MODIFICATIONS DU COURS DU SANG DANS LES VEINES
Nous avons étudié concurremment la pression dans les vaisseaux artériels et veineux d’une région ; parfois aussi nous avons enregistré la vitesse de la circulation du sang dans les veines.
§ I. Chloral. — Tous les expérimentateurs ont observé l'engouement des veines périphériques à la suite de la chloralisation. Ce fait est le seul, à notre connaissance, qui ait été signalé à propos des modifications de la circula.tion veineuse, et encore l’a t-on assez mal interprété.
Si l’on place simultanément un sphygmoscope sur le bout central de l’artère faciale et un autre sur le bout périphérique de la veine de môme nom, ou bien sur une artère et une veine digitales d’un solipède, et si l’on enregistre les changements de pression qui se produisent
dans les deux appareils après l'introduction du chloral dans les vaisseaux, on constate :
l°Que la pression s’abaisse brusquement dans l’artère;
2° Que la pression s’élève , au contraire, dans la veine.
Parfois la pression veineuse se modifie plus tardivement que la pression artérielle, mais elle ne manque jamais de se modifier dans le sens indiqué.
Quand le sphygmoscope placé sur le bout périphérique de la veine est très sensible, le tracé qu’il fournit peut présenter, quelques secondes après l’injection du chloral, des pulsations isochrones à celles du tracé de l’artère.
Le tracé ci-joint (fi g.
11) a été obtenu avec un appareil qui présentait cette qualité ; le sphyg-
n i, ligne d'abscisse et secondes; 2, tracé de la pression dans le bout central de 1 artere faciale; 3, tracé de la pression dans le bout périphérique de la veine faciale; i a durée de l’injection de chloral.
moscope lixé sur l’artère ôtait au contraire peu sensible ; aussi ne donne-t-il qu'un tracé de la pression moyenne.
Le tracé de la pression veineuse présente d’abord les oscillations imprimées par la respiration ; puis, à la suite de l’injection de chloral, il montre, en outre, une série de petites pulsations qui correspondent à celles du cœur ; l’ensemble du tracé s’éloigne de la ligne d’abscisse, tandis que le tracé de la pression artérielle s’en rapproche.
§ II. Chloroforme. — Dans le cas de chloroformisation, la pression artérielle de la pression veineuse marchent à peu près parallèlement. Comme la pression artérielle s’élève au début de la chloroformisation et se maintient un certain temps très élevée, la pression veineuse monte simultanément. On observe seulement que la tension veineuse monte un peu plus tardivement que la pression artérielle et baisse un peu plus tard que celle-ci.
Si l’animal reçoit d’emblée une forte dose de chloroforme en injections intraveineuses, la période d’augment de la pression veineuse est très courte.
§ III. Éther. — L’injection de l’éther détermine, au début, des modifications de même sens dans les artères et dans les veines.
Ainsi, à une légère élévation initiale de la tension artérielle coïncide une légère élévation de la tension veineuse ; 'puis arrive une chute de la pression artérielle accompagnée aussi tout d’abord d’une chute de la pression veineuse ; mais pendant l’éthérisation confirmée , la pression veineuse remonte, de sorte que les tracés de tension dans les vaisseaux périphériques rappellent ceux que l’on obtient avec le chloral. Si l’on superposait, dans un schéma, les courbes de la pression veineuse et de la
MODIFICATIONS DE LA CIRCULATION CAPILLAIRE St
pression artérielle, on les verrait décrire deux ondulations successives exactement confondues l’une avec l’au tre, puis, tout à coup, elles s’écarteraient comme les branches d’un V, la ligne de pression veineuse s’élevant, la ligne de pression artérielle s’abaissant.
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