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deux inspirations se font, et le pouls radial réparait, très faible. Nous continuons les pressions méthodiques sur le thorax, les mâchoires sont écartées, et au bout de deux ou trois minutes encore, la respiration se rétablit et l’enfant ouvre les yeux. 11 f al lut encore cinq minutes environ pour qu’il reprit connaissance et se reveillât complètement. Les suites furent très .simples.
L’observation faite par M. Marduel rappelle à peu près exactement celles qui avaient été faites par M. Tripier ; elle ne présente qu’une différence : la disparition du pouls radial et l'affaiblissement considérable des battements du cœur.
M. Marduel écrivait à ce sujet dans Lyon-Médical^ , (pie ce fait le frappa d’autant plus, ainsi que M. Bianchi, qu’élevés dans les idées lyonnaises sur l’innocuité de l’éther, ils avaient lu avec étonnement, six mois avant, la communication de M. L. Tripier. 11 terminait sa relation par les lignes suivantes : « 11 nous semble résulter des faits publiés par M. L. Tripier et de celui-ci, faits auxquels on pourrait peut-être en ajouter d’autres non connus, que l’on doit être très circonspect dans fanes thésie par l’éther chez les jeunes sujets, et qu’il serait sans doute préférable, comme M. L. Tripier le disait l’année dernière, d’employer pour eux le chloroforme. »
M. Marduel avait raison de supposer l’existence de quelques faits semblables au sien. Eu effet, M. Dron publiait dans le numéro du 30 septembre 1877 du Lyon- Médiàal, un cas d’anesthésie avec l’éther, chez un enfant, qui s’accompagna d’accidents qui lui firent craindre une issue funeste.
1 2-5 septembre 1877.
lc0 ETHER ET CHLOROFORME
La respiration était arrêtée, écrit M. Dron, le pouls radial avait disparu, les battements du cœur étaient très faibles. Le ma- Kule était dans un tel état d’anéantissement qu’il fut considéré comme mort par les sœurs du service. Cependant, aidé par mon interne, M. Rey, aujourd hui chirurgien de l’hêpital d’Alger, je parv ins par la respiration artificielle, par la position déclive de la tête, etc. , par des excitations de toutes sortes, à rétablir la respiration et à rappeler l’enfant à la vie.
M. Dron reconnaît que son observation et celles de M. Marduel et de M. L. Tripier démontrent qu’il faut surveiller l’anesthésie par 1 éther chez les enfants ; mais il ne peut admettre que ses deux confrères concluent de ces faits qu’il faille préférer le chloroforme à l’éther dans l’anesthésie des enfants. A l’appui de sa protestation, il cite un cas de mort par le chloroforme qui se passa sous ses yeux, à la clinique du professeur Bowmann, en 1865, sur un malade âgé d’une dizaine d’années. Toute la sollicitude de Bowmann et tout le zèle des assistants ne réussirent pas à ramener l’enfant à la vie.
M. Dron fait même remarquer que dans les trois cas de M. L. Tripier, dans celui de M. Marduel et dans le sien, on fut plus heureux, puisqu’on réussit à ranimer les malades; aussi se croit -il autorisé à « proclamer pour l’anesthésie, même chez les jeunes sujets, la supériorité de l’éther sur le chloroforme. »
Encouragé par les réflexions de M. Dron, le Dr Grand- Clément faisait bientôt connaître aux lecteurs du Lyon - Médical 1 un fait de chloroformisation dans lequel une petite fille de sept à huit ans courut de sérieux dangers. A trois reprises, la respiration s’était arrêtée ; on fut dans l’obligation d’opérer l’enfant éveillée.
1 N“ du 14 octobre 1877.