sa dimension est 70 mm. Le diamètre bi-ischiatique est oblique et son extrémité gauche est plus antérieure que la droite. Dimension, 52 mm. Les lignes coccy-ischiatiques ont:
COTTON EC 40 mm.
— SAUCE cu 36 —
Le sacrum, vu par derrière, présente une torsion très nette qui
porte sa face antérieure du côté malade.
= re
Notre intention n’est pas de développer longuement les intéressantes questions que peut soulever l’étude de ces deux bassins; nous ne rechercherons pas le mécanisme suivant lequel se produit la déformation. Mais nous tenions à signaler ces deux faits dont l’un complète l’observation intéressante d'Emile Ranc, et dont l’autre, tant au point de vue du bassin qu’à celui d’autres questions, soulevées dans le cours de ce travail, nous semblait utile à faire connaitre.
Au membre supérieur, l’atrophie des segments éloignés du point malade est aussi constante ; nous en rapporterons l'exemple suivant.
OgsegrvarTioN XL. — Arthrile chronique scapulo-humérale. Résection. Atrophies osseuse et musculaire.
Jenny Vial, 18 ans, entre le 4 janvier 1880, à la salle St-Pierre, pour une arthrite à tendance ankylosante, de l'épaule gauche, ayant débuté très sourdement à l'âge de 8 ans. Il n’y à que sept ans qu'elle souffre et a de l’impotence du membre. Actuellement, impossibilité des mouvements actifs. On constate que l’atrophie du moignon de l'épaule est de 5 cm.
Bras, à 4 centim. au-dessous du bord inférieur du grand pectoral :
COST 20 nm.
— malade Nr ROUE Avant-bras, à 3 centim. au-dessous du pli du coude : COTES 250 nn.
—imalade sem ROSE Radius, de l’épicondyle à l’apophyse styloïde : COTÉMSAN EEE NO Drm — malade. MN CN TADNEE Cubitus, de l’olécrâne à l’apophyse styloïde : COTE SA 0e M INAlAl CE TO NES
Humérus, de l’angle postérieur de l’acromion à l’épicondyle :
Coté:Snin sn ac x 290 ira:
— malade, . . : , 2710 — Au dynamomètre : | COS ESRI; Rue Val ve 33 — er imMAlaRe, Ne, D 0 24 — 7 avril. — Résection de le tête humérale. On enlève 4 centim. : la tête est excavée par une caverne tuberculeuse. 27 novembre 1880 — Moignon de l'épaule :
COR SAR ER. SE + 905/mm.
dot Bras, au niveau de l’aisselle :
DOTÉESAIN Nr MS 00m
— Mopéré 0 titre EE — Avant-bras, à 5 centim. au-dessous du pli du coude :
CÔTÉ San ne 0 0. Ni2A0 mn:
MOD EE Eine del en
30 janvier 1881 — Les mensurations donnent à peu près les mêmes résultats. La malade se sert bien de son bras. Mouvements actifs dans l'épaule.
Dynamomètre :
RUE T ET ANR 40 —
mn OPOTÉ M be ed 25 — De l’angle inférieur de l’omoplate à la saillie bien sensible de l'angle antérieur de l’acromion :
COISAN ET 0 190 mn; TR ODOTO An ls IeUt Du bord supérieur de l’omoplate, au niveau de l’épine, à l’angle postérieur de l’acromion:
Colin ne, Li + 1 . 140 mm:
A TOPOIC Us A0 Les clavicules ont toutes deux 16 centim.
9 avril 1881 — Dynamomètre :
COS EE 40 — ÆLODÉTO ME es à us 3 — Tous les muscles se contractent bien. On a électrisé tous les jours, tous les muscles du membre, depuis janvier. Il persiste ce-
pendant de l’atrophie.
Il est un point intéressant dont nous n'avons pas encore parlé. Dans les segments de membre à os parallèles, que devient l'os sain, lorsqu'un des deux est malade et subit de ce chef une atrophie, ou même disparaît entièrement ? Déjà M. Poncet, en 1872, a publié dans le Lyon médical (1) un cas de cette nature ; il s’agissait d’une ostéite de l’extrémité inférieure du cubitus ayant amené l'arrêt d’accroissement de cet os. Or, dans ce cas, le radius était incurvé et son extrémité supérieure s'était luxée en haut et en dehors. Enfin, la main était fortement inclinée sur le bord cubital.
Nous avons nous-même observé un cas de ce genre ; une ostéo-périostite aiguë de l'enfance, ayant détruit le périoste cubital, aucune régénération osseuse ne s'était produite après l'élimination de la diaphyse cubitale entière.
Ogsservarion XLI.— Ancienne ostéo-myélite du cubitus droit ayant amené l'élimination totale de la diaphyse de cet os. — Arrét d’accroissement du radius et de l’humérus. — Atrophie musculaire.
