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EXPÉRIENCES NOUVELLES SUR LE MODE D’ACTION DU CHLORAL

§ I. Expériences faites sur les animaux. — Il est possible, à notre avis, de démontrer à l’aide des réactions physiologiques de l’organisme, que le chloral se dédouble dans le sang en chloroforme et formiates alcalin .

En effet, si l’on produit le sommeil anesthésique, avec l'ensemble des modifications circulatoires qui caractérisent V absorption du chloral en introduisant successiment dans l’économie animale du chloroforme et un formiate alcalin, ne découlera-t-il pas de ce résultat la notion du dédoublement du chloral, et ne possédera-t-on pas, en même temps, une indication fort importante sur la nature du sommeil chloralique ?

Exposons tous les éléments du problème.

D’abord, il faut que nous connaissions parfaitement * l’influence du chloral, du chloroforme et d’un formiate alcalin sur la circulation.

Nous rappellerons simplement les effets du chloral et

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du chloroforme qui ont ôté longuement exposés dans un autre chapitre.

On sait qu’injecté clans le sang-, le chloral produit les modifications suivantes :

1° Diminution passagère, puis augmentation du nombre des battements du cœur ;

2° Diminution rapide de la pression dans les artères, augmentation dans les veines ;

3° Augmentation graduelle et à la fin considérable de la vitesse diastolique ou constante du cours du sang dans le sartères.

Administré de la même manière et à dose faible, le chloroforme s’accompagne :

1° D’une augmentation passagère, puis d’une diminution du nombre des battements du cœur ;

2° D'une augmentation de la pression dans les artères et d’une diminution dans les veines, précédées d’une courte modification en sens inverse ;

3° D'une diminution de la vitesse diastolique du cours du sang dans les artères.

Quand les doses sont fortes, le nombre des battements du cœur s’élève rapidement au-dessus du chiffre normal, la pression diminue dans les artères, augmente dans les veines; enfin la vitesse constante du cours du sang dans les artères est plus considérable qu’à l’état physiologique.

Quant à l’action du formiate de soude sur la circulation, elle est étudiée ici pour la première fois, aussi l’exposerons nous avec un certain développement.

De quelle manière convient-il d’administrer le formiate de soude ?

Pour étuclier immédiatement les effets sur la circulation, le meilleur moyen d’administrer le formiate de soude est incontestablement, l’injection intraveineuse. Le formiate est tenu en dissolution dans trois ou quatre fois son poids d’eau. Cette solution est très convenable lorsqu’on veut étudier l’influence des doses faibles.

L'introduction lente ou rapide de la substance, la situation delà veine, qui permet à la matière injectée d’arriver plus ou moins promptement dans le cœur, sont, avec la dose, autant de causes de modifications des effets du formiate sur la circulation, que nous examinerons successivement chez les grands et chez les petits animaux.

Parmi les expériences que nous avons entreprises sur les solipèdes, nous en exposerons plus particulièrement une, faite sur l’âne, qui présente avec une grande netteté les effets du formiate de soude.

9 avril 1878. — Un fine de petite taille est couché et maintenu sur une table. L’hémodromographe et le sphygmoscope de M. Chauveau sont placés sur le trajet d’une carotide ; un second sphygmoscope est fixé sur le bout périphérique de 1 artère faciale du même côté. La veine faciale correspondante est dégagée et ouverte ; elle reçoit à demeure une canule par laquelle on poussera à volonté une solution de formiate de soude au cinquième.

On enregistre simultanément la vitesse du cours du sang et la pression dans l’artère carotide, la pression dans la branche de l’artère faciale et les secondes.

On recueille une certaine longueur de traces suffisante pour juger de l’état normal de la circulation ; puis on injecte dans la veine faciale 8 grammes de formiate de soude. L injection dure 20 secondes.

15 secondes après la fin de l'injection , on observe les modifications suivantes :

1° Le nombre des pulsations diminue d abord de cinq , puis de dix au moins par minute.

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2° La pression artérielle baisse rapidement dans la carotide et dans les branches périphériques du système artériel .

