INJECTIONS DE CHLOROFORME
nous bornons à constater , mais dont le mécanisme nous échappe. »
Nous essayerons d’en donner une interprétation.
Le fait que nous avons observé pendant la chloralisation, serait difficile à expliquer s’il était isolé. Mais, en le rapprochant du second, on en saisit la cause prochaine. Nous avons fait disparaître l’intermittence, dans un cas, par des injections de chloral, dans l’autre cas, par la section des vagues. Il est naturel de conclure que le chloral a agi comme la section des pneumogastriques, c’est-à-clirc qu'il a déterminé la paralysie des nerfs modérateurs ou suspensifs du cœur.
Pour des raisons qui seront exposées plus loin et surtout dans un autre travail, nous pensons que cette action régulatrice n’est pas exercée par le chloral en nature, mais par les formiates alcalins qu’il fournit dans l’éco nomie.
La thérapeutique pourrait donc trouver dans ces agents des médicaments à opposer aux intermittences du cœur. Dans tous les cas, comme anesthésique, le chloral serait sans danger chez les malades atteints d'intermittences du cœur. 11 constituerait pour le chirurgien une ressource dans les cas où l’anesthésie est nécessaire et où il y a néanmoins contre-indication de l’éther et du chloroforme L
§ II. Chloroforme. — Depuis Flourens, on a beaucoup étudié l’influence du chloroforme sur la circulation. Cependant, on n’a peut-être jamais observé les véritables
l II est fâcheux qu'on puisse faire à l'emploi du chloral des objections sérieuses touchant le mode d’administration proposé par M. Ore pour faire de ce médicament un véritable anesthésique.
effets du chloroforme sur le coeur, parce qu’on ne les a i'as séparés de ceux qu’il exerce sur les nerfs sensi tifs des premières voies respiratoires et qui retentissent pourtant si vivement sur l’appareil circulatoire. On s’est presque toujours placé dans les conditions ordinaires de la pratique, c’est-à-dire que l’on administrait le chloroforme en inhalations. Pour éviter la violente excitation qui accompagne toute inhalation de chloroforme, il faut introduire cette substance fortement diluée dans les veines. En procédant avec lenteur, on amène insensiblement un sommeil calme et l’on voit se dérouler graduellement les véritables effets du chloroforme.
Nous procéderons comme nous l’avons fait pour le chloral, nous décrirons une expérience.
Un âne est couché sur une table; la sonde cardiographique est placée dans le coeur droit ; une veine digitale est mise à nu et reçoit une canule à demeure. On enregistre un certain nombre de révolutions cardiaques, puis on injecte dans la veine digitale 3 centimètres cubes de chloroforme en suspension dans 50 centimètres cubes d’eau. Aussitôt la pression baisse dans l’oreillette et le ventricule droits, la force des systoles augmente légèrement ; le nombre des battements du cœur s’élève de 42 à 60 par minute. La sensibilité de l’animal n’a subi aucune atteinte; pas d’agitation ; pas de mouvements de défense.
On pousse une seconde injection plus considérable que la première (7 centimètres cubes de chloroforme dilués dans 60 d’eau).
Pendant les huit minutes qui suivent cette injection, la pression remonte dans Coreillette et le ventricule