Jean Roussin, 13 ans et demi, entre, le 2 juillet1881, à St-Sacerdos, n° 16. À la suite d’une ostéite aiguë, survenue à l’âge de 3 ans, la diaphyse du cubitus droit a été entièrement éliminée. La guérison s’est faite ensuite, mais le périoste ayant été détruit par l’acuité de l’inflammation, aucune reproduction de l’os absent ne s’est produite. On constate ce qui suit.
L’avant-bras droit est criblé de cicatrices ; une surtout, longue de 8 cm., occupe la place du cubitus absent et aboutit en haut à une saillie osseuse qu’on reconnaît être l’épiphyse olécranienne. En bas, on ne sent plus la saillie styloïdienne. Le radius est à sa place normale, mais il est incurvé, à concavité interne. La main est ballottante ; tous les mouvements peuvent être poussés à l’extrème. Les mouvements volontaires de flexion de l’avant-bras arri-
vent à l’angle droit. L'extension est complète ; l’avant-bras retombe
(1) Poxcer. — Lyon médical, 22 décembre 1878, p. 594.
plutôt qu’il ne s'étend par la contraction graduée du triceps. Pronation naturelle. Contractions des fléchisseurs très faibles. Radius. De la tête à l’apophyse styloïde.
CIS Sans". . . 205 mm.
Pad. Ne PT AU TAON Humérus. — De l'angle postérieur de l’acromion à l’épicondyle. POUSSIN EUR PONT At 200 mes —iimalade. 1... .1 280 :.— Circonférence du bras à sa partie la plus épaisse. COR + 2119. mn.
—, malade . . .! + 160 —
Ce cas diffère, on le voit, de celui de M. Poncet, en ce qu’il y avait une perte de substance tellement grande dans le squelette de l’avant-bras, que la plupart des fonctions étaient abolies : les muscles, privés de leurs soutiens normaux, n’avaient plus cette coordination nécessaire à leur action et de leur côté s'étaient atrophiés. Néanmoins, le petit malade se servait encore de sa main. Quoiqu'il en soit, l’atrophie semble, au moins dans l’enfance — et ces cas-là en sont exclusivement le privilége — devoir accompagner les lésions graves d’un des os parallèle. Il serait intéressant de suivre les modifications de forme que peuvent alors prendre les membres. Le sujet est trop à part, et demanderait des développements trop longs, pour que nous nous y engagions.
Qu'il suffise de savoir que des déformations considérables peuvent être le résultat de cas analogues. La main bote en était résultée, dans le cas de M. Poncet; un élève (1) de la faculté de Paris, a fait une bonne thèse sur le pied bot accidentel, où des cas de cette nature sont consignés.
(1) Rourier. — Thèse de Paris, 1881.
En arrivant à la fin dé cette étüde sur J’atfophie osseuse, on remarquéra que nous n'avons pas parlé dés fractures ; les cas nous ont manqué d’abord ; puis nous pensons que dans les fractures diaphysaires de l'enfance, exemptes de complications, les choses se passent le plus simplement du monde et que, ni l’atrophie, ni l’hypertrophie n’en sont la suite, au bout d’un certain temps, au moins le plus souvent. Ce n’est, croyons-nous, que lorsque la fracture siége au voisinage des épiphyses, qu'on pourrait observer des troubles de nutrition ; mais la consistance des os, à cet âge, est telle que la fracture se produit le plus souvent vers le milieu de la diaphyse ; d’autre part on ne peut affirmer qu'il n’y aura jamais d’atrophie ; la vie de l'os long, à cette période, est trop connue pour que, à priori, on ne puisse supposer que, dans certaines conditions, des modifications de longueur ne se présenteront pas ; mais ce sont justement ces conditions qui sont rares, — fractures juxta-épiphysaires, complications inflammatoires. — Et le plus souvent nous croyons que les choses se passent trop simplement pour que le processus atrophique ou hypertrophique se développe. Les mêmes causes, qui font que l’atrophie musculaire fait défaut, existent aussi pour le squelette.
Chez l’adulte, pour les fractures simples, tout se passe normalement le plus souvent. Il est cependant des cas, analogues à ceux rapportés sur la thèse de Jollan de Clervittée; mais n’y a-t-il pas au-dessus des conditions locales une influence générale (influence diathésique, affection nerveuse centrale, etc.) mal étudiée, partant mal connue ? En tout cas, nous n’avons pas rencontré de faits de ce genre; l’atrophie dans les pseudarthroses est encore mal connue aussi. Il serait peut-être prématuré d’avancer une
interprétation : il vaut mieux rester sur la réserve. L’inflammation, les traumatismes du cal semblent tenir une certaine place dans l’étiologie; mais ne suffisent cependant pas à expliquer tous les cas.
Dans les fractures compliquées de plaies, il n’en est pas de même ; l’inflammation osseuse et des parties molles, la suppuration jouent un grand rôle et il n’est pas douteux, qu’on puisse observer l’atrophie, qui se manifestera par des modifications de longueur et de volume, seulement, si Ja période de croissance est terminée. Mais, en tout cas, la fracture ne joue, alors que le rôle de cause occasionnelle : l'ostéite et ses conséquences sont tout.
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