3° La vitesse diastolique ou constante du cours du sang dans la carotide va constamment en augmentant au fur et à mesure que la pression baisse dans le meme vaisseau.

4o La vitesse systolique augmente pendant cinq minutes après l'injection , puis décroît insensiblement.

On enregistre ces modifications pendant 30 minutes, puis on se décide à ajouter une nouvelle dose de 8 grammes. L injection dure 16 secondes. Elle s’accompagne d’un mouvement de défense assez énergique.

Puis on constate : 1° Une nouvelle augmentation delà vitesse diastolique et une diminution de la vitesse systolique du cours du sang dans la carotide; deux minutes après s'établissent rapidement des modifications en sens inverse ; 2° une augmentation de la pression artérielle ; 3° une élévation du nombre des pulsations (dix à vingt par minute).

De ces tracés, on peut conclure, qu’à dose faible, le formiate de soude diminue le nombre et la force des contractions du cœur (à part une courte période initiale pendant laquelle la force du cœur est comme surexcitée par cet agent), et produit un écoulement plus rapide et plus considérable du sang des artères dans les veines, c’est-à-dire une dilatation du système capillaire ; tandis qu’à dose plus forte, le formiate de soude excite les contractions du cœur, de sorte que l’effet vaso-dilatateur qu’il exerce sur la périphérie du système circulatoire est en partie contre- balancé par son influence sur l’organe centrale.

Nous n’avons pas multiplié les doses jusqu’à l’intoxication chez les solipèdes; nous avons poursuivi cette étude sur le chien.

11 faut distinguer, chez cet animal, les effets des doses

faibles, des doses fortes et des doses toxiques. Les doses

fortes et toxiques peuvent être graduées ou massives.

Quand on injecte dans la jugulaire d’un chien pesant de 10 à 15 kilogrammes une faible dose de formiate de soude (1 gr. 1/2 environ), et qu’on répète cette injection deux à trois fois, à cinq ou dix minutes d’intervalle, on observe, sur les tracés manométriques de la carotide, les modifications suivantes : 16 à 18" après la fin de la première injection, le cœur se précipite, le nombre des pulsations augmente du simple au double; néanmoins la pression artérielle subit une chute très marquée qui dure 15 à 20 secondes ; la pression s’élève ensuite graduellement et, pendant quelques secondes, durant lesquelles l’animal se livre à des mouvements de défense, elle devient plus forte qu’à l’état normal. En même temps le nombre des pulsations diminue de cinq à six par minute. Enfin la pression se met à baisser avec beaucoup de lenteur ; cette chute n’est bien sensible que trois à quatre mi nutes après l’injection. De plus, le cœur tend à prendre son rythme physiologique.

Si l’on pousse une deuxième injection de 1 gr. 1/2, les effets immédiats sont moins accusés qu’à la suite de la première, mais ils sont de même nature. Le cœur se précipite d’abord, puis se ralentit, tout en conservant un nombre de pulsations supérieur au nombre physioogique. C’est surtout à partir de l’introduction de cette seconde dose que la pression artérielle baisse franchement et d’une manière durable, malgré la précipitation du muscle cardiaque. Les pulsations sont évidemment plus faibles, et les changements de pression liés à la respiration beaucoup moins prononcés; aussi les tracés

expériences nouvelles do pression carotidienne deviennent-ils de plus en plus réguliers et uniformes.

Si la dose se convertit graduellement en une dose forte, par trois ou quatre injections successives de 2 gr. à 2 gr. 1/2, à une ou deux minutes d’intervalle, la scène change : le nombre des pulsations cardiaques s’accroît graduellement (de 78 à 140) en éprouvant une oscillation assez brusque après chaque injection ; la pression se maintient au-dessus du chiffre où elle était descendue à la suite de l’administration des doses faibles; les pulsations sont de plus en plus petites; l’influence de la respiration se fait de moins en moins sentir sur le tracé de la pression.

Un troisième cas peut se présenter: l’administration d'emblée d’une dose forte (10 à 12 grammes).

