‹ Recherches experimentales comparatives sur l'action du chloral, du chloroforme et de l'ether avec applications practiquesChapitre 11 sur 53 · EFFETS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

EFFETS IMMÉDIATS

nous enregistrons simultanément les mouvements du thorax et les secondes.

§ I. Chloroforme. — Pour Cl. Bernard et M. Bert les inhalations trachéales de chloroforme seraient exemptes de troubles cardiaques. M. Picard a observé, dans ces conditions, une période d’excitation. Enfin, M. Dogiel a noté un ralentissement passager qui va quelquefois jusqu’à l’arrêt complet de la pulsation du cœur et de la respiration. Nous avons répété ces expériences, et voici les résultats que nous avons obtenus :

Lorsqu’on met brusquement en communication avec la trachée le vase à deux tubulures chargé de chloroforme, les battements du cœur se précipitent (de 150 à 160 pulsations), et la pression s’élève dans les artères ; puis cette pression baisse, malgré une accélération croissante du cœur (200 pulsations), parce que les battements sont de plus en plus petits; enfin, tout à coup le cœur se ralentit; il exécute encore trois ou quatre systoles lentes, allongées, et s’arrête tout à fait.

Pendant que ces phénomènes circulatoires se déroulent, en l’espace d’une demi -minute environ, les mouvements respiratoires se précipitent, le thorax tend à se resserrer de plus en plus ; on observe ensuite quelques profondes respirations entrecoupées, bientôt suivies de trois ou quatre respirations convulsives qui précèdent la mort.

Parfois le cœur se ralentit lorsque la pression artérielle a atteint son maximum, puis il se précipite de nouveau pendant la chute de pression qui suit ce ralentissement, puis enfin s’arrête brusquement.

Si l’on suspend assez vite l’inhalation trachéale , la respiration se rétablit la première avec ampleur et régu •

n INHALATIONS DK CHLOROFORME ET D'ÉTHER

larité; le cœur, à son tour, reprend ses battements, d’abord avec une assez grande lenteur, ensuite avec plus de rapidité, de sorte que la tension artérielle revient promptement à sa hauteur initiale.

§ II. Ether. — En administrant l’éther dans les mêmes conditions, on est loin de provoquer des phénomènes aussi alarmants.

A partir du moment où l’on fait communiquer la canule trachéale avec le réservoir à éther, le cœur s’accélère (de 138 on passe à 144 pulsations par minute, puis à 174 et même à 186); la pression artérielle augmente aussi progressivement. La première inhalation peut durer 4 à 5 minutes sans amener ni ralentissement ni arrêt du cœur, tandis qu’on arrive à ce résultat fatal, en moins de 30 secondes, avec le chloroforme.

La respiration est aussi beaucoup moins troublée que par le chloroforme. Dès la première introduction de l’éther, elle devient de plus en plus ample ; les mouvements, qui étaient tremblotants avant l’action de l’anesthésique, s’exécutent avec la plus grande netteté.

En résumé, les anesthésiques introduits directement dans la trachée, sous forme de vapeurs, produisent une période d’excitation. Celle ci, indépendante des troubles causés par l’excitation des nerfs sensitifs des premières voies respiratoires, est accempagnée des troubles cardiaques suivants:

1° Pour le chloroforme , une accélération, brusquement suivie d’un ralentissement et d’un arrêt de 1 organe ;

2° Pour l’éther, une accélération et un simple affai blissement des contractions du cœur.

En conséquence, les anesthésiques administrés par les

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