EFFETS IMMÉDIATS
cavités nasales, comme on le fait dans la pratique, produisent deux périodes d’excitation. La première peut entraîner l’arrêt du cœur et de la respiration par un réflexe qui a son point de départ dans les branches nerveuses sensitives des voies respiratoires.
La seconde, consécutive à l’introduction des vapeurs dans le milieu sanguin, n’est réellement dangereuse qu’avec le chloroforme.
Après le début de l’anesthésie, l’éther présentera donc beaucoup moins de danger que le chloroforme.
Nous nous sommes attaché à déterminer la part qui reviendrait aux pneumo-gastriques, au sympathique et aux centres bulbo-médullaires dans la production des troubles cardiaques que nous avons décrits. 1° Pour en juger, nous avons répété l’expérience de la chloroformisation trachéale après la section des deux nerfs pneumo-gastriques. Nous avons obtenu, dans ce cas, sur le chien, des troubles qui présentaient les plus grandes analogies avec ceux qui se produisent dans les conditions normales ; c’est-à-dire une accélération du cœur, une élévation de la pression artérielle, et enfin une chute de celle-ci et une diminution du nombre des pulsations ; mais le cœur ne s’est pas arrêté. Parmi les effets immédiats du choroforme, l’arrêt du cœur, seul, serait donc placé sous la dépendance des pneumo-gastriques. 2° Quant à l’accélé; ation du cœur et à l’augmentation de la tension artérielle qui ouvrent la scène, elles sont placées sous l’influence des centres bulbo-médullaires et des filets du sympathique. En effet, si 1 on introduit les vapeurs de chloroforme dans le poumon, à l’aide de la respiration artificielle, chez un
CIILORAL
chien dont, les vagues sont coupés et le bulbe séparé de la moelle épinière, les premiers troubles disparaissent ; ce qui prouve qu’ils étaient dus à l’influence du bulbe, influence qui agit sur le cœur par l’intermédiaire de la moelle épinière. 3° Dans cette expérience, si l’on poursuit l'introduction du chloroforme jusqu’à la disparition de la sensibilité de la cornée, la tension artérielle baisse très notablement. Mais cette modification peut s’expliquer par l’action immédiate et exclusive du chloroforme sur le cœur, qui bat alors un peu plus lentement et surtout avec moins de force. lie tracé de la pression artérielle accuse effectivement moins de pulsations et des pulsations plus petites.
ARTICLE 111