Dans ce cas, la pression artérielle s’élève pendant que l’on pousse l’injection, et cette élévation persiste pendant dix minutes ou un quart d’heure ; elle finit par céder, mais avec une grande lenteur et en présentant de temps temps de faibles et courtes augmentations. Le nombre des pulsations se maintient constamment au-dessus du chiffre initial. Dans un cas, il était de 70 à 62 par minutes a ant l’administration du formiate, et 15 secondes après l'injection de il grammes de cette substance dans la veine jugulaire, il était de 150; au bout 'de 5 minutes, il était descendu à 72; et 10 minutes plus tard, il n’était plus que de 60. C’est à ce moment que le tracé de la pression accusait une réelle diminution. Enfin, une demiheure après l’injection, on ne comptait plus que 39 battements du cœur par minutes; puis tout à coup sans cause connue, on en a compté 72.

En somme, les doses massives exercent sur le cœur une grande perturbation : leur effet est tantôt excito moteur, tantôt modérateur ; l’effet excito moteur l’emporte souvent sur l’effet vaso-dilatateur que le formiate exerce en même temps sur les vaisseaux capillaires, effet qui s’accuse, en dépit de l’accroissement du chiffre des pulsations, par une chute de la pression artérielle.

Quand l’animal présente ces phénomènes, il suffit d’injecter une nouvelle dose de formiate pour voir apparaître les effets toxiques.

Prenons un exemple pour préciser les faits. Un chien vigoureux, du poids de 10 kilogrammes, avait reçu en doses fractionnées, 12 grammes de formiate de soude en injection intraveineuse. La pression moyenne s’était légèrement accrue, le nombre des pulsations, d ailleurs très petites, était passé de 66 à 140 par minute. 4 out à coup, on injecte en une seule fois 6 grammes de formiate ; 1 injection n était pas encore achevée que le cœur ralentissait ses contrac ions, que la pression artérielle baissait rapidement. On ne compte plus que 18 à 20 pulsations par minute; enfin les pulsations deviennent de plus en plus faibles et en moins de cinq minutes le cœur a cessé de battre.

11 est bon de dire qu’au moment où ces modifications circulatoires s’établissent, la respiration s’altère profondément. L’animal fait d’abord une expiration extrêmement prolongée, puis de très petits mouvements respiratoires séparés par des pauses expiratoires de plus en plus brèves, et finalement, le thorax s'arrête en expiration, cinquante secondes environ avant la dernière pulsation cardiaque.

11 arrive que la dose effleure la toxicité. Alors on as-

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sisteàune très curieuse restauration des mouvements du cœur et de la respiration.

Prenons encore un exemple.

Une chienne, peu vigoureuse, reçoit d’abordS grammes de formiate de soude et, un quart d’heure après, 5 grammes du même composé.

Avant la fin de la deuxième injection, la pression artérielle baisse rapidement, les battements du cœur deviennent déplus en plus rares, puis s arrêtent tout à fait , l’animal fait une profonde inspiration entrecoupée de quatre à cinq expirations, puis son thorax s affaisse lentement. On croit que le sujet expire. Cependant au bout de 15 à 20 secondes, le cœur se met à battre faiblement ; vain espoir, il s’arrête encore. Ce second arrêt est plus long que le premier. Les pulsations réapparaissent ; elles sont extrêmement écartées les unes des autres (à raison de 12 par minute); nouvel arrêt, de plus d’une minute; troisième reprise des battements du cœur. Bref, pendant dix minutes, le cœur est entre la vie et la mort. Actuellement les intermittences deviennent plus rares, les arrêts moins prolongés, enfin peu à peu, la pression se relève et le cœur bat régulièrement, mais lentement (45 pulsations par minute).

