‹ Recherches experimentales comparatives sur l'action du chloral, du chloroforme et de l'ether avec applications practiquesChapitre 31 sur 53 · AVANT CHLORAL APRÈS CHLORAL · texte numérisé non relu

AVANT CHLORAL APRÈS CHLORAL

Abaissement de la température : 2°, 2.

Expériences YII et VIII. — Pour ne pas allonger inutilement cette description, nous dirons que dans ces deux expériences qui furent conduites comme la dernière, nous avons obtenu une diminution sur le chiffre de l’acide carbonique expiré représentée par 0,9 et 1,54, et une diminution sur la consommation de l’oxygène représentée par 1,15 et 4,76.

En résumé, dans les huit expériences que nous rapportons et qui ont été faites avec le chloroforme, l’éther et le chloral, nous voyons toujours la proportion d’acide carbonique diminuer et la proportion d’oxygène augmenter dans les gaz de l’expiration, après l’usage des anesthésiques.

Par conséquent, l’animal qui est sous l’influence de l’un ou 1 autre de ces trois agents emprunte moins d’oxygène

<Ji INFLUENCE SUR LA C:\L0RIFICATI0N

r 1 atmosphère et exhale moins d’acide carbonique qu’à l’état normal.

Si nous n envisageons d’abord que le chiffre d’acide carbonique contenu dans un volume déterminé des gaz de 1 expiration avant et pendant 1 anesthésie, nous constatons que nos résultats diffèrent absolument de ceux de Ville et Blandin et de Ilervier et Saint Lager.

En examinant les conditions dans lesquelles Ville et Blandin ont expérimenté, on est frappé du temps fort court pendant lequel ils administraient l’éther. Leurs expériences ont duré 2' 30" au minimum, et 4' au maximum. 11 est évident qu’ils recueillaient les gaz de cette période d’excitation qui ne manque jamais, au début de l’absorption des anesthésiques, période qui est caractérisée, au moins pour l’éther et le chloroforme, par une élévation de la température animale. Au surplus, nous remarquons, sur le tableau dressé par ces expérimentateurs, que l’excès d’acide carbonique dans les gaz expirés, après l’inhalation de l’éther, est inversement proportionnel à la durée de l’inhalation.

Hervier et Saint-Lager n’indiquent pas, dans leur Mémoire, les conditions qui ont présidé à leurs dosages d’acide carbonique, après l’administration du chloroforme et de l’éther; il est donc probable qu’ils ont opéré comme Ville et Blandin, dont ils citent les résultats.

La diminution de l’acide carbonique dans les produits de la respiration ne se fait nettement sentir qu’un certain temps après l’introduction des anesthésiques dans l’économie. Vierordt1 a observé, après l’usage de l’alcool, un

1 Physiologie des Athmens , p. 9J et 97 ]

GAZ EXPIRÉS

fait analogue. La diminution de l’acide carbonique n est sensible qu’un quart d’heure après l’ingestion des boissons

alcoolisées..

Nous ferons remarquer que, dans nos expériences, la diminution de l’exhalation de l’acide carbonique s est montrée indépendante du nombre des mouvements respiratoires.

Ainsi, tel animal dont l’ haleine se chargeait de 5 centièmes 41 d’acide carbonique en faisant 12 mouvements respiratoires par minute, exhale 3 centièmes 77 d acide carbonique de moins, après l’action del éther, en faisant 120 respirations par minute, et plus tard, 3 centièmes 11 de moins en ne faisant plus que 19 respirations par minute. La diminution d’acide carbonique, on le voit, est loin d’ètro proportionnelle au nombre des respirations. Tel autre chien chloroformé émet 0 centième 82 d acide carbonique de moins qu’à l'état normal, et cependant il ne fait plus que 13 respirations par minute au lieu de 18.

La diminution de l’acide carbonique est donc bien le résultat de l'anesthésie et non l’effet d'un changement dans la ventilation pulmonaire.

Si, au lieu d’examiner le chiffre absolu d’acide carbonique exhalé, on compare l’acide carbonique exhalé à l’oxygène absorbé, on remarque que le rapport se modifie très notablement sous l’influence des anesthésiques.

Voici des exemples :

Dans trois expériences, avant la chloralisation, le rrv2

rapport était égal à :

Après la chloralisation, il est devenu :

9lJ influence sur la. calorification

Dans deux expériences faites avec l’ éther, ce rapport ^ était :

Avant l’éthérisation . . . 0,83

Après l’éthérisation . , . 0,92

Dans une expérience faite avec le chloroforme , le rapport était :

0,93 à l'état normal ;

1,67 pendant l’anesthésie.

Ces exemples démontrent que l’acide carbonique exhalé augmente, proportionnellement à l’oxygène absorbé, pendant que les animaux sont chloralisés, éthérisés ou chloroformés.

Quelquefois le sens de ce rapport est changé, comme on en peut juger par les chiffres ci-dessous puisés dans les expériences i, n et v :

Rapport avant chloroforme, 0,73 ; après, 0,49.

Rapport avant chloroforme, 0,65; après, 0,63.

Rapport avant éther, 0,85; après, 0,73.

Dans l’expérience i, l’animal a fait entendre des plaintes continuelles ; dans l’expérience n, la respiration s’est ralentie, et dans l’expérience v, les mouvemements respiratoires étaient devenus très petits sans que leur nombre compensât leur diminution d’amplitude.

GAZ DU SANG

Indiquer les particularités de ces expériences, c’est indiquer aussi les causes auxquelles nous attribuons l’in— version du rapport — .

En résumé : 1° Les anesthésiques, en dehors de la période d’excitation qui suit leur administration, déterminent la diminution du chiffre d’oxygène absorbé et d'acide carbonique exhalé par la surface pulmonaire. Ces modifications sont constantes quel que soit le nombre des mouvements respiratoires ; 2° la diminution de l’acide carbonique exhalé est proportionnellement moins grande que la diminution de l’oxygène absorbé, à moins que les animaux n’aient présenté les conditions exceptionnelles que nous avons indiquées plus haut.

Il nous reste maintenant à rattacher ces modifications à celles des gaz du sang.

ARTICLE II

Modifications imprimées aux gaz du sang

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