La respiration est non moins intéressante que la circulation. Nous avons dit qu’au moment où le cœur semblait mourir, le thorax s’affaissait lentement. Cette expiration plus forte qu’à l’état normal est suivie d’une inspiration tellement lente que les mouvements respiratoires durent d’abord une minute à une minute et demie ; si ce n’était le tracé que nous fournit un pnoumographe, on croirait le thorax immobile Insensiblement la poitrine récupère

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son ampleur initiale; les respirations deviennent graduelment plus fréquentes et finissent par reprendre le rythme et la forme qu’elle présentaient avant l’apparition des phénomènes toxiques.

Au lieu d’être injectées avec lenteur, les doses fortes, mais non toxiques, peuvent être poussées brusquement dans les veines ou même portées directement dans les cavités droites du cœur, à l’aide d’une petite sonde en gomme engagée dans la jugulaire.

De là deux conditions imprimant aux effets qui suivent l’administration du formiate de soude des physionomies differentes.

Si une dose de 6 à 7 grammes est injectée brusquement dans la jugulaire, le cœur se ralentit légèrement, la pression monte un peu dans les artères, puis 1 2 à 15 secondes après l’injection, la pression baisse rapidement ; les pulsations très petites, se précipitent beaucoup, et, en moins de 20 secondes, la pression est revenue à son niveau primitif.

Si la même dose est portée directement dans le cœur, la pression artérielle tombe subitement; les pulsations qui s’étaient fortement ralenties disparaissent quelquefois pendant 5, 10, 12 secondes, puis elles réapparaissent, d’abord lentes et écartées l’une de l’autre, ensuite tellement précipitées qu’il est presque impossible de les compte! , enfin le nombre des contractions cardiaques diminue insensiblement, et au bout de deux à trois minutes il a diminué d’un tiers. Ainsi un chien présentait 124 pulsations pai minute ; on porte dans son cœur 6 gr. de formiate de soude; 30 secondes après, on compte 264 pulsations; 4 minutes plus tard, on n’en compte plus que 90.

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Si l'on administre une seconde dose massive par le même procédé, les effets cardiaques sont encore plus prononcés.

Telle est, brièvement exposée, l’influence que le formiate de soude exerce sur la circulation, chez le chien. En rapprochant ces résultats de ceux que nous avons obtenus sur les grands animaux, on peut en déduire les conclusions suivantes :

1° A faible dose, le formiate de soude ralentit le cœur, détermine la dilatation des capillaires, l’abaissement de la pression artérielle et l'augmentation de la vitesse diastolique ou constante du sang dans les vaisseaux centrifuges.

2° A dose forte, il provoque une accélération du coeur, une diminution de l’énergie des systoles, un abaissement de tension et une augmentation de vitesse dans les artères moins considérables qu’à dose faible.

3° Injecté brusquement et à dose forte dans le cœur, il produit le ralentissement et même l’arrêt de l’organe. Ces troubles se réparent d’autant plus vite que la dose est moins considérable. Si l’animal a déjà reçu une grande quantité de formiate, l’arrêt peut être définitif. Dans ce cas, il survient toujours après l’arrêt de la respiration.

Si l’on compare ces effets à ceux du chloroforme et du chloral, on s’aperçoit qu’ils ne ressemblent absolument ni aux uns ni aux autres. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de leur trouver de grandes analogies avec ceux du chloral, surtout quand il s’agit de doses faibles ou de doses fortes portées rapidement dans les cavités du cœur. Ainsi le ralentissement du cœur, l’abaissement de la pres- , 16

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sion, 1 augmentation de la vitesse dans les artères parles doses faibles, l’irrégularité du rythm* cardiaque par les (oses tortes, l’arrêt du cœur de la respiration, la restauration possible de l’un et de l’autre, rappellent singulièrement les phénomènes qui suivent l’administration intraveineuse du chloral, de sorte que l’on serait tenté de croire que ces phénomènes, dans la chloralisation, sont

dus principalement au formiate qui prend naissance dans I économie.

Mais, nous le répétons, il n’y a pas identité d’action • autrement dit, le chloral a une physionomie particulière. Gomment pourrait il en être autrement ? En admettant comme fondée la théorie du dédoublement, celui-ci ne s’opère . pas immédiatement et dans toute la masse du chloral injecté. Le chloral est promené un certain temps dans le système circulatoire pendant lequel il imprime aux fonctions des troubles spéciaux.

Limpoitant, à notre avis, n’est donc pas de chercher, pour affirmer ou infirmer la théorie du dédoublement, ' une identité complète ou des différences entre les effets du chloial et ceux du formiate de soude ou du chlorofoi me, mais bien de chercher si les modifications circulatoires produites par la chloralisation présentent ou ne présentent pas la résultante des modifications qui sont l’apanage du chloroforme et du formiate.

Dans cet ordre d’idées, nous avons injecté séparément et successivement dans les veines de grands et de petits animaux le chloroforme et le formiate qui seraient fournis par une dose anesthésique de chloral et nous avons enregistré les effets de ces injections sur le cœur, la près sion et la vitesse du sang dans les artères; en d’autres

EX P ER 1 EN C ES X OUVELLES

termes, nous avons fait la synthèse du chloral à l’intérieur des vaisseaux.

Voici ce que nous avons observé, dans un cas où nous nous proposions d’interroger la partie périphérique du système circulatoire.

Un âne est couché sur la table d’expériences. On découvre l’artère et la veine digitales d’un membre antérieur ; on fixe un sphygmoscope sur le bout central de la première, et un autre sur le bout périphérique de la seconde. O11 enregistre simultanément la pression qui règne dans ces deux vaisseaux. Lorsqu’on a obtenu une certaine longueur de tracé, on pousse 3 centimètres cubes de chloroforme dans une veine digitale du membre postérieur.

Deux secondes après l’injection, le tracé de la pression artérielle commence à se rapprocher de la ligne d'abscisse, c’est-à-dire à baisser; au contraire, le tracé de la pression veineuse s’élève. Deux minutes après la première injection, on en pousse une seconde de 2 centimètres cubes. La pression artérielle se relève légèrement, mais reste néanmoins au-dessous de la pression initiale ; la pression veineuse est toujours forte. On pousse enfin une' troisième injection de 2 centimètres de chloroforme, deux minutes après la seconde ; la pression artérielle monte rapidement au-dessus de sa valeur normale.

On profite de ce moment pour injecter 8 grammes de formiate de soude en solution dans 32 grammes d’eau. L’animal fait quelques mouvements de défense, et, en moins de deux secondes, la pression baisse rapidement dans les artères, tandis qu’elle subit une augmentation assez brusque dans les veines.

L lnjectlon <lu formiate de soude a donc eu pour résultat de ramener aux modifications circulatoires du chlo ral celles qui avaient été produites par le chloroforme.

Dans une autre expérience, nous voulions étudier les modifications de la pression et de la vitesse du sang dans lai-tère carotide. Pour cela, on fixe l’hémodromographe deM. Chauveau sur la carotide d’un cheval préalablement couche sur une table. Une veine digitale est décou verte et reçoit une canule qui permettra d’introduire dans

le système circulatoire le chloroforme et le formiate de soude.

Ou injecte en deux fois 6 centimètres cubes de chloroforme mélangés à 6 volumes d’eau.

A la suite de la première injection, la pression baisse, la vitesse systolique et la vitesse diastolique augmentent légèrement. Une minute et demie à deux minutes après la seconde injection, la pression devient plus forte que la pression initiale, les vitesses systolique et diastolique diminuent. On le constate aisément en comparant, sur la figure 12, les tracés 2 et 2' avec la ligne d’abscisse, et les minima des pulsations de vitesse des tracés 3 et 3' avec la ligne du zéro vitesse prolongée. A ce moment , on pousse 12 grammes de formiate de soude avec lenteur dans la veine digitale. Peu à peu la pression dans la carotide s’abaisse et, au bout de dix minutes, elle est descendue au -dessous de la pression normale; la vitesse systolique et surtout la vitesse diastolique se sont accrues; elles sont revenues à leur valeur primitive, puis l’ont dépassée. On injecte encore 8 grammes de formiate de soude : la pression artérielle baisse de plus en plus, tandis que la vitesse augmente proportionnellement